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4.06/5 (sur 4226 notes)

Nationalité : Italie
Né(e) à : Neuilly-sur-Seine , le 27/08/1973
Biographie :

Giuliano da Empoli est un écrivain et journaliste italien.

Il est diplômé en droit de l'Université de Rome "La Sapienza" et en sciences politiques de Sciences Po Paris.

Ancien adjoint au maire en charge de la Culture à Florence (2009-2012), il a été le conseiller politique du président du Conseil italien Matteo Renzi.

De 2006 à 2008, il a été le conseiller du ministre de la Culture italien Francesco Rutelli. Il a également été membre du conseil d'administration de la Biennale de Venise (2007) et président du cabinet Vieusseux à Florence (2012-2016).

En 2016, il a fondé le think tank Volta, membre du réseau Global Progress.

Depuis 1996, il publie régulièrement des articles et des éditoriaux dans les principaux journaux italiens, parmi lesquels "Il Corriere della Sera", "La Repubblica", "Il Sole 24 Ore" et "Il Riformista".

En 1996, il a publié son premier livre "Un grande futuro dietro di noi" à propos des difficultés rencontrées par les jeunes Italiens. Cette publication a fortement animé le débat national en Italie et poussé le journal "La Stampa" à le désigner "Homme de l'année".

En tant qu'auteur et commentateur politique, il intervient régulièrement dans des émissions télévisées et radiophoniques en Italie et en France.

Grand prix du roman de l'Académie Française 2022 pour son roman Le mage du Kremlin.
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Source : Grasset
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Emmanuel Carrère et Giuliano de Empoli - Raconter la Russie aujourd'hui


Citations et extraits (1005) Voir plus Ajouter une citation
La plupart des hommes de pouvoir tirent leur aura de la position qu’ils occupent. À partir du moment où ils la perdent, c’est comme si la prise avait été arrachée. Ils se dégonflent comme ces poupées qui se trouvent à l’entrée des parcs d’attractions. On les croise dans la rue et on ne réussit pas à comprendre comment un type de ce genre a pu susciter autant de passions.
(page 13)
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Puis arrive Gorbatchev, avec son verre de lait !

Son verre de lait ?

