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Note moyenne 3.98 /5 (sur 493 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Asnières-sur-Seine , le 17/05/1873
Mort(e) à : Moscou , le 30/08/1935
Biographie :

Henri Barbusse est est un écrivain français.

Le futur écrivain eut de bons maîtres : son père, pasteur et critique théâtral, Mallarmé, son professeur d’anglais et Bergson, son professeur de philosophie. Des prix récompensent bientôt ses poèmes et ses contes.

Catulle Mendès, son futur beau-père et grand ami, le repère, publie son premier recueil "Les Pleureuses" et lui ouvre les portes du monde. Barbusse collabore à de nombreux journaux et prend en main Fémina et Je sais tout.

En 1910, les droits d’auteur de "L’Enfer", roman triste et noir paru en 1908, lui permettent d’acquérir une maison champêtre à Aumont-en-Halatte qu’il avait repérée au cours d’une convalescence chez un ami à Senlis. Il la baptise Villa Sylvie, en souvenir de Gérard de Nerval qui fut proche voisin. C’est par le tambour du garde-champêtre d’Aumont que Barbusse apprend la mobilisation générale en août 1914. À quarante et un an, réformé, il se porte pourtant volontaire. Affecté à Albi, il demande à être muté sur le front. Sur le front, entre deux batailles, il rêve d’Aumont. Atteint de dysenterie, il est évacué et commence à écrire "Le Feu" ( prix Goncourt 1916) à l’hôpital, avant d’être définitivement réformé en juin 1917.

Le "Zola des tranchées", la gloire littéraire du parti communiste à partir de son adhésion en 1923 - et avant Louis Aragon - consacre les années qui suivent la guerre, jusqu’à sa mort en 1935 (frappé par une pneumonie lors d’un voyage à Moscou), au militantisme et à la défense de la paix. Il accumule les créations de mouvements, de revues, de congrès internationaux contre le fascisme : le mouvement et la revue Clarté en 1919, l'hebdomadaire Monde en 1928, l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (AEAR) en 1932, le Congrès d’Amsterdam la même année (qui fusionne en 1933 avec le Congrès de Pleyel pour constituer le Comité mondial contre la guerre et le fascisme, dit "Amsterdam-Pleyel".

Bien que pas assez communiste aux yeux des soviétiques (qui le condamnent lors du congrès de Kharkov en 1930), Barbusse continue son chemin. Il participe au congrès de juin 1935 à la Mutualité à Paris.Le 16 juillet, il part en URSS assister au 7e congrès de l’Internationale communiste.
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Source : www.terresdecrivains.com
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Video et interviews (2) Voir plusAjouter une vidéo

Henri Barbusse : Lettres à sa femme 1914 1917
A la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT reçoit Xavier HOUSSIN sur le livre d'Henri BARBUSSE "Lettres à sa femme 1914-1917". Il s'agit de la correspondance de guerre de 1914 à 1917 d'H. BARBUSSE pour sa femme, où l'auteur relate son quotidien au front.
Citations et extraits (257) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-B   03 novembre 2017
Le Feu (journal d'une escouade) de Henri Barbusse
Un feldwebel est assis, appuyé aux planches déchirées qui formaient, là où nous mettons le pied, une guérite de guetteur. Un petit trou sous l'œil : un coup de baïonnette l'a cloué aux planches par la figure. Devant lui, assis aussi, les coudes sur les genoux, les poings au cou, un homme a tout le dessus du crâne enlevé comme un œuf à la coque… À côté d'eux, veilleur épouvantable, la moitié d'un homme, coupé, tranché en deux depuis le crâne jusqu'au bassin, est appuyé, droit, sur la paroi de terre. On ne sait pas où est l'autre moitié de cette sorte de piquet humain dont l'œil pend en haut, dont les entrailles bleuâtres tournent en spirale autour de la jambe.



Chapitre 20 : Le feu.
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Nastasia-B   25 février 2018
Le Feu (journal d'une escouade) de Henri Barbusse
— Ils te diront, grogna un homme à genoux, penché, les deux mains dans la terre, en secouant les épaules comme un dogue : « Mon ami, t'as été un héros admirable ! » J' veux pas qu'on m' dise ça !

Des héros, des espèces de gens extraordinaires, des idoles ? Allons donc ! On a été des bourreaux. On a fait honnêtement le métier de bourreaux. On le r'fera encore, à tour de bras, parce qu'il est grand et important de faire ce métier-là pour punir la guerre et l'étouffer. Le geste de tuerie est toujours ignoble — quelquefois nécessaire, mais toujours ignoble. Oui, de durs et infatigables bourreaux, voilà ce qu'on a été. Mais qu'on ne me parle pas de la vertu militaire parce que j'ai tué des Allemands.



Chapitre 24 : L'aube.
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Nastasia-B   15 juillet 2018
Le Feu (journal d'une escouade) de Henri Barbusse
— C'est des journalistes, dit Tirette.

— Des journalistes ?

— Ben oui, les sidis qui pondent les journaux. T'as pas l'air de saisir, s'pèce d' chinoique : les journaux, i' faut bien des gars pour les écrire.

— Alors, c'est eux qui nous bourrent le crâne ? fait Marthereau.

