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4.29/5 (sur 107 notes)

Nationalité : Autriche
Né(e) à : Prague , le 10/09/1890
Mort(e) à : Beverly Hills en Californie , le 26/08/1945
Biographie :

Franz Werfel était un poète, romancier et dramaturge autrichien, né le 10 septembre 1890 à Prague et mort le 26 août 1945 à Beverly Hills en Californie.

Werfel était un des protagonistes du courant expressionniste de l'entre-guerre. Ses principaux thèmes sont la musique, l'histoire et la foi catholique bien qu'il ne se soit jamais converti.
Franz Werfel est issu de la bourgeoisie juive-allemande de Prague. Par sa gouvernante et par sa scolarité dans un établissement privé, son enfance est imprégnée de la foi catholique. Lycéen, il se lie d'amitié avec Max Brod et Franz Kafka et publie ses premiéres poésies. En 1909, il obtient le baccalauréat au lycée Deutsches Gymnasium à Prague. Après le service militaire 1911-12, Werfel travaille pour la maison d'édition Kurt-Wolff-Verlag à Leipzig. De 1915-17 il est soldat dans l'armée autrichienne.

Il est un des rares auteurs de son temps à avoir dénoncé le massacre des arméniens par les Turcs.

À partir de 1919, Franz Werfel vit avec Alma Mahler-Gropius, fille du peintre Emil Jakob Schindler, veuve du compositeur Gustav Mahler et épouse de l'architecte Walter Gropius dont elle divorce en 1920. Musicienne et grande dame du monde intellectuel viennois, Alma aura une grande influence sur Franz Werfel ; ils se marient en 1929.

En 1938, le couple fuit devant les troupes allemandes et se réfugie en France, à Sanary-sur-Mer. En 1940, ils sont à Lourdes où Werfel s'intéresse à Bernadette Soubirous, sainte catholique très populaire, et à ses visions de la Vierge dans une grotte près de Lourdes. Il fait le vœu d'écrire un livre sur Bernadette s'il était sauvé. Après la traversée des Pyrénées avec Heinrich et Golo Mann, deux fils de Thomas Mann, le couple se trouve au Portugal d'où ils émigrent aux États-Unis.

En 1941, Werfel est naturalisé américain. Il meurt en 1945 d'une attaque cardiaque, à l'âge de 54 ans.


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Bibliographie de Franz Werfel   (14)Voir plus

