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Note moyenne 4.17 /5 (sur 69 notes)

Nationalité : Russie
Biographie :

Ilya Ilf (1897-1937) et Evgueni Petrov (1903 -1942) sont deux écrivains soviétiques des années 1920 - 1930.

Originaires d'Odessa, ils ont écrit une grande partie de leurs ouvrages ensemble, sous le nom de "Ilf et Petrov".

Ils sont devenus extrêmement populaire pour leurs deux romans satiriques : "Les Douze Chaises" (1928) et "Le Petit Veau d'Or" (1931).

Dans ces deux textes, on retrouve le personnage principal, Ostap Bender, un escroc à la poursuite de richesses insaisissables. On suivra les aventures de Bender et de ses collaborateurs à la recherche d'un trésor au milieu de la réalité contemporaine soviétique, en fait à l'époque de la nouvelle politique économique des années 1920.

Ilf et Petrov furent aussi envoyés aux États-Unis après la crise de 1929 entre octobre 1934 et février 1935 pour en ramener un récit satirique de la réalité américaine : "L'Amérique: roman-reportage" (1937).
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Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Ilf_and_Petrov
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Elochka Schukina (les 12 chaises)


Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Zebra   24 août 2012
Les Douze Chaises de Ilf et Petrov
[...] - Mais je vous assure que c'est lui ! criait-il par habitude. Sans moustache, mais c'est bien lui ! Je le connais bien, moi ! Vorobianinov tout craché !

- Plus bas, mon Dieu, plus bas ! ... Alors, qu'en pensez-vous, pourquoi est-il ici ?

Un sourire ironique apparut sur le visage noirci du mécanicien.

- Et vous, qu'en pensez-vous ? Et, souriant avec plus d'ironie encore. En tous cas, sûrement pas pour signer des traités d'amitié avec les Bolchéviks.

- Croyez-vous qu'il coure un danger ?

Les réserves d'ironie accumulées par Polessov en dix ans de régime soviétique étaient inépuisables. Son visage refléta successivement tous les degrés du sarcasme.

- Et qui ne court pas de danger, en Russie Soviétique ... [...]
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Penelope   15 novembre 2009
Le Veau d'or de Ilf et Petrov
En Russie soviétique, disait-il en se drapant dans sa couverture, l'hôpital psychiatrique est le seul endroit où puisse vivre un homme normal. Tout le reste n'est qu'une vaste pétaudière. Non, décidément, je ne peux pas coexister avec les bolcheviks. Il vaut mieux à tout prendre vivre ici, avec les fous ordinaires. Ceux-là au moins ne construisent pas le socialisme, et en plus on me nourrit. Tandis que là-bas, dans leur pétaudière, ils vous obligent à travailler et moi, je n'ai pas l'intention de travailler pour leur socialisme. Et enfin, ici, j'ai la liberté personnelle : liberté de parole, de conscience... » Apercevant soudain un infirmier qui passait, César Starokhamski poussa un cri perçant : « Vive l'Assemblée Constituante! Tous au forum! Toi aussi, Brutus, tu t'es vendu aux responsables du Parti ? » Et se tournant vers Berlaga, il ajouta: « Vous avez vu? ,je crie ce que je veux. Essayez un peu dans la rue!"
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dede   20 octobre 2009
La création de Robinson : 1929-1932 (Récits humoristiques et satiriques.) de Ilf et Petrov
Les responsables de la rédaction du bidécadaire illustré La cause aventurière manquaient d'ouvres littéraires susceptibles de "river" l'attention du lecteur adolescent. (...)

On décida finalement de passer commande d'un roman en plusieurs épisodes.

Un messager de la rédaction porta en hâte une convocation à l'écrivain Moldavantsev et, dès le lendemain, ce dernier était assis sur le canapé style "marchands d'autrefois" du cabinet directorial.

"Vous comprenez, essayait de lui faire comprendre le rédacteur en chef, cela doit être divertissant, nouveau, plein d'aventures intéressantes. En somme, cela doit être le Robinson Crusoé soviétique. (...)

