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Note moyenne 3.02 /5 (sur 26 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Bruxelles , le 08/09/1881
Mort(e) à : Bruxelles , le 20/01/1972
Biographie :

Franz Hellens, de son vrai nom Frédéric Van Ermengem est romancier, poète, essayiste et critique d'art belge.

Il était le fils du bactériologiste Émile van Ermengem (1851-1932) et le frère du critique d'art François Maret (Frans van Ermengem).

En 1903, il optera pour le nom de Franz Hellens. En 1905, il est docteur en droit.

Après des débuts sous le signe du décadentisme (En ville morte, 1906), du naturalisme (Les Hors-le-Vent, 1909) et du symbolisme (Les Clartés latentes, 1912), il s'est très tôt trouvé mêlé à tous les mouvements d'avant-garde : également tenté par le futurisme (Mélusine, 1920) et par l'art nègre (Bass-Bassina-Boulou, 1922).

Il fut aussi l'infatigable animateur des Lettres belges, notamment de la revue d'abord appelée Signaux de France et de Belgique puis Le Disque vert à laquelle collaboreront Henri Michaux, André Malraux et Blaise Cendrars.

Mais Hellens s'illustrera surtout dans diverses formes de fantastique, plus ou moins arbitrairement regroupées par la critique sous l'emblème du «Fantastique réel» : Réalités fantastiques, Nouvelles Réalités fantastiques, ou Fantômes vivants (1944).

En 1907, il se marie avec Marguerite Nyst et divorce en 1919. Il se remarie avec Marie Miloslawsky (1893-1947), la fille d'un médecin russe, en 1925. En 1947, Hellens se remarie avec une Polonaise, Hélène Burbulis, et s'établit en France. Il rentre définitivement à Bruxelles en 1971.

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Source : http://www.crel.uha.fr
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Franz Hellens
coco4649   17 novembre 2021
Franz Hellens
Les hommes dans la rue







Les hommes dans la rue, vue d’en haut par une fenêtre fermée,

tels qu’à l’écran d’un cinéma, marchant, gesticulant, aphones.

non pas silencieux, noirs, clairs ou gris; deux longs courants

   d’agitation humaine,

flanquant de chaque côté l’asphalte où se poursuit le croisement

   plus rapide des transports,

se frôlent, s’en roulent et se pénètrent sans se toucher, l’un à

   l’autre inutile,

comme si, chaque maison étant une planète, un astre obscur, pétrifié,

les habitants débarquaient dans la rue et poursuivaient

sans se connaître des buts distants et singuliers.

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Franz Hellens
coco4649   23 juin 2022
Franz Hellens
Quelle doit être l’aurore







Quelle doit être l’aurore des trembles du Paradis,

si ceux de la terre, ce matin, tremblent si divinement ?

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Franz Hellens
coco4649   06 mai 2016
Franz Hellens
Tous ces endroits carrés murs hauts ou bas

On y laissait tomber sur tous les sièges

Cette fatigue de trottoir d’air et de brique

Dont chaque pas s’embarrassait dehors.



Vienne : une chambre sans fenêtre dont la porte

Mordait, le lit de fer n’était pas assez grand

Pour contenir un besoin de pleurer

Et pourtant j’ai vécu dans ce faux jour d’éclipse.



À Nice j’habitais un pavillon cruel

Qui pesait sur la tête, où l’ombre était si dure

Qu’on s’y cognait, mais les bras d’une vigne

M’ont rappelé qu’il n’est pas d’ombre sans chaleur.



Te souviens-tu de cette fenêtre têtue,

Dans une chambre d’Amsterdam ? tu ne pouvais

Dormir parce qu’en face de l’hôtel la Bourse

Jour et nuit s’étalait comme un quartier de chair.



Un peu partout j’ai de ces souvenirs de plâtre,

De papiers peints, de quatre murs, amis carrés,

Étroits, meilleurs que les courbes jardins,

Où j’ai pu sans témoin dévisser ma fatigue.



Amis carrés, étroits - Albin Michel

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Franz Hellens
coco4649   27 septembre 2020
Franz Hellens
LE CHIEN NOIR







Ce chien noir qui me suit, jamais à mes côtés,

Tout derrière collé à mes pas

Comme une ombre qu'on ne voit pas,

Pourtant certaine,



Tellement basse qu'en me penchant

Je ne saurais l'atteindre

De la main ni l'écraser du pied,

Chien noir sans chaîne ni collier,



Il est là, je l'entends, je le sens

Avec ses mille pattes canines,

Il fait derrière moi un sombre bruit de pluie

Et m'enfonce au mollet sa dent de sacristie.



