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Note moyenne 4.13 /5 (sur 12 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Frameries , 1974
Biographie :

Né à Frameries en 1974, François Filleul a étudié la philologie romane à l'Université libre de Bruxelles. Dès la fin de ses études, il enseigne la langue et la littérature françaises, ainsi que l'espagnol, dans divers niveaux d'enseignement.
Engagé dans le mouvement des potagers urbains bruxellois, il est aussi passionné de musiques populaires et pratique assidûment la photographie argentique en noir et blanc.
Il a vécu plusieurs années en Andalousie, région où il a créé des racines et qu'il parcourt régulièrement.

En 2018, François Filleul a été récompensé par le prix Fintro Ecritures noires pour son premier roman Poissons volants, Ker Editions.

Source : http://www.kerditions.eu/francois-filleul/
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Citations et extraits (6) Ajouter une citation
TelKines   05 février 2019
Poissons volants de François Filleul
A peine la porte franchie, on tombe sur un corps. Pas le loisir de goûter la déco. Dépouillé, presque zen, en toc, avec ses bambous et ses photos de statues balinaises de chez Ikea. Marbre blanc souillé de sang. Meubles quelconques. Presque pas d’objets personnels. Fulgor Durán sort son calepin pour contrôler son malaise :

- Dites, messieurs, il m’a l’air d’avoir peu vécu cet appart. Avant aujourd’hui, je veux dire. Vous savez quoi sur les occupants, Pascual ?

- Ricardo Arévalos Meléndez, ingénieur, spécialisé dans la construction de raffineries de pétrole, trente-neuf ans, et Carmen Blanco Saavedra…

- Attendez, l’interrompt Fulgor Durán, laissez-moi deviner : trente-sept ans, sans emploi ?

Pascual hésite à lui répondre, se disant sans doute que ce n’est pas l’heure des devinettes :

- Pas loin, inspecteur : sans emploi, quarante ans. Tous deux parents d’une petite Diana, quatorze mois, ont acheté cet appartement de cent vingt mètres carrés en mai 2012, au pire moment de la crise. Je ne sais pas encore combien ils l’ont payé mais…

-Pire, pour le moment.

- Euh, pardon ?

- Pire moment de la crise… jusqu’à présent, Pascual. Ou alors, vous l’avez perçu, vous le léger frémissement annonçant la reprise ?

- Mais… c’est-à-dire que…

- Non, mais procédez, mon vieux. Au fait.
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Serviola   08 février 2019
Poissons volants de François Filleul
Le voisinage était celui de toujours, interlope, entre travailleurs gouailleurs et trafiquants tapageurs. L'ambiance était sans doute moins familiale qu'avant. Moins d'enfants, plus de télé et de console. Internet. Mais c'était son univers et il savait s'y mouvoir. Ni le tintamarre des quads conduits par des gamins crâneurs, ni l'odeur prenante des poissons mis à sécher à chaque coin de rue n'auraient pu le contraindre à quitter son quartier. Par la fenêtre de la cuisine, la plage, la mer et comme une promesse ou un mirage, le rocher d'où Hercule repoussa l'Afrique vers le large.

La physionomie, l'économie et l'esprit de La Línea étaient profondément liés à Gibraltar.
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ADAMSY   03 février 2019
Poissons volants de François Filleul
La soirée se remplissait de détails insignifiants. Ils avaient l'apparence du bonheur. Qu'est-ce qui faisait alors que Fulgor puisse se sentir si mal, si peu rempli ? Ingratitude ? Il était dans la nature humaine d'aspirer et d'être insatisfait, c'est un vieux prof de religion qui le lui avait inculqué il y a longtemps. Le bonheur tient à peu de choses. La satisfaction du manque, c'est le bien-être de la soif étanchée. Douleur et plaisir, deux faces de la même pièce, que nous thésaurisons via les mêmes canaux, dans des zones contiguës du cerveau. Fulgor avait trop tendance à glisser de l'une à l'autre.
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TelKines   11 février 2019
Poissons volants de François Filleul
Ça riait, ça buvait, ça fumait, ça mangeait, ça gueulait. Ah ça oui, ça gueulait ! Si la santé d’un peuple se jugeait à sa puissance décibélique, les contemporains de Fulgor n’avaient effectivement plus besoin d’hôpital.
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TelKines   09 février 2019
Poissons volants de François Filleul
- T’es qui, toi ? cracha Fulgor. C’est quoi ton nom ?

- Yo soy el Tatú, répondit-il.

- Tatou, c’est pas un nom, ça, c’est un animal. Je te demande ton vrai nom, petit con.

- Rubén Salvador Pérez del Mármol.

- Ouille ! s’exclama Fulgor, avec un nom pareil pas besoin de surnom.
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Serviola   11 février 2019
Poissons volants de François Filleul
El Zagal avait un petit côté Far West. Une grosse cabane avec une longue terrasse couverte, le tout en planches de bois rongées par le soleil et l'humidité. Le bar arborait fièrement ses couleurs : drapeaux espagnol, andalou et jamaïcain, plus une affiche du Real Betis Balompié datant d'il y avait trois saisons. Et un panneau, très en vue, qui scandait : club privé, réservé aux membres.

À cette heure, lesdits membres ne se pressaient pas au portillon. Fulgor prit une table près du comptoir. Le patron le servit sans maugréer et retourna à son nettoyage. Bob Marley s'essoufflait dans les baffles.
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