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Note moyenne 3.65 /5 (sur 61 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 04/12/1946
Biographie :

Professeur de lettres, Gérard Macé a écrit une quinzaine de livres et publié plusieurs recueils de poésie. Il se distingue par un style particulier, inclassable, à mi-chemin entre la poésie et la prose.

Qualifié de "poète essayiste" par la critique, il écrit, dans la lignée des grands écrivains français, des textes qui constituent autant d’interrogations sur les identités parallèles des êtres, la signifiance des symboles, la place des Autres dans l’imaginaire du Moi et le sens de l’écriture. Ainsi, à l’écart des grandes modes littéraires, cet auteur discret et exigeant a pu bâtir une œuvre littéraire qui reflète avec douceur des préoccupations partagées par tous.

Depuis une quinzaine d’années, Gérard Macé poursuit également un travail parallèle de photographe. On trouve de nombreuses traces de ses voyages - Rome, Éthiopie, Japon, Moyen-Orient - dans son œuvre de poète et de photographe. Il est également traducteur (Bhattacharya, Solmi, Saba, Agamben, Campo, de Quincey).

Début novembre 2007, Gérard Macé était l’invité de la Faculté des Langues Étrangères de l’Université de Téhéran.
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Source : www.teheran.ir
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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
coco4649   17 juillet 2018
Homère au royaume des morts a les yeux ouverts de Gérard Macé
Des chaussons de feutre…





Des chaussons de feutre

et des voix étouffées,

une odeur de cire dans l’escalier.



Des bruits de pas dans le couloir,

une robe qui traîne sur le parquet.



La table qu’on met en silence

et les instruments qu’on accorde avant le concert.

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coco4649   29 août 2018
Filles de la mémoire de Gérard Macé
Aveugle et sourde…





Aveugle et sourde,

la nature ne voit pas les châteaux

que nous bâtissons en paroles,

ni la bête à l’écart du troupeau

qui broute la fleur empoisonnée.



Elle n’entend pas les têtes chantantes

qui flottent au-dessus de nos rivières,

ni les tambours en peau de chagrin

qui nous servent à compter les jours.
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fanfanouche24   22 octobre 2019
Ethiopie : Le livre et l'ombrelle de Gérard Macé
L'ombrelle pour tout le monde, mais le bâton réservé aux hommes : ces deux accessoires inégalement répartis, partout présents dans l'Ethiopie chrétienne, semblent régler le mouvement des astres et la marche le long des routes, le gardiennage des troupeaux, la prière et la lecture, peut-être même la naissance des enfants. Sans ombrelle ni bâton les Ethiopiens se retrouvent les bras ballants il ne reste plus qu'à attendre la nuit qui tombe, ou la mort qui doit venir. (p. 25)
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pgremaud   24 avril 2015
Homère au royaume des morts a les yeux ouverts de Gérard Macé
Pour m'endormir, je mets

le masque du sommeil : un léger voile

que je tisse avec les événements du jour

et les mots dont je garde le il en m'endormant.

Une toile aussi fine que celle de l'araignée

où restent au matin des lambeaux de rêves :

des images prises au piège, les discours décousus

d'un somnambule qui se réveille.
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coco4649   27 mars 2015
Promesse, tour et prestige de Gérard Macé
Pour écrire un seul vers



Il faut se souvenir de cent ans de sommeil

et des vies qui précédèrent, de la piqûre des roses

et de l'aïeule qui voulait voir la mer,

de l'homme au large dos couverts de ventouses

et de ses enfants effrayés par les méduses.

Des objets magiques et des formules

où s'enroulent des fleurs autour des lettres gothiques.



Puis abandonner à son sort

cet homme en nous qui se noie dans ses souvenirs,

pour renouer avec la magie sans accessoires

et la jonglerie sans rien, mais avec des gestes

suspendus en l'air et la réalité

qui se retourne comme un gant .



Avec les êtres et les choses

attirant les mots comme des aimants.

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Moglug   06 janvier 2016
Homère au royaume des morts a les yeux ouverts de Gérard Macé
Des enfants trisomiques ont joué Shakespeare

au bord de l’océan, mieux que les acteurs

habitués aux planches. Pour eux, être est un tel effort

que venger un père ajoutait à peine au fardeau.

Ne pas être, ils en faisaient chaque jour

l’expérience dans le regard des autres.



Traîner un cadavre en coulisse,

déclamer en dominant le bruit des vagues,

c’était prendre à témoin la nature

que le langage humain peut défier le néant.
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Moglug   08 juin 2015
Homère au royaume des morts a les yeux ouverts de Gérard Macé
Tu sais qu'une rose est une rose dans toutes les langues.

