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Note moyenne 4.21 /5 (sur 34 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Pont à Mousson , le 30/10/1904
Mort(e) à : Die, Drôme , le 01/11/1993
Biographie :

Georges Navel, de son vrai nom Charles François Victor Navel, est un écrivain libertaire français.

Il a été manœuvre, ajusteur, terrassier, ouvrier agricole, apiculteur, correcteur d’imprimerie à Paris.
D'origine paysanne, son père était manœuvre dans les hauts-fourneaux et sa mère travaillait aux champs et aux bois tout en élevant ses enfants dont Georges était le treizième.

Pendant la guerre de 14-18, il est envoyé quelques mois en Algérie par la Croix-Rouge qui prend en charge les enfants des villages exposés aux bombardements, puis il rejoint sa famille à Lyon.
En 1918, en compagnie de ses frères, il assiste à des meetings et à des réunions organisées par des groupes d'avant-garde et rêve d'une société communiste-libertaire.

À partir de 1920, il suit les cours du soir de l'Université syndicale où il fait la connaissance du docteur Émile Malespine qui publie la revue Manomètre à laquelle participent Hans Arp, Tristan Tzara, Jules Supervielle...

Dès juillet 1936, Navel partait pour l’Espagne afin de prendre part au combat aux côtés des républicains. Démoralisé et malade, il rentra en France en septembre 1936. En 1937, Navel travailla quelque temps comme terrassier sur un chantier de l’Exposition internationale, aux Invalides. J. Paulhan qui avait publié un de ses premiers textes dans un numéro spécial de la NRF sur la poésie en 1933, en publia un autre sur son travail de terrassier en mai 1937.

Il écrit pour L'Humanité et Commune, publie des romans autobiographiques, correspond avec Bernard Groethuysen.

Mobilisé après la déclaration de guerre dans une batterie de DCA à Toul, Navel fut envoyé comme “affecté spécial” chez Hispano, puis gagna le Midi après la débâcle. Ce ne fut qu’en 1942 qu’il reprit la plume.

Paru en 1945, "Travaux", obtint le prix Sainte-Beuve en 1946. Navel y racontait son enfance et ses apprentissages.

Apiculteur à Seillons-Source d’Argens de 1944 à 1954, Georges Navel travailla comme correcteur d’imprimerie à Paris de 1954 à 1970 (à l’Humanité à partir de 1961).

Dans un nouvel ouvrage, "Parcours" (1950), il reprenait en le développant son récit autobiographique, sa méditation sur la condition des siens, sur le travail de mémoire et d’écriture, encore poursuivie avec "Chacun son royaume" (1960) préfacé par Giono (qu’il avait connu au Contadour) et "Passages" (1982).

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Source : http://militants-anarchistes.info/
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
wellibus2   04 août 2016
Travaux de Georges Navel
On rêve de mourir, de crever pas loin dans le silence bienheureux d'un petit bois. On se sent vivre dans un monde qui n'a ni queue ni tête, comme si l'homme avait été jeté dans la vie comme dans un marais et qu'il ne puisse s'y maintenir qu'en se châtrant de sa conscience, en se scalpant de sa raison.
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wellibus2   26 juillet 2016
Travaux de Georges Navel
Je savais maintenant qu'on est sur la terre pour gagner seulement sa croûte, que la vie ne répond pas à cette attente de merveilleux qui donne aux enfants envie de grandir plus vite.
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wellibus2   31 juillet 2016
Travaux de Georges Navel
C'était mon meilleur ami. ..........

Plus rien entre nous que des nouvelles de nos familles.

De son côté, beaucoup de morts, plus la sienne, celle de l'enfant dans l'adulte.

J'étais tombé de sa poche comme un vieux journal.

Nous n'avions plus rien à nous dire.
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fanfanouche24   05 février 2014
Parcours de Georges Navel
Quand ma mère lavait, je jouais avec les scarabées bleus, les cocccinelles. Toutes les couleurs se tenaient en rapport avec le ciel, le terrestre s'accordait avec l'invisible, les croyances aux anges faisaient musique, par beau temps j'étais grisé. (...)