Car c'est un chien dévotieusement méchant,

De ces chiens qui mordent par derrière,

Je ne l'appellerai d'aucun nom de baptême

Il me rirait au dos, tout en marchant,



Le chien noir de ma vie terrestre monotone

O que ma tête vite se dégage

De mon corps qui fait ombre à mes pieds,

Tache d'encre, chien noir, vite, arrachons la page.



                                   1948.

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Franz Hellens
coco4649   23 juin 2022
Franz Hellens
NE CROYEZ PAS







Ne croyez pas que la colère

Est laide lorsque vos yeux bleus

Comme la mer soudain s’altèrent

Ou scintillent de mille feux.



J’aime en vous ce qui chante ou gronde,

J’aime vos yeux bouleversés,

Et j’aime la douceur profonde

De votre âme aux flots apaisés.



Tout ce qui fait votre nature,

Tourmente, langueur, volupté,

C’est la quotidienne pâture

Dont se nourrit ma pauvreté.

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Franz Hellens
coco4649   03 janvier 2020
Franz Hellens
Le puits confidentiel





Je t’aperçois, Una, comme la vasque

Le nénuphar, l’étoile au ciel

Et tout au fond du puits le sel

Qui brille d’un éclat fantasque,



Plus tendre que le nénuphar

Plus éclatante que l’étoile

Heureuse comme le hasard

Qui nous prit dans sa voile.



L’éclipse peut noircir le ciel

Et la brume inonder la terre

Rien ne me prendra ta lumière

Au fond du puits confidentiel.

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Tandarica   13 juin 2015
La comédie des portraits de Franz Hellens
Je voudrais comme l'antique animal qui a pris nom d'homme, entrer ne fût-ce que la seconde de l'éclair dans le mythe, perdre ma condition humaine pour survoler le contenu et l'aspect physique de cette banale aventure qu'est la vie.
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coco4649   07 mai 2016
Amis carrés, étroits de Franz Hellens
MAISON AU SOLEIL





La maison a neuf fenêtres, cinq en haut

Et quatre en bas, plus la porte, les volets

Sont fermés à cause du soleil car le mur

De façade peint à la chaux est tourné

Au midi sur un coteau devant la mer.



L’ombre de la corniche tombe à mesure

Que le soleil remonte et couvre les cinq

Fenêtres de l’étage, mais à six heures

Elle oblique vers la gauche et disparaît

Peu à peu jusqu’au déclin de la lumière.



Les ailes doubles des neuf volets jamais

Ne s’ouvrent que de huit heures du matin

Jusqu’à dix heures, et c’est pendant ce temps

Très court que la maison regarde la mer

Avec ses neuf fenêtres noires sans reflets.

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coco4649   13 octobre 2020
Amis carrés, étroits de Franz Hellens
FENÊTRE







Les plus belles fenêtres que l'on voit

Toutes prêtes pour admirer la rue

Comme les dames au balcon

D'un remuant théâtre



Ne peuvent me faire oublier

Un carré dans un autre carré de muraille

qui regardait la crasse du trottoir

Et ne semblait pas mépriser la vie.



Pourtant sur six carreaux

Lavés au moins par quelques pluies

Cinq étaient morts pulvérisés

Le sixième portait une crevasse.



Je passais à l'instant où grouillait le soleil

Dans le verre attentif du sixième

Les cinq autres me dirent au revoir

Avec toute l'ardeur de leurs ténèbres.
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Franz Hellens
coco4649   13 décembre 2021
Franz Hellens
Dans un poème, il n’y a qu’un instant de poésie…







Il faut savoir le discerner.

Un poème n’est vivant qu’improvisé.

J’entends ainsi ce qui s’accomplit hors du temps et de la

     commune mesure.

Les images poétiques doivent s’admettre ou se rejeter.

Elles ne se discutent pas plus que les images du rêve.

Le miracle de l’univers est qu’il tourne et se développe.

Il faut qu’on puisse dire d’un poème qu’il tourne

et continue à se développer dans l’âme du lecteur.

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