Et effectivement le roman fut prêt à la date prévue. Moldavantsev ne s'était pas trop écarté du célèbre original. (...)

Un jeune Soviétique fait naufrage. Le flot le dépose sur une île déserte. (...) Il est entouré de dangers: les bêtes, les lianes, la saison des pluies qui va commencer. Mais le Robinson soviétique, plein d'énergie, surmonte tous les obstacles, en apparence insurmontables. Et trois ans plus tard une expédition soviétique le retrouve, dans la plénitude de ses forces. Il a vaincu la nature, construit une maisonnette, l'a entourée d'une ceinture verte de potagers, a créé un élevage de lapins, s'est tissé une blouse paysanne avec des queues de singe et a appris à un perroquet à le réveiller chaque matin en criant: "Attention! Rejetez vos couvertures! Rejetez vos couvertures! Nous commençons la gymnastique matinale!"

- Très bien, fit le rédacteur. Et au sujet des lapins, c'est tout simplement magnifique. (...) Mais, vous savez, je ne vois pas très clairement l'idée majeure de l'ouvre.

- Lutte de l'homme contre la nature, annonça Moldavantsev avec son laconisme habituel. (...)

- Mais on ne sent pas l'organisation sociale soviétique. Où est par exemple le comité d'entreprise? Le rôle directeur du syndicat? (...)

- Et où prendrait-on le comité d'entreprise? Vous êtes bien d'accord que l'île est déserte?

- Oui, (...) elle est déserte. Mais il faut un comité d'entreprise. Je ne suis pas un artiste du verbe mais, à votre place, je l'introduirais. En tant qu'élément soviétique.

- Mais tout le sujet est construit sur le fait que l'île est dés...

Moldavantsev jeta alors, par hasard, un coup d'oeil au fond du regard du rédacteur en chef et resta pantois. Il y avait dans ce regard un tel printemps, on y sentait une telle vacuité, une telle bleuité des mois de mars qu'il décida d'accepter un compromis.

- C'est vrai, vous avez raison, fit-il en levant le doigt. Bien sûr. (...) Ils sont deux à échapper au naufrage: notre Robinson et le président du comité d'entreprise.

- Et aussi deux permanents, - ajouta froidement le rédacteur en chef. - (...) Deux permanents, et disons aussi une militante, pour percevoir les cotisations.

- Pourquoi encore une trésorière? De qui va-t-elle percevoir les cotisations?

- Mais de Robinson!

- Le président du comité d'entreprise peut très bien percevoir les cotisations de Robinson. Il n'en mourra pas.

- Sur ce point vous faites erreur, camarade Moldavantsev. C'est absolument inadmissible. Un président de comité d'entreprise ne doit pas se disperser et courir à droite et à gauche pour percevoir des cotisations. Nous luttons contre cela. Il doit s'occuper d'un travail sérieux, d'un travail de direction.

- Alors on peut rajouter une trésorière, fit Moldavantsev résigné. (...) Elle épousera le président du comité d'entreprise, ou ce même Robinson. Ce sera quand même plus gai à lire.

- Inutile. Ne versez pas dans le boulevard, dans un érotisme malsain. Elle n'a qu'à percevoir bien tranquillement ses cotisations et les garder dans un coffre-fort. (...)

- Permettez, un coffre-fort est impensable sur une île déserte! (...)

- Attendez, attendez, (...) vous avez dans votre premier chapitre un endroit merveilleux En même temps que Robinson et les membres du comité d'entreprise, le flot rejette sur la rive différentes choses...

- Une hache, une carabine, une boussole, un tonneau de rhum et une bouteille de liquide antiscorbutique, énuméra solennellement l'écrivain.

- Barrez le rhum, dit rapidement le rédacteur en chef. Et puis aussi: qu'est-ce que c'est que cette bouteille de liquide antiscorbutique? A quoi bon? Mettez plutôt une bouteille d'encre! Et obligatoirement un coffre-fort.

- Vous y tenez, à ce coffre-fort! On peut très bien garder les cotisations syndicales dans le tronc d'un baobab! Qui ira les voler?

