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4.06/5 (sur 63 notes)

Nationalité : Syrie
Né(e) : 1953
Biographie :

Fawaz Hussain est écrivain kurde de langue française et traducteur.

Né dans le Nord-Est de la Syrie, il arrive à Paris en 1978 pour poursuivre des études supérieures de lettres modernes à la Sorbonne. Il soutient une thèse de doctorat de langue et littérature françaises en 1988.

De 1993 à 2000, il résidera en Suède enseignant à l’Institut français de Stockholm et à l’Université de Lulea en Laponie.

Fawaz Hussain vit à Paris et enseigne le français aux étrangers à la Mairie de Paris et aux lycéens en Seine-Saint-Denis.

Il est l’auteur de plusieurs romans et traduit également en kurde les grands auteurs français (Camus, Saint-Exupéry…)


Source : http://www.bibliomonde.com
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Fawaz Hussain, Yasmine Chouaki, RFI. 1

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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Mon cœur est devenu capable de toutes les formes
Une prairie pour les gazelles, un couvent pour les moines,
Un temple pour les idoles, une
Ka'ba pour le pèlerin,
Les Tables de la Torah, le Livre du Coran.
Je professe la religion de l'Amour, et quelque direction
Que prenne sa monture,
L'amour est ma Religion et ma Foi.
Ibn Arabi
Repris en exergue par l'auteur
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Le combat contre la pandémie a commencé à porter ses fruits, mais je ne sais pas quand nous célébrerons la victoire du beau, de l'éthique, précisément comme dans La Peste d'Albert Camus. La lumière chassera les ténèbres grâce à la fraternité entre les hommes. Et les femmes bien sûr. Les portes des villes s'ouvriront de nouveau sur l'extérieur, le ballet des avions sur les tarmacs reprendra. Nous aussi, père, nous nous adonnerons aux scènes d'allégresse, mais dans ce genre de combat, la victoire n'est cependant jamais décisive : la vigilance doit rester de mise. Les germes de la destruction peuvent se tapir quelque part dans une vieille malle, s'échapper d'un laboratoire, surgir comme un démon des plis d'une mémoire qu'on assassine. Ils risquent de s'en prendre de nouveau au monde et à se fabuleuse mosaïque.
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Ce qui fait la beauté de la quête, ce n'est pas sa découverte, mais le chemin qui y mène.
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Je [leur] préfère les romans, la poésie, la littérature en général. C'est pour cette passion dévorante que j'ai quitté la Syrie et que je me suis tant éloigné de toi. Autrefois, quand nous avions le franc comme monnaie, nous pouvions voir l'effigie de grands écrivains, de grands artistes sur les billets de banque : Antoine de Saint-Exupéry, Blaise Pascal, Voltaire, Montesquieu, Delacroix…
Bien que le français soit une langue assez récente par rapport à l'arabe ou au chinois, il possède une littérature impressionnante et une grammaire sophistiquée à l'extrême. Pour amuser la galerie, je confie souvent sur un ton badin aux amis qu'après nos terres kurdes, le français est ma seconde patrie.
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Depuis le début de la guerre en Syrie, je fais la navette entre France 24 et Al-Jazeera, je me déplace entre l’enfer et la géhenne. Pour quarante-deux euros d’abonnement mensuel, ma box Numericable me permet d’assister au banquet de la folie généralisée, au festin de l’hystérie collective. Les
deux chaînes d’information relatent en boucle l’horreur et me fournissent ma ration quotidienne de nouvelles toutes sanglantes de mon pays. Elles me plongent, dans la langue du Coran et de Mahomet, au coeur de l’apocalypse. Je fais le plein de cadavres déchiquetés, d’immeubles pulvérisés, de survivants qu’on dégage des décombres et qu’on transporte
d’urgence sur des motos dans des hôpitaux de fortune.
Au Moyen-Orient, la Syrie était au sommet, en matière de niveau l’instruction, parmi les plus avancées des nations du monde arabo-musulman. Elle envoyait des milliers de médecins et d’ingénieurs se spécialiser dans les grandes capitales européennes et les meilleures universités des États-Unis. À présent, elle rivalise par son chaos et son instabilité avec les Somalies et exporte le plus grand nombre de
demandeurs d’asile aux quatre coins de la planète. Elle est devenue l’un des pays les plus dangereux au monde pour les civils et les journalistes. Paradoxalement, c’est là-bas et dans l’Irak voisin que l’homme avait cultivé le premier blé de l’histoire de l’humanité.
C’est en Mésopotamie qu’on avait inventé l’écriture, qu’on gravait l’épopée de Gilgamesh sur des tablettes d’argile, les lois d’Hammourabi dans le basalte et qu’on excellait dans l’art de l’irrigation et des jardins suspendus. Avec la découverte de ses gisements pétroliers au siècle dernier, le berceau des plus anciennes civilisations est devenu l’épicentre de graves tensions et l’objet de toutes les convoitises.
Devant une telle charge d’animosité, de contradictions, je fais diversion. Je me fabrique un bouclier, une carapace contre l’aliénation. De guerre lasse, j’éteins la télévision et m’arrache, non sans effort, à ces deux mamelles satellitaires de catastrophes. Je me dis qu’il faut penser à autre chose et
aussitôt dit, aussitôt fait. Ces dernières semaines, une affiche scotchée à la grille de la porte d’entrée de notre HLM nous informe : la Régie immobilière de la ville de Paris tient à notre bien-être comme à la prunelle de ses yeux et améliorera prochainement notre quotidien en nous dotant d’un interphone.
