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Note moyenne 3.92 /5 (sur 97 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1984
Biographie :

Grégory Nicolas est né en Bretagne en 1984.
Après un 16,5/20 en rédaction sur le thème « Raconte un moment heureux de tes vacances » obtenu en CM2, il se destine tout naturellement à la carrière d’écrivain. Mais parce que un roman c’est long à écrire il décide d’attendre un peu.

Il vend du vin pendant quelques années. Il aime ceux d’Olivier Lemasson et les morgons de Marcel Lapierre.
Un jour, il décide de prendre l’air. Il emprunte un grand sac à dos, achète une toile de tente chez Decathlon et part pendant 8 mois un peu partout à travers le monde.
Il revient en France et devient un homme respectable.


Source : www.ruedespromenades.com
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Europe 1 Chaque jour, Stéphane Place vous propose une pause littérature, en partenariat avec la Librairie Mollat de Bordeaux. Vendredi, il vous conseille la lecture du livre de Grégory Nicolas, prix Antoine Blondin qui récompense un ouvrage original sur le sport, et disponible en poche : "Équipiers".


Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
HordeduContrevent   03 août 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas
Vous savez, quand on court c’est étrange. C’est comme une sorte d’hypnose. Comme si on sortait de son propre corps. C’est comme si on se regardait. Comme si on était le spectateur de sa propre vie, si je peux utiliser des grands mots. C’est un beau spectacle car on se sent fort. Invulnérable. On transforme la douleur en plaisir. C’est une sensation de bien-être totale. J’appelais ça l’allégresse, mais ma fille m’a dit que ce n’était pas le bon mot… Il fallait plutôt parler d’euphorie. Ce sont les hormones que l’on produit dans l’effort qui sont responsables de ça, m’a dit mon gendre. Il faut toujours qu’il explique les choses par la science.
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HordeduContrevent   03 août 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas
Il nous avait fait remarquer le ciel si bas, si particulier et si beau de Brest, et la façon qu’il a de se perdre à la surface de l’eau grise de la rade. C’est comme si le ciel et la mer se confondaient. Comme si l’un et l’autre s’étiraient ainsi que le font les gros chats, rien que pour se toucher. J’ai revu ce phénomène une fois, sur un petit coteau de la Loire, entre Saumur et Angers, au-dessus d’un village qui s’appelle Le Thoureil : deux vieilles vignes qui avaient surmonté la palissade, qui s’étaient étirées de toutes leurs forces, pour finalement s’enserrer en une voûte. Elles faisaient comme un collier en se rejoignant de leurs jeunes pousses. Ou plutôt comme une couronne, voilà c’est ça, on aurait dit que toutes les deux, unies ainsi, elles couronnaient le ciel.
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HordeduContrevent   03 août 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas
Avant le bosquet, sur la gauche en venant de la maison, on trouvait un vieux lavoir cerclé d’herbes hautes dans lequel on avait mis des truites arc-en-ciel achetées à la pisciculture d’à côté. Elles ont fini par être grosses comme des saumons à force de gober les coquillettes que leur balançait Clément après les avoir chipées dans le frigo et cachées sous son pull. Et ses tee-shirts qu’il tachait parce qu’il est maladroit comme tout, eh bien, ils sentaient le beurre cuit à cause de ça.
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HordeduContrevent   03 août 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas
Car, même s’il aimait la mer d’un amour si fort que je ne saurais trouver les justes mots pour le dire, il voulait nous voir grandir, être là pour nous aider à souffler les bougies, nous apprendre à faire nos lacets, nous engueuler pour les mauvaises notes, nous taquiner avec notre mère, être le témoin de nos bonheurs et consoler nos peines. Il voulait des choses simples et petites, celles qui font une vie pleine et heureuse. Pour ça, il a réussi je crois. Mais je ne voudrais pas parler à sa place.
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joellebooks   11 mai 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas
Je ne sais pas pourquoi il a décidé de l’appeler Ar c’hwil. Je ne le lui ai jamais demandé. On prononce « arwil ». Si on veut avoir l’accent, il faut appuyer sur le « il ». Ça signifie quelque chose comme « coquin » ou « sacré numéro ». « Ah lui, c’est un c’hwil ! » qu’on dit d’un enfant, et celui d’en face comprend tout de suite à quel genre de gamin on a affaire. Pas besoin de parler couramment breton pour ça.
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HordeduContrevent   03 août 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas
« C’est bon, j’ai pas vu Amicel. » Amicel était leur banquier, « le roi des Agios » comme le surnommait notre mère. Et moi, petit, je croyais que c’était un vrai roi et les « Agios » un peuple lointain, un peu comme les Pygmés ou bien les Incas, et j’éprouvais de l’orgueil à savoir que mes parents étaient intimes avec un roi, puisqu’il leur téléphonait régulièrement.
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HordeduContrevent   03 août 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas
Je vois sa main. Elle est celle d’un homme encore jeune. Elle caresse la coque d’Ar c’hwil qui n’a jamais vu la mer. Ar c’hwil est calé sur des linteaux. Ar c’hwil est tout de chêne et d’acier. C’est la dernière vérification. Bientôt, une grue soulèvera les grosses sangles noires qui l’entourent et le placera sur le camion du convoi exceptionnel qui le mènera au port. Là-bas, une autre grue le prendra, le soulèvera comme de rien. Elle pivotera sur elle-même. Elle allongera son bras. Elle fera descendre le câble de métal, et, tout doucement, elle le déposera. Ar c’hwil touchera l’eau. Le sel de la mer viendra se frotter à la peinture toute neuve. Avant de gonfler, le bois se contractera une seconde comme le corps fait au moment du premier bain des vacances d’été, quand on n’est pas encore habitué à la froidure de l’eau. À la salinité de l’écume.
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HordeduContrevent   03 août 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas
Notre père nous disait, toutes les fois où nous nous baladions sur le pont d’Ar c’hwil : « Les petits, touchez à rien ! » Sûr qu’on ne touchait à rien, à part à la barre avec laquelle nous jouions comme font les enfants des Terriens quand ils s’amusent à tourner les volants des voitures.
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letilleul   21 août 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas
Et pourtant il y a toujours eu comme de la mélancolie dans son regard, celle de l'enfance perdue, et on n'y peut rien, comme quand la ligne casse. On ne rattrape pas le poisson qui s'en va à l'hameçon dans la gueule, c'est comme ça. Il a essayé de le cacher pendant longtemps. Nous n'étions dupes de rien avec les frères, mais on n'en parlait pas, ni entre nous ni avec lui.
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Charybde2   01 août 2018
Là où leurs mains se tiennent de Grégory Nicolas
En même temps que Jean-Baptiste découvrait la victoire, il touchait aux limites de la souffrance.

