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Note moyenne 4.36 /5 (sur 43 notes)

Nationalité : Suisse
Né(e) à : Saint-Légier en canton de Vaud , le 20/04/1897
Mort(e) à : Moudon , le 10/11/1976
Biographie :

Gustave Roud est un poète, un photographe, un adepte de la marche suisse romand né le 20 avril 1897 à Saint-Légier en canton de Vaud et mort le 10 novembre 1976 à l'hôpital de Moudon.

Installé avec ses parents en 1908 à Carrouge dans le Haut-Jorat au-dessus de Vevey dans une ferme héritée du grand-père maternel, il y passa toute sa vie avec sa sœur Madeleine, son aînée de quatre ans, jusqu'à sa mort.
Gustave Roud a entretenu de nombreuses amitiés avec des artistes, des poètes, des hommes de lettres: Charles Ferdinand Ramuz, Ernest Ansermet et René Auberjonois
.Pendant quarante ans, il a entretenu une correspondance merveilleuse d’exigence avec ses cadets Philippe Jaccottet et Maurice Chappaz.
Le fonds Gustave Roud, au Centre des littératures en Suisse romande de l’Université de Lausanne est particulièrement riche de ses oeuvres, le journal qu'il tenait au quotidien, scrupuleusement, mais également ses lettres, tapuscrits et notes diverses.
En 1968, la collection "Poètes d'aujourd'hui" lui a consacré une monographie.
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Source : wikipedia
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Videos et interviews (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Gustave ROUD – Une Vie, une Œuvre : 1897-1976 (France Culture, 2002) L’émission "Une Vie, une Œuvre", par Catherine Soullard, diffusée le 17 février 2002 sur France Culture. Invités : Jacques Chessex, Maurice Chappaz et Philippe Jaccottet.


Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineB   18 novembre 2020
Petit traité de la marche en plaine de Gustave Roud
C'était toi, c'est toi. Je t'attendais depuis toujours, je te "reconnais" enfin. Il fallait bien que ton existence me devînt certitude; enfin je puis jeter ton beau nom comme une galette empoisonnée dans la gueule de l'affreux désespoir. Je touche une existence réelle. Il y a près de moi un homme qui vit et se sait vivre - et qui n'en meurt pas. Un homme dont le corps tout entier, et l'âme, et tous leurs gestes sont de perpétuelles "réponses". Un être que le monde accueille sans le rançonner et qui accueille le monde sans lui faire rendre gorge. Quelqu'un pour qui "se plaindre" n'a pas même de sens et qui dompte sans même y songer la pire des solitudes, tendant la main à l'aigre vagabond du hasard.

Un jour, deux jours peut-être nous vivrons ensemble dans la maison qui est la tienne et que j'ai découverte enfin parmi les prairies inconnues. Nous regarderons le soir venir, sans rien dire, côte à côte sur le banc contre la façade encore tiède. A tes pieds un long chien sombre lève le museau vers ta main pendante. Tu lèves l'autre main: un vol de pigeons éclate et se pose sur les tuiles. La semaine est finie. Une cloche annonce le dimanche. Tu respires sans hâte, fortement, puissamment, comme un dormeur. Tu existes. Tu "es". Tu es ce que j'aurais pu être, et tu ne le sais pas. Je te donne ma joie, ma tristesse, ma force inemployée, mes rêves, ô innocent. Tourne la tête! La lune se lève, tu fais sur le mur l'ombre d'un homme. Je n'en ai plus.
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Dunadan   07 décembre 2020
Gustave Roud. Air de la solitude de Gustave Roud
Ce qu'on appelle plénitude n'est pas tant peut-être une abondance qu'un accord ; c'est un échange de réponses, un concert où chacun ne chante que soi, mais l'oreille nourrie du chant des autres.
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Chouchane   25 mars 2011
Halte en juin de Gustave Roud
Louis, le long champ que tu as semé sur l'épaule de la colline rompt l'avance de mon pas ; le sentier cesse devant la tache de terre, tout amollie encore par la pluie du matin, où frise en touffes le froment bleu. J'accepte cette halte, et pourquoi d'ailleurs poursuivre une course vers les lampes chaque soir plus dangereuses ?
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Dunadan   02 décembre 2020
Gustave Roud. Air de la solitude de Gustave Roud
Ce qui fait qu'une parole est vraie, c'est la joie qu'elle nous donne - comme une transfusion d'âme, comme un recueil de toutes les lumières dans la faible lumière nos yeux. La joie est la première étoile dans le ciel intérieur.