Comme preuve de sa bonne foi, la RIVP, comme on dit familièrement, nous envoie ce matin un jeune Malien, sans doute en stage de formation en vue de l’obtention de son BEP. À neuf heures, il sonne à ma porte afin d’installer
le fameux dispositif. Il me demande tout de go de brancher sa perceuse dans ma cuisine, malgré la prise prévue pour ce genre de tâches sur le palier.
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Je continuerai à espérer des jours meilleurs pour l'humanité. Je me comporterai comme Maurice Zilberstein, ce vieux Juif qui depuis plus de soixante ans va prier deux fois par jour au Mur des Lamentations. Emerveillée par une telle constance, une jeune journaliste venue d'une chaîne américaine va le trouver. Eh quoi ! prier depuis tant d'années ! Que demande-t-il donc ? Le vieil homme répond : "je prie pour la fin de toutes les guerres et de la haine. Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables, qui aimeur leur prochain." La journaliste lui demande alors ce qu'il ressent après soixante ans de prières. La réponse du vieux Zilbertein est un chef-d'œuvre à la fois de sagesse orientale et d'humour juif. Comme sil avait l'habitude de répondre à ce genre de question, il dit : "J'ai l'impression de parler à un mur !"
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Cet été, ma vie est un théâtre à ciel ouvert. C’est une gare, un port, un départ imminent, permanent, pour les quatre coins du monde. J’arpente les cinq continents d’un pas alerte et j’en invente d’autres. Je me réjouis d’explorer des espaces vierges, des forêts pri- maires, des déserts dont personne n’a encore foulé les dunes nomades. Quant à ma caravelle, pliable et aussi légère qu’un petit nuage blanc, elle glisse sur les mers et les océans sans dédaigner aucune baie, aucun estuaire, en ces temps peu ordinaires.
Cet été, je reste fidèle aux fougères des Fougères, mon quartier relégué en périphérie parisienne. Je renouvelle mon pacte avec les pavés résignés des ruelles et je compatis avec les arbres dociles des squares. Guettant toutes sortes de rencontres, de réminiscences réelles ou imaginaires, je les couche sur une des feuilles volantes que je disperse à tous les vents.
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«Dans l'islam, le monde entier tournait autour du trou de la femme et de la membrane fragile qui le couvrait. La femme aux droits bafoués et qu'on méprisait tant dans la vie ici-bas était l'ultime récompense dans l'au-delà, la paradis promis aux fidèles de la foi mohammadienne était avant tout connu pour ses vierges» (p. 126).
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Tel un aiglon qui bat des ailes avant de quitter son nid pour la première fois, je me jette dans le vide. Je fais le geste qui sauve, je m’éloigne de cette France, certes terre d’asile et pays des droits de l’Homme, mais qu’on devrait également appeler cimetière des exilés et de tous les tarés. Dans un monde régi par l’inertie et l’indifférence, l’île ionienne d’Ithaque m’attire désormais tel un aimant la ferraille. N’est- ce pas là le royaume d’Ulysse, l’un des personna- ges parmi les plus importants de l’épopée grecque ? Aède des temps modernes, je caresse l’espoir d’y être reçu par la reine Pénélope. Selon la tradition homérique, cette grande dame offre l’hospitalité aux voyageurs venus de loin et écoute attentive- ment leurs histoires. Oiseau hors de ma cage, je vais à la rencontre de gens plus humains, plus à l’écoute que mes acolytes et piliers de bars. J’ai une mission à accomplir, un contrat à honorer. Je parlerai tout mon soûl de la solitude des exilés et du désarroi des Ulysse du troisième millénaire.
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p. 112-113 :
Dans les rames, il palpait l'âme de cette Europe qui l'avait attiré et qui le rejetait à présent […]. Entre cinq et six heures, il savait qu'il allait tomber sur les femmes de ménage maghrébines et africaines qui se rendaient dans les bureaux à nettoyer avant l'arrivée des employés et des fonctionnaires. Les ouvriers kurdes, turcs ou égyptiens s'en allaient eux sur les chantiers de construction, ils luttaient contre le sommeil tenace en serrant contre leur ventre leur gamelle de midi. Entre huit et neuf heures, un autre visage de la société s'offrait à ses yeux émerveillés. Les Françaises et Français « de souche » qui voyageaient alors en grand nombre lui laissaient une impression de gens endeuillés. Dans un silence de cimetière, chacun enfonçait son visage récemment lavé, maquillé ou rasé dans un roman policier américain où des assassins fous commettaient des meurtres à la chaîne et découpaient les victimes en rondelles ou en quartiers comme dans une boucherie. Le soir après une journée de travail harassante, les mêmes Françaises et Français « de souche » s'en revenaient encore plus silencieux et lugubres. Il s'abîmaient davantage dans leurs lectures et l'envie de devenir des criminels fous furieux les obsédaient davantage. Si des Africains ou des Chinois criaient au lieu de parler dans la rame, alors beaucoup de ces Françaises et Français enfonçaient encore davantage leur nez dans les pages dégorgeant de sang et l'envie de passer à l'acte occupait la moindre cellule de leur corps. Armés de tronçonneuses ou de haches, ils s'imaginaient laisser la rame dans un bain de sang, le sang de ces étrangers qui venaient manger le pain des Françaises et Français et qui les empêchaient de lire leurs romans américains en paix.
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