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Note moyenne 4.22 /5 (sur 9 notes)

Nationalité : Iran
Né(e) à : Téhéran , le 5/1/1935
Mort(e) à : Téhéran , le 14/2/1967
Biographie :

Forough Farrokhzad (en persan : فروغ فرخزاد) est une poétesse et réalisatrice iranienne.

Son premier recueil de poésies "Le captif " est publié en 1955.

Ses recueils suivants sont "Le mur", publié en 1956, et "La rébellion", publié en 1958.

Forough Farrokhzad va poursuivre des études cinématographiques en Angleterre en 1959 ensuite elle joue dans un film intitulé" La Proposition" en 1960.

En 1962, elle réalise son film "La maison est noire", qui remporte le Grand prix documentaire au Festival Oberhausen en 1963.

Forough Farrokhzad décède dans un accident de voiture. Son dernier recueil de poèmes, intitulé "Laissez-nous croire au début de la saison froide" est publié à titre posthume.

Elle est considéré comme l'une des poétesses contemporaines majeures en Iran.
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Source : Wikipédia
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Parce que chacun des poèmes qui le composent est un acte d'écriture singulier et irréversible, le présent recueil - représentatif de la maturation intellectuelle et de l'évolution de la technique poétique de l'auteure - nous donne à penser non seulement sur la littérature orientale et la littérature en général, sur l'essence même de la poésie, mais surtout sur la condition humaine. Au faîte de sa maturité poétique, Forough Farrokhzad décède subitement à l'âge de 33 ans. Son projet de libération de la femme par l'art et par la littérature a concrétisé un renouveau du lien très fort entre écriture et liberté.

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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Forough Farrokhzad
nadejda   01 septembre 2015
Forough Farrokhzad
Je plante mes mains dans le jardin


Et je sais, je sais, je sais, je vais verdir


Et dans mes paumes violacées d'encre


Les hirondelles vont venir pondre

J'accroche deux boucles de cerises rouges à mes oreilles


Je colle des pétales de dahlia sur mes ongles


Il existe une rue


Où des garçons les cheveux en bataille


Le cou mince et les jambes maigres


Étaient amoureux de moi


Et pensent encore aux sourires innocents d'une feuille


Qu'une nuit le vent a emporté

Il existe une rue que mon cœur a volé


Aux quartiers de mon enfance

Forme en voyage sur la ligne du temps


Avec une forme féconder la ligne sèche du temps


La forme d'une image en conscience


Qui revient de la fête du miroir

Et c'est comme ça


Que quelqu'un meurt


Et quelqu'un reste


Aucun pêcheur ne trouvera de perle dans un pauvre ruisseau


Coulant au creux d'un fossé

Moi


Je connais une petite fée triste


Qui habite un océan


Et qui souffle son cœur dans une flûte en roseau


Si doucement, doucement


Une petite fée triste


qui la nuit meurt d'un baiser


Et d'un baiser au matin renaîtra



Extrait de Seule la voix demeure, © Coédition L'Oreille du loup, Universitad Autonoma de Sinaloa, 2011

Merci à Mathias Enard et son beau livre Boussole qui m'a offert, entre beaucoup d'autres, la joie de découvrir Forough Farrokhzad
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nadejda   26 janvier 2016
Poèmes 1954-1967 de Forough Farrokhzad
Une nuit… p 111-112



Une nuit, de l’au-delà des ténèbres

comme une étoile je viendrai vers toi.

Sur les ailes du vent coureur du monde,

Je viendrai te chercher avec joie.

Comblée de tendresse et d’ivresse,

comme un beau jour d’été, je t’offrirai une jupe

pleine de tulipes sauvages de la montagne.



Une nuit, je frapperai à ta porte,

ton coeur tremblera dans ta poitrine.

La porte s’ouvrira et mon corps

impatient glissera dans tes bras chauds.

Dans ces instants d’ivresse,

tu ne verras plus mon regard enfantin

se disputant avec la pudeur.



Une nuit, si tu appelles mon nom,

je t’inviterai au pays des rêves.

Je danserai comme les sirènes

sur les vagues de ton souvenir.

Une nuit, mes lèvres assoiffées se brûleront

avec joie dans le feu de tes lèvres.

Mes yeux fixeront leur espoir

sur la destination de ton regard.

une nuit, de Vénus, la déesse charmeuse,

j’apprendrai les jeux de l’amour.

Comme une lumière née du ventre des ténèbres,

j’allumerai un feu auprès de toi.

Ô toi, les yeux rivés sur le chemin !

C’est moi qui viendrai vers toi,

Sur les ailes du vent coureur du monde,

je viendrai te chercher avec joie.



Ahwaz, printemps 1955

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nadejda   02 septembre 2015
Saison Froide de Forough Farrokhzad
La nuit glissait derrière les carreaux

Et absorbait de sa langue froide

Le restant du jour évanoui



Je viens d’où ?

Je viens d’où pour être si embaumée

du parfum de la nuit ?

La terre de sa tombe est encore fraîche

Je parle de ces deux mains jeunes et vertes...