Oui. Voyez-vous, pour comprendre que Gorbatchev allait détruire l'Union soviétique, on n'avait pas besoin de l'écouter ; il suffisait de le regarder. Il montait à la tribune et on lui apportait immédiatement son verre de lait. Les gens n'en croyaient pas leurs yeux. Puis il doubla le prix de la vodka. Il voulait mettre tout le monde au lait. En Russie. Vous vous rendez compte ? Après on s’étonne que tout soit parti en vrille.
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Quand tu grandis auprès d’un personnage tellement hors du commun, la seule révolte possible est le conformisme.
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Qui connaît la Russie sait que chez nous le pouvoir est sujet à de périodiques mouvements telluriques. Avant qu’ils ne se produisent, on peut tenter d’en orienter le cours. Mais, une fois qu’ils sont survenus, tous les engrenages de la société se repositionnent en conséquence, selon une logique aussi silencieuse qu’implacable. Se rebeller contre ces mouvements est aussi vain que serait le fait de s’opposer à la rotation de la Terre autour du Soleil.
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Personnellement je suivais toutes ces élucubrations avec un certain détachement. Les vivants m'ont toujours moins intéressé que les morts. Je me sentais perdu dans le monde jusqu'au moment où j’ai découvert que je pouvais passer la plus grande partie de mon temps en leur compagnie plutôt que de m'embêter avec mes contemporains.
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Poutine n’était pas un grand acteur comme je le croyais mais seulement un grand espion. Métier schizophrénique qui requiert, c’est certain, des qualités d’acteur. Mais le véritable acteur est extraverti, son plaisir de communiquer est réel. L’espion, en revanche, doit savoir bloquer toute émotion, si tant est qu’il en ait.
(page 231)
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La politique a un seul but : répondre aux terreurs de l’homme. C’est pourquoi au moment où l’État n’est plus capable de protéger les citoyens de la peur, le fondement même de son existence est remis en discussion. Quand, à l’automne 1999, la bataille du Caucase se déplace à Moscou, et que les immeubles de neuf étages commencent à s’effriter comme des châteaux de sable, le bon citoyen moscovite, déjà désorienté de son côté, voit pour la première fois face à lui le spectre de la guerre civile. L’anarchie, la dissolution, la mort. La terreur primordiale, que le démantèlement même de l’Union soviétique n’avait pas réussi à éveiller, commence à pénétrer les consciences. Qu’est-ce qui va m’arriver ?
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Le camarade Khrouchtchev visite un élevage de cochons et il est photographié. A la Pravda, les graphistes discutent sur la légende à mettre sous l'image : " Le camarade Khrouchtchev parmi les cochons", " Le camarade Khrouchtchev et les cochons", "Les cochons autour du camarade Khrouchtchev" ? Toutes les propositions sont rejetées les unes après les autres. A la fin, le directeur prend sa décision. La légende choisie est : "Troisième à droite, le camarade Khrouchtchev".
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Essaye de faire une expérience dans la rue avec un passant quelconque. Offre-lui le billet, ou sinon une chance de cinquante pour cent d'en avoir deux. Tu sais ce qu'il fera ? Je vais te le dire : il prendra le billet de cinq mille. Puis essaye de faire le contraire. Demande à un passant de te donner cinq mille roubles ou sinon de jouer à pile ou face pour savoir s'il devra te donner deux billets ou aucun. Tu sais ce que fera le type cette fois ? Plutôt que débourser tout de suite ses cinq mille roubles, il préférera courir le risque de t’en donner le double. C'est absurde, non ? En théorie, celui qui gagne pourrait se permettre de courir un risque par rapport à celui qui perd. Au lieu de ça, les gens font exactement le contraire. Ceux qui gagnent sont plus prudents dans leurs choix, tandis que les perdants jouent le tout pour le tout. J'observais Prigojine triomphant ; je commençais à comprendre où il voulait en venir.
« Le cerveau humain est plein de petites failles de ce genre. Les connaître et en profiter est le métier de celui qui gère un casino. Mais c'est comme ça que fonctionne la politique aussi, non ? Tant qu'on est à l'aise, qu'on a un travail sûr, une belle famille, la maison de campagne, les vacances au bord de la mer, la retraite en perspective, on reste tranquille. On fait des choix prudents, on ne veut pas courir de risques. On choisit ce qu'on connaît. Mais mettons que les choses commencent à aller moins bien. La situation change, le type perd son travail, perd sa maison, il ne parvient plus à voir un avenir. Que fait-il à ce moment-là ? Il joue la prudence ? Pas du tout : il commence à parier comme un fou ! Il préfère le risque inconnu au maintien de sa situation actuelle. C’est là que tout bascule : le chaos devient plus attractif que l'ordre, au moins il offre la possibilité de quelque chose de neuf, non ? Un coup de théâtre… C'est alors que les choses deviennent intéressantes. La révolution de 1917, le nazisme sont nés comme ça, si je ne me trompe ? Parce qu'une majorité de personnes a préféré se jeter dans l'inconnu plutôt que de continuer à vivre comme avant. » (p. 216 217)
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« Ne pense pas que les Anglais soient toujours faciles. J'étais la semaine dernière dans le bureau d'un banquier pour signer un contrat avec le frère du cheik d'Abou Dhabi. Nous commençons à sortir nos papiers et tu sais ce que fait l'employé de la banque ? Il demande une carte d'identité au cheik. Celui-ci regarde autour de lui, se tourne vers son staff : il n'a pas l'habitude de se déplacer avec son portefeuille. J'essaye d'intervenir, mais l'employé est un de ces connards intransigeants comme on en rencontre de temps en temps par ici.

« J'ai peur soudain que le cheik se fâche et laisse tomber l'affaire. Mais sais-tu ce qu'il fait ? Il se fait donner un billet de banque par un assistant et le tend au banquier. L'employé le regarde, abasourdi : "Mais qu'est-ce que vous faites ? Vous me donnez un pourboire ? On fait peut-être ça chez vous, mais ici nous sommes à la City.
— Regardez-le bien, lui dit le cheik. Ce qui est imprimé sur ce billet, c'est mon visage. J'espère que ça vous suffit comme document. »

Tout le monde a éclaté de rire et à la fin le gros con a du céder »
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