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Note moyenne 4.32 /5 (sur 66 notes)

Nationalité : Suisse
Né(e) à : Saint-Légier en canton de Vaud , le 20/04/1897
Mort(e) à : Moudon , le 10/11/1976
Biographie :

Gustave Roud est un poète et un photographe suisse romand né le 20 avril 1897 à Saint-Légier en canton de Vaud et mort le 10 novembre 1976 à l'hôpital de Moudon.

Installé avec ses parents en 1908 à Carrouge dans le Haut-Jorat au-dessus de Vevey dans une ferme héritée du grand-père maternel, il y passa toute sa vie avec sa sœur Madeleine, son aînée de quatre ans, jusqu'à sa mort.
Gustave Roud a entretenu de nombreuses amitiés avec des artistes, des poètes, des hommes de lettres: Charles Ferdinand Ramuz, Ernest Ansermet et René Auberjonois
.Pendant quarante ans, il a entretenu une correspondance merveilleuse d’exigence avec ses cadets Philippe Jaccottet et Maurice Chappaz.

Source : wikipedia
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À l'occasion de la parution des oeuvres complètes de Gustave Roud aux éditions Zoé, découvrez la vie, l'oeuvre et le pays de ce grand poète suisse. Avec Daniel Maggetti, co-directeur des oeuvres complètes de Gustave Roud, Bruno Pellegrino Ecrivain, chercheur en littérature de langue française, Claire Jaquier, co-directrice des oeuvres complètes de Gustave Roud Retrouvez la collection : https://www.mollat.com/livres/2653451/gustave-roud-oeuvres-completes Note de musique : © mollat [Winterreise] 7. Auf dem Flusse (On the River) © Youtue Audio Library Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat

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Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation

Je crois que seuls certains états extrêmes de l'âme et du corps : fatigue (au bord de l'anéantissement), maladie, invasion du cœur par une subite souffrance maintenue à son paroxysme, peuvent rendre à l'homme sa vraie puissance d'ouïe et de regard. Nulle allusion, ici, à la parole de Plotin : "Ferme les yeux, afin que s'ouvre l’œil intérieur". Il s'agit de l'instant suprême où la communion avec le monde nous est donnée, où l'univers cesse d'être un spectacle parfaitement lisible, entièrement inane, pour devenir une immense gerbe de messages, un concert sans cesse renouvelé de cris, de chants, de gestes, où tout être, toute chose est la fois signe et porteur de signe. L'instant suprême aussi où l'homme sent crouler sa risible royauté intérieure et tremble et cède aux appels venus d'un ailleurs indubitable.

De ces messages, la poésie seule (est-il besoin de le dire?) est digne de suggérer quelque écho.

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Qu'il est donc rapide, le glissement d'une saison moribonde vers la saison future ! Hier encore (il semble que c'était hier), ce grand pays sous le soleil sec de septembre s'abandonnait aux charrues. Elles ouvraient dans l'herbe rase des prairies de longues blessures roses d'heure en heure élargies. A la pointe du dernier sillon, Fernand, l'épaule nue et dorée comme au plein de l'été, une main sur le soc éblouissant, portait de l'autre à ses lèvres une pomme si rouge que le ciel autour d'elle avivait son bleu trop doux. Les chevaux las s'endormaient au repos et leurs crinières, en se penchant vers le sommeil, démasquaient par à-coups le ruban d'horizon, ses pans de collines, ses villages minuscules délicatement dessinés, avec le compte exact de toitures et des arbres, leurs couleurs posées côte à côte sans une bavure, à peine amorties au fond de l'air mûri comme un vin d'or.

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Le vent traîne sur le perron de ciment, avec le bruit de journaux qu'on froisse, de grosses feuilles d'aristoloches desséchées. Puis il se jette dans les rideaux bombés comme des voiles et tire de leurs plis la triste odeur des cigares éteints. Le lait fume sur la grosse nappe grise, près du pain gris et du beurre couleur d'orange. Une cuiller de plomb est fichée de biais dans un verre à côtes plein d'une gelée de fruits trouble comme un vin mort. Je reste seul dans cette salle avec le matin de novembre qui commence, comme lui sans force, inexplicablement heureux.

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J'ai traversé les campagnes de septembre, salué les semeurs de seigle, les premiers semeurs de blé. Un laboureur bâillait dans le soleil, étirant contre les collines d'énormes bras fauves, un village à chaque poing.