Que tu étais tendre, ô ami, unique ami

Que tu étais tendre quand tu mentais

Que tu étais tendre quand tu fermais

les paupières des miroirs

quand tu coupais les lustres des branches argentées

quand tu m’emmenais dans les ténèbres cruelles

vers les pâturages de l’amour

jusqu’à l’effluve chancelante

qui suivait l’incendie de la soif

et qui s’apaisait sur la pelouse du sommeil. p 33



Merci à Mathias Enard et son beau livre Boussole qui m'a offert, entre beaucoup d'autres, la joie de découvrir Forough Farrokhzad
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coco4649   07 janvier 2018
Autre naissance de Forough Farrokhzad
Une autre naissance





Extrait 5



Il existe une ruelle

Que mon cœur a volée

Aux quartiers de mon enfance



Le voyage d’une forme le long de la ligne du temps

Et engrosser d’une forme la ligne sèche du temps

La forme d’une image consciente

Qui rentre du festin d’un miroir



Et c’est ainsi

Que l’un meurt

Et que l’autre demeure



Nul pêcheur ne trouvera de perles

Dans un ruisseau qui coule vers un fossé



Moi

Je connais une petite fée triste

Qui habite un océan

Et qui joue son cœur

Dans une flûte magique

Lentement, lentement

Une triste petite fée

Qui la nuit meurt d’un baiser

Et qu’un autre baiser fait renaître au matin.

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Aelinel   01 novembre 2018
Oeuvre poétique complète de Forough Farrokhzad
Ô ciel! Si un jour je décidais de fuir

cette prison sombre, que pourrais-je dire

devant les yeux de cet enfant en larmes?

Laissez-moi car je suis un oiseau captif.



Je suis la lampe qui illumine une ruine,

du feu de mon coeur,

si je décidais de l’éteindre,

je détruirais une famille.



La Captive
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nadejda   02 septembre 2015
Saison Froide de Forough Farrokhzad
Extrait de la préface :

Nous avons toujours écouté les poèmes de Forough et non lu. Nous les avons écouté comme une musique, comme une voix ensuite, une seule et unique voix, celle de l’auteur lui-même. Et c’est aussi par cela que Forough va bien au-delà d’une opposition de deux cultures et de deux langues, elle réunit dans sa seule voix toutes celles des femmes du monde. Car on ne peut pas oublier bien sûr qu’elle est une femme et que c’est en tant que femme qu’elle se jette à corps perdu dans une aventure singulière avec sa langue c’est-à-dire aussi avec son pays et avec sa culture. C’est en tant que femme qu’elle en vient à exécrer une société qui navigue sans racines c’est- à-dire sans enfantement originel. Il apparaît certain, en tout cas, qu’elle ne fait, au fil de ses recueils, qu’interroger avec ténacité la question de ou des origines.



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coco4649   07 janvier 2018
Autre naissance de Forough Farrokhzad
Une autre naissance





Extrait 3



Dans une chambre aussi grande que la solitude

Mon cœur

Aussi grand que l’amour

Contemple les prétextes simples de son bonheur

Contemple le beau pourrissement des fleurs dans le vase

Contemple le jeune arbre que tu as planté dans notre jardin

Et le chant des canaris

Qui chantent à la mesure d’une fenêtre



Hélas…

C’est mon lot

C’est mon lot

Mon lot

C’est un ciel dont je suis dépossédé par un rideau qui tombe

Mon lot

C’est descendre d’un escalier abandonné

Et rejoindre une chose dans la nostalgie et la pourriture

Mon lot

C’est une triste promenade dans le jardin des souvenirs

Et mourir dans le chagrin d’une voix qui me dit :

"J’aime tes mains"



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coco4649   07 janvier 2018
Oeuvre poétique complète de Forough Farrokhzad
LE MARÉCAGE





Extrait 3/3



Oh, s’il y avait un chemin vers la mer,

je ne craindrais pas d’y plonger.

Si l’eau cessait de couler dans un étang,

sans doute qu’il s’assécherait,

son corps serait la terre des pourritures,

son fond serait la tombe des poissons.



Ô gazelles, ô gazelles des plaines !

Si vous rencontrez à travers les prairies

un ruisseau chantant qui coule vers le bleu de la mer,

qui se repose dans le chariot de son débordement,

qui coule sur la soie de son courant,

qui, de ses griffes, tient la crinière du cheval du vent

qui est poursuivi par l’âme rouge de la lune,

qui fraie son chemin parmi les tiges vertes de l’herbe,

saisissant le parfum pur des arbustes,

avec ses bulles sous le reflet ample du soleil,

souvenez-vous de cette amie sans sommeil !

souvenez-vous de la mort dans le marécage !

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coco4649   07 janvier 2018
Autre naissance de Forough Farrokhzad
Une autre naissance





Extrait 4



Dans le jardin

Je planterai mes mains

Je verdirai, je le sais, je le sais, je le sais

Et les hirondelles pondront

Dans le creux de mes doigts tachés d’encre



A mes oreilles je ferai pendre

Une paire de cerises rouges et jumelles

Et sur mes ongles je collerai

Des pétales de dahlias



Il existe une ruelle

Où les garçons qui m’aimaient

Avec les mêmes cheveux emmêlés

Les mêmes nuques longilignes

Et les mêmes jambes osseuses

Se remémorent encore les sourires innocents

De cette fillette qu’une nuit le vent emporta



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coco4649   07 janvier 2018
Oeuvre poétique complète de Forough Farrokhzad
LE MARÉCAGE





Extrait 2/3



Une lourde solitude du fait d’être amoureuse.

Une forte angoisse de la mort dans l’étreinte.

Jamais descendue du toit de sa maison,

étant témoin de sa propre exécution.

Ver de terre mais de terre puante.

Ses cerfs-volants dans le ciel pur.

L’inconnue de sa moitié cachée,

honteuse de son visage humain.

Cherchant partout son compagnon,

habituée du parfum de son ami,

elle court à sa recherche,

elle le retrouve parfois sans le croire.

Mais son ami encore plus isolé qu’elle.

Tous les deux vivent une peur réciproque.

Tous les deux malheureux et ingrats.

Leur amour, une passion répréhensible.

Leur union , un rêve soupçonnable.



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