(Christian BOBIN, préface à l'édition de Fata Morgana)
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Henri-l-oiseleur   26 octobre 2015
Air de solitude et autres écrits de Gustave Roud
Le pied n'est pas sûr dans les sentiers du matin, aux prairies de décembre. Un gel mince a pailleté la terre des ornières ; ce registre miroitant des passages de la veille, chars, chevaux, laboureurs, redevient boue au premier choc. On trébuche, avec des battements de bras si secs qu'ils suscitent, hors de chaque arbre, de chaque haie, un orage d'oiseaux vite apaisé.



Bouvreuil, p. 77
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OttoDidakt   16 décembre 2017
Air de solitude et autres écrits de Gustave Roud
Je crois que l'homme au plein de sa vigueur et de sa force, et qui le sent assez pour ne douter pas de son regard, de son ouïe, est, à la lettre, un aveugle et un sourd. Je crois que seuls certains états extrêmes du corps : fatigue (au bord de l'anéantissement), maladie, invasion du cœur par une subite souffrance maintenue à son paroxysme, peuvent rendre à l'homme sa vraie puissance d'ouïe et de regard. Nulle allusion, ici, à la parole de Plotin : "Ferme les yeux, afin que s'ouvre l’œil intérieur." Il s'agit de l'instant suprême où la communion avec le monde nous est donnée, où l'univers cesse d'être un spectacle parfaitement lisible, entièrement inane, pour devenir une immense gerbe de messages, un concert sans cesse recommencé de cris, de chants, de gestes, où tout être, toute chose est à la fois signe et porteur de signe. L'instant suprême aussi où l'homme sent crouler sa risible royauté intérieure et tremble et cède aux appels venus d'un ailleurs indubitable.
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Pasoa   22 novembre 2020
Air de solitude et autres écrits de Gustave Roud
On trébuche, avec des battements de bras si secs qu'ils suscitent, hors de chaque arbre, de chaque haie, un orage d'oiseaux vite apaisé. Et resurgi tout crispé de sa longue nuit de bise et de ciel nu, le pays lui aussi cède au choc du regard, retrouve cette paix d'après l'accomplissement, cette douceur un peu lasse par où il glisse avec lenteur vers le repos. D'herbe en herbe le givre redevient rosée ; au-delà des touffes d'aulnes et de frênes, un vent de nulle part joue avec les fumées villageoises et, tout au bord du ciel, les montagnes dessinées à la neige flottent sur un banc de brume bleue si fragile et si triste que le cœur n'ose plus.



(extrait de "Bouvreuil") - p.77
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OttoDidakt   29 décembre 2017
Air de solitude et autres écrits de Gustave Roud
Tu le sais : au centre de ma vie, il y a cette faille, cette transparence, ce suspens indicible sur quoi se fixent, fascinés, mon regard et ma pensée. Un jour, je fus admis vivant à l'éternel.
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ivredelivres   02 novembre 2010
Halte en juin de Gustave Roud
C’est le temps où le paysan se fait bûcheron. A peine entré dans la forêt figée par le gel, ployante sous son faix de neige, on ne voit personne encore que déjà vient à vous une odeur de fumée, puis un parfum délicieux de résine et d’écorce fraîche.

Le bruit grandissant des haches vous guide vers la clairière où quatre, cinq, six garçons bleus dépècent un cadavre de sapin. Scie, haches, et ces couperets à long manche avec quoi l’on écorce les fûts interminables.
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ivredelivres   02 novembre 2010
Halte en juin de Gustave Roud
Qu’il faut peu de temps et d’outils pour faire de cette belle construction de vivantes ramures, dressées d’un jet vers le ciel peuplé d’oiseaux, un tas de branches et un tas de bois.

Déjà le condamné suivant se prépare. Une entaille béante à sa base, scié, deux ou trois coins de fer fichés dans sa blessure, il frémit, penche, hésite et soudain s’abat dans un long sifflement d’air fouaillé. Un nuage de neige naît de son écrasement.
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