AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Note moyenne 3.93 /5 (sur 44 notes)

Nationalité : Syrie
Né(e) : 1953
Biographie :

Fawaz Hussain est écrivain kurde de langue française et traducteur.

Né dans le Nord-Est de la Syrie, il arrive à Paris en 1978 pour poursuivre des études supérieures de lettres modernes à la Sorbonne. Il soutient une thèse de doctorat de langue et littérature françaises en 1988.

De 1993 à 2000, il résidera en Suède enseignant à l’Institut français de Stockholm et à l’Université de Lulea en Laponie.

Fawaz Hussain vit à Paris et enseigne le français aux étrangers à la Mairie de Paris et aux lycéens en Seine-Saint-Denis.

Il est l’auteur de plusieurs romans et traduit également en kurde les grands auteurs français (Camus, Saint-Exupéry…)


Source : http://www.bibliomonde.com
Ajouter des informations
Bibliographie de Fawaz Hussain   (12)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Fawaz Hussain, Yasmine Chouaki, RFI. 1

Podcasts (1)


Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
oran   10 octobre 2020
Murcie, sur les pas d'Ibn Arabi de Fawaz Hussain
Mon cœur est devenu capable de toutes les formes

Une prairie pour les gazelles, un couvent pour les moines,

Un temple pour les idoles, une

Ka'ba pour le pèlerin,

Les Tables de la Torah, le Livre du Coran.

Je professe la religion de l'Amour, et quelque direction

Que prenne sa monture,

L'amour est ma Religion et ma Foi.

Ibn Arabi

Repris en exergue par l'auteur
Commenter  J’apprécie          200
oran   10 octobre 2020
Murcie, sur les pas d'Ibn Arabi de Fawaz Hussain
Ce qui fait la beauté de la quête, ce n'est pas sa découverte, mais le chemin qui y mène.
Commenter  J’apprécie          110
mimo26   03 octobre 2018
Le Syrien du septième étage de Fawaz Hussain
Depuis le début de la guerre en Syrie, je fais la navette entre France 24 et Al-Jazeera, je me déplace entre l’enfer et la géhenne. Pour quarante-deux euros d’abonnement mensuel, ma box Numericable me permet d’assister au banquet de la folie généralisée, au festin de l’hystérie collective. Les

deux chaînes d’information relatent en boucle l’horreur et me fournissent ma ration quotidienne de nouvelles toutes sanglantes de mon pays. Elles me plongent, dans la langue du Coran et de Mahomet, au coeur de l’apocalypse. Je fais le plein de cadavres déchiquetés, d’immeubles pulvérisés, de survivants qu’on dégage des décombres et qu’on transporte

d’urgence sur des motos dans des hôpitaux de fortune.

Au Moyen-Orient, la Syrie était au sommet, en matière de niveau l’instruction, parmi les plus avancées des nations du monde arabo-musulman. Elle envoyait des milliers de médecins et d’ingénieurs se spécialiser dans les grandes capitales européennes et les meilleures universités des États-Unis. À présent, elle rivalise par son chaos et son instabilité avec les Somalies et exporte le plus grand nombre de

demandeurs d’asile aux quatre coins de la planète. Elle est devenue l’un des pays les plus dangereux au monde pour les civils et les journalistes. Paradoxalement, c’est là-bas et dans l’Irak voisin que l’homme avait cultivé le premier blé de l’histoire de l’humanité.

C’est en Mésopotamie qu’on avait inventé l’écriture, qu’on gravait l’épopée de Gilgamesh sur des tablettes d’argile, les lois d’Hammourabi dans le basalte et qu’on excellait dans l’art de l’irrigation et des jardins suspendus. Avec la découverte de ses gisements pétroliers au siècle dernier, le berceau des plus anciennes civilisations est devenu l’épicentre de graves tensions et l’objet de toutes les convoitises.

