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Citations de Hanya Yanagihara (86)


gouelan   20 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
« Mais ce sont quand même tes parents, lui disait Malcom à peu près une fois par an. Tu ne peux pas simplement cesser de leur parler. » Pourtant cela se pouvait, cela arrivait : il en était la preuve. Comme n’importe quelle autre relation, pensait-il, celle-ci exigeait un entretien, une dévotion et un soin constants, et si aucune des deux parties ne voulait faire d’effort, pourquoi ne dépérirait-elle pas ?
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gouelan   18 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Aussi éprouvait-il de la reconnaissance à l'égard de ses amis pour l'avoir relativement si peu sondé, l'avoir laissé être lui-même, une prairie déserte, anonyme, sous la surface jaune de laquelle la terre noire grouillait d'os calcifiés lentement métamorphosés en pierres.
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gouelan   21 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Il gardait les rideaux fermés la plupart du temps, mais on pouvait les ouvrir tous d’un coup, et l’espace apparaissait alors comme un rectangle de pure lumière, le voile vous séparant du monde extérieur soudain d’une minceur incroyable. Il a souvent le sentiment que son appartement est un mensonge : celui-ci suggère que la personne qui y vit est quelqu’un d’ouvert, d’énergique, de généreux dans ses réponses, et, bien sûr, il n’est pas cette personne. Lispenard Street, avec ses alcôves, ses dédales obscurs et ses murs qui avaient été repeints de si nombreuses fois que l’on pouvait sentir les stries et les cloques, où les papillons et autres insectes s’étaient retrouvés entre les couches, constituait un reflet bien plus exact de qui il était.
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Chouchane   01 janvier 2018
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Une relation ne procure jamais tout. Elle ne peut que te procurer certaines choses. Tu prends toutes les qualités que tu souhaites chez quelqu’un - l’attrait sexuel, disons, ou l’art de la conversation, ou le soutien financier, ou encore la compatibilité intellectuelle, la gentillesse, la loyauté - et tu choisis trois de ces qualités. Trois - c’est tout. Peut-être quatre si tu es très chanceux. Le reste tu dois le chercher ailleurs. Ce n’est que dans les films qu’on trouve quelqu’un qui t’offre toutes ces choses. Mais on n’est pas au cinéma. Dans le monde réel, on doit identifier quelles sont ces trois qualités avec lesquelles on veut passer le reste de sa vie, et ensuite chercher ces qualités chez quelqu’un. C’est ça la vraie vie. Tu ne vois pas que c’est un piège ? Si tu continues à essayer de tout trouver, tu finiras seule.
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gouelan   20 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Avant la naissance de Jacob, j'avais demandé un soir à mon père s'il avait des paroles de sagesse à me transmettre. Je plaisantais, mais il l'a pris sérieusement, comme pour toutes les questions que je lui posais.
- Hum, a-t-il dit. Eh bien, la chose la plus difficile dans le fait de devenir parent est la capacité d'adaptation. Meilleur on s'avère en la matière, meilleur parent on est.
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Allantvers   27 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
L'existence était effrayante, mystérieuse. Même l'argent de Malcom ne l'immuniserait pas complètement. La vie lui arriverait, et il essaierait d'y réagir, tout comme le reste d'entre eux. Tous - Malcom avec ses maisons, Willem avec ses petites amies, JB avec ses peintures, lui avec ses lames de rasoir - cherchaient le réconfort, cherchaient à posséder quelque chose qui ne serait qu'à eux, pour conjurer l'immensité, l'impossibilité du monde, l'implacabilité de ses minutes, ses heures, ses journées.
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gouelan   21 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
- Quel est le problème avec Félix, à votre avis ? avait demandé M.Baker.
La question le surprit et il hésita avant de répondre :
- Je ne pense pas que Félix ait un problème, monsieur, répondit-il prudemment. Je pense simplement qu’il n’est pas…
Heureux, faillit-il dire. Mais qu’était le bonheur, sinon une lubie, un état impossible à préserver, en partie parce qu’on se l’expliquait si mal ? Enfant il ne se rappelait pas avoir jamais été en mesure de définir le bonheur : il n’y avait que le malheur ou la peur – ou bien l’absence de malheur et de peur, la seule chose qu’il ait jamais souhaitée ou désirée.
