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Citations de Gaël Brustier (15)


Après deux semaines de visites assidues à la place de la République, j'ai été convaincu non pas de l'avenir de Nuit Debout, qui pourra être comme ne pas être, mais de son intérêt pour comprendre les difficultés que rencontre notre pays.

En essayant d'éviter de tomber dans l'émerveillement ou dans la caricature, j'ai essayé de rendre les aspirations de celles et ceux qui s'y retrouvent. J'ai donc fait d'abord œuvre de recension que j'espère exacte.

Face aux enthousiasmes naïfs et aux mépris stériles, j'ai également tâché de donner le contexte politique, culturel et intellectuel pour que l'on comprenne, par-delà la première impression de bazar, les soubassements de ce phénomène. Une contribution que je sais modeste mais que j'espère là utile.
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Pour l'heure, il est vrai, le grand retour des ouvriers ne marque pas le retour de la classe ouvrière en l'absence de ce sentiment d'un destin collectif qui serait apte à les réunir. Ce qu'aiment souligner les animateurs de Nuit Debout ou, à tout le moins, dont ils semblent convaincus, parfois avec dépit.
Mais que serait donc une lutte qui se voudrait aussi une lutte de classes sans conscience de classe ? La question demeure ouverte.
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En réduisant l'Etat à un prestataire de services (publics) et à un bureau d'expertise comptable de ses propres comptes, on a oublié sa fonction sociale.
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Faire de la politique en temps de crise implique de prendre au sérieux l'idéologie.
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Le noyau dur des organisateurs n'est cependant pas uniforme.
Il comporte des personnalités issues de deux univers sociaux et politiques distincts.

Le premier est celui des artistes engagés (...) Le second consiste dans les journalistes de Fakir. La plupart d'entre eux ont acquis une solide expérience contestataire dans cette Picardie où est né en 1999 le journal et où le Front National connaît une de ses plus impressionnantes progressions électorales sur une terre traditionnellement ouvrière. A côté de François Ruffin, ils sont devenus experts dans la critique des médias.

Ces deux tendances ont néanmoins en commun de privilégier l'action culturelle.
De plus, et fait en rien anodin, elles croisent un double rejet :
celui de l'Europe technocratique et celui de l'extrême-droite qui entend précisément capter ce créneau.
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Nous avons assisté à la naissance d'une bourgeoisie financière transnationale coupée des préoccupations qui étaient celles de la bourgeoisie nationale industrielle.
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Gramsci était le promoteur d'un front culturel à côté des fronts économiques et politiques.
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Nuit Debout est déjà plus qu'un mouvement produit par la crise
et, par certains aspects, vaut signal de l'après-crise.

Certains occupants de la place de la République ressemblent à ces défricheurs décrits par Eric Dupin.
Dans son livre en forme de grande enquête, l'écrivain journaliste a parcouru l'Hexagone et dressé le recensement de cette France qui se refuse à vivre selon les normes imposées d'en haut.
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[Après la crise de 2008] Aux yeux du plus grand nombre, la globalisation laisse une impression de chaos. Le consentement apathique à des mesures et solutions perçues comme défavorables aux "petits" s'atténue. De nouvelles potentialités surgissent à l'horizon, dont le leitmotiv est moins la révolution que l'autonomie. Ne plus subir, reprendre son destin en ses propres mains, telle est l'inspiration majeure du moment.

L'année 2015 prépare, à sa façon, Nuit Debout.
[L'auteur cite Syriza en Grèce, Podemos en Espagne, les victoires et les avancées de la gauche en Grande-Bretagne, au Portugal ...] L'anti-austérité fait recette. L'évidence néolibérale n'en est plus une. (...)

Cette même année 2015 est aussi l'occasion d'une prise de conscience, quoique infiniment plus éprouvante pour les Français. (...)
Ces actes terroristes [la tuerie de Charlie Hebdo en janvier 2015 et les attentats de Paris en novembre 2015] effacent les frontières physiques mais aussi symboliques. (...) l'effet de sidération laisse la place au choc du réel. Il y a de l'intolérable. (...) L'idée de faire corps revient avec force.
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Au sens gramscien, les élites socialistes furent les "intellectuels organiques" du néolibéralisme et entrainèrent leur électorat à devenir, malgré lui, un groupe auxiliaire du groupe dirigeant lié à l'économie financière. C'est finalement cela, le "social-libéralisme".
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Comprendre Gramsci c’est comprendre la crise. Penser Gramsci c’est se donner les outils pour en sortir.
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Se soumettre paraît impossible. Se révolter, improbable.
Manifester ce dilemme s'impose, dans l'espoir de mobiliser.

Serait-ce la fatigue d'être fatigués qui agit enfin ?
Le désenchantement
à avoir consenti à être par trop désenchantés ?

Le déclic est là.
Il s'apparente plus aux représentations survivalistes du grand réveil qu'au mythe anarchiste du grand soir.
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C’est ce qu’Iglesias et Podemos retiennent de Gramsci et de ses successeurs. En faisant de la bataille culturelle le préalable de la bataille électorale, et en proposant un projet de société sophistiqué, neuf, audacieux et, surtout, actuel, ils se sont imposés comme une alternative crédible.
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La gauche d’après est en train de naître aux marges de l’Europe. Ses succès en Grèce, en Espagne, en Irlande, auxquels on pourrait sans doute ajouter le Portugal ou l’Écosse, réfutent l’idée d’un inexorable droitisation de notre continent.
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Une certitude est à la racine de Nuit Debout. Fondée, qui plus est.
La gauche telle que nous l'avons connue n'existe plus. (...)

Pour autant, nulle part sur le Vieux Continent, les difficultés rencontrées par la gauche dite "de gouvernement" n'apparaissent bénéficier à la gauche dite "alternative", qu'elle se veuille radicale ou écologiste.
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