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Note moyenne 4.15 /5 (sur 20 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon
Biographie :

Après des études en cinéma et la signature d’un reportage dans "Libération" et d’un autre dans "L’Humanité", Gaspard Flamant publie son tout premier roman: "Shorba, l’appel de la révolte", en mars 2018.

Il a vécu à Madrid, Montpellier et Paris, avant de s’installer à Marseille.

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Entretien avec Gaspard Flamant à propos de son premier roman, Shorba, l`appel de la révolte


04/02/2019


Shorba, l`appel de la révolte est votre premier roman. Quand le besoin d`écrire s`est manifesté pour vous ? A-t-il été compliqué de vous faire éditer ?

J`ai toujours voulu écrire, et je l`ai d`ailleurs toujours fait : je me souviens de mon premier « livre », écrit à la main, découpé et plié pour un ami d`enfance, alors que je devais avoir 8 ou 9 ans. C`était un plagiat de Croc Blanc de Jack London

J`ai eu beaucoup de chance pour l`édition de Shorba, car après un refus à la dernière minute d`une (très) grosse maison d`édition, on m`a conseillé Sarbacane, et ça a démarré comme ça.


D`où est partie l`idée de ce roman très engagé ?

L`idée de base était celle d`une rencontre entre mes deux personnages. Je voulais que le monde militant et libertaire croise le chemin de celui des banlieues. Parce qu`en un sens, ce sont des extra-terrestres l`un pour l`autre.


Les personnages sont véritablement au cœur du récit. Sont-ils inspirés de votre propre vécu ?

Ça dépend. Certains d`entre eux sont des mélanges de personnages de films et de romans, d`autres des variations de personnes que je connais… Et deux personnages très secondaires sont des amis à moi posés tels quels dans le roman. Mais c`est parce qu`ils sont en fait assez romanesques au naturel !


De nombreux lecteurs ont adoré le personnage de Léo qui est assez impressionnant avec une personnalité très marquée. Les « flashbacks » de lui en prison essayant d`écrire la vie des autres prisonniers prennent une grande part dans le roman. Pourquoi avez-vous voulu représenter le quotidien des prisonniers ? Est-ce un choix qui s`est présenté au début de votre écriture, pendant ou après ?

Quand j`ai envoyé mon manuscrit, il n`y avait qu`un seul « flashback » de Léo en prison. Ça ne tenait pas du tout pour le rythme du livre, et c`était un choix incomplet, mal maîtrisé… Je voulais qu`on comprenne un peu d`où venait ce personnage si énigmatique. Avec mon éditeur, on a décidé de rajouter des parties, et de rythmer tout le roman avec ces moments dans le milieu carcéral. C`était un moyen pour moi de montrer que Léo aussi a appris, et qu`il a dû souffrir et coller son nez de bourgeois dans la misère pour comprendre à quoi ressemble le monde, et devenir ce qu`il est quand il rencontre Shorba.


Les messages que vous faites passer dans ce roman sont tous très importants mais si vous ne deviez en retenir qu`un seul, lequel serait-ce ?

Que ce sont les rencontres qui font tout. Ça peut paraître un peu utopiste, mais je crois réellement que ce sont les rencontres qui sont la solution à presque tous les conflits, racismes et imbécillités de notre monde.


Avez-vous pour ambition de faire une suite ? Un roman tout à fait différent ? Toujours pour les jeunes ?

Il n`a jamais été question d`écrire une suite, même si depuis quelque temps des lecteurs m`en parlent comme si c`était une évidence… mais non, je ne pense pas le faire. Je suis en train d`écrire un autre roman, très différent, bien que je pense qu`on y retrouvera un « univers réaliste » commun.


Le roman est un « partenariat » avec Amnesty International, aviez-vous une quelconque idée que ça allait arriver ? Qu`est-ce que cela représente pour vous ?

Ça a été une surprise absolue, à quelques semaines de l`impression du livre. J`ai reçu un mail de mon éditeur pour me dire qu`Amnesty avait aimé mon livre, et qu`ils voulaient me soutenir en le vendant eux-mêmes, et en ajoutant leur logo et un petit texte en quatrième de couverture.

J`avais peur d`être un peu « récupéré » sur le côté politique de mon roman… parce que contrairement à ce qu`on pourrait croire, je ne voulais pas écrire quelque chose de politique : mes personnages m`ont rattrapé et entrainé dedans si j`ose dire. Mais Amnesty pour moi ce n`est pas politique : c`est simplement humain et évident comme combat. Je suis donc très tranquillement fier et honoré d`avoir leur soutien !



Gaspard Flamant et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Tous, je crois… En primaire, je suis « tombé » dans Harry Potter de J. K. Rowling et A la croisée des mondes de Philip Pullman et ils m`ont montré qu`on pouvait devenir complètement accro à une histoire, plus tard San Antonio m`a montré qu`on pouvait exploser de rire en lisant, Serge Brussolo et Henning Mankell m`ont appris la peur… Ce sont au fond (presque) toutes mes lectures qui m`ont donné envie de moi aussi faire vivre ce genre de choses aux lecteurs.


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

La première je ne sais pas, mais j`ai adoré découvrir le monde tel que Russel Banks le voit.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Je ne relis jamais les livres, sauf les Harry Potter quand j`étais au collège… à chaque sortie d`un nouveau tome, je relisais l`intégrale !


