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Note moyenne 3.2 /5 (sur 37 notes)

Nationalité : Norvège
Né(e) à : Haugesund (Finnmark) , le 28/11/1969
Biographie :

Hanne Orstavik est une écrivaine norvégienne.

Considérée comme l'une des figures incontournables de la littérature norvégienne d'’aujourd’hui, elle a déjà publié neuf romans. Elle a également traduit en norvégien un roman de Leslie Kaplan.

En 2004, son roman, La Pasteure (publié en France en 2008), a reçu le Brageprisen, la plus haute distinction littéraire en Norvège.

Source : /livres.fluctuat.net
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Payot - Marque Page - Hanne Orstavik - Sur le terrasse, dans le noir

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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
mesrives   08 janvier 2017
Place ouverte à Bordeaux de Hanne Ørstavik
Trouver l'amour? Cette douce chaleur ondoyante qui frappe entre nous et dans nos yeux et ressort, comme lumière.
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mesrives   13 décembre 2016
Place ouverte à Bordeaux de Hanne Ørstavik
J’ai un subit DÉSIR PORNOGRAPHIQUE, avait dit Johannes. Nous ne nous connaissions pas depuis si longtemps, c’était chez moi, nous avions fermé la porte de ma chambre parce que Sofi était à la maison, nous avions dû boire et j’avais dû commencer à tirer son pull, à défaire la ceinture de son pantalon, le lui enlever, avant que nous nous retrouvions couchés nus sur mon lit, sur le couvre-lit, il était sous moi, appuyé contre les coussins violets.
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mesrives   11 janvier 2017
Place ouverte à Bordeaux de Hanne Ørstavik
Je regarde par la vitre pendant que le chauffeur s'occupe de la carte et du ticket. La place est comme un carré, trois de ses côtés sont bordés d'arbres, en double rangées, comme une allée. Le quatrième est orienté vers le fleuve. Au milieu, il n'y a rien. C'est du gravier, du gravier fin, comme du sable. Je récupère ma carte,ouvre la portière, sors avec ma petite valise. Reste à regarder autour de moi. La place des Quinquonces, on en parle dans le guide que j'ai lu dans l'avion . J'ai le sentiment d'être déjà venue. Le tableau que j'avais eu dans la tête, après ma précédente exposition , il y a presque deux ans , quand elle était finie. Je le vois maintenant, le lieu de ce tableau, c'est ici. Mais je ne suis jamais venue.

Dans le tableau, je sors d'une calèche, me penche, descends les deux marches. Je ne sais pas si je suis homme ou femme. Je porte des vêtements noirs, un pantalon, semble-t-il, je ne vois que cela, mes jambes, et les chaussures, en cuir noir. La calèche est un fiacre. C'est sur une grande place ouverte, avec des arbres longs de trois côtés.

Quand il s'était présenté, ce tableau avait été si envahissant. Et si fort. Il m'inquiétait. Je ne le comprenais pas, et en même temps il était parfaitement distinct. Il me voulait quelque chose, mais je n'arrivais pas à voir quoi, et depuis je n'ai cessé de le porter en moi. La lumière blanche, à moins que ce ne soit le sable clair, la luminosité est si vive, et la chaleur inhabituelle, nouvelle. Sur un côté de la place, il y a un champ rectangulaire, je le trouve du regard, on en parle aussi, dans le guide, et au bout de ce champ, il fut un temps où l'on exécutait des gens. Leur coupait la tête, ou les pendait. C'est la place des exécutions.

Je ne sais pas pourquoi elle est en longueur, cette place des exécutions. Comme s'il fallait une marche, une distance marquée, d'une extrémité à l'autre. Cela me fait penser à la piste d'élan, juste avant la ligne de saut en longueur, et au bac derrière la ligne, rempli de sable. Ou à l'allée centrale d'une église, au fait de la remonter quand tout le monde se lève des bancs et reste à côté, à regarder.
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mesrives   13 janvier 2017
Place ouverte à Bordeaux de Hanne Ørstavik
Et quand nous sommes couchés l'un à côté de l'autre dans le lit, c'est lui qui est raide. Il ne veut pas me toucher, ne veut pas me regarder dans les yeux, me regarder. Il tient sa verge comme un petit poisson entre ses doigts et la secoue un peu de haut en bas jusqu'à ce que perlent les gouttes blanches. Souvent cela ne gicle presque pas, point de jet vigoureux qui jaillit jusqu'au ventre, plutôt une avancée muette, une espèce de résignation, une espèce de chagrin, comme si la bite pleurait.
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Mia   13 mai 2011
Amour de Hanne Ørstavik
Elle chuchote presque.