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Franz Werfel : Le passé ressuscité - Joseph Roth : Le Poids de la grâce
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
Le ministre était un petit homme vêtu d’un complet avachi, froissé, qui donnait à penser que son possesseur avait dormi plusieurs nuits sans le quitter. Tout était gris chez ce Spittelberger et semblait étrangement terni par l’usure. Les cheveux coupés en brosse, les joues mal rasées, les lèvres proéminentes, les yeux qui louchaient -on appelait cela une coquetterie -et même une amorce de ventre qui surgissait, inattendue et injustifiée, au bas de la modeste cage thoracique. Originaire d’une des contrées alpestres, il se nommait lui-même toutes les deux phrases un paysan, mais ne l’était en aucune façon, ayant passé sa vie entière dans les grandes villes, dont vingt ans dans la capitale comme professeur puis directeur d’une école professionnelle. Spittelberger donnait l’impression d’un oiseau nocturne. Le pince-nez démodé devant ses yeux tournés vers le ciel ne paraissait pas destiné à aider sa vue. Dès qu’il se fut installé à la table du conseil dans un fauteuil présidentiel, sa grosse tête tomba sur son épaule droite. (..) Telle la marmotte, il faisait des réserves de sommeil en tout lieu et en toute circonstance.
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Depuis le court moment où la lettre de Véra avait complètement transformé son existence, le temps de ce jour d’octobre s’était lui aussi modifié de façon surprenante. Le ciel uniformément couvert ne dévoilait plus, impudique, quelques espaces dégagés ; les nuages d’un blanc vaporeux aux contours précis ne couraient plus au firmament, mais pesaient lourdement, immobiles, couleur de housses sales. Pas de vent. Une atmosphère cotonneuse. Le ronflement des moteurs, les grincements des tramways, le vacarme de la rue, tous ces bruits proches ou lointains parvenaient assourdis, à la fois exagérés et imprécis, comme si l’univers racontait à pleine voix l’histoire de cette journée. Un temps anormalement chaud, un temps traître qui provoque chez les gens d’un certain âge l’appréhension d’une mort subite. De lui on pouvait tout attendre : l’orage, la grêle, une pluie tenace, sinistre, ou un armistice fallacieux avec le soleil. Il détestait ce type de temps qui oppressait sa poitrine et semblait par son ambiguïté correspondre à son propre état d’esprit.
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Il restait partisan de la sentence qui jadis avait acquis une certaine célébrité parmi les Arméniens: "Plutôt laisser périr notre corps en Turquie que notre esprit en Russie." Il n'existait pas de troisième possibilité.
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Le peuple arménien, qui est la fraction la plus cultivée et la plus active de la population ottomane, fait, depuis plus de trente ans, d'immenses efforts pour détacher l'empire de son système d'économie trop primitive, pour le faire s'élever vers les sommets de l'agriculture moderne et s'acheminer vers l'industrie. Et c'est justement pour avoir été d'aussi valeureux pionniers que les Arméniens sont persécutés et anéantis par la vengeance de la paresse brutale.
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Notre coeur est double. Il existe un coeur de chair et un autre, secret et céleste, qui enveloppe le premier, de même que son parfum entoure une rose.
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La brutalité froide et calculée des théoriciens du massacre, la rapacité sournoise de la meute, l’attrait du sang chez les tueurs fanatiques, l’appel au sacrifice chez les victimes : l’auteur ne s’est-il pas trompé d’époque et de lieu ? Je le suis pas à pas et je ne me sens nullement dépaysé. Le monde est en guerre, mais à l’intérieur de cette guerre, une autre guerre est livrée par une grande puissance à une minorité marquée, pourchassée, oppressée. Déportations, marches forcées, humiliations sans fin, meurtres et boucheries ayant pour but l’extermination d’un peuple tout entier : l’auteur évoquait-il un passé vécu ou un futur prophétique ? Le « Musa Dagh », n’est-ce pas une sorte de ghetto où des rescapés, dans un sursaut d’orgueil et de courage désespéré, se préparent à mourir au combat plutôt que de périr dans la poussière ensanglantée des routes lointaines ?
Préface, Elie Wiesel
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Nous y voilà ! De nouveau l'orgueil séculaire de ces gens-là, leur complexe révoltant de supériorité. Même quand on les a enfermés dans la cave, ils semblent vous toiser d'en haut, du septième étage.
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Ensuite, venait une profonde et puérile lamentation sur le cannibalisme spirituel de l'humanité, les joies de la cruauté, le plaisir d'humilier et d'avilir les autres, la satisfaction que donne le malheur d'autrui.
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- La mort, repris-je, surtout la mort au premier stade, n'est absolument pas un état de non-être, ainsi que je l'ai déjà affirmé, mais un semblant de non-être par manque de contrastes. C'est vrai, la conscience cesse peu à peu; elle dépérit, se dessèche ainsi que ses racines parcourues de nerfs qui plongent profondément en dessous de la surface. Mais cela aussi n’est qu’une apparence et des plus trompeuses, car ce n’est pas la conscience qui dépérit, mais seule la dualité de la conscience, la plénitude du tu dans le moi, le vis-à-vis qui, dans l’existence, fait office de miroir. L’Ego n’est plus seulement face à face avec lui-même, ce qui lui permet d’avoir conscience de soi-même, comme un visage humain prend vraiment conscience de lui-même dans le miroir. Le moi se dissout dans le moi.
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Le Jugement dernier
en cinq livres

Premier livre
La Naissance des ombres

Ballades


Ballade de folie et de mort
Dans la grande salle du jour -
la ville s'est creusée, la mer de novembre, et a résonné lourdement
Comme résonne le Sinaï. Serré par la tour
Le nuage est tombé. - Coup étouffé
Mon oreille a frappé l'heure,
Quand je me suis trop penché sur moi-même.
Et je suis tombé, j'ai roulé et j'ai oscillé là dans un sommeil.