Barque prend une voix de fausset et récite en faisant semblant de tenir un papier devant son nez :

« Le kronprinz est fou, après avoir été tué au commencement de la campagne, et, en attendant, il a toutes les maladies qu'on veut. Guillaume va mourir ce soir et remourir demain. Les Allemands n'ont plus de munitions, becquettent du bois ; ils ne peuvent plus tenir, d'après les calculs les plus autorisés, que jusqu'à la fin de la semaine. On les aura quand on voudra, l'arme à la bretelle. Si on attend quèq' jours encore, c'est que nous n'avons pas envie d' quitter l'existence en tranchées ; on y est si bien, avec l'eau, le gaz, les douches à tous les étages. Le seul inconvénient, c'est qu'il y fait un peu trop chaud l'hiver… Quant aux Autrichiens, y a longtemps qu'euss i's n' tiennent plus : i' font semblant… » V'là quinze mois que c'est comme ça et que l' directeur dit à ses scribes : « Eh ! les poteaux, j'tez-en un coup, tâchez moyen de m' décrotter ça en cinq sec et de l' délayer sur la longueur de ces quatre sacrées feuilles blanches qu'on a à salir. »



Chapitre 2 : Dans la terre.
+ Lire la suite
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Nastasia-B   24 octobre 2018
Le Feu (journal d'une escouade) de Henri Barbusse
Quand on apprend ou qu'on voit la mort d'un de ceux qui faisait la guerre à côté de vous et qui vivaient exactement de la même vie, on reçoit un choc direct dans la chair avant même de comprendre. C'est vraiment presque un peu son propre anéantissement qu'on apprend tout d'un coup.



Chapitre 20 : Le feu.
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lavinia02   11 octobre 2012
L'enfer de Henri Barbusse
Chaque être est seul au monde. Cela paraît absurde, contradictoire, d’énoncer une phrase pareille. Et pourtant, il en est ainsi… Mais il y a plusieurs êtres comme moi… Non, on ne peut pas dire cela. Pour dire cela, on se place à côté de la vérité en une sorte d’abstraction. On ne peut dire qu’une chose : Je suis seul.
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Nastasia-B   12 juillet 2018
Le Feu (journal d'une escouade) de Henri Barbusse
« Après tout, pourquoi faire la guerre ? » Pourquoi, on n'en sait rien ; mais pour qui, on peut le dire. On sera bien forcé de voir que si chaque nation apporte à l'idole de la guerre la chair fraîche de quinze cents jeunes gens à déchirer chaque jour, c'est pour le plaisir de quelques meneurs qu'on pourrait compter ; que les peuples entiers vont à la boucherie, rangés en troupeaux d'armées, pour qu'une caste galonnée d'or écrive ses noms de princes dans l'histoire ; pour que des gens dorés aussi, qui font partie de la même gradaille, brassent plus d'affaires — pour des questions de personnes et des questions de boutiques. Et on verra, dès qu'on ouvrira les yeux, que les séparations qui sont entre les hommes ne sont pas celles qu'on croit, et que celles qu'on croit ne sont pas.



Chapitre 24 : L'aube.
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lavinia02   02 octobre 2012
L'enfer de Henri Barbusse
Ne plus aimer, c'est pire que de se haïr, car, on a beau dire, la mort est pire que la souffrance. J'ai pitié de ceux qui vont deux à deux, enchaînés par l'indifférence. J'ai pitié du pauvre coeur qui a si peu longtemps ce qu'il a ; j'ai pitié des hommes qui ont un coeur pour ne plus aimer.
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Nastasia-B   11 février 2019
Le Feu (journal d'une escouade) de Henri Barbusse
Lumière triste du Nord, ciel étroit et vaseux, lui aussi chargé, dirait-on, d'une fumée et d'une odeur d'usine. Dans cet éclairement blême, les mises hétéroclites des habitants des bas-fonds apparaissent à cru, dans la pauvreté immense et désespérée qui les créa. Mais c'est comme le tic-tac monotone des coups de fusil et le ronron des coups de canon : il y a trop longtemps que dure le grand drame que nous jouons, et on ne s'étonne plus de la tête qu'on y a prise et de l'accoutrement qu'on s'y est inventé, pour se défendre contre la pluie qui vient d'en haut, contre la boue qui vient d'en bas, contre le froid, cette espèce d'infini qui est partout.



Chapitre 2 : Dans la terre.
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Gwen21   26 avril 2018
Le Feu (journal d'une escouade) de Henri Barbusse
- [...] Après tout, une bombe peut dégringoler sur une promenade à Paris, ou à Bordeaux.

– Oui, oui. Alors c'est trop facile de dire : "Faisons pas d'différence entre les dangers !" Minute. Depuis le commencement, y en a quelques-uns d'eux autres qui ont été tués par un malheureux hasard : de nous, y en a qué'qu's-uns qui vivent encore, par un hasard heureux. C'est pas pareil, ça, vu qu'quand on est mort c'est pour longtemps.
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Gwen21   03 mai 2018
Le Feu (journal d'une escouade) de Henri Barbusse
Fouillade se lève un peu péniblement à cause de ses articulations rouillées, et va se coucher. Il n'espère plus qu'une chose maintenant : dormir, pour que meure ce jour lugubre, ce jour de néant, ce jour comme il y en aura encore tant à subir héroïquement, à franchir, avant d'arriver au dernier de la guerre ou de sa vie.
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