Autrefois c'était un reste de raison qui t'empêchait

de croire au sens caché, aujourd'hui c'est le cœur

qui refuse de s'emballer, de battre plus vite

en courant après des fantômes.
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ivredelivres   11 février 2011
Un détour par l'Orient de Gérard Macé
Le pont flottant des rêves, à la charpente aussi mal ajustée que les jours incertains. Les mois inégaux qui nous permettent pourtant de passer d'une année à l'autre
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karamzin   12 septembre 2021
La pensée des poètes de Gérard Macé
...

L'avenir de la Poésie, Henri Michaux



Depuis l'ouverture de ce congrès, nombre de recommandations ont été adressées à l'écrivain : de se pencher sur les problèmes sociaux, de songer aux répercussions de sa parole, de peser ses responsabilités, sans compter d'autres exhortations qu'on trouve plus souvent dans les sermons.

Cette façon de concevoir l'homme et l'artiste en l'homme, comme parfaitement conscients l'un de l'autre et associés, ou le deuxième commandé par le premier, assez naturelle, s'il s'agit de journalistes ou d’essayistes, moins s'il s'agit de créateurs, devient très malaisément applicable aux poètes.

Le poète n'est pas un excellent homme, qui prépare à son gré des mets parfaits pour le genre humain.

Le poète n'est pas un homme qui médite cette préparation, la suit avec attention et rigueur, pour livrer ensuite le produit fini à la consommation pour le plus grand bien de tous.

Le poète ne se livre pas à cette opération, et, le voudrait-il, maigres les résultats. La bonne poésie est rare dans les patronages comme dans les salles de réunions politiques. Si un homme devient fougueusement communiste, il ne s'ensuit pas que le poète en lui, que ses profondeurs poétiques en soient atteintes. Exemple : Paul Éluard ; marxiste acharné, mais dont les poèmes sont ce que vous savez, de rêve, et du genre le plus délicat. [...] (Autre) exemple, un homme autrefois bourgeois mécontent, et grand poète, Louis Aragon devenu militant communiste, dévoué à la cause comme personne, mais médiocre poète, ses poèmes de combat ont perdu toute vertu poétique. Peu importe d'ailleurs ces exemples auxquels on pourrait opposer d'autres, où le talent poétique serait sans doute discutable. Le phénomène dont je parle a surpris tout le monde depuis longtemps et les poètes les premiers.

Non, le poète ne fait pas passer ce qu'il veut dans la poésie. Ce n'est ni une question de volonté, ni de bonne volonté. Poète n'est pas maître chez lui.

De même il n'est guère dans nos moyens de faire entrer la réalité dans le rêve, ni le jour dans la nuit.

Il ne suffit pas d'observer des chevaux dans la journée pour en rêver à coup sûr la nuit, il ne suffit pas de se proposer très opiniâtrement d'en contempler en rêve pour les y voir venir. Il n'y a pas de moyen certain de provoquer l'apparition d'êtres en rêve. La volonté n'y suffit pas, ni l'intelligence.

Ainsi à un degré moindre la Poésie d'inspiration.

Mystérieusement, tel problème social, politique, qui émeut et intéresse l'homme dans la prose de l'existence, si je puis dire, perd, arrivé dans la zone de ses idées poétiques, tout trouble, toute vie, toute émotion, toute valeur humaine. Le problème n'y circule plus, n'y vit plus ou bien il n'est jamais descendu dans ces profondeurs.

En poésie, il vaut mieux avoir senti le frisson à propos d'une goutte d'eau qui tombe à terre et le communiquer, ce frisson, que d'exposer le meilleur programme d'entraide sociale.

Cette goutte d'eau fera dans le lecteur plus de spiritualité que les plus grands encouragements à avoir le cœur haut et plus d'humanité que toutes les strophes humanitaires.

C'est cela la TRANSFIGURATION POÉTIQUE.

Le poète montre son humanité par des façons à lui, qui sont souvent de l'inhumanité (celle-ci apparente et momentanée). Même antisocial, ou asocial, il peut être social.

Pour éviter la contradiction sur des noms actuels, je préfère choisir l'exemple d'un artiste créateur, d'un genre beaucoup moins pur que la Poésie mais sur lequel l'unanimité de sympathie s'est faite : Charlie Chaplin. Il a créé un type de vagabond, dit Charlot, nettement immoral. Des coups de pied, des crocs-en-jambe aux policemen quand il en rencontre ; il bafoue toutes les autorités, il ne travaille pas ; s'il travaille, il brise tout, il trompe son patron, il n'a pas le respect de la femme d'autrui, il est chapardeur à l'occasion, il est une non-valeur sociale et cependant il a eu une action telle, il a tant réconcilié de gens avec la vie qu'on pourrait l'appeler un des bienfaiteurs de notre époque.

N'ayant pas sur l'art des vues d'instituteurs, Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud, personnages bien peu recommandables de leur temps, pourquoi représentent-ils, cependant, tant de choses pour nous et sont-ils en quelque sorte des bienfaiteurs ?

