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Note moyenne 3.59 /5 (sur 22 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1943
Biographie :

François Dominique est un écrivain et traducteur.

Il est l’auteur de plusieurs romans et récits, de recueils de poèmes et d’essais.

Il a enseigné le droit public à l’Université de Besançon, puis les sciences politiques à l’Université de Dijon.

Il a notamment publié "Le Droit antisémite de Vichy" dans la collection "Le genre humain", en 1996, aux Éditions du Seuil, puis "La Pauvreté saisie par le droit" (2002) et "Le Droit de résistance à l'oppression" (2005), chez le même éditeur sous le nom de Dominique Gros.

Il a fondé en 1987 avec Alain Coulange et Jean-Michel Rabaté les éditions Ulysse Fin de Siècle (poésie et essais), continuées par les Éditions Virgile.


Source : http://www.cipmarseille.com
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Bibliographie de François Dominique   (10)Voir plus


Entretien avec François Dominique à propos de son livre Dans la chambre d`Iselle :



L’ouvrage se déroule dans une société post-apocalyptique, désormais prise en main par la Reconstruction. A l’origine de ce cataclysme ancien vous avez imaginé la figure du tyran Octopus, imposant une société faite de mensonges, spéculations, dopage, pornographie… Doit-on y voir une critique de notre société actuelle ?


Pour ce livre, comme pour Solene, je suis parti d’une réflexion de Walter Benjamin suggérant que l’idéal de la fiction suppose que « la vie entière soit mise en jeu. »



La Reconstruction, le système régissant cette nouvelle société et dans laquelle se déroule votre histoire, fait appel à une symbolique de la Révolution Française. Est-ce une période qui vous intéresse particulièrement ? Un régime duquel il faut tirer des enseignements ?


Le symbolisme du calendrier de la Révolution française, avec ses noms de plantes et de fleurs, m’intéresse doublement : Il annonce une ère nouvelle substituant aux privilèges la liberté et l’égalité des citoyens et inscrit cette ère dans une poétique de la nature qui me rappelle Jean-Jacques Rousseau en train d’herboriser. Le rapport entre les deux aspects est déconcertant, car il mêle bouleversement et quiétude. Je ne suis pas un donneur de leçon ni un écrivain « engagé », mais un romancier déconcerté, sidéré par l’abîme qu’il observe à présent entre le chaos et l’intensité des idéaux. J’écris dans cet état de sidération.



Cette société nouvelle, vous l’avez imaginée dans les moindres détails, du nom de tel outil technologique à celui de telle commémoration imaginaire. Comment vous y êtes-vous pris afin de construire un univers complet ? Avez-vous eu des sources d’inspiration particulières ?


Je n’avais aucun plan a priori, mais seulement le souci de dresser devant le tableau sombre de Solène une sorte de miroir clair où brille l’attente de la naissance, de la naissance d’Iselle, qui est l’axe du récit.



Vos deux personnages centraux, Lucy et Franck, sont un couple en attente d’un enfant. Elle est biologiste et lui, musicien. Ces deux champs apparaissent comme fondateurs dans leur société, au détriment d’autres comme l’enseignement ou la manufacture. Pourquoi avoir fait ce choix ? Sont-ce selon vous les deux univers les plus caractéristiques d’une société ?


Dans ce roman, la seule « anticipation » qui vaille, qui domine tous les progrès possibles, est celle-ci : « La musique change la vie », proposition que je prends au pied de la lettre. Il paraît que nous n’utilisons que 20% des capacités de notre cerveau. Pourquoi ne pas rêver d’un cerveau musical ?



Si Lucy et Frank attendent la petite Iselle, c’est grâce au clonage, également à l’origine de la réapparition de la plupart des végétaux et espèces vivantes dans votre roman. Est-ce là, selon vous, une solution à laquelle nous devrions davantage réfléchir ?