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gouelan   21 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Dans des moments plus généreux et empreints d’émerveillement, il s’imaginait Jude en magicien, dont l’unique tour consistait en la dissimulation, mais qu’il aurait perfectionné d’année en année, de sorte qu’aujourd’hui il lui suffisait de ramener un pan de sa cape de soie devant ses yeux pour devenir aussitôt invisible, même au regard de ceux qui le connaissaient le mieux. Cependant, à d’autres moments, il réprouvait amèrement ce tour de passe-passe, se sentait éreinté par toutes ces années à conserver les secrets de Jude et ne rien recevoir en retour hormis les bribes les plus avares d’informations, à se voir refuser la possibilité ne serait-ce que d’essayer de l’aider, de s’inquiéter publiquement pour lui. Ce n’est pas juste, pensait-il dans ces moments. Ce n’est pas cela l’amitié. C’est quelque chose, mais pas de l’amitié. Il avait le sentiment de s’être fait entraîné dans un jeu de complicité, auquel il n’avait jamais eu l’intention de jouer. Tout ce que Jude leur communiquait indiquait qu’il ne voulait pas qu’on l’aide. Mais Willem ne pouvait accepter cette idée. La question était : comment ignorer la demande de quelqu’un qui veut qu’on le laisse tranquille – même si cela signifiait mettre l’amitié en péril ? C’était une énigme navrante : comment aider une personne qui ne veut pas qu’on lui porte assistance tout en se rendant compte que ne pas l’aider revient à ne pas être son ami du tout ? Parle-moi, avait-il parfois envie de crier à l’adresse de Jude. Raconte-moi des choses. Dis-moi ce que je dois faire pour t’obliger à me parler.

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gouelan   20 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Mais aujourd'hui l'époque était à la réalisation de soi, une époque où se contenter d'une existence de second choix passait pour un signe de faiblesse innommable. En un sens, le fait d'accepter ce qui semblait devoir être son destin - autrefois considéré comme une forme de dignité - n'était plus à l'heure actuelle qu'une marque de couardise. Parfois la pression pour atteindre le bonheur devenait presque oppressante, comme ci celui-ci était une chose à laquelle tout le monde devait et pouvait accéder, et que le moindre fléchissement dans cette quête vous était en quelque sorte imputable.
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Hanya Yanagihara
michelekastner   26 septembre 2018
Hanya Yanagihara
Je n'ai jamais fait partie de ces personnes - et je sais que toi non plus - qui ont le sentiment que l'amour qu'on éprouve pour un enfant est d'une certaine manière un amour supérieur, un amour plus important, plus significatif, et plus grand qu'aucun autre. Je n'ai pas ressenti cela avant Jacob, et je ne l'ai pas ressenti après. Mais c'est incontestablement un amour singulier, parce que c'est un amour qui n'est pas fondé sur l'attirance physique, ou sur le plaisir, ou sur l'intellect, mais sur la peur. On ne connaît pas la peur, jusqu'à ce qu'on ait un enfant, et peut-être que c'est ce qui nous fait imaginer par erreur que cet amour est plus sublime, parce que la peur elle-même est plus sublime. Chaque jour, notre première pensée n'est pas Je l'adore, mais Comment va-t-il ? Le monde, du jour au lendemain, se réorganise pour devenir un parcours d'obstacles terrifiants. Je le tenais dans mes bras et attendais pour traverser la rue, et je me rendais compte à quel point l'idée que mon enfant, n'importe quel enfant, puisse survivre à cette existence absurde. Cela paraissait aussi improbable que la survie de ces papillons qui naissent à la fin du printemps - que je voyais parfois osciller dans l'air, toujours en danger, à quelques millimètres à peine, de s'écraser contre un pare-brise.
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gouelan   21 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Chaque année, ses chances s’intensifiaient et se multipliaient, et il ne cessait de s’étonner des actes de générosité dont il faisait l’objet, d’être surpris par des personnes qui entraient dans sa vie, si différentes de celles qu’il avait connues auparavant qu’elles semblaient appartenir à une espèce complètement autre : comment, en définitive, Dr Taylor et Willem pouvaient-ils être tous les deux désignés sous le même terme « d’être humain » ? Et Père Gabriel et Andy ? Et Frère Luke et Harold ? Est-ce que ce qui caractérisait le premier groupe existait aussi dans le second, et si c’était le cas, comment ce second groupe avait-il choisi d’agir différemment, de devenir autre ? Sa vie ne s’était pas seulement améliorée, elle s’était renversée, avait accompli un demi-tour complet. Il était passé de rien à une générosité embarrassante. Il se rappelait, alors, la confession de foi de Harold, selon laquelle l’existence travaillait à compenser les pertes qu’elle pouvait infliger, et en appréciait la vérité, même si parfois il lui semblait que l’existence ne s’était pas seulement contentée de compenser le sort qu’elle lui avait infligé, mais s’était surpassée de façon extravagante, comme si sa vie même l’implorait de lui pardonner, le couvrant de richesses, de toutes les belles et merveilleuses choses qu’il avait pu espérer, de sorte qu’il ne lui en veuille pas et l’autorise à se poursuivre.
