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Note moyenne 3.53 /5 (sur 97 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Neuilly-sur-Seine , 1954
Mort(e) à : Paris , le 25/12/2003
Biographie :

Frédéric Berthet, né en 1954 à Neuilly-sur-Seine et mort à Paris le 25 décembre 2003, était un écrivain français.

Ecrivain français mort prématurément (49 ans) des suites de l'abus d'alcool. Il a été attaché culturel à New York. Il avait en projet un grand roman dont les fragments constituent "Journal de "Trève"" Jean Echenoz et Michel Déon étaient de ses amis.

Pierre Bayard, son camarade de la rue d'Ulm et son ami, dit de lui : « Il avait une aura fascinante, de par ses fréquentations prestigieuses : Barthes, Sollers, Julia Kristeva... Mais surtout, il était très drôle


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« Il va falloir s'y habituer, mais quand même ça fait bizarre. […] Dix ans déjà que Frédéric Berthet est mort. On l'avait retrouvé chez lui, entre Noël et le jour de l'an. […] Ce normalien n'avait pas le profil de la rue d'Ulm. Il aimait Salinger et le champagne, la pêche à la mouche, le tennis et Kafka. Il avait été conseiller culturel à New York, le seul travail qu'il ait jamais eu. Son métier était écrivain, mais comme écrivain n'est pas un métier, il ne pouvait pas s'en tirer. […] Il avait cru que l'alcool serait son compagnon de route. Il fut son ennemi. « Écrire : se sortir de l'eau soi-même en se tirant par les cheveux. » Il se noya dans le whisky et le vin blanc. Il était pourri de talent. Ses incertitudes l'asphyxiaient. […] Ses livres continuent à clignoter, comme ces étoiles dont la lumière nous parvient encore après qu'elles sont éteintes. […] […] Ceux qui restent ont toujours tort. « Yep ! », aurait fait Frédéric, avec ce petit rire qui n'était qu'à lui. » (Éric Neuhoff, Deux ou trois leçons de snobisme, Éditions Écriture, 2016) « […] Comment il avait écrit son deuxième livre, il l'ignorait encore. Il avait eu le choix entre terminer le troisième et se tirer une balle dans la tête. Quant au quatrième, on avait commencé à considérer qu'il en écrirait même un cinquième : s'il était toujours là, c'est qu'il tenait le coup. […]  […] Il savait bien que tout ce que la littérature lui prenait, elle était forcée de le lui rendre de temps en temps. […] » (Un point de vue divin) « […] Distraction ? Fatigue ? Devait-il tenter de se justifier ? Écrire un éloge de la distraction ? Une apologie de la fatigue ? Ha ha ! Il ne pouvait plus écrire, justement ! Depuis trois mois ! L'écrivain s'était taillé, l'avait abandonné ! Oh, je sais, ajoutait Trimbert sentencieux, ces périodes sont imprévisibles, comme des accès de malaria, et il le pensait avec conviction, c'était une loi de l'existence, encore que chaque accès le laissât pantelant. « Dans la maladie, la santé se repose » c'était le plus joli, le plus sympathique, le plus profond dicton qu'il eût à sa disposition. Peut-être fallait-il ficher la paix à l'écrivain, de temps en temps. Soit. Peut-être l'écrivain pouvait-il partir en permission. Se faire porter pâle. Demander un mot d'absence à ses parents. Oui, exactement : à ses parents. Pauvre type. […] » (Hors-piste) de Frédéric Berthet (1954-2003), « cinq libres ont été publiés de son vivant, en l'espace de dix années. […] En 1993 paraissent simultanément Felicidad, second recueil de nouvelles (le bandeau de la collection L'Infini précise : « Nouvelles du front » […], qui suscite dans la presse une vague d'interrogations […]. 0:04 - Felicidad Pas là: 0:37 - 1er extrait 1:53 - 2e extrait 3:29 - Beaucoup d'autres endroits 4:30 - Générique Référence bibliographique : Frédéric Berthet, Felicidad, Éditions Gallimard, 1993 Image d'illustration : https://www.telerama.fr/livre/l-ami-berthet-retrouve,65450.php Bande sonore originale : Carlos Viola - Letter From A Friend Site : https://thegamekitchen.bandcamp.com/track/letter-from-a-friend #FrédéricBerthet #Felicidad #LittératureFrançaise

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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
Frédéric Berthet

....au fond la vie conjugale réserve bien des mystères – dont on se demande si certains sont nécessaires .

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Frédéric Berthet

Il est infiniment probable qu'on ne meurt pas d'une maladie, d'un accident, voire de vieillesse : je prétends au contraire de ce qu'on a pas vécu.

