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Note moyenne 4.46 /5 (sur 28 notes)

Nationalité : Iran
Né(e) à : Téhéran , le 5/1/1935
Mort(e) à : Téhéran , le 14/2/1967
Biographie :

Forough Farrokhzad (en persan : فروغ فرخزاد) est une poétesse et réalisatrice iranienne. Née en 1934 à Téhéran dans une famille nombreuse. Très jeune, elle s'intéresse à la littérature et notamment à la poésie.
Mariée à l'âge de 16 ans, c'est en 1955 qu'elle publie son premier recueil de poèmes, "Le captif ". L'année suivante, elle publie un nouveau recueil intitulé "Le mur" suivi par "La rébellion" édité en 1958.
Parallèlement à la poésie, elle s'intéresse au théâtre et au cinéma. En 1959, elle quitte l'Iran pour l'Angleterre où elle va poursuivre des études cinématographiques. Elle apparaît en 1960 dans un film intitulé "La Proposition" en 1960. C'est deux années plus tard qu'elle réalise son premier film "La maison est noire". Film remarqué, celui-ci remporte le Grand prix documentaire au Festival Oberhausen (Allemagne) en 1963.

Forough Farrokhzad ne renonce pas pour autant à l'écriture et à la poésie. Toujours en 1963, elle publie un nouveau recueil de poésie intitulé "Une autre naissance".
En 1967, elle décède tragiquement dans un accident de voiture. Elle avait 33 ans. Son dernier recueil de poèmes, intitulé "Laissez-nous croire au début de la saison froide" est publié à titre posthume.

La poésie de Forough Farrokhzad était une écriture de la protestation dans laquelle elle révélait la condition féminine avec ses désirs intimes, ses peines et ses aspirations. Ses poèmes sont encore aujourd'hui cités pour la liberté et l'indépendance des femmes.
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Parce que chacun des poèmes qui le composent est un acte d'écriture singulier et irréversible, le présent recueil - représentatif de la maturation intellectuelle et de l'évolution de la technique poétique de l'auteure - nous donne à penser non seulement sur la littérature orientale et la littérature en général, sur l'essence même de la poésie, mais surtout sur la condition humaine. Au faîte de sa maturité poétique, Forough Farrokhzad décède subitement à l'âge de 33 ans. Son projet de libération de la femme par l'art et par la littérature a concrétisé un renouveau du lien très fort entre écriture et liberté.

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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Forough Farrokhzad

Je plante mes mains dans le jardin


Et je sais, je sais, je sais, je vais verdir


Et dans mes paumes violacées d'encre


Les hirondelles vont venir pondre

J'accroche deux boucles de cerises rouges à mes oreilles


Je colle des pétales de dahlia sur mes ongles


Il existe une rue


Où des garçons les cheveux en bataille


Le cou mince et les jambes maigres


Étaient amoureux de moi


Et pensent encore aux sourires innocents d'une feuille


Qu'une nuit le vent a emporté

Il existe une rue que mon cœur a volé


Aux quartiers de mon enfance

Forme en voyage sur la ligne du temps


Avec une forme féconder la ligne sèche du temps


La forme d'une image en conscience


Qui revient de la fête du miroir

Et c'est comme ça


Que quelqu'un meurt


Et quelqu'un reste


Aucun pêcheur ne trouvera de perle dans un pauvre ruisseau


Coulant au creux d'un fossé

Moi


Je connais une petite fée triste


Qui habite un océan


Et qui souffle son cœur dans une flûte en roseau


Si doucement, doucement


Une petite fée triste


qui la nuit meurt d'un baiser


Et d'un baiser au matin renaîtra

Extrait de Seule la voix demeure, © Coédition L'Oreille du loup, Universitad Autonoma de Sinaloa, 2011

Merci à Mathias Enard et son beau livre Boussole qui m'a offert, entre beaucoup d'autres, la joie de découvrir Forough Farrokhzad

