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Note moyenne 3.67 /5 (sur 15 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 1970-09-09
Biographie :

Hélène Prigent a travaillé à la Réunion des Musées Nationaux pendant douze ans. Assistante de Jean Clair pour la préparation de l'exposition « Mélancolie. Génie et folie en Occident », présentée à Paris, en 2005, aux Galeries nationales du Grand Palais, elle est l'auteur de Mélancolie. Métamorphoses de la dépression, publié aux éditions Gallimard (collection « Découvertes ») la même année. Elle a participé à plusieurs colloques sur ce sujet et prépare un ouvrage sur la mélancolie dans l'Antiquité grecque, raison de son séjour à la Fondation des
Treilles au printemps 2009. Elle a aussi publié un petit livre, Paul Gauguin, « J'ai voulu
vouloir »,auxéditions de La Martinière – Xavier Barral (collection « Voix », 2003), et collaboré à plusieurs ouvrages collectifs parmi lesquels le Journal de la France et des Français.Chronologie
politique, culturelle et religieuse, de Clovis à 2000 (éditions Gallimard, collection « Quarto », 2001) et, avec Pierre Rosenberg, Chardin, la nature silencieuse (éditions Gallimard, collection
« Découvertes », 1999).
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Source : ISNI, Worlcat, BNF
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Citations et extraits (8) Ajouter une citation
Musardise   23 mars 2016
La Mélancolie de Hélène Prigent
Que la mélancolie soit intimement liée au regard, c'est-à-dire à l'image, toute son histoire en témoigne. L'image idéelle de Platon, l'image vraie d'Aristote gouvernaient l'imagination dans la mélancolie antique, et donnaient au regard sa visée. Avec l'acedia, le regard, parce qu'il s'est détourné de la contemplation divine, laisse au contraire le champ libre à une imagination débridée, nourrie d'images trompeuses et de simulacres. Ainsi, hormis dans ses représentations des tentations de Saint Antoine qui précisément s'abandonnent aux flots monstrueux de l'imagination, le Moyen Âge représente le mélancolique et l'acédique le regard baissé vers la terre, ou errant dans la vague, et même si, à l'aube de la Renaissance, Dürer restitue dans sa Melencolia I la tension du regard, celui-ci n'en est pas moins dirigé vers un objet dont l'absence dans la gravure jette un doute sur la réalité même. Au XVIIème siècle, la mélancolie ne trouve plus guère d'horizon que celui de la mort : c'est sur un crâne que bute le regard mélancolique, symbole de la limite et donc de la vanité de toute ambition idéale. Il n'en va pas différemment au siècle suivant, quand celui-ci n'édulcore ou n'affadit pas trop le "sentiment" mélancolique.

L'iconographie mélancolique est donc toujours une iconographie du deuil ; ce qu'elle met en scène est d'abord une absence. De fait, la période qui produit le moins d’œuvres intitulées Mélancolie est précisément le romantisme, qui veut croire à un lien vivant entre l'homme et l'idéal, lien qui tiendrait au rapport de l'homme à la nature.
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Musardise   14 mars 2016
La Mélancolie de Hélène Prigent
L’apparition de la mélancolie coïncide avec les premières définitions de l'homme énoncées par les penseurs grecs. Après avoir cherché à déterminer les lois régissant la nature, ils se tournent vers l'individu, utilisant les principes dégagés pour celle-ci pour définir celui-là. Comme la nature comprend quatre saisons et la matière quatre qualités fondamentales (le chaud, le froid, le sec et l'humide), l'homme, pensent-ils, doit aussi être mû par quatre éléments. Ainsi, à l'aube du IVème siècle av. J.-C., dans un écrit intitulé De la nature de l'homme, Hippocrate ou son gendre Polybe, on ne sait, isole dans le corps humain quatre "humeurs" : trois substances résiduelles censées parvenir de la partie des aliments non digérée par le corps - la bile noire (appelée "mélancolie"), la bile jaune et la pituite (ou flegme) - auxquelles on ajoute le sang pour faire bonne mesure et parvenir au chiffre quatre, réputé idéal. "Le corps de l'homme a en lui du sang, du flegme, de la bile blonde et noire. C'est cela qui constitue la nature du corps, et c'est par cela que le corps souffre ou est en bonne santé." La santé se définit en conséquence par l’équilibre des quatre humeurs, tandis que la maladie provient de la prédominance de l'une d'entre elles. La bile noire, ou mélancolie, désigne ainsi à la fois une substance naturelle dans le corps et la maladie liée à l'excès de cette substance.



Chapitre 1 - Anatomie de la mélancolie
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Musardise   17 mars 2016
La Mélancolie de Hélène Prigent
La mélancolie a cessé d'être le lieu imaginaire d'un au-delà de l'homme pour devenir celui d'une intériorité. Quant à l'imagination, qui jusqu'ici fondait la mélancolie, elle en est maintenant dissociée et ne peut plus dès lors prétendre livrer la moindre clé d'un monde supérieur.



Chapitre 4 - Classicisme et Lumières : la mélancolie en vanité
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Musardise   14 février 2015
La Mélancolie de Hélène Prigent
Le caractère énigmatique de la gravure n'a cessé de susciter des interprétations. En quoi est-elle emblématique d'une nouvelle approche de la mélancolie inaugurée par la Renaissance ?



Chapitre 3, "L'âge d'or de la mélancolie : la Renaissance", à propos de la gravure "Melencolia I" de Dürer
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Musardise   20 mars 2016
La Mélancolie de Hélène Prigent
Cependant, pour le préromantisme puis le romantisme, le sublime n'est plus circonscrit, comme à l'âge classique, au rapport avec le sacré ; ou, plus exactement, la sphère du sacré s'est considérablement étendue et dispersée tout à la fois. Car c'est bien une sorte d'incarnation profane du sacré qu'affirment le préromantisme et le romantisme, une incarnation dont l'Univers, c'est-à-dire la Nature, serait le corps sanctifié. Jadis contenu dans les mains de la divinité, le sacré s'est répandu dans la nature et seul le poète est susceptible d'en reconnaître les fragments épars, et d'en recomposer la partition.



Chapitre 5 - Le romantisme : le dernier lieu mélancolique
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Musardise   14 février 2015
La Mélancolie de Hélène Prigent
A côté de la traditionnelle bile noire responsable de tous les maux dans la conception pathologique de la mélancolie, Agrippa de Netteheim distingue une bile blanche, à laquelle il attribue l’enthousiasme susceptible de stimuler la créativité. Trois sortes de mélancolie en découlent, reliées selon un ordre ascendant aux trois facultés de l'âme : l'imagination, la raison et l'esprit.



Chapitre 3 - L'âge d'or de la mélancolie : la Renaissance
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Musardise   19 mars 2016
La Mélancolie de Hélène Prigent
L’enfermement et l'atonie d'une part[…], le fantastique aux allures de réel où affleure l’inquiétante présence du Démon d'autre part[…], tels sont les deux versants de la mélancolie romantique où la folie règne en maître[...].



Chapitre 5 - Le romantisme : le dernier lieu mélancolique
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Musardise   16 mars 2016
La Mélancolie de Hélène Prigent
La double tradition de la mélancolie dans l'Antiquité - génie et maladie - tient ainsi tout entière dans l'ambivalence de l'imagination, et selon que l'on privilégie les séductions qu'elle propose ou les dangers qu'elle comporte, la mélancolie est perçue comme le signe du génie ou au contraire le signe d'une pathologie.



Chapitre 1 - Anatomie de la mélancolie
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