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Marelle de Cortázar. Je veux le lire depuis des années, et je ne m`y mets jamais, alors que j`en ai deux exemplaires dans ma bibliothèque…


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

La vie même de Paco Taibo Ignacio II, un polar mexicain complètement dingue, que j`ai parfois dû poser pour reprendre mon souffle tellement je riais.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Le rouge et le noir de Stendhal m`a beaucoup énervé : déjà parce qu`on est obligé de se le farcir en scolaire, et qu`en plus on s`ennuie tout le long… jusqu`à la fin, qui est sublime. J`ai toujours trouvé ça malhonnête, parce que tout le monde en garde une bonne image grâce à ces quarante dernières pages… mais le livre en fait trois cents !


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Non, je ne crois pas…


Et en ce moment que lisez-vous ?

En ce moment je ne lis pas de livre à proprement parler, je suis en pleine lecture de la Revue America, et c`est un vrai bonheur : des entretiens avec des auteurs que j`admire, des reportages longs et bien écrits sur les USA… je la recommande vraiment !


Découvrez Shorba, l`appel de la révolte de Gaspard Flamant aux éditions Sarbacane :


Entretien réalisé par Camille Bobroff.

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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
LaMouette   26 avril 2018
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
Léo a sorti un pot de peinture de sa caisse, et il a grimpé sur une échelle pour recouvrir la dédicace des nazillons. Mais au lieu de simplement recouvrir les mots, il a choisi d’en rajouter. D’abord un, puis deux, trois, jusqu’à former une liste immense, dont chaque ajout déclenchait des cris

de joie parmi nous! Ça a donné ça :

« La France aux Français, Maliens, Malgaches, Pakistanais, Italiennes, Colombiens, Chinois ou Chine-toi, Algériens et Algépleins, Islandaises,

Soudanaises et Surdanaises, Homo Sapiens et Homos tout court, Juifs à papillotes et punks à crête, Curés anarchistes, Putes en uniforme et Bonnes Sœurs en civil, Cancéreux en pleine santé, Nains de jardin et Géants de bureaux, Grévistes en CDI et employés modèle en alternance, Vieux gamins, Vieilles connes et Amoureux de tout, sauf de la haine ».

Et il a signé : « Les Châtelains ».

– Faut pas laisser la haine sur les murs, qu’il a dit, ça nique le crépi !
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MissPerle   19 août 2018
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
Avec la randonnée dans les Alpes, j'avais commencé à avoir envie de voir d'autres paysages, d'autres pays. Avec mon pote Jack London, je me suis dit que ça devenait une obligation.
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zazimuth   24 janvier 2019
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
ça m'a surtout mis la face dans la misère des autres, et ça m'a rappelé que mes combats devaient avoir une seule cible : l'argent. J'ai commencé à me dire qu'il fallait que je montre aux riches comme aux pauvres que c'est pas leur thune qui les définit… c'est plutôt ce qui les éloigne d'eux-mêmes. Les pauvres passent leur vie à rêver d'une fortune qu'ils n'auront jamais, et les riches se pourrissent la vie à essayer de ne pas perdre ce qu'ils ont. Et pendant ce temps-là, dans les HLM comme dans les villas, ça dépérit. (p.40)
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zazimuth   24 janvier 2019
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
C'est justement pour ça que t'es le meilleur porte-parole possible, Shorba : t'es pas comme tous les gars du jardin, qui sont nés le poing en l'air. Toi, tu apprends tous les jours, et tu n'arrêtes jamais de te remettre en question. C'est pour ça que t'es un gars aussi génial. (p.154)
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zazimuth   24 janvier 2019
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
Léo, lui, traçait devant, infatigable.

- Léo… comment tu fais ?! a balancé Zak.

- Qu'est-ce que tu veux, mon père c'était un chamois, il a répondu en souriant.

Zak a souri poliment, mais je savais bien que, comme moi, il n'avait aucune idée de ce qu'était un chamois. J'ai pensé à une sorte de moine, mi-chinois, mi-hippie. (p.37)
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zazimuth   24 janvier 2019
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
Son fils à elle aidait les clandestins et connaissait plein de gens différents. Dans l'équation "étudiant ou dealer", il avait choisi de n'être ni l'un ni l'autre ; son fils était devenu voyageur. (p.208)
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zazimuth   24 janvier 2019
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
On avait treize-quatorze ans, et les meufs elles mangeaient R de chez R, elles faisaient huit kilos à elles toutes, et encore c'est parce que tu peux pas maigrir des os. T'imagines le bordel, maigrir des os ? Ha ha ha, ce serait énorme !!! (p.136)
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zazimuth   24 janvier 2019
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
Un truc que je faisais depuis toujours, garder les cartes. ça venait de ce que m'avait dit un oncle du bled : plus on a un larfeuille plein, plus on fait riche et important. j'étais hyper riche en cartes de fidélité de kebabs. (p.142)
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zazimuth   24 janvier 2019
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
Léo n'a pas répondu, mais il m'a offert un de ses fameux petits sourires. Ce mec avait une gamme de sourires qui pouvaient dire mille trucs différents. Là c'était un peu comme un clin d'œil. (p.31)
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zazimuth   24 janvier 2019
Shorba, l'appel de la révolte de Gaspard Flamant
On avait juste bien capté que pour les gars comme nous, l'avenir c'était de la merde. Et on tenait le coup en attendant que ça nous tombe dessus. (p.7)
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