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Forough Farrokhzad
Ne scelle pas mes lèvres au cadenas du silence
Car j'ai dans le cœur une histoire irracontée
Délivre mes pieds de ces fers qui les retiennent
Car cette passion m'a bouleversée

Viens, homme, viens, égoïste
Viens ouvrir les portes de la cage
Toute une vie, tu m'as voulue en prison
Dans le souffle de cet instant, enfin, délivre-moi

Je suis l'oiseau, cet oiseau qui depuis longtemps
Songe à prendre son envol
Mon chant s'est fait plainte dans ma poitrine serrée
Et dans les désirs, ma vie a reflué

Ne scelle pas mes lèvres au cadenas du silence
Car il me faut dire mes secrets
Et que je fasse entendre au monde entier
Le crépitement enflammé de mes chants

Viens, ouvre la porte, que je m'envole
Vers le ciel limpide du poème
Si tu me laisses m'envoler
Je me ferai rose à la roseraie du poème

Mes lèvres sucrées par tes baisers
Mon corps parfumé à ton corps
Mon regard avec ses étincelles cachées
Mon cœur plaintif, par toi rougi

Mais ô homme, homme égoïste
Ne dis pas c'est une honte, que mon poème est honteux
Pour ceux dont le cœur est enfiévré, le sais-tu,
L'espace de cette cage est étroite, si étroite ?

Ne dis pas que mon poème était péché tout entier
De cette honte, de ce péché, laisse-moi ma part
Je te laisse le paradis, ses houris et ses sources
Toi, laisse-moi un abri au cœur de l'enfer

Livre, intimité, poème, silence
Voilà pour moi, les sources de l'ivresse
Qu'importe de n'avoir pas voie au paradis
Puisqu'en mon cœur est un paradis éternel !

Lorsque dans la nuit, la lune danse en silence
Dans le ciel confus et éteint
Toi, tu dors et moi, ivre de désirs inassouvis
Je prends contre moi le corps du clair de lune

La brise m'a déjà pris des milliers de baisers
Et j'ai mille fois embrassé le soleil
Dans cette prison dont tu étais le geôlier
Une nuit, au profond de mon être un baiser me fit vaciller

Rejette loin de toi l'illusion de l'honneur, homme
Car ma honte m'est jouissance ivre
Et je sais que Dieu me pardonnera
Car il a donné au poète un cœur fou

Viens, ouvre la porte, que je déploie mes ailes
Vers le ciel limpide du poème
Si tu me laissais m'envoler
Je me ferais rose à la roseraie du poème

Révolte - Forough Farrokhzad
In Côté femmes d'un poème l'autre, © Espace-libre, 2010
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(..)
La vie,
C’est peut-être une longue rue où passe,
Chaque jour,
Une femme avec un panier
La vie,
C’est peut-être une corde
Avec laquelle un homme se pend
A une branche
La vie,
C’est peut-être un enfant
Qui rentre de l’école.

La vie,
C’est peut-être entre deux étreintes,
Dans l’engourdissement de l’heure,
Allumer une cigarette
Ou la silhouette confuse d’un passant
Qui, ôtant son chapeau avec un sourire banal,
Dit à un autre
bonjour.

La vie,
C’est peut-être
Le moment sans issue
Où mon regard se fond
Dans la prunelle de tes yeux.
(...)

(Extrait du poème "Une autre naissance")
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Une nuit… p 111-112

Une nuit, de l’au-delà des ténèbres
comme une étoile je viendrai vers toi.
Sur les ailes du vent coureur du monde,
Je viendrai te chercher avec joie.
Comblée de tendresse et d’ivresse,
comme un beau jour d’été, je t’offrirai une jupe
pleine de tulipes sauvages de la montagne.

Une nuit, je frapperai à ta porte,
ton coeur tremblera dans ta poitrine.
La porte s’ouvrira et mon corps
impatient glissera dans tes bras chauds.
Dans ces instants d’ivresse,
tu ne verras plus mon regard enfantin
se disputant avec la pudeur.