Cette souffrance qu’aucun cycliste n’ignore.

C’est, sous une socquette blanche, la voûte plantaire qui se transforme en un véritable fer à cheval. L’ensemble du pied qui se rigidifie, jusqu’à ce que la jointure avec les orteils se paralyse. Les pieds qui s’endolorissent et des fourmillements interminables qui apparaissent.

Ce sont les mollets. Ces muscles fins et longs, qui, quand ils se contractent, quand ils durcissent et finissent figés par une crampe, sont pareils au tranchant d’une feuille de papier. Ce tranchant qui coupe sur quelques millimètres le bout d’un doigt. Ce sont les genoux qui subissent une pression telle, que les tendinites s’accumulent. Mais la douleur la plus vive, c’est lorsque, dans un sprint, le genou frappe le bas du guidon. La douleur est sourde, interminable, elle se diffuse dans toute la jambe. Et si un coureur y va fort, vraiment fort, ce peut être la fracture pure et simple de la rotule.

Ce sont les cuisses. La locomotive du coureur. C’est là que le maximum de puissance est développé. Après trois ou quatre heures, elles sont tellement dures que la douleur remonte jusqu’aux fessiers. Les quadriceps se tétanisent. On a vu, un jour, un gamin de 14 ou 15 ans tomber, dévasté par la douleur. Sa chute a été si violente qu’il s’est brûlé entièrement le côté droit. Quand on l’a relevé, on s’est aperçu qu’une fine tige de fer qui devait traîner sur la route lui avait traversé l’arrière de la cuisse.

C’est la selle qui broie les testicules.

C’est le dos qui n’en finit pas de faire souffrir, tant la position est inconfortable. Et pourtant, c’est encore de lui dont on se sert pour sauter sur la ligne, dans un dernier coup de rein, le gars devant soi.

Ce sont les bras. À pleine vitesse, dans une descente, le sort du cycliste relève de leur seule capacité à résister à la douleur. Ce sont les bras qui dirigent et donnent la fluidité aux mouvements. La tension s’y accumule. Parfois, dans une descente rapide, où les coudes doivent former un parfait angle droit, où les biceps et les triceps sont envahis par les secousses issues de la route, vient l’idée de se laisser tomber…

Ce sont les poumons qui s’assèchent et brûlent la poitrine, comme si une brosse métallique grattait l’intérieur du thorax.

C’est le visage, glacé par le froid, qui gratte le sol à la suite d’une chute.
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