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3.59/5 (sur 502 notes)

Nationalité : Corée du Sud
Né(e) à : Gwangju , le 27/11/1970
Biographie :

Han Kang ou Han Gang est une romancière sud-coréenne.

Elle est la fille de l'écrivain Han Seung-won (1939). Elle s'installe dès l'âge de dix ans au quartier Suyuri de Séoul (elle évoque cet épisode dans "Leçons grecques", 2011).

Elle a étudié la littérature coréenne à l'université Yonsei. Elle commence sa carrière littéraire quand l'un de ses poèmes est publié dans le numéro d'hiver de la revue Littérature et Société. Mais sa carrière dans la fiction débute avec sa nouvelle "L'Ancre rouge" qui remporta le concours printanier du quotidien Seoul Shinmun. Son premier recueil de nouvelles "Un amour de Yeosu", a été publié en 1995.

Depuis lors, elle a remporté le prix Yi Sang en 2005, le Prix de l'artiste d'aujourd'hui, le Prix de littérature coréenne avec sa nouvelle "Bébé Bouddha" en 1999 et le prix littéraire Dong-ni en 2010 pour "Pars, le vent se lève".

"La Végétarienne", son dixième roman, publié en 2007, est lauréat du prix international Man-Booker 2016. Adapté au cinéma en 2009, il a été sélectionné dans la sélection officielle du Festival du film de Sundance.

Depuis l'été 2013, Han Kang enseigne l'écriture créative à l'Institut des Arts de Séoul tout en poursuivant sa carrière d'auteur.

Han Kang est lauréate du prix Médicis étranger 2023 pour "Impossibles adieux".

Pendant la présidence de Park Geun-hye (2013-2017), elle est placée sur une liste noire, comportant près de 10 000 noms et censée permettre aux autorités de surveiller les artistes hostiles au gouvernement et de les priver de subventions.

Han Kang est par ailleurs musicienne et son œuvre reflète souvent cette passion.

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Source : Wikipedia
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Si je l'avais épousée, bien qu'elle fût dépourvue de tout charme remarquable, c'était parce qu'elle n'avait pas non plus de défaut notable. La banalité qui caractérisait cette créature sans éclat, ni esprit ni sophistication aucune, m'avait mis à l'aise. Je n'avais pas eu à faire semblant d'être cultivé pour l'impressionner, à me précipiter pour ne pas être en retard à nos rendez-vous, à nourrir des complexes en me comparant aux mannequins des catalogues de mode. Devant elle, je n'avais pas honte de mon ventre, qui avait commencé à se bomber dès l'âge de vingt-cinq ans à peu près, ni de mes bras et de mes jambes, que je n'arrivais pas à muscler malgré mes efforts, ni même de mon sexe, dont les modestes proportions m'avaient toujours inspiré un sentiment d'infériorité que je prenais soin de dissimuler.
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Lorsqu’elle avait l’usage de la parole, il lui arrivait de fixer son interlocuteur au lieu de lui parler. Comme si elle croyait que son regard était capable de traduire parfaitement ce qu’elle voulait dire. Elle saluait, remerciait et s’excusait avec les yeux et non par la parole. Elle pensait qu’aucun contact n’était aussi immédiat ni aussi intuitif que le regard. Il s’agissait pour elle de la seule façon de communiquer sans établir un contact direct.
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Elle se penche en avant.
Serre le crayon qu'elle tient dans la main.
Baisse la tête.
Les mots s'enfuient de sa main.
Les mots qui ont perdu ses lèvres,
les mots qui ont perdu les racines de ses dents et sa langue,
les mots qui ont perdu sa gorge et son souffle ne se laissent pas saisir.
Comme un fantôme sans corps, la forme ne se laisse pas toucher.
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Quand je coupe la tête à quelqu’un dans mon rêve, quand je suis obligée de finir le travail en le tenant par les cheveux tandis qu’elle ne tient que par un lambeau de chair, quand je pose ses yeux glissants sur la paume de ma main, quand je me réveille, quand l’envie me prend de tuer le pigeon que je vois se dandiner sur l’appui de fenêtre, d’étrangler le chat du voisinage que je connais depuis longtemps, que je sens mes jambes fléchir et que je transpire, quand j’ai l’impression que je suis devenue quelqu’un d’autre qui jaillit du fond de moi pour me dévorer, à ces moments-là…
J’ai la bouche pleine de salive. Je suis obligée de contracter ma bouche en passant devant la boucherie. A cause de la bave qui monte depuis la racine de ma langue, qui me mouille les lèvres et… qui coule même entre elles.
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Il arbore une expression particulière lorsqu'il s'adresse à quelqu'un. Son regard dit qu'il sollicite humblement l'accord de son interlocuteur, mais il est parfois imprégné d'autre chose que de la simple humilité, d'une sorte de tristesse délicate. p 90
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Quelque fois, elle a l’impression d’être non pas un humain mais un objet mobile, solide ou liquide. Quand elle mange du riz chaud, elle a l’impression d’être du riz. Quand elle se lave le visage à l’eau froide, elle a l’impression d’être de l’eau. En même temps, qu’elle n’est ni du riz ni de l’eau, mais une matière solide et irréductible qui refuse de se mélanger à quoi que ce soit.
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Il l’a vue juste avant de sortir de son petit somme.
Sa peau était vert clair. Son corps était vautré devant lui, comme une feuille qui venait de se détacher de la branche et de commencer à se flétrir. […]
Il l’a retournée. Une forte lumière qui semblait provenir de son visage l’a ébloui, l’empêchant de voir la partie supérieure de sa poitrine. Il a écarté de ses deux mains ses cuisses dont l’élasticité lui disait qu’elle n’était pas endormie. Quand il l’a pénétrée, un liquide vert comme provenant d’une feuille écrasée a commencé à couler du sexe de la jeune femme. Une odeur d’herbe, à la fois agréable et âpre, rendait sa respiration difficile. Se retirant juste avant l’orgasme, il a découvert que son pénis était teinté de vert. Un jus frais, dont il était difficile de dire s’il venait d’elle ou de lui, avait colorié ses parties intimes jusqu’aux cuisses.
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La nuit n’est pas silencieuse.
Le bruit assourdissant de l’autoroute non loin de là dessine sur les tympans de la femme des milliers de lignes comme tracées par autant de lames de patins à glace.
Le magnolia pourpre dont les pétales flétris ont commencé à tomber brille sous la lumière du lampadaire. Elle marche, se frayant un chemin à travers la sensualité des fleurs si abondantes qu’elles font fléchir les branches, à travers l’atmosphère de cette nuit de printemps dont on dirait qu’il va se dégager un parfum sucré si on l’écrase. De temps à autre, elle passe ses deux mains sur son visage alors qu’elle sait que rien ne coule sur ses joues.
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Des tiges brunes et persistantes vont-elles pousser sur elle ? Des racines blanchâtres vont-elles s’élancer de ses mains pour s’ancrer dans la terre noire ? Ses jambes vont-elles se tendre vers le ciel et ses mains vers le noyau de la Terre ? Sa taille, étirée jusqu’au point de rupture, va-t-elle supporter ces forces antagonistes ? Lorsque la lumière descendant du ciel va traverser Yônghye, l’eau jaillissant de la terre fera-t-elle naître des fleurs dans son entrecuisse ? Son âme avait-elle eu la vision de tout ceci lorsqu’elle était ainsi dressée, les mains au sol ?
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Elle pensait qu'aucun contact n'était aussi immédiat ni aussi intuitif que le regard.
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