Je n’ai aucune opinion autorisée sur le clonage. J’ai imaginé une société en état de survie. Notre espèce a traversé trois glaciations et des séismes majeurs depuis qu’elle existe et surmonté des conditions effroyables. Mais le paradoxe de notre époque est que les périls les plus effroyables viennent moins de la nature que d’obstacles internes à la société humaine : de la dictature des spéculateurs, des guerres, de l’économie d’armement prolongeant les méfaits des impérialismes, du colonialisme, des totalitarismes qui ont gangréné tout le vingtième siècle.
Mon livre s’ouvre sur une période charnière où rien n’est encore assuré : Surmonter les effets de nouveaux séismes, surmonter les effet de la « dictature d’Octopus ». Tout est encore fragile, en suspens, comme sont fragiles tous les êtres naissants.



Dans la société que vous avez créée, absolument tout est réglé par la technologie, jusqu’à la musique, devenue manipulation de sons pré-enregistrés et les relations humaines, rendues possibles par-delà l’absence, grâce à des projections d’hologrammes. C’est là votre vision du futur ? Cela vous inquiète-t-il ?


Les aspects technologiques du nouveau monde d’Iselle ne m’intéressent que subsidiairement, à titre humoristique et anecdotique. Pour moi, le vrai fil conducteur de ce roman, qui fait que j’ai écrit ce livre dans un état de jubilation que je n’avais jamais connu, c’est l’attente de la naissance d’un enfant et, simultanément, le rêve d’une musique qui change la vie.



François Dominique et ses lectures :



Quel livre vous a donné envie d`écrire ?


En 1985, Les Aventures d`Arthur Gordon Pym, bilingue français-anglais..., d’Edgar Allan Poe, traduit par Charles Baudelaire.



Quel est l`auteur qui vous aurait pu vous donner envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?


Aucun.



Quelle est votre première grande découverte littéraire ?


L’L`innommable de Samuel Beckett.



Entretien réalisé par Marie-Delphine

Découvrez Dans la chambre d`Iselle de François Dominique aux éditions Verdier :


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"Solène" de François Dominique


Citations et extraits (7) Ajouter une citation
brigittelascombe   03 mars 2012
Solène de François Dominique
Ne jamais savoir ce qui va arriver d'un jour à l'autre...N'est-ce pas étrange? J'imagine un grand rideau entre maintenant et tout à l'heure..Non,plutôt un voile très fin qu'on ne cesse de frôler sans pouvoir l'atteindre.Un voile ou bien une peau vivante,fine comme une pelure d'oignon...Ce voile,cette peau est translucide,mais on n'aperçoit pas ce qui se trouve de l'autre côté,je veux dire devant nous,tout à l'heure;on avance...on avance d'un instant à l'autre,c'est toujours maintenant,maintenant...
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LSH   20 décembre 2008
Romulphe de François Dominique
Parlons de ces choses. Ce sont elles qui constituent, d'après mon « observation », à mesure que je réfléchis à toute cette histoire, le plus terrible désastre. Elles n'ont l'air de rien. Elles vont, elles viennent, dans l'ordre et dans la discipline. Elles entourent la maison. Elles montent la garde. Elles ont, comme la famille elle-même – je veux dire comme la romulpherie - , une sorte de dieu éponyme vivant à moitié parmi elles, à moitié parmi nous. Mais ce dieu n'est pas un dieu, il est le vide, l'aspiration glacée du vide le plus obscur...

Il y a autre chose de grave, une chose sublime que nul n'avait encore prononcée : « Je voudrais que la mort soit le dernier orgasme. ».

C'est une insulte radieuse à la mort. Il me plaît de dire qu'au terme de sa vie Carina jouit avant de mourir. Faut-il ranger cette belle floraison à côté du manteau en cuir de Youri, des cuites de Ruben, des amnésies de Gilles, de la fausse surdité de Julia, des migraines de Sabine, de la bizarre collection de choses ignobles ? Il y a une différence qui ne se voit pas encore. L'Ednaiv, toujours, à l'envers et à l'endroit... Je m'endors au moment précis où je suis au bord d'une vérité, sur le point de comprendre ce dont je ne me souviendrai plus...