Comment interpréter ce sommeil, -
Comment aucun sommeil ne m'est jamais venu, depuis que j'ai couru
dans les ténèbres, quand un temps m'a
frappé dans mon cœur !?
Et quand je suis arrivé, la
respiration a commencé à émerger dans un rêve,
je suis entré dans ma maison passée, dans le couloir noir à travers la porte hivernale.

Maintenant écoutez, les amis, ça !
Quand j'étais dans le noir, une main légère m'a giflé.
Je me tenais envoûté contre le mur froid.
Oh noir, terrible
souvenir, puisque je ne l'ai pas trouvé,
Le léger qui
me préoccupait tant, Et dans le jour noir du portail m'a frappé légèrement de sa main légère !

Il n'y avait pas de lueur,
Et même la petite lumière rapide qui se tisse en fausses roses,
Et sous l'image se brouille et se gonfle,
La petite lumière est entrée.
Aucun ange noir ne s'avança,
pas une ombre ne s'avança, pas un souffle ne sortit de la pierre froide !
Mais derrière moi dans mon rêve, sanglotant à peine, la porte s'enfonça.

Et pas un mot n'est sorti non plus.
Mais entièrement avec ma voix, un mot a crié au fond de mon orcus.
Et comme une feuille à la chênaie, j'étais desséché.
Douloureux! Sec, léger et super
, je suis tombé sur moi-même et j'ai roulé en automne et dans de grosses bosses.
Un mot et le vent m'ont emporté,
le mot qui m'a traversé, le mot à trois syllabes s'appelait, le mot s'appelait : sans espoir !

Oh dernière peur et douleur !
Oh rêve du couloir, oh rêve de la maison d'où la femme m'a conduit !
Oh lit, dressé dans le noir, sur lequel elle m'a lâché au monde !
Je me tenais dans le minerai noir,
Et tenais mon cœur et ne pouvais pas crier,
Et chantais - sauve-moi - en moi.
La chambre de Stein m'a intégré. J'ai entendu le fleuve résonner et tomber, le fleuve : Seul.

Et
voilà , mon dernier lot m'a été révélé, et je suis sorti de chaque tour.
Dans le rêve noir du couloir, le cordon se brisa et résonna.
Et ainsi je reconnus
pourquoi la main me frappait légèrement et délicatement,
Qui touchait faiblement mon front,
Et vainquait secrètement ma démarche, de sorte que je ne chancelais plus et me portais à peine.

Et quand je l'ai reconnu,
L'instant qui m'est venu, j'étais l'autre homme
moi - même , Et qui m'a commandé durement, j'étais moi-même ma mort.
Et m'a tout pris fermement,
Et l'a éloigné de ma main et l'a serré fermement : - Le
plaisir et l'amour, le pouvoir et la renommée et, enfin, la poésie.
Et se tenait horrifié et déchiré et sans illusion et ouvert et complètement nu.

Oh mort, oh mort, pour
la première fois je me suis vu vrai, moi-même sans volonté, sans désir et sans apparence,
Comment les buveurs se font face tard dans la nuit.
- - Il rit et reste distant et proche - -
Je suis resté figé dans le premier présent, seul, à deux.
(Oh, ce que nous disons, c'est mentir parce que cela parle.)
Je me suis retrouvé moi-même sans illusion et je suis mort à mon réveil.

Dans la grande salle du jour,
j'ai levé la tête du rêve et j'ai regardé l'arbre de ma fenêtre.
La ville était creuse, la mer de novembre, et résonnait lourdement,
le ciel brillait encore à peine.
Mais je suis descendu avec une grosse tête et un chapeau,
Et j'ai traversé des rues, des montagnes rougeâtres et des cols...
Ma tête du rêve est encore couverte de feuilles. J'y suis allé avec du sang terne.

Je suis parti comme les morts,
un fantôme séparé, orphelin et invisible.
J'ai flotté loin et au frais à travers le retour à la maison et la foule,
j'ai vu des enfants courir et des mendiants debout.
Un bossu se tenait le ventre et une vieille femme balançait un bâton en criant.
Légèrement une dame a souri. Une fille lui a embrassé la main...
Et j'ai compris ce qui les reliait, et j'ai traversé leur alchimie.
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