Non pour leur morale sans doute, mais pour avoir donné un nouvel élan vital, une nouvelle conscience.

C'est pourquoi, loin de les comparer à des prêcheurs répandant la bonne ou la mauvaise parole, il faut les comparer au premier homme qui inventa le feu. Fut-ce un bien, un mal ? Je ne sais. Ce fut un départ nouveau pour l'humanité. Une succession de départs nouveaux et cela fait une civilisation. C'est aussi à cela que tient surtout le poète, à un départ nouveau, à une victoire sur l'inertie, sur la sienne, sur celle de l'époque, sur l'éternel engourdissement des réactionnaires.

L'on voit ainsi que la poésie, plutôt qu'un enseignement, et plus même qu'un ensorcellement, une séduction, est une des formes exorcisantes de la pensée. Par son mécanisme de compensation, elle libère l'homme de la mauvaise atmosphère, elle permet à qui étouffait de respirer. Elle résout un état d'âme intolérable en un autre satisfaisant. Elle est donc sociale, mais de façon plus complexe et plus indirecte qu'on ne le dit.

Sans en avoir l'air je réponds de la sorte à la question. « Où va la Poésie ? » Elle va à nous rendre habitable l'inhabitable, respirable, l'irrespirable.

Pour parler plus spécialement de la poésie qui vient, celle-ci tend à rechercher le secret de l'état poétique, de la substance poétique.

Abandonnant le vers, le verset, la rime, la rime intérieure et même le rythme, se dépouillant de plus en plus, elle cherche la région poétique de l'être intérieur, région qui autrefois était peut-être la région des légendes, et une part du domaine religieux. (Une part seulement ...)

Une assurance accrue provenant de l'assurance donnée par les sciences en général, une assurance plus particulière due aux progrès de la psychopathologie, de la psychanalyse, de l'ethnographie, peut-être de la métapsychique, et d'un néo-occultisme, une connaissance de plus en plus circonstanciée des rapports cerveau-intelligence, cerveau-glandes, cerveau-sang, esprit-nerfs, l'étude de plus en plus poussée et expérimentable des troubles du langage, de la cénesthésie, des images, du subconscient et de l'intelligence, tend à donner au poète la curiosité de toucher tout cela de l'intérieur, et le goût de plus audacieuses incursions aux états seconds, aux états dangereux de soi.

D'autre part, les modifications dans la vie privée et sociale des hommes, de plus en plus rapides grâce au machinisme et à l'intrusion de la science dans les éléments les plus humains, forceront le poète à créer parallèlement une nouvelle optique.

Tel est, je crois, le plus grand avenir immédiat de la Poésie.

Mais un poète (il en est né peut-être un aujourd'hui) bouleversera sans doute cette nouvelle poésie. Tant mieux.

Car la vraie Poésie se fait contre la Poésie, contre la Poésie de l'époque précédente, non par haine sans doute, quoiqu'elle en prenne naïvement parfois l'apparence, mais appelée qu'elle est à montrer sa double tendance, qui est premièrement d'apporter le feu, le nouvel élan, la prise de conscience nouvelle de l'époque, deuxièmement, de libérer l'homme d'une atmosphère vieille, usée, devenue mauvaise.

Le rôle du poète consiste à être le premier à la sentir, à trouver une fenêtre à ouvrir, ou plus exactement à ouvrir un abcès du subconscient.

C'est peut-être en ce sens qu'on a dit « Le poète est un grand médecin », comme le comique d'ailleurs. Ainsi manifeste-t-il sa deuxième tendance que j'ai appelée exorcisante. Il fait disparaître l'envoûtement de l'époque précédente, de sa littérature, et en partie de l'époque présente.

Ces deux tendances se conjuguent du reste en une seule poussée vers l'avenir.

On voit qu'au départ le poète est seul, il part seul à la découverte. Sa vraie action sociale vient plus tard quand l'humanité presque malgré lui se l'incorpore.

Cette incorporation devient si naturelle qu'on imagine souvent rétrospectivement et non sans simplicité que le poète a donné le ton de l'époque précédente.

Ainsi devient éternellement actuel, le poète qui a eu le courage de ne pas l'être trop tôt.



― p.236
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ivredelivres   06 février 2018
L'Autre Hémisphère du temps de Gérard Macé
Cinq siècles après les navigateurs qui sillonnèrent deux océans, il fallut encore renoncer dans l’enfance à la représentation médiévale d’une terre posée à plat, comme sur ce tapis de salle à manger dont les motifs permettaient d’inventer des flores et des pays.



Nous aussi nous avons imaginé des hommes la tête en bas quand nous avons appris que la terre était ronde ; et quand nous avons su qu’elle tournait sur elle-même nous avons été pris d’un léger vertige, à l’idée qu’il faudrait tenir debout sur cette toupie lancée à toute allure.
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