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Note moyenne 4.33 /5 (sur 36 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Arcachon
Biographie :

Hélène Honnorat est une romancière française.

Elle est également auteure de récits et de nouvelles, sous divers pseudonymes et sous son nom. Elle est notamment l'auteure d'une autobiographie, "Le dessous du ciel", son premier roman, écrit sous le pseudonyme Dominique Piett, qui a fait l'objet d'une adaptation télévisée et a obtenu une très large audience.

Pendant ses études supérieures, à Perpignan et Montpellier, elle passe une licence de parachutisme professionnel, une licence de lettres modernes, un CAPES et une maîtrise.

Elle a pratiqué le parachutisme sportif et la chute libre, effectuant au total 601 sauts.

En détachement au Ministère français des Affaires étrangères, elle occupe des postes au Sri Lanka, en Indonésie, en Malaisie et en Amérique centrale.

Hélène Honnorat réside à Montpellier.

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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
FLaureVerneuil   15 octobre 2020
Sois sage, ô mon bagage de Hélène Honnorat
Ni valise ni cercueil, comme ceux à qui l'on a tout pris avant de les convertir en fumée, ou ceux qui coulent à pic en méditerranée.
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LauHolv   31 décembre 2018
N'oublie pas Irma de Hélène Honnorat
1

L’air s'est enflammé, s’est emparé d’un rang de motos et a tout avalé en un seul coup de langue. Quant au vélo blanc et or : tordu en trois secondes. Je me suis retourné ; le feu avait pris dans mon dos.

La voiture n’a guère résisté plus longtemps. Dans une cacophonie de sifflements, de ronflements, d’éclatements, elle aussi a capitulé. Les fumées enflaient à toute vitesse, emplissant la rue. J’ai distingué un instant le visage du chauffeur, sa casquette, sa livrée aux boutons brillants, ses yeux grands ouverts, ses mains qui n’avaient pas quitté le volant.

— Ada kebakaran ! Il y a le feu !

Tout le pâté de maisons s’était mis à résonner. Des bassines en émail, en fer blanc, des seaux, des tuyaux, des citernes. De l’eau, de l’eau ! Les habitants la jetaient sur le trottoir, à la base des murs, dans la gueule de la porte ouverte, autour de laquelle on s’affairait. Je suffoquais, figé. J’ai aperçu un couple, immobile comme moi. La femme portait une tunique barrée par une large ceinture. Un torrent de fumée est passé entre nous. Puis, plus rien. Sauf les cris, les ordres lancés.

— Va-t’en.

Subitement, Irma s'était retrouvée à mes côtés. Détachée, elle ne s’adressait qu’à moi, au milieu du vacarme et des flammèches. Je n’étais pas sûr d’avoir bien compris.

— Mais pourquoi ? Je peux aider…

Des silhouettes féminines faisaient la chaîne, posaient d’encombrants objets dans le caniveau, les arrosaient, les portaient plus loin. Quelques billets de banque voltigeaient, gros papillons de nuit.

Une façade s’est pliée en deux sans hâte. Ses pilastres craquaient, les contrevents ajourés ondulaient. Son toit s'est couronné d’étincelles. Nous étions pris dans un halo cramoisi. Elle a répété en français :