Je regardais les champs, le ciel vide des présences dont je l'ai peuplé. Ma mère mourrait, je la perdrais pour toujours. Elle avait des cheveux gris, ma joue touchait ses lunettes, je l'embrassais. Je retournais à mes coccinelles quand elle m'avait rassuré. J'aurais voulu devenir grand sans qu'elle vieillisse. (p.16)
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Alice_   08 août 2018
Travaux de Georges Navel
Ce qui était triste, il me semble que c’est la tristesse fatale à la grande industrie. Ce qui était triste, c’était la foule du matin des bataillons ouvriers en marche vers l’usine, le long de ses murs, vers son portail. Qu’il pleuve, c’est triste. L’eau dégouline sur les pardessus, les parapluies, la foule des pieds dans la boue sent le papier de journal ; elle est aussi triste que les faits divers qu’elle a lus. C’est triste encore quand il fait beau parce qu’elle va s’enfermer. Triste en hiver, parce qu’il fait noir le matin quand elle entre et noir le soir quand elle sort. Triste en été de s’enfermer dans une usine de banlieue qui touche à la campagne. Le train du matin qu’il fallait prendre sentait le vieux mégot, le schnik, le café crème, le soulier mouillé. Dans le noir du wagon, je reprenais un supplément de sommeil près des ombres transies. Le train filait dans cette banlieue d’usines à produits chimiques. C’était beau de temps à autre, en passant près des vitrages d’une fonderie violemment éclairée.
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wellibus2   24 juillet 2016
Travaux de Georges Navel
La mère Marion, notre propriétaire était très âgée, mais grande et droite comme un hussard. C'est elle qui venait à la maison embêter ma mère en réclamant son dû.

Son mari, un vieillard cassé en deux, marchait le dos à l'équerre comme s'il piochait dans sa vigne. la vieille femme semblait l'avoir séché et condamné au travail jusqu'à sa tombe.

Quand elle entrait, elle apportait une odeur d'avarice.
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Alice_   07 août 2018
Travaux de Georges Navel
Ma mère m'a eu à quarante-sept ans. Je l'ai toujours connue comme une mère, comme une femme dont la beauté ne compte pas, mais seulement la bonté, la chaleur, la main à tartines. J'étais son treizième. Je l'ai toujours vue comme si elle avait eu soixante ans, comme toutes les vieilles femmes du village, les mères vertes et actives, sans jamais la confondre avec les grand-mères édentées, grondeuses, assises tout le long du jour avec leurs mains noueuses sur les genoux.

Dans le village on ne disait jamais d'une femme qui avait des enfants "madame" mais "la mère". Toutes les mère se ressemblaient. C'étaient des femmes à rides et à larmes. Leurs mains tannées sentaient l'ail. La mienne avait beaucoup pleuré, elle avait des lacs de larmes derrière ses lunettes, mais le reste du visage, du front à la bouche, continuait de sourire, la voix aussi.
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fanfanouche24   01 janvier 2014
Travaux de Georges Navel
Le travail ne justifie rien. Le travail justifie le charron dans un village. Incontestablement il voit les services qu'il rend. Il justifie l'artisan, le menuisier, le plombier, l'ébéniste qui voient la tête de leur client. Il ne justifie pas le travailleur de la grande industrie qui produit pour la guerre ou pour les besoins de luxe de la classe privilégiée, qui produit une pièce en ignorant où elle va dans l'ensemble de la machine.

On peut supporter sa vie sans la justifier, mais pas seul. C'est trop pénible. Il faut une mère, une femme, des enfants, être dans des liens, cesser de réfléchir. La solitude sentimentale ne convient qu' à l'homme usé. (p.77)
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gill   14 avril 2012
Travaux de Georges Navel
Il a d'abord été longtemps ouvrier d'usine, en effet. Ce défricheur du bled, cet arracheur de souches, ce coupeur de lavande, ce terrassier, cet apiculteur, que tour à tour ont fait de lui le temps, sa fantaisie, l'occasion, l'aventure, a été ajusteur chez Renault, chez Berliet, chez Citroën.

C'est le désordre de la guerre et ce grand remuement des choses et des gens qui l'ont décidément pris un jour à Paris et poussé vers les champs, le soleil et la mer qui déjà l'avaient attiré.

Ce qu'il me dit, et ce sont choses qu'il ne semble pas qu'avant lui on ait dites, c'est l'effort ouvrier, le plaisir de cette maîtrise des mains faite d'un long acquis et de patients sacrifices, de cette adaptation du corps, de cette ruse du corps en prise avec la matière difficile "qui n'obéit qu'à certaines mains", le plaisir d'exercer certaines facultés qu'on n'aurait pas attendues là, "qui tiennent de la science du boxeur et de l'intuition de l'artiste".

Navel s'étonne et s'enchante de ce que des gestes en apparence routiniers peuvent engager d'intelligence et par là dégager de joie...

(préface signée Paul Géraldy insérée en début de l'édition parue chez "Folio" en 1979)
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wellibus2   11 août 2016
Travaux de Georges Navel
Leur corporation, c'est un peu le corps franc des bataillons du monde du travail. Ils n'ont pas la bosse de la subordination.
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