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La nuit des papillons

Avant de me retrouver ici, j'allais, l'année dernière, en Sologne.

Drôle d'endroit. Comme une réserve sans Indiens.

Je déconseille.

Une nuit, cependant, sur un pont au-dessus de la Loire (ce qui n'est déjà plus du tout la même chose), en voiture et en mai, dans la lumière de mes phares, je ne vis plus rien qu'une pluie blanche, tourbillonnante, vraiment une neige, une tempête de neige -- en mai ?

Des millions d'éphémères couvraient le pont. Une éclosion. Un tapis. Des milliards. Dix centimètres sur la chaussée.

Ce qu'on appelle dans l'Indre : la nuit des papillons, et n'arrive qu'une fois l'an.

p34-35 Edition La petite Vermillon

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Tu comprends, dissertait-il, il faut avoir une notion précise de la relativité des choses. La relativité des choses est immense. Tout est totalement relatif- fortune, beauté, échec, succès désastre ...- Tout est relatif à un point qui est complètement dingue. Complètement .....tu disais comment déjà ?....

-Insortable ?

-Voilà triomphait Raph, insortable. Tout est relatif à un point complètement insortable......

Et c’est bien la raison , concluait-il sans transition, pour laquelle il faut sans cesse se placer du point de vue de l’absolu pour tenir le coup et ne pas se faire avoir.

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J'aime ce qui n'a pas d'avenir, et n'a pas eu le temps de s'inventer un passé. Toutes les fois qu'il m'est arrivé quelque chose, j'ai souhaité presque malgré moi : pourvu que cela ne dure pas, car souvent tout ne dure que de notre incapacité à l'interrompre.

(...) s'en aller comme on regarde le temps passer dans une chaise longue... Dans le même calme feint : la même élégance.

p 31-32

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On dîna seul sous surveillance, aux terrasses fleuries, on voyagea accompagné dans les villes étrangères, et les rencontres se multiplièrent. On eut quelques amis, que l'on perdit, et qu'on revit : ils sont restés comme ils étaient. On apprit le mariage d'une adorable blonde partie vivre outre-mer. Les années passèrent, c'est-à-dire qu'il fallut diviser par quatre le nombre des saisons. De tout ce temps, aucune mort ne fut à déplorer, quoique régulièrement, à la fin d'une journée un peu plus silencieuse, on crut pouvoir penser qu'une période s'achevait, et elle s'achevait en effet : ainsi sommes-nous chassés lentement.

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- J'ai des pressentiments. Ce que tu vois dans l'immeuble d'en face a toujours l'air enviable, mais quand tu t'y trouves, tu as envie de sauter par la fenêtre. Je connais un conseiller d'Etat qui a eu une crise mystique et a failli se faire écraser par un autobus. Puis il est resté conseiller d'Etat. Je connais des gens qui se sont délabrés à essayer de se ressembler, et d'autres qui doivent changer de voiture tous les deux ans pour savoir qu'ils existent. Tu te souviens de la fois où tu m'as demandé ce que faisaient les gens dans leurs appartements ? Je t'ai répondu : ils vont de pièce en pièce, et c'est la meilleure réponse qu'on puisse faire. Je vois des gens qui se plaignent de vieillir, de ne plus pouvoir monter les escaliers aussi bien qu'avant : mais les âmes s'usent encore plus vite que les corps.

Il lui prit la main.

- Tu ne trouves pas qu'on est bien ?

- On est parfaitement bien.

Ils soupirèrent d'aise. Le soleil mettait artistiquement la dernière touche à leur teint exotique.

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«  Tu comprends, dissertait - il, il faut avoir une notion précise de la relativité des choses.Tout est totalement relatif—-fortune, beauté , échec, succès , désastre .....

Tout est relatif à un point qui est complètement dingue.....

Complétement ......tu disais comment , déjà ? »

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Tu ne peux pas savoir, répétait-il avec allégresse, la quantité de résignation que les gens portent en eux. Dans les dîners, il traquait les résignations. Quand il en avait levé une, il l'abattait d'un coup de fusil imparable.

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la solitude des grandes villes aux dernières heures de la nuit est si régulière qu'on la croirait préméditée. [...]

Mourir était devenu pour lui la seule aventure qu'il ait à sa disposition. [...]

Il regarde les objets qui l'entourent et l'entoureront encore s'il meurt à l'instant. Il supprime les rares indices pouvant prêter à interprétation. Il regarde les livres (n'en laisser aucun ouvert, toute page pourrait devenir compromettante), il regarde les clés de voiture, il regarde le téléphone. C'est un téléphone superbe et son clavier donne envie d'appeler. Peut-être donne-t-il aussi envie de répondre.

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