— Tu as entendu ? Va-t’en !
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Marianne75   03 mars 2020
Sois sage, ô mon bagage de Hélène Honnorat
"Ce n'est pas avec "deux harengs frigorifiés" mais avec une autre collation personnelle que se déplace Umberto Eco, tout au long de Comment voyager avec un saumon : malgré le titre didactique, Eco ne maîtrise pas le problème. Il ne cesse de vider des tiroirs de minibars d'hôtels de leur contenu alcoolisé pour tenter d'y caser son saumon fumé en mal de froidure, cependant que le personnel éjecte l'animal et que l'ordinateur lui facture le contenu du minibar. Bilan à l'arrivée : "le saumon est immangeable. Mes enfants m'ont dit que je devrais boire un peu moins"
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johnmo   03 mars 2020
Sois sage, ô mon bagage de Hélène Honnorat
"Qui dit bagage, dit nouvelles racines. Je vis avec et dans mon balluchon comme l'enfant dans ses langes. J'emporte, je recrée ma maison, j'habite ce lieu fantôme installé dans ma valise ou mes malles. Chambre, salle de bains, cuisine, bureau, bibliothèque... L'objet qui paraît le plus spécifiquement pensé pour s'en échapper, conçu pour le nomadisme, est encore un reflet du bercail que j'ai quitté."
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PierreBeautemps   16 janvier 2019
N'oublie pas Irma de Hélène Honnorat
Je peux te dire ce que tu aurais vu, du haut de ces cent trente-sept mètres : embrochée sur son axe nord-sud, Jakarta dans tous ses états, telle que je l’ai naguère découverte. À son nord extrême, l’ancien port. Pas celui des cargos, des porte-conteneurs et autres bateaux-citernes clapotant de pétrole jusqu’à la gueule ! Celui des voiliers-espadons qui cabotent d’île en île comme ils le faisaient trois siècles auparavant, bourrés de bétail, d’étoffes, de riz, de sucre, de poivre, de tabac, d’épices, d’indigo, d’écorce de quinquina… et de bois, de bois, de bois ! Montagnes de planches rouges sur les quais. Ici font escale les héritiers des pirates malais et des trafiquants chinois, les vaisseaux-fantômes, les Hollandais volants, naviguant aux étoiles à l’heure des balises Argos – tout au plus a-t-on greffé un moteur, parfois, sur le modèle d’origine. Sous la proue sautille une annexe en forme de pirogue, que l’on appelle sampan. Au bout de la dernière jetée, la Mer de Java, charbonneuse, lente, jonchée de débris.



Entre elle et toi, les quartiers « historiques » : l’ancienne Batavia et sa grand-place, l’ex-Hôtel de Ville et Cour de Justice… Depuis le balcon, les notables hollandais assistaient aux exécutions capitales : il y avait ceux que l’on rouait vifs, ceux que l’on exécutait à la pointe de l’épée, ceux que l’on pendait, ceux que l’on fouettait. Mais ceux qui hurlaient le plus longtemps – plusieurs jours, dit la chronique – avant de succomber étaient ceux soumis au supplice du pal. Cependant quatre-vingt-cinq pour cent des prisonniers mouraient (quelle ingratitude !) alors qu’ils étaient les hôtes des sous-sols inondables du bâtiment.



Tu aurais parcouru des yeux ce qui reste du quadrillage aquatique. L’avantage de la vue aérienne, c’est qu’elle permet d’échapper à la puanteur. Une pensée pour Apollinaire. Voie lactée ô sœur lumineuse des noirs canaux de Batavia… Ils t’auraient menée à Glodok. Tu aurais distingué la passerelle, à cheval sur l’artère principale, et ses escaliers qui furent un jour mécaniques, tapissés d’une moquette de crasse. Aperçu peut-être les cages à oiseaux hissées vers le soleil, oriflammes au sommet de leurs mâts. Tu aurais pu entendre, mélangés à leurs chants et à celui des vendeurs de légumes du marché, les cris autour d'un combat de coqs devant la porte du magasin de photocopies.



Et puis ton regard aurait suivi la rue de la Grande Porte Sud jusqu’au Monas et à l’esplanade, à tes pieds.
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LauHolv   16 janvier 2019
N'oublie pas Irma de Hélène Honnorat
J’avais frémi. J’avais compris qu’on pouvait être foudroyé.

Compris qu’on pouvait se prendre de passion pour l’incompréhensible, le mauvais goût, l’hétéroclite.



Les portes de la maison de la grand-mère Anna étaient argentées, comme les lions, les biches et les griffons qui foulaient l’herbe du jardin sur rue, tout en largeur. J’apercevais à l’arrière un jardin plus profond avec des pavillons. Les lions me semblaient plus romains qu’asiatiques, mais les nains en porcelaine, à peine plus hauts que les plantes, s’étaient à coup sûr échappés de l’empire du Milieu. Pas d’étage, pas de mur pignon avec redents à la batave ni de toit retroussé à la chinoise. Une galerie courait d’un bout à l’autre de la façade, soutenue par des piliers métalliques cannelés de facture européenne. Des anges, un peu partout, sur des sellettes : non pas des chérubins, mais des anges adultes, blancs, argent, un peu écaillés, sans doute métalliques eux aussi.



Je n’avais pas sonné. J’avais couru acheter une boîte de biscuits assortis et des dattes.