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Bonheur est un de ces mots-étoiles qui s'évanouissent sous un regard trop fixe, mais dont un glissant coup d'œil saisit l'étincelante présence. Il est un peu pareil à cette vérité de Rimbaud "qui nous entoure avec ses anges pleurant", mais c'est notre désir de clairvoyance et non point notre aveuglement qui l'obscurcit. Notre inattention sera son meilleur piège. Il en use comme du sommeil : prenons garde de ne pas nous retourner trop tôt. Sa présence n'est d'ailleurs pas directement ressentie; elle se déduit des choses qu'elle transfigure. Au moment où elles commencent à ressembler plus profondément à elles-mêmes, l'insolite de cette plénitude soudain saisit l'âme. Et tout a disparu. L'âme ne s'écrie pas : "je suis heureuse", elle ne peut que dire : "j'étais heureuse", et le dit sans tristesse, car cet instant précieux, déjà soustrait à la durée, acquiert aussitôt sa résonance éternelle. Une vie tient peut-être tout entière dans un ou deux accords rayonnant sans fin leur musique au sein du vide.

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Je retourne au pied du frêne d’autrefois. Je salue le large fût, la couronne de feuilles légères et de mésanges. Une fois encore, je caresse doucement l’écorce aux profondes gerçures, toute tigrée de mousse et de lichens. Et j’épie en vain pendant des heures sur la colonne qui se veut plus insensible que la mort l’apparition miséricordieuse d’un signe, d’un souvenir, du reflet d’un reflet, une touche de soleil un peu trop vive, la tache d’or que l’ombre n’abolirait plus.

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Étrange calendrier d'extrême-hiver où nichée au creux du temps, comme la perce-neige dans l'herbe morte et les feuilles pourrissantes, une journée fleurit soudain si pure qu'on ose à peine la cueillir, ivre d'un tel miracle, avec ce cœur qui recommence à battre et la sombre sève du sang sous l'écorce des tempes, aux rameaux des doigts fiévreux! Mais la chambre de l'absolu quittée, ses poésies, ses poussières, ses pipes éternelles, on se heurte sur le seuil, tête contre tête, au jeune soleil qui allait entrer, qui vous bourre en pleine poitrine du feu de ses poings roses, les pose à vos épaules et vous souffle un éblouissant : Qu'attendais-tu?

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C'était toi, c'est toi. Je t'attendais depuis toujours, je te "reconnais" enfin. Il fallait bien que ton existence me devînt certitude; enfin je puis jeter ton beau nom comme une galette empoisonnée dans la gueule de l'affreux désespoir. Je touche une existence réelle. Il y a près de moi un homme qui vit et se sait vivre - et qui n'en meurt pas. Un homme dont le corps tout entier, et l'âme, et tous leurs gestes sont de perpétuelles "réponses". Un être que le monde accueille sans le rançonner et qui accueille le monde sans lui faire rendre gorge. Quelqu'un pour qui "se plaindre" n'a pas même de sens et qui dompte sans même y songer la pire des solitudes, tendant la main à l'aigre vagabond du hasard.

Un jour, deux jours peut-être nous vivrons ensemble dans la maison qui est la tienne et que j'ai découverte enfin parmi les prairies inconnues. Nous regarderons le soir venir, sans rien dire, côte à côte sur le banc contre la façade encore tiède. A tes pieds un long chien sombre lève le museau vers ta main pendante. Tu lèves l'autre main: un vol de pigeons éclate et se pose sur les tuiles. La semaine est finie. Une cloche annonce le dimanche. Tu respires sans hâte, fortement, puissamment, comme un dormeur. Tu existes. Tu "es". Tu es ce que j'aurais pu être, et tu ne le sais pas. Je te donne ma joie, ma tristesse, ma force inemployée, mes rêves, ô innocent. Tourne la tête! La lune se lève, tu fais sur le mur l'ombre d'un homme. Je n'en ai plus.

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Ce qu'on appelle plénitude n'est pas tant peut-être une abondance qu'un accord ; c'est un échange de réponses, un concert où chacun ne chante que soi, mais l'oreille nourrie du chant des autres.

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Ce qui fait qu'une parole est vraie, c'est la joie qu'elle nous donne - comme une transfusion d'âme, comme un recueil de toutes les lumières dans la faible lumière nos yeux. La joie est la première étoile dans le ciel intérieur.

(Christian BOBIN, préface à l'édition de Fata Morgana)

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