Je ne voudrais pas la voir mourir. C'est pourquoi je partirai demain.
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michelekastner   11 octobre 2012
Solène de François Dominique
J'ai vu en rêve une horde de mots qui se perdaient dans l'air et revenaient en lambeaux...Je pense à ces millions de mots plus vite effacés que la poussière par le vent ; je pense à tous les mots qui me précèdent, à tous ceux qui me suivront. je voudrais tellement les ramasser, en faire quelques bouquets avant que le silence n'avale tout et ne s'avale lui-même.
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michelekastner   11 octobre 2012
Solène de François Dominique
Vous connaissez mon nom, vous entendez bien les questions qui se pressent dans ma tête : que s'est-il passé après les ombres létales, après les mots crevores, après le déclin des Ravagés et des Blafards, après les ruines et les poussières, après l'éclatement des bulles de protection, après les mutants-de-mutants, après les harets, après les rats géants, après les rondes d'abeille en folie, après les rituels de lucioles, après les famines, après les cortèges? Que s'est-il donc passé depuis notre exode jusqu'à votre grande liberté, votre merveilleuse survie ?
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YANCOU   05 juillet 2017
Tournoyer avec Roger Laporte de François Dominique
L'étonnement se lisait sur les visages ; j'y prêtai attention plus qu'au texte lui-même, si bien que je fus ce soir-là un piètre auditeur. Livré à une écoute flottante, j'oubliais jusqu'au sens des mots de ma langue. Cette défaillance s'expliquait par le souci que j'avais de ménager un bon accueil à mon ami, de toucher un public en sa faveur.

Contre toute attente, la pénible distraction à laquelle je me trouvai plus ou moins contraint par les circonstances eut un effet inattendu... A la fin de la cinquième séquence de Moriendo, j'entendis ces mots (lus maintes mois auparavant) comme s'ils existaient pour la première fois, dans une langue neuve, à l'instant précis où Roger les prononça dans la pénombre de la tour l'Orle d'Or :



"Le Sacrifice de l'écrivain était sans doute nécessaire à la transparence, mais cette transparence, hélas, ne donne rien à voir.

Ne donne-t-elle pas sans fin à aimer?"



Ce sont deux phrases , en fait, séparées par un silence qui, dans la bouche de Roger, me parut mélodieux. Deux phrases qui s'appellent et se rejettent comme les pôles d'un aimant.
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YANCOU   01 mai 2016
Dans la chambre d'Iselle de François Dominique
Dans le bac d'une échoppe, j'avise trois liasses entourées de rubans aux couleurs passées. Un marchand bossu s'approche de moi et murmure sur un ton engageant : "Lettres d'amour, cher monsieur! Très recherché !" Il énonce un prix exorbitant- "Vous plaisantez! C'est bien trop cher! - Vous connaissez l'antique adage qui a survécu à la funeste époque des banques : Ce qui est rare est cher ! Que cherchez-vous ? - Rien, je ne sais pas... Je suis musicien ; la musique est chargée d'histoire, mais je ne cherche pas les traces du passé ; ce qui me fascine en musique, c'est l'avenir immédiat, la phrase musicale qui vient, celle que l'on attend... - Hélas, je n'ai aucune partition manuscrite, cher monsieur. Ça n'existe plus ! Ça ne se trouve pas ! Et ne comptez pas sur moi pour vous dénicher les partitions de l'avenir... Je ne suis pas magicien ! Je suis un simple vendeur de vieux papiers, pour vous servir!" J'écoute à peine le marchand, car une pensée m'obsède : "La musique défile dans le temps", ou bien "la musique défie le temps", ou bien encore "la musique, fille du Temps"... "
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YANCOU   15 juin 2016
Maurice Blanchot, premier témoin de François Dominique
"nous sommes là, tous, dans le récit, dévoilés-secrets, fuyants, immobiles, vertigineux, dans le quotidien toujours moment final, tous, inspirés, ivres, en détresse, portés plus haut comme à la mort, ou courbés, chacun tourné vers un autre, dans un inépuisable respect, parlés, lus, inséparables personnes, la métamorphose impossible ; notre beauté".
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