Il sourit encore. C'est un homme pour moi. Elle sent dans son corps que c'est vrai, un instinct physique. Elle peut faire confiance à son corps.
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Cielvariable   29 janvier 2019
Place ouverte à Bordeaux de Hanne Ørstavik
Par la suite, je vais comprendre qu’il y a tant que je ne

vois pas. En lui. Je crois tout voir, cette première fois là.

Mais finalement ce n’est pas ainsi, c’est différent.

Que vois- je ? Le sans-défense. Il n’a pas nettoyé ses

lunettes, elles sont poussiéreuses et tachées, son pull est

taché, il n’est pas rasé, comme s’il avait passé plusieurs

jours en montagne et était venu directement me

chercher.

Son appartement n’était pas en désordre, il semblait

plutôt indéterminé, m’étais- je dit en posant mon sac dans

l’entrée, debout à la porte du salon. Il n’avait pas fait de

choix clairs, semblait- il, en termes de couleurs, de

meubles, d’objets, avait juste pris ce qui se présentait,

pratique, un mobilier de salon des années quatre- vingt

avec des bords en pin et des coussins jaunes, un écran plat,

un fauteuil inclinable marron et un noir. En même temps :

ce qui est déterminant est choisi avec le plus grand soin.

L’appartement lui- même, au sommet de l’immeuble, avec

une vue étendue sur le fjord, les îles, toutes les douces

collines vertes. Il l’a choisi et l’a voulu. A voulu avoir cette

vue, être dans ce tableau, dans cette conversation avec le

muet ouvert changeant là, dehors.

Et du vin, il en avait acheté pour ma venue, mais pas le

reste dont j’avais dit que ça pourrait être sympa quand il

m’avait posé la question dans un message la veille, comme

du lait écrémé à mettre dans le café ou du fromage brun.

Il a une chambre d’amis avec deux lits, les lits sont faits.

Ça, le fait qu’il sache tant de choses, qu’il ait tant réfléchi,

lu. Voie des lignes à travers les œuvres d’art et la société

et l’histoire d’une façon que je n’ai jamais vue. Et en même

temps : les bras qui restent ballants. Quand nous cuisinons

ensemble, du saumon mariné surgelé que nous cuisons

sur de l’aluminium dans le four, un brocoli qu’il plonge

entier dans la casserole d’eau. Ses mains, le fait qu’il ne

semble pas les maîtriser tout à fait, quand elles coupent,

font. Comme si tout risquait constamment d’en glisser,

tomber.

JE NE SAIS PAS QUI JE SUIS. JE NE ME CONNAIS

PAS MOI- MÊME, dit- il quand nous sommes autour de

la table en teck de la salle à manger à l’autre bout du salon.

Quatre petites bougies étaient allumées sur une assiette

entre nous, c’était ce qu’il était allé chercher à la supérette

quand je l’attendais seule en pleurant.

L’impuissance comme STRATÉGIE. Personne n’at-

tend quoi que ce soit d’un démuni, personne n’exige quoi

que ce soit. C’est se mettre hors jeu. Échapper à la parti-

cipation, échapper à la responsabilité, et à la culpabilité.

Car le démuni ne savait pas, n’a pas fait, ne peut pas. Et

en même temps, savoir tant de choses, être si exception-

nellement doué, là- dehors, dans le monde, là- dehors, où

personne ne vient près. Où personne n’a droit à lui, où il

peut payer, et partir. Et puis l’impuissance est un cercle

tracé plus profondément, contre le corps, comme une

frontière ? Et que c’est le fait de passer à travers, pour

quelqu’un de l’extérieur, ou pour lui- même, de l’intérieur,

que c’est de cela qu’il s’agit, de contact. Pénétrer jusqu’à

lui, ou, si c’est lui- même qui doit franchir, arriver tout au

bord de soi et sortir ?

Le démuni est inattaquable. L’impuissance comme

carapace, une carapace inattaquable. Autour de quoi ? Il

n’y a rien d’autre que de la tendresse, tout au fond. Je ne

peux croire autre chose. Le dur n’a pas besoin d’une

carapace dure. C’est le doux qui doit être si vigoureuse-

ment protégé. Non ?
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Cielvariable   29 janvier 2019
Place ouverte à Bordeaux de Hanne Ørstavik
Veux-tu me rencontrer