- Comment qui? Et Robinson? Et le président du comité d'entreprise? Et les permanents? Et la commission de contrôle de magasin?

- Elle aussi a échappé au naufrage? demanda peureusement Moldavantsev.

- Oui. (...)

"Peut-être, demanda perfidement l'auteur, le flot a-t-il aussi rejeté une table de réunions?

- Ab-so-lu-ment! Il faut quand même donner aux gens des conditions de travail correctes! Bon, disons une carafe d'eau, une sonnette, une nappe. La nappe rejetée par le flot peut être comme vous voudrez. Elle peut être rouge, elle peut être verte. Je ne limite pas la création artistique. Mais mon très cher, voici ce qu'il faut faire avant tout: il faut montrer les masses. Les vastes couches des travailleurs.

- Le flot ne peut pas rejeter des masses, fit Moldavantsev, têtu. (...) C'est à faire rire les poules!

- Au fait, plaça le rédacteur en chef, une petite quantité de rire sain, enthousiaste, optimiste, ne peut pas faire de mal.

- Non! Le flot ne peut pas faire cela.

- Pourquoi le flot? fit soudain le rédacteur en chef d'un ton étonné.

- Et comment les masses parviendraient-elles autrement sur l'île, puisqu'elle est déserte?

- Qui vous a dit qu'elle était déserte? On dirait que vous essayez de m'embrouiller. Tout est clair. Il y a une île, une presqu'île serait même mieux. (...) On y fait du travail syndical, parfois on n'en fait pas assez. La militante met à jour un certain nombre d'anomalies de fonctionnement, ne serait-ce que dans le processus de perception des cotisations. Les vastes couches lui apportent leur aide. Ainsi que le président repenti. A la fin, on peut montrer une assemblée générale. Ce sera très spectaculaire, en particulier au point de vue artistique. (...)

- Et Robinson? balbutia Moldavantsev.

- Oui. Vous faites bien de me le rappeler. Robinson m'embête. Supprimez-le carrément. C'est un type de pleurnichard stupide et sans aucune justification.

- Maintenant je comprends tout, fit Moldavantsev d'une voix sépulcrale. Ce sera prêt demain.

- Eh bien, au revoir. Ouvrez. Au fait, vous avez au début du roman un bateau qui sombre. Vous savez, on n'a pas besoin de naufrage. Passons-nous de naufrage. Ce sera plus amusant. Pas vrai? (...)

Demeuré seul, le rédacteur en chef eut un rire heureux.

"Enfin, dit-il, enfin! Je vais enfin avoir un vrai roman d'aventures, et qui plus est pleinement artistique".
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dede   14 décembre 2007
Les Douze Chaises de Ilf et Petrov
A onze heures et demie ce jour-là entrait dans Stargorod, venant du nord-ouest (...), un jeune homme d'environ vingt-huit ans. Derrière lui courait un petit va-nu-pieds:


« Tonton ! criait-il gaiement, donne-moi dix kopecks ! »


Le jeune homme sortit de sa poche une pomme toute chaude et la lui donna, mais l'enfant continua à le suivre. Alors le piéton s'arrêta et, avec un regard ironique, murmura :


« Tu veux peut-être aussi la clef de l'appartement où je garde mon argent ? »


Le petit vagabond déchaîné comprit alors le peu de crédit qu'il pouvait accorder à ses espérances et décrocha sans insister.


Le jeune homme avait menti : il n'avait ni argent, ni appartement pour le dissimuler, ni clef pour en reprendre possession. Il n'avait même pas de manteau. Il entrait dans la ville en complet vert cintré. Un petit cache-nez élimé s'enroulait plusieurs fois autour de son cou puissant ; il portait des bottines vernies recouvertes de daim orange, mais sous ses bottines il n'avait pas de chaussettes.








http://www.russievirtuelle.com/textes/ilfpetrov.htm


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Nicole5654   22 mars 2019
Le Veau d'or de Ilf et Petrov
On doit aimer les piétons.

