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Citation de lanard


lanard   21 septembre 2020
Supersymétrie de Gordon Kane
La fin de la science ?

Imaginons que l'on parvienne finalement à comprendre ce qu'est la théorie première. Supposons même que le soit capable de vérifications expérimentales telles que la plupart d'entre nous seraient convaincus que l'on sait effectivement répondre – au sens scientifique du terme, sans aucune influence surnaturelle – aux questions : comment fonctionne notre univers ? Pourquoi est-il tel qu'il est ? Pourquoi certains univers possèdent-ils des propriétés adaptées à l'apparition de la vie ? Quelles en sont les conséquence ? L'Homme a commencé à s'interroger sur l'univers il y a quelque quarante mille années. Il a engagé une quête plus systématique pour le comprendre à l'époque de la Grèce antique, voilà 2600 ans et, pourtant, jusqu'en 1600, les progrès étaient minces. On ne comprenait aucun des aspects du fonctionnement de la nature. Puis la science moderne fit son apparition et, aujourd'hui, on entame même des recherches sur la théorie première. Jusqu'aux années 1970, on ne savait pas comment fonctionnait notre monde ; aujourd'hui, nous en comprenons la majeure partie. Peut-être atteindrons-nous le but de notre quête dans une dizaine d'années, voire plus tôt. Les propriétés de notre univers sont adaptées à la présence d'êtres humains, bien qu'il soit parfaitement indifférent que nous soyons là et que nous le comprenions. Pour ma part, et j'espère qu'il en va de même pour beaucoup, parvenir à comprendre pourquoi l'univers existe et pourquoi il est tel qu'il est serait une source de fierté, de dignité et de puissance considérable face à cette indifférence.
Si l'on atteint un jour ce degré de connaissance, certains y verront aussi une grande tristesse car le long chemin qui a donné son sens à la vie de nombre de chercheurs aura pris fin. Cette tristesse sera celle des générations à venir, qui ne connaîtrons pas l'exaltation que l'on partage aujourd'hui à tenter de comprendre les aspects fondamentaux de notre univers. Beaucoup de gens et parmi eux de nombreux scientifiques considèrent que n'atteindrons jamais ce terme, que de nouvelles questions se poseront toujours et que chaque découverte en engendrera de nouvelles. Pourquoi ? Je ne vois aucune raison pour que notre quête soit sans fin. L'analogie avec l'exploration de la surface de la Terre est parfois utile : pendant des siècles on a eu beaucoup à explorer et, un jour, la cartographie a été complète. Bien sûr, il y a aura toujours quelqu'un pour dire qu'il n'y a rien de nouveau à découvrir, mais si l'on se penche sur les travaux des scientifiques les plus dynamiques depluis les années 1860, on comprend qu'ils ont toujours été convaincus du contraire. La situation actuelle est toutefois très différente. Nos recherches remontent jusqu'au commencement de l'univers, elles s'étendent du fin fond de l'univers jusqu'aux composants élémentaires de la matière. Cela ne garanti en rien que nous atteindrons un jour une compréhension absolue, mais cela suggère que les analogies historiques ne sont pas forcément appropriées.
Et pourtant, il est toujours possible que la quête de théories effectives plus fondamentales touche à sa fin, non parce que nous pouvons pas parcourir tout le chemin qui nous sépare de la théorie première, mais parce que nous y sommes parvenus. Cela ne signifie pas pour autant la fin de la science elle-même. Connaître les équations et la (ou les) loi(s) ne veut pas dire connaître toutes les solutions. Tous les domaines scientifiques, à l'exception de la physique des particules et de la cosmologie sont sans limites. Et si nous découvrons un jour la théorie première, cela changera notre vision de la vie et de la connaissance.
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