Une nuit, si tu appelles mon nom,
je t’inviterai au pays des rêves.
Je danserai comme les sirènes
sur les vagues de ton souvenir.
Une nuit, mes lèvres assoiffées se brûleront
avec joie dans le feu de tes lèvres.
Mes yeux fixeront leur espoir
sur la destination de ton regard.
une nuit, de Vénus, la déesse charmeuse,
j’apprendrai les jeux de l’amour.
Comme une lumière née du ventre des ténèbres,
j’allumerai un feu auprès de toi.
Ô toi, les yeux rivés sur le chemin !
C’est moi qui viendrai vers toi,
Sur les ailes du vent coureur du monde,
je viendrai te chercher avec joie.

Ahwaz, printemps 1955
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La nuit glissait derrière les carreaux

Et absorbait de sa langue froide

Le restant du jour évanoui

Je viens d’où ?

Je viens d’où pour être si embaumée

du parfum de la nuit ?

La terre de sa tombe est encore fraîche

Je parle de ces deux mains jeunes et vertes...

Que tu étais tendre, ô ami, unique ami

Que tu étais tendre quand tu mentais

Que tu étais tendre quand tu fermais

les paupières des miroirs

quand tu coupais les lustres des branches argentées

quand tu m’emmenais dans les ténèbres cruelles

vers les pâturages de l’amour

jusqu’à l’effluve chancelante

qui suivait l’incendie de la soif

et qui s’apaisait sur la pelouse du sommeil. p 33

Merci à Mathias Enard et son beau livre Boussole qui m'a offert, entre beaucoup d'autres, la joie de découvrir Forough Farrokhzad

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LA VAGUE

Tu es à mes yeux
comme une vague,
rugissante, rebelle et impatiente.
Le vent de mille souhaits séduisants
te conduit dans tous les sens
à tout instant.

Tu es une vague.
Tu es une vague
et la mer d'envies ton habitat.
Les horizons colorés et troubles de demain
dépeignent le regard brumeux de tes yeux.

Tu es toujours en révolte contre toi.
Tu ne connais jamais le repos.
Tu te fuis constamment.

Que se passerait-il, mon Dieu,
si j'étais une rive lointaine ?
Si une nuit les bras ouverts,
je te saisissais,
je te saisissais !
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Je parle du fond de la nuit
Je parle du fond de l’obscurité
Et je parle du fond de la nuit

Si tu viens chez moi, mon amour,
Apporte-moi la lumière et une lucarne
Pour que je regarde
La foule de la
ruelle heureuse.

(Cadeau)
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[...]
Je l'aime...
comme une graine aime la lumière
comme un champ aime le vent
comme un bateau aime la vague
comme un oiseau aime l'envol
Je l'aime...

Lassée, je regarde à travers mes paupières entrouvertes :
si seulement avec ce silence-là
et avec cette sincérité-là,
tu fondais en poussière dans mes bras,
avec ce silence-là.


(extrait de "Avec quelle main ?") p.130
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Une autre naissance


Extrait 5

Il existe une ruelle
Que mon cœur a volée
Aux quartiers de mon enfance

Le voyage d’une forme le long de la ligne du temps
Et engrosser d’une forme la ligne sèche du temps
La forme d’une image consciente
Qui rentre du festin d’un miroir

Et c’est ainsi
Que l’un meurt
Et que l’autre demeure

Nul pêcheur ne trouvera de perles
Dans un ruisseau qui coule vers un fossé

Moi
Je connais une petite fée triste
Qui habite un océan
Et qui joue son cœur
Dans une flûte magique
Lentement, lentement
Une triste petite fée
Qui la nuit meurt d’un baiser
Et qu’un autre baiser fait renaître au matin.
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Les présents

Je parle du fond de la nuit
Du fond des ténèbres
Je parle du fond de la nuit

Si tu viens en ma maison, mon doux ami, apporte-moi une lampe
Et une fenêtre
Par laquelle regarder l’heureuse agitation de la rue
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