Les piétons représentent la plus grande partie de l'humanité. Et non seulement la plus grande, mais la meilleure. Ce sont les piétons qui ont créé l'univers. Ce sont eux qui ont construit les villes, édifié des immeubles à plusieurs étages; qui ont posé des canalisations et des conduites d'eau; eux qui ont pavé les rues et les ont éclairées au moyen d'ampoules. Ce sont eux qui ont implanté la civilisation dans les cinq parties du monde, qui ont inventé l'imprimerie, imaginé la poudre; qui ont jeté des ponts au-dessus des fleuves, déchiffré les hiéroglyphes, lancé le rasoir de sûreté, mis fin à la traite des nègres et établi qu'on pouvait préparer à partir des graines de soja cent quatorze plats savoureux et nourrissants.



Et quand tout fut prêt et que notre planète-mère eut pris un aspect plus ou moins décent, alors les automobilistes firent leur apparition.

Il convient de noter que l'automobile a elle aussi été inventée par les piétons. Mais ils emblerait que les automobilistes l'aient oublié, car ils ont aussitôt entrepris d'écraser les piétons, êtres dociles et policés. Créées par les piétons, les rues ont été accaparées par les automobilistes. Les chaussées ont doublé de largeur, tandis que les trottoirs se rétrécissaient aux dimensions d'un paquet de cigarettes. Et les piétons effrayés se sont mis à raser les murs…



Dans les grandes villes, les piétons mènent une vie de martyrs. On a conçu pour eux une sorte de ghetto de la circulation. Ils n'ont le droit de traverser les rues qu'aux carrefours, c'est-à-dire aux endroits précis où la circulation est la plus intense et où le fil ténu qui retient habituellement la vie du piéton est le plus aisé à rompre.

Dans notre vaste pays, l'automobile, destinée dans la pensée des piétons au paisible transport des marchandises et des êtres, a pris l'apparence redoutable d'un obus fratricide, qui met hors de combat des colonnes entière de syndiqués, avec leur famille. Si par extraordinaire, un piéton réussit à esquiver la proue argentée de l'une de ces machines, c'est pour se voir gratifier d'une contravention par un milicien qui l'accuse de ne pas avoir respecté le catéchisme de la circulation.





D'une façon générale, les piétons ont vu leur crédit fortement ébranlé. Eux qui ont donné au monde des hommes aussi illustres qu'Horace, Boyle et Mariotte, que Lobatchevski, Gutenberg et Anatole France, sont aujourd'hui contraints de faire les pires simagrées pour rappeler simplement leur existence. Ô mon Dieu, Toi qui n'existes pas, à quel sort as-Tu (malgré le fait de Ta non-existence) réduit ce pauvre piéton!
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michelekastner   20 mars 2018
Les Douze Chaises de Ilf et Petrov
Pas moyen de se soustraire à la statistique : elle voit tout, sait tout, compte tout, et non seulement le nombre des dentistes, des charcutiers, des seringues, des cinéastes, des prostituées, des toits de chaume, des veuves, des cochers et des clochers, mais aussi le nombre des statistiques et des statisticiens.

Elle ignore seulement...

Elle ignore combien il y a de chaises en URSS

Et il y en a pas mal.

Le dernier recensement a évalué la population des Républiques Soviétiques à cent quarante-trois millions d'individus. Si on néglige quatre-vingt-dix millions de paysans qui préfèrent aux chaises les bancs de bois ou de terre et les poutres de soutènement des toits et - à l'est - les tapis et carpettes usés, il n'en reste pas moins de cinquante-trois millions d'hommes qui considèrent les chaises comme des objets de première nécessité. Si nous tenons compte d'éventuelles erreurs de calcul, ainsi que de l'habitude de certains citoyens de l'Union d'être assis entre deux chaises, ce qui nous amène à réduire à tout hasard ce chiffre de moitié, nous aboutissons quand même à vingt-six millions et demi. Pour davantage encore de certitude, renonçons aux six millions et demi : les vingt millions qui restent sont un chiffre minimum.

