AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.61 /5 (sur 19 notes)

Nationalité : Chili
Né(e) à : Santiago , le 03/10/1964
Biographie :

Né le 3 Octobre 1964 à Santiago au Chili, Gilberto VILLARROEL a de multiples casquettes : il est écrivain, mais aussi producteur et scénariste pour le cinéma et la télévision. Il est responsable de l’écriture de Chilean Gothic ou encore La Fiebre del Loco, considéré comme un des chefs-d’œuvre chiliens. Son premier roman traduit en français, Cochrane VS Cthulhu, sort début 2020 aux éditions Aux Forges de Vulcain.

Ajouter des informations
étiquettes

Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Charybde2   25 février 2020
Cochrane vs Cthulhu de Gilberto Villarroel
On entendit le bruit de la barre qui condamnait la porte de l’intérieur. De cette manière, toute retraite potentielle leur était coupée. De toute façon, ils ne pourraient jamais monter les marches en courant, entravés comme ils l’étaient.

Les deux prisonniers entendirent, au niveau des canonnières, quelques voix déformées par le vent : un mélange confus d’ordres, de réponses de la part des soldats, de cavalcades des artilleurs, d’un côté à l’autre, et d’avertissements des vigies.

Un éclair illumina les visages bâillonnés du capitaine Eonet et de Lord Cochrane. Et il leur permit de voir, également, l’ombre qui rampait entre les tas de rochers qui soutenaient le quai.

Presque au même moment, ils entendirent le rugissement du tonnerre, juste au-dessus de leurs têtes.

À partir de ce moment, l’obscurité augmenta, les murs de pierre de fort Boyard s’estompèrent, au point que, depuis leur position, ils distinguaient à peine les contours de la masse ovale, et une pluie torrentielle se déversa sur les trois êtres qui allaient lutter cette nuit-là sur le quai.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Charybde2   25 février 2020
Cochrane vs Cthulhu de Gilberto Villarroel
Loïc Eonet, capitaine des dragons de la Garde impériale de Napoléon Ier, terminait sa collation, composée de deux tranches de pain de campagne dur, de soupe de légumes, de restes de saucisson, d’un morceau de fromage et d’un pichet de vin rouge de Bordeaux, quand un soldat appela à la porte de la cellule de pierre où il avait installé son quartier général et l’informa que les sentinelles annonçaient l’arrivée d’un bateau. Eonet prit aussitôt son sabre réglementaire, mit sa capote, se couvrit la tête de son bicorne et sortit dans la cour, en faisant résonner sur les pavés les talons de ses bottes de cavalerie.

Il ne parvenait pas à s’habituer aux modestes échos que chaque son provoquait dans cette cour de forme ovale, ceinte par trois niveaux de galeries en pierre avec des arcs en plein cintre, qui, de l’intérieur, donnaient à la construction l’aspect d’un colisée romain au lieu d’évoquer ce qu’elle était en réalité : la forteresse secrète la plus précieuse de l’Empereur des Français.

De l’extérieur, en revanche, fort Boyard – ou le « navire de pierre », comme l’appelaient les soldats – valait chaque lingot d’or investi dans sa construction. C’était un château armé de canons aux murs lisses, avec un rez-de-chaussée et deux étages. Ses trois rangées de fenêtres grillagées cachaient, dans certains endroits, les portes des casemates des canons et, dans d’autres, les quartiers de la troupe.

Cette masse grisâtre en forme d’anneau elliptique avait été dressée au milieu de la mer sur un cordon d’enrochement artificiel que des maçons de la région avaient construit sur un banc de sable appelé la longe de Boyard. Depuis cet emplacement stratégique, à l’entrée de la rade des Basques, sur la côte occidentale française, la garnison pouvait surveiller le passage de tous les navires entre les deux îles les plus proches : la minuscule île d’Aix, d’à peine trois kilomètres de long, située au nord-est et l’énorme île d’Oléron, de plus d’une trentaine de kilomètres, au sud-ouest.

Durant les jours de brouillard, la forteresse se fondait dans la brume. De loin, son imposante masse de pierre couleur d’ambre gris pouvait se confondre avec un îlot ou un tas de rochers géant entouré d’eau. La nuit, avec ses torches et lanternes éteintes, elle était complètement invisible. Ces caractéristiques la transformaient en un piège mortel pour n’importe quel bateau voulant entrer sans prévenir dans la baie : l’hypothétique navire envahisseur serait reçu à brûle-pourpoint avec des tirs nourris d’artillerie lourde qui, à une distance précise, entraînerait de grandes pertes au sein de l’équipage, en échaudant n’importe quel attaquant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Charybde2   25 février 2020
Cochrane vs Cthulhu de Gilberto Villarroel
Au milieu de l’obscurité, Lord Cochrane sauta à terre d’une seule enjambée, en profitant de l’impulsion de ses longues jambes. Puis, il pivota pour vérifier que ses cinq hommes le suivaient. Les prisonniers affichaient une mine basse et fatiguée. Tous sauf lui, comme ses mouvements agiles et précis l’indiquaient.

Dès que son équipage fut à terre, Lord Cochrane se retourna vers le fort et leva la tête pour étudier ses murs de pierre.

Le capitaine Eonet regardait la scène depuis la terrasse située vingt mètres plus haut. Bien qu’il vît à peine les silhouettes des prisonniers, ce geste éloquent ne lui échappa point. Il se pencha par-dessus le parapet pour que ses hommes sur le quai l’entendent bien :

– Sergent Petit, ce n’est pas une promenade de santé ! Faites entrer les prisonniers !

– À vos ordres, mon capitaine ! répondit le sous-officier.

Cochrane observa l’endroit approximatif où se trouvait le capitaine Eonet, en suivant l’origine de sa voix.

Les deux hommes se cherchèrent du regard au milieu des ténèbres, mais ne virent que le contour de leurs silhouettes. Malgré cela, ils restèrent immobiles un instant, comme s’ils se défiaient l’un l’autre.

– Montez tous ! ordonna le sergent Petit, qui fut le premier à gravir l’escalier de pierre conduisant du quai au rez-de-chaussée du fort.

Les soldats et les prisonniers avancèrent en file indienne. La nuit, les marches étaient toujours humides à cause de la houle qui, durant la marée haute, fouettait les fondations et les murs de pierre de fort Boyard. Tous firent bien attention à leurs mouvements et à l’endroit où ils posaient leurs pieds, tandis qu’ils gravissaient les marches. C’était une bataille permanente contre la voracité de la mer, qui luttait pour récupérer son autorité sur cet espace où ne s’étirait auparavant qu’un banc de sable.

Arrivés en haut de l’escalier, ils se retrouvèrent devant une porte en fer à deux battants, la seule porte visible dans tout le bâtiment. Toutes les autres ouvertures se trouvant dans les murs de pierre qui entouraient sa structure oblongue étaient des fenêtres grillagées ou des canonnières, tant au niveau du rez-de-chaussée que du premier et du deuxième étages. De loin, cette disposition conférait à fort Boyard l’aspect fantomatique d’un trois-ponts pétrifié, image qui suscitait la curiosité et l’excitation des soldats.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Bibliographie de Gilberto Villarroel(3)Voir plus


Quiz Voir plus

Au revoir la haut

Lors de quelle bataille ce roman débute t'il ?

L'attaque de la côte 117
L'attaque de la côte 120
L'attaque de la côte 121
L'attaque de la côte 113

15 questions
375 lecteurs ont répondu
Thème : Au revoir là-haut de Pierre LemaitreCréer un quiz sur cet auteur