Devant une telle charge d’animosité, de contradictions, je fais diversion. Je me fabrique un bouclier, une carapace contre l’aliénation. De guerre lasse, j’éteins la télévision et m’arrache, non sans effort, à ces deux mamelles satellitaires de catastrophes. Je me dis qu’il faut penser à autre chose et

aussitôt dit, aussitôt fait. Ces dernières semaines, une affiche scotchée à la grille de la porte d’entrée de notre HLM nous informe : la Régie immobilière de la ville de Paris tient à notre bien-être comme à la prunelle de ses yeux et améliorera prochainement notre quotidien en nous dotant d’un interphone.

Comme preuve de sa bonne foi, la RIVP, comme on dit familièrement, nous envoie ce matin un jeune Malien, sans doute en stage de formation en vue de l’obtention de son BEP. À neuf heures, il sonne à ma porte afin d’installer

le fameux dispositif. Il me demande tout de go de brancher sa perceuse dans ma cuisine, malgré la prise prévue pour ce genre de tâches sur le palier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
dido600   05 mars 2020
les kurdes aussi savent rever de Fawaz Hussain
«Dans l'islam, le monde entier tournait autour du trou de la femme et de la membrane fragile qui le couvrait. La femme aux droits bafoués et qu'on méprisait tant dans la vie ici-bas était l'ultime récompense dans l'au-delà, la paradis promis aux fidèles de la foi mohammadienne était avant tout connu pour ses vierges» (p. 126).
Commenter  J’apprécie          50
JulienDjeuks   24 octobre 2020
Orages pèlerins de Fawaz Hussain
p. 112-113 :

Dans les rames, il palpait l'âme de cette Europe qui l'avait attiré et qui le rejetait à présent […]. Entre cinq et six heures, il savait qu'il allait tomber sur les femmes de ménage maghrébines et africaines qui se rendaient dans les bureaux à nettoyer avant l'arrivée des employés et des fonctionnaires. Les ouvriers kurdes, turcs ou égyptiens s'en allaient eux sur les chantiers de construction, ils luttaient contre le sommeil tenace en serrant contre leur ventre leur gamelle de midi. Entre huit et neuf heures, un autre visage de la société s'offrait à ses yeux émerveillés. Les Françaises et Français « de souche » qui voyageaient alors en grand nombre lui laissaient une impression de gens endeuillés. Dans un silence de cimetière, chacun enfonçait son visage récemment lavé, maquillé ou rasé dans un roman policier américain où des assassins fous commettaient des meurtres à la chaîne et découpaient les victimes en rondelles ou en quartiers comme dans une boucherie. Le soir après une journée de travail harassante, les mêmes Françaises et Français « de souche » s'en revenaient encore plus silencieux et lugubres. Il s'abîmaient davantage dans leurs lectures et l'envie de devenir des criminels fous furieux les obsédaient davantage. Si des Africains ou des Chinois criaient au lieu de parler dans la rame, alors beaucoup de ces Françaises et Français enfonçaient encore davantage leur nez dans les pages dégorgeant de sang et l'envie de passer à l'acte occupait la moindre cellule de leur corps. Armés de tronçonneuses ou de haches, ils s'imaginaient laisser la rame dans un bain de sang, le sang de ces étrangers qui venaient manger le pain des Françaises et Français et qui les empêchaient de lire leurs romans américains en paix.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
luocine   28 mars 2021
Le Syrien du septième étage de Fawaz Hussain
i les jeunes peuvent s’adapter à leur nouvel environnement et apprendre plusieurs langues étrangères, ma mère ne supportera pas la vie en Europe. Elle vit en Syrie depuis quatre-vingts ans et elle n’a toujours pas appris l’arabe, pourtant la langue de la nation. Alors comment se mettra-t-elle au français et pourra-t-elle maîtriser le comportement de l’épithète ? Elle mourra d’ennui loin de ses filles puisqu’elle continue de les diriger d’une main de fer. Elle impose sa volonté à tout le monde autour d’elle car elle a toujours vécu comme ça et ce n’est pas Daech et un quart de million de morts en Syrie qui lui feront changer de caractère.

