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Note moyenne 3.88 /5 (sur 61 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Berlin , le 19/07/1898
Mort(e) à : Starnberg (Bavière) , le 29/07/1979
Biographie :

Herbert Marcuse est un philosophe, sociologue et marxiste américain d'origine allemande.

Devenu l'élève du philosophe Martin Heidegger, Herbert Marcuse soutient, en 1932, sa thèse de doctorat: l'Ontologie de Hegel et le fondement d'une théorie de l'historicité, où se trouvent déjà les thèmes qu'on retrouvera dans chacun de ses ouvrages.

Après avoir milité dans la social-démocratie allemande et fondé, avec Adorno et Horkheimer, l'Institut für Sozialforschung de Francfort-sur le-Main, il quitte l'Allemagne en 1934 après l'avènement du nazisme, et émigre aux États-Unis. A partir de 1954, philosophe et sociologue, il enseigne à l'université de Boston, dans le Massachusetts, puis à celle de San Diego, en Californie.

Son œuvre, diversifiée, peu systématisée, reflète la triple influence de Hegel, de Marx et de Freud. A partir de l'existentialisme de Heidegger, Marcuse pose le problème de l'«inauthentique» aussi bien dans la vie quotidienne de l'homme moderne qu'au niveau de la société globale, définie comme aliénante, du fait de son caractère répressif.
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Source : www.memo.fr
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
Herbert Marcuse

Le fait de pouvoir élire librement des maîtres ne supprime ni les maîtres ni les esclaves.

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La notion selon laquelle une civilisation non répressive est impossible est la pierre angulaire de la théorie freudienne.

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Herbert Marcuse

Le fait de pouvoir élire librement des maîtres ne supprime ni les maîtres ni les esclaves.

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Les jugements de valeur sont sûrement inévitables. Les moyens établis pour organiser la société doivent être comparés à d'autres moyens éventuels, plus susceptibles d'alléger la lutte de l'homme pour l'existence. Chaque solution pratique et historique donnée doit être confrontée à ses propres alternatives historiques. Dès le départ toute théorie critique de la société doit aborder le problème de l'objectivité historique. C'est un problème qui apparaît clairement aux deux niveaux où l'analyse implique des jugements de valeur:

1.-Elle implique que la vie humaine est digne d'être vécue ou plus exactement qu'elle peut l'être et qu'elle doit être rendue telle. Ce jugement est la base de tout effort intellectuel; il constitue l'a priori de toute théorie sociale et le refuser (ce qui serait parfaitement logique) impliquerait le refus de la théorie elle-même.

2.-Elle implique que pour une société donnée, il existe des possibilités spécifiques pour améliorer la vie humaine et des voies et des moyens spécifiques pour réaliser ces possibilités.

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Ainsi, avoir la liberté économique devrait signifier être "libéré de" l'économie, de la contrainte exercée par les forces et les rapports économiques, être libéré de la lutte quotidienne pour l'existence, ne plus être obligé de gagner sa vie. Avoir la liberté politique devrait signifier pour les individus qu'ils sont "libérés de" la politique sur laquelle ils n'ont pas pas de contrôle effectif. Avoir la liberté intellectuelle devrait signifier qu'on a restauré la pensée individuelle, actuellement noyée dans la communication de masse, victime de l'endoctrinement, signifier qu'il n'y a plus de faiseurs d' "opinion publique" et plus d'opinion publique. Si ces propositions ont un ton irréaliste, ce n'est pas parce qu'elles sont utopiques, c'est que les forces qui s'opposent à leur réalisation sont puissantes.

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De la manière dont elle a organisé sa base technologique, la société industrielle contemporaine tend au totalitarisme. Le totalitarisme n'est pas seulement une uniformisation politique terroriste, c'est aussi une uniformisation économico-technique non terroriste qui fonctionne en manipulant les besoins au nom d'un faux intérêt général. Une opposition efficace au système ne peut pas se produire dans ces conditions. Le totalitarisme n'est pas seulement le fait d'une forme spécifique de gouvernement ou de parti, il découle plutôt d'un système spécifique de production et de distribution, parfaitement compatible avec un « pluralisme » de partis, de journaux, avec la « séparation des pouvoirs », etc.

(…)

Nous nous retrouvons devant l’un des plus fâcheux aspects de la société industrielle avancée : le caractère rationnel de son irrationalité. Cette civilisation produit, elle est efficace, elle est capable d’accroître et de généraliser le confort, de faire du superflu un besoin, de rendre la destruction constructive ; dans la mesure où elle transforme le monde-objet en une dimension du corps et de l’esprit humain, la notion même d’aliénation est problématique. Les gens se reconnaissent dans leurs marchandises, ils trouvent leur âme dans leur automobile, leur chaîne de haute-fidélité, leur maison à deux niveaux, leur équipement de cuisine. La mécanique même qui relie l’individu à sa société a changé et le contrôle social est au cœur des besoins nouveaux qu’il a fait naître.

(…)

La rationalité technologique révèle son caractère politique en même temps qu’elle devient le grand véhicule de la plus parfaite domination, en créant un univers vraiment totalitaire dans lequel la société et la nature, l’esprit et le corps sont gardés dans un état de mobilisation permanent pour défendre cet univers. (pp. 28, 34 & 42-43)

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Les comportements concurrentiels, les distractions standardisées, les signes de prestige et de réussite sociale, les symboles d'une virilité factice, d'un charme de réclame, d'une beauté commerciale : en se prêtant à tout cela, l'individu perd jusqu'au désir, jusqu'à la possibilité organique d'une liberté qui ne serait plus fondée sur l'exploitation.

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Nous pouvons distinguer de vrais et de faux besoins. Sont "faux" ceux que des intérêts sociaux particuliers imposent à l'individus : les besoins qui justifient un travail pénible, l'agressivité, la misère, l'injustice. Leur satisfaction pourrait être une source d'aise pour l'individu, mais on ne devrait pas protéger un tel bonheur s'il empêche l'individu de percevoir le malaise général et de saisir les occasions de le faire disparaître. Le résultat est alors l'euphorie dans le malheur. Se détendre, s'amuser, agir et consommer conformément à la publicité, aimer et haïr ce que les autres aiment et haïssent, ce sont pour la plupart de faux besoins.

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De la manière dont elle a organisé sa base technologique, la société industrielle contemporaine tend au totalitarisme. Le totalitarisme n'est pas seulement une uniformisation politique terroriste, c'est aussi une uniformisation économico-technique non terroriste qui fonctionne en manipulant les besoins au nom d'un faux intérêt général. Une opposition efficace au système ne peut pas se produire dans ces conditions. Le totalitarisme n'est pas seulement le fait d'une forme spécifique de gouvernement ou de parti, il découle plutôt d'un système spécifique de production et de distribution, parfaitement compatible avec un "pluralisme" de partis, de journaux, avec la "séparation des pouvoirs", etc.

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Les camps de concentration, les génocides, les guerres mondiales et les bombes atomiques ne sont pas des rechutes dans la barbarie, mais les résultats effrénés des conquêtes modernes de la technique et de sa domination.

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