C’est comme ça que ça a commencé, Johannes, lui et

moi. Ou plutôt, ça a commencé quand j’ai lu un article

qu’il avait écrit, dans une revue, il est historien de l’art,

donc je savais qui c’était, il n’écrit pas de critiques, mais

des choses plus théoriques sur l’esthétique et la sociologie de l’art, des choses que je n’avais jamais lues, et puis je suis tombée sur cet article, qui m’a tant réjouie, un article bien pensé, une présentation des idées en mots si limpide, comme s’il tenait les x à la main, ou que les mots étaient main, étaient lui, si fortement présent. J’avais regardé la petite photo, le portrait en vignette à côté de son nom, et il avait l’air si chaleureux, trouvais- je, si gai avec ses cheveux sombres en bataille dressés sur sa tête, que j’avais eu envie de prendre contact, je m’étais tout de suite fait la réflexion. Je l’avais écarté, puis repensé, le lendemain, et encore le jour d’après. Et puis j’avais fini par le faire, trouvé son numéro sur Internet, envoyé un message, neutre, avec noms complets, le mien et le sien, le remerciant pour l’article et disant ce qui m’avait plu.

Rien de plus, pas de proposition d’autre chose, pas d’allu-

sion. Mais j’avais pris contact, dit Je suis là, tu es là, je te

vois. Le lendemain, il m’avait envoyé une brève réponse,

Merci, c’est sympa. Rien d’autre. Bon, m’étais- je dit,

voilà. En songeant que cela valait au moins le coup

d’essayer, que cela valait quelque chose, quoi qu’il en

soit.

Et puis, une semaine plus tard, le dimanche soir vers

sept heures, était venu le deuxième message. Celui que j’avais toujours voulu. Le bref, ouvert, Me rencontrer.

J’avais répondu Oui.
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Cielvariable   29 janvier 2019
Place ouverte à Bordeaux de Hanne Ørstavik
Avant le décollage de l’avion samedi matin, je suis si

légère, je prends un journal sur le présentoir, l’ouvre

comme si j’étais quelqu’un d’autre, quelqu’un qui faisait

ce genre de choses, qui prenait un journal et l’ouvrait, c’est

ainsi que je suis maintenant, une autre, et ça ne fait rien,

que je sois d’une gaieté décousue, incohérente. Je balaie

les pages du regard, et tout d’un coup je vois une courte

interview de moi, quelques questions, nous sommes plu-

sieurs à avoir répondu, j’avais oublié, c’était l’autre jour

au téléphone pendant que je rentrais chez moi. Je n’avais

pas demandé à vérifier les citations, au contraire, je pré-

férais y échapper, voulais juste que ce genre de déclara-

tions disparaisse, ne voulais pas me les faire rappeler,

penser à moi comme ça de l’extérieur. Et me voilà qui

feuilletais ce journal que sinon je ne regarde jamais, et là,

la petite photo de moi et ce que j’avais dit, et c’était pro-

prement épouvantable. Telles qu’étaient présentées les

choses, on aurait cru que je me comparais à Louise

Bourgeois. Elle et moi. Nous. C’est ce qu’on aurait cru.

C’est ce que c’était, dans le journal. Pour qui me prenais-

je. Et voilà que j’allais partir chez cet homme, m’imposer

comme ça, croire qu’il n’y avait qu’à se servir. Venir et

recevoir. Qu’il n’y avait qu’à venir.
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pavlova   14 février 2010
La pasteure de Hanne Ørstavik
C'était l'année dernière. Ma première célébration, ici, du culte. Debout, en haut de la chaire, je les avais regardés, eux, assis, attendant d'écouter ce que la nouvelle pasteure avait à leur dire. Ma prédiction portait sur le fils perdu. Celui qui rentre à la maison. Le père qui tue le veau pour lui, pour fêter son retour. La jalousie du frêre. La fête qui a quand même lieu.
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Cielvariable   29 janvier 2019
Place ouverte à Bordeaux de Hanne Ørstavik
Cette nostalgie de l’intimité, il ne pourra jamais y

répondre. Son regard détourné, il ne pense pas à moi. Il

est dans d’autres pensées, en chemin vers d’autres lieux,

en lui- même. Peut- être que jamais personne ne pourra

faire face à cette nostalgie. C’est insoutenable. Je ne sais

que faire de tout ce douloureux, je mets une main devant,

sur cette poitrine osseuse qu’est la mienne, et je sens une

souffrance qui vient aussi de l’arrière, pendant que je me

fais cette réflexion, elle me transperce, juste au- dessus de

l’omoplate, comme si on m’enfonçait des piques dans le

corps, de l’arrière, en traversant tout à fait, jusqu’à l’avant.

Et je ne sais pas comment je vais pouvoir me lever du

lit, sortir dans les rues, aller au musée, commencer le

travail, ce travail qui nécessite que j’avance jusqu’au bord

de moi- même et atteigne l’extérieur. Tandis que tout en

moi est aspiré vers l’intérieur.
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