Mon ami constate que je n’ai pas oublié le sujet de sa thèse et en sourit. Il passe sa main devant son visage comme pour effacer un souvenir écrit sur un tableau invisible :

« Nos deux pays sont devenus ce qu’on appelle des zones de guerre dans le jargon militaire. Comment laisser la famille à quelques kilomètres des fous d’Allah qui ne pensent qu’à une chose, égorger ? Ces hystériques s’entraînent sur des moutons et des chèvres pour mieux décapiter les hommes, tu te rends compte ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
luocine   28 mars 2021
Le Syrien du septième étage de Fawaz Hussain
L’autocar climatisé faisait un premier arrêt dans l’oasis de Palmyre. Les passagers pouvaient acheter de quoi se restaurer tandis que le chauffeur et son aide mangeaient à l’œil en tant qu » apporteurs de clients. Moi, par peur de tomber malade, je n’avalais rien et je me dirigeais chaque fois vers la grande colonnade, principale voie de circulation de la ville antique qui s’étire sur plus d’un kilomètre. Je passais sous l’arc monumentale où des gamins Bédoins proposaient aux touristes des promenades sur la bosse unique de leurs dromadaires. Je me pressais vers le temple de Bêl, le dieu du soleil, et me recueillais devant le sanctuaire de Baalshamin, le dieu du ciel, sans imaginer alors qu’ils seraient bientôt plastiqués par le groupe État islamique et complètement rayé du patrimoine archéologique de l’humanité.
Commenter  J’apprécie          10
luocine   28 mars 2021
Le Syrien du septième étage de Fawaz Hussain
Ce soir, je ne vais pas me mettre devant le vieux poste de télévision, non, je ne têterai pas le lait noir des deux mamelles déversant le malheur que sont France 24 et Al Jazeera. Oui, dimanche prochain, j’irai faire le marché, non pas pour les deux Suédoises, mais pour voir le vendeur des quatre saisons et le couvrir d’éloges à propos de la qualité de ses clémentines. Je lui demanderai comment il s’appelle pour de vrai et me présenterai à mon tour, le Syrien du 7e étage. J’espère de tout cœur que d’ici-là l’ascenseur sera réparé, non pas pour moi, mais pour tous les gens de l’immeuble. Je pense en particulier à la Kabyle nourri au miel et au couscous, avec ses pleurs de tragédie grecque et au français du quatrième, celui qui doit vérifier toutes les deux heures s’il a du courrier.
Commenter  J’apprécie          10
luocine   28 mars 2021
Le Syrien du septième étage de Fawaz Hussain
Mon compatriote me ramène à notre première rencontre devant le restaurant universitaire Albert Châtelet. C’était dans les années 80, et il avait fui Saddam Hussein comme moi Assad, le père, son homologue et ennemi juré. .… Mais avec Saddam Hussein au pouvoir, il n’osait pas, à la fois comme kurde n’ayant pas fait son service militaire, et comme ressortissant d’une petite communauté comme les yézidis qu’on appelait les fayliz.. Musulmans chiites, ils avaient été déportés par le parti Baas est condamné à vivre aux alentours de Bassora.
Commenter  J’apprécie          10
globicheuse19   13 janvier 2021
Le Syrien du septième étage de Fawaz Hussain
Ils le laissaient renifler les troncs des platanes et déchiffrer de sa truffe tous les messages codés que d𠆚utres quadrupèdes de sa race avaient laissés. Puis, il écartait sa patte postérieure et d’une giclée d’urine défendait son territoire, envoyait des SMS, répondait, argumentait, abordait la montée du Front National un peu partout, parlait de la vie des pauvres femmes et des hommes pauvres de son quartier.
Commenter  J’apprécie          10

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Listes avec des livres de cet auteur


Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1493 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur cet auteur

.. ..