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NI   02 février 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
We all say we want our kids to be happy, only happy, and healthy, but we don't want that. We want them to be like we are, or better than we are. We as humans are very unimaginative in that sense. We aren't equipped for the possibility that they might be worse. But I guess that would be asking too much. It must be an evolutionary stopgap - if we were all so specifically, vividly aware of what might go horribly wrong, we would none of us have children at all.
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Hanya Yanagihara
Chouchane   01 janvier 2018
Hanya Yanagihara
Ce dont il n’avait pas pris conscience à propos du succès était que celui-ci rendait les gens ennuyeux. L’échec aussi rendait les gens ennuyeux, mais d’une manière différente : les personnes qui échouaient ne cherchaient qu’une chose - la réussite. Mais celles qui réussissaient cherchaient aussi uniquement à conserver leur succès. C’était la différence entre courir et courir sur place, or courir avait beau être une activité terriblement ennuyeuse, au moins la personne qui courait était en mouvement, traversant plusieurs paysages et profitant de différentes vues. Et pourtant, là encore, il semblait que Jude et Willem possédent quelque chose qu’il n’avait pas, quelque chose qui les portégeait l’ennui suffocant de la réussite, de la monotonie de vous réveiller et de vous rendre compte de votre succès et d’ »avoir tous les jours à continuer à faire ce qui vous apportait ce succès parce qu’une fois que vous vous arrêtiez, vous échouiez.
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gouelan   20 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
« Cher Jude, écrivait Harold, merci pour ton magnifique mot (même s’il n’était pas nécessaire). Tout dedans me ravit. Tu as raison ; cette tasse m’est très précieuse. Mais tu m’es encore plus cher. Alors s’il te plaît, cesse de te torturer.
Si j’étais une personne différente de celle que je suis, je pourrais dire que cet incident constitue une métaphore de l’existence en général : certaines choses se cassent, et parfois elles sont réparables, mais dans la plupart des cas, on se rend compte que, quel que soit ce qui se retrouve endommagé, la vie fait en sorte d’en compenser la perte, parfois de manière merveilleuse.
En réalité, je suis peut-être l’une de ces personnes après tout.
Amitiés, Harold. »
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gouelan   18 décembre 2017
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Ses parents n'auraient jamais exigé qu'il leur ressemble, ils souhaitaient à peine être eux-mêmes.
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Johannaa29   01 avril 2020
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
- Serre-moi aussi, ordonne Willem. Imagine qu'on est en train de tomber et qu'on s'accroche l'un à l'autre par peur [...]
Et tout le temps, Willem l'enveloppe de son corps, et losrqu'ils pénètrent les flammes, ils ne brûlent pas mais se fondent en un seul être, leurs jambes, leurs torses, leurs bras et leurs têtes fusionnant pour ne former plus qu'une entité.
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Sachka   14 janvier 2020
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
On peut le respecter, voire, au tribunal, le craindre. Mais, fondamentalement, il est la même personne, une personne qui inspire le dégoût, une personne faite pour qu'on la haïsse. Et au cours de ce mini-instant où il se trouve suspendu en l'air, entre l'extase de voler et l'anticipation de son atterrissage, dont il appréhende qu'il sera terrible, il ne doute plus que x sera toujours égal à x, quoi qu'il fasse, quel que soit le nombre d'années qui le sépare du monastère ou de frère Luke, peu importe combien il gagne ou le mal qu'il se donne à tenter d'oublier. C'est la dernière pensée, avant que son épaule ne s'écrase contre le béton et que le monde, en une fraction de seconde, ne se dérobe tout à coup et bienheureusement de sous lui : x = x, songe-t-il. x = x, x = x.
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michelekastner   26 septembre 2018
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Mais aujourd'hui l'époque était à la réalisation de soi, une époque où se contenter d'une existence de second choix passait pour un signe de faiblesse innommable. En un sens, le fait d'accepter ce qui semblait devoir être son destin - autrefois considéré comme une forme de dignité - n'était plus à l'heure actuelle qu'une marque de couardise. Parfois la pression pour atteindre le bonheur devenait presque oppressante, comme si celui-ci était une chose à laquelle tout le monde devait et pouvait accéder, et que le moindre fléchissement dans cette quête vous était en quelque sorte imputable.
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nilebeh   04 janvier 2018
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Jude éprouve « de la reconnaissance à l'égard de ses amis, pour l'avoir relativement si peu sondé, l'avoir laissé être lui-même, une prairie déserte, anonyme sous la surface de laquelle la terre noire grouillait de vers et de scarabées, remplie d'éclats d'os calcifiés lentement métamorphosés en pierres. » (P 145)
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nilebeh   04 janvier 2018
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
Au sujet des immigrés à New-York : «  leur arrivée récente en Amérique, leur même air d'intense fatigue et ce mélange de détermination et de résignation que seul l'immigré possède constituant le seul lien qui les unissait. »
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