Parmi cet océan de chaises en noyer, chêne, frêne, palissandre, acajou, bouleau de Caréliz, pin ou sapin, c'est une chaise en noyer aux pieds galbés signée Gambs qui recèle en son ventre rebondi, sous un beau tissu anglais à semis de fleurettes, le trésor de Claudia Ivanovna Pétroukhova, et c'est précisément cette chaise que nos héros se doivent de trouver.
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Apoapo   28 avril 2017
Les Douze Chaises de Ilf et Petrov
« À Moscou, on adore verrouiller les portes.

Des milliers d'entrées principales sont condamnées de l'intérieur au moyen de planches et des centaines de milliers de citoyens réduits à se glisser à tâtons vers leurs appartements par l'entrée de service.

[…]

Mais il arrive qu'il n'y ait pas moyen d'apposer une porte, pas de support où accrocher des gonds. On recourt alors à des portes masquées, camouflées sous les apparences les plus diverses :

1. Barrières ;

2. Chevaux de frise ;

3. Bancs renversés ;

4. Inscriptions prohibitives ;

5. Cordes.



[…]

On pourrait écrire tout un livre sur les inscriptions prohibitives, mais cela n'entre pas dans le projet des auteurs. Disons simplement que ces inscriptions sont de deux sortes : les directes et les indirectes. Les premières comprennent par exemple :

ENTREE INTERDITE

INTERDIT AUX PERSONNES ETRANGERES AU SERVICE

PAS DE PASSAGE

[…]

Les inscriptions indirectes sont les plus meurtrières. Elles n'interdisent pas formellement l'entrée, mais il faut être un vrai casse-cou pour risquer d'user de son droit. Les voici, ces honteuses inscriptions :

PRIERE DE SE FAIRE ANNONCER

ON NE REÇOIT PAS

TA VISITE DERANGE UN HOMME OCCUPE

MENAGE LE TEMPS D'AUTRUI ! » (pp. 263-265)

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Apoapo   28 avril 2017
Les Douze Chaises de Ilf et Petrov
« Les compagnons ramèrent vers la chaise. Elle se balançait sur l'eau, tournait, s'enfonçait, surnageait de nouveau et s'éloignait de la barque. L'eau passait librement à travers son ventre ouvert. C'était la chaise autopsiée sur le Scriabine et qui se dirigeait maintenant tranquillement vers la Caspienne.

- Salut, amie ! s'écria Ostap. Il y a longtemps que nous ne nous étions pas vus ! Vous savez, Vorobianinov, cette chaise me fait penser à notre vie. Comme elle, le courant nous entraîne. On nous jette à l'eau, nous surnageons, quoique, à ce qu'il semble, personne ne s'en réjouisse outre mesure. Personne ne nous aime, excepté la P.J., qui d'ailleurs ne nous aime pas non plus. Personne ne se soucie de nous. » (p. 342)
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steka   22 novembre 2012
Cloop de Ilf et Petrov
Dans un des parcs de la capitale, où les arbres jetaient une ombre opulente sur le sable craquant des allées, une grande pancarte est restée accrochée tout l'été:

PARTICIPONS TOUS A LA LUTTE

POUR DES PROMENADES SAINES

Mais personne ne se promenait dans le parc. Les arbres jetaient en vain leur ombre et aucun talon prolétarien ne laissait sa trace dans le sable, de qualité pourtant supérieure, des allées. ON ne se promenait pas ici. On passait son temps à lutter. A lutter pour des promenades saines.
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Apoapo   28 avril 2017
Les Douze Chaises de Ilf et Petrov
« Autrefois, lorsqu'il traversait la ville en calèche, il ne manquait pas de rencontrer des connaissances, des visages connus. À présent, il avait déjà longé quatre pâtés de maisons […] sans en rencontrer un seul. Ses amis d'autrefois avaient disparu, ou peut-être avaient-ils vieilli au point de devenir méconnaissables. Peut-être encore portaient-ils d'autres vêtements, d'autres chapeaux, ou leur démarche n'était-elle plus la même. Quoi qu'il en fût, ils n'étaient plus là... » (p. 91-92)
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