— Elle s’appelle Guanyin, vous la connaissez ?



La statuette portait une longue robe blanche, un chignon… Je m’étais lancé.

— La déesse de la miséricorde ?



Anna avait éclaté de rire.

— Oui, mais c’est Guanyin Prolongatrice de Vie : elle se tient derrière un rocher. Vous voyez, elle est très efficace avec moi !



Nouvelle explosion de gaieté. La figurine d'ivoire s’abritait sous un globe qu’Anna avait tapoté affectueusement.

— En effet.



Soixante-dix ans ? Quatre-vingts ? Impossible à dire. La grand-mère d’Irma était vêtue d’une robe gris perle, elle avait planté deux ornements de nacre dans son chignon, elle souriait de toutes ses dents intactes et s’exprimait en anglais d’une voix aiguë. Quand l’une des domestiques (j’en avais déjà aperçu plusieurs autres) m’avait ouvert, Irma avait simplement déclaré que j’étais son professeur de langue française. Désolée, elle ne parlait pas français, seulement hollandais, vieux javanais, indonésien et anglais.
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johnmo   03 mars 2020
Sois sage, ô mon bagage de Hélène Honnorat
"C'était aussi l'époque où, tout au long d'un vol entre les Antilles et Paris, j'entendis glapir et protester un passager clandestin, enfourné par une belle matrone dans le compartiment au-dessus de ma tête : un coq vivant, hérissé de colère. Et l'époque où, au cours d'une semblable traversée, les occupants de l'avion, au sein duquel s'était mise à régner une étrange agitation, furent surpris par la voix pincée de l'hôtesse : "la personne qui voyage avec des crabes vivants est priée de se faire connaître."

Le coq était promis à la rôtisserie, les crabes devaient finir pimentés et farcis... Mais ces derniers s'étaient échappés et, courant dans la cabine, tentaient du même coup de se soustraire à leur destin."
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fbalestas   20 mai 2020
Sois sage, ô mon bagage de Hélène Honnorat
Acheté, aussi, une collection de valises plates en peau de porc (c’est surtout l’odeur de ces cuirs qui me plaît). J’ai trop d’articles de voyage. Je vais m’amuser à les jeter, après minuit, de mon balcon dans l’Arno. Barnabooth !
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AL33190   17 février 2020
Sois sage, ô mon bagage de Hélène Honnorat
Soudain, l'ordonnance du capitaine entre, essoufflé, annonce d'un air mystérieux que tout est bien

et qu’il a trouvé un biberon.

— Vous comptez emmener un nouveau-né ? dis-je.

Pour toute réponse, Hollicott me tend un télégramme. Il est de Desdemona. Je lis : « Lévriers

persans portent malheur. Mais serais heureuse que vous m’apportiez demain un grand thermos et

un petit lion. Love. Desdemona. »

— Un lion aux Indes ? fais-je.

— Oui, cette fille est une amour, mais elle ne sait pas. J’ai remplacé par une tigre d’un mois.

J’aurais trouvé plus facilement à Udaipur, mais je ne peux pas arriver les mains vides.
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PierreBeautemps   16 janvier 2019
N'oublie pas Irma de Hélène Honnorat
Nous avons tellement l’habitude, la Japonaise et moi, de fendre la ville du sud au nord, vers mon bureau, vers l’ambassade, vers Glodok, et retour, que je m’attends presque à la voir suivre seule le droit fil habituel. Je la dirige vers l’est, et constate qu’elle se soumet.



Dimanche familial à Lubang Buaya, restaurants en plein air sur les trottoirs. On lave la vaisselle métallique dans les rigoles, un vendeur de kérosène emplit ses bidons. Bébés vêtus d’un T-shirt trop grand, cul et pieds nus, jouant au bord des caniveaux – je me suis toujours demandé grâce à quel sortilège les mères évitaient qu’ils se fassent écraser –, marchands ambulants (soupe, porridge au poulet ou au poisson, bassines en plastique, brosses, tongs en caoutchouc jaune fluo), taxis collectifs, cyclistes. Je suis les indications de Basile. À l’arrivée, il nous désigne l’ancien aéroport et le site qui englobe le Musée de la trahison communiste, la Véranda des tortures, le Trou du Crocodile, le monument aux héros.
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