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Note moyenne 4.1 /5 (sur 10 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1925
Biographie :

Jacques Anquetil, né en 1925 : Enfant, l'auteur rêve de devenir comédien. A trente ans, alors qu'il est un acteur connu, il découvre sa véritable vocation : tisserand. Ce métier deviendra une passion. Il retrace dans " Mémoires d'un tisserand : au fil du temps ", paru en 1997 sa double expérience de tisserand et d'historien du textile : les étapes de son itinéraire qui part du Mali et le ramène finalement en pays cathare.

Source : http://archives.arte.tv/
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Citations et extraits (7) Ajouter une citation
nanashi   27 novembre 2020
Les routes du coton de Jacques Anquetil
Après l'Asie et l'Europe, nous voici partis sur un nouveau continent, l'Amérique, qui va bouleverser la géographie du coton. l'Inde ne va plus avoir le monopole de la culture de coton, ni celle de l'indigo, qui se développeront en même temps aux Antilles, au Brésil et dans les Etats du Sud de l'Union. A partir du XVIIe siècle, presque tous les pays maritimes européens, les Portugais et les Anglais en premier, avaient installé des plantations de tabac, de canne à sucre, de riz et d'indigotier dans le "Nouveau monde". Les grandes plantations de coton débuteront au début du XVIIIe siècle, avec la déportation de plus de 6 millions d'esclaves vers les colonies américaines, dont 2,5 millions pour les Anglais, 1,7 millions pour les Portugais et 1,1 millions pour les Français, selon les études récentes.
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nanashi   26 novembre 2020
Les routes du coton de Jacques Anquetil
Le travail en filature n'exigeait pas beaucoup de force musculaire. Pour les opérations comme le nouage des fils cassés, la finesse des doigts des enfants, leur petitesse, étaient un avantage. Les contremaîtres pouvaient aussi les réduire à plus d'obéissance que les adultes qui supportaient mal la terrible discipline de la fabrique. Travaillant douze à seize heures par jour, les enfants étaient liés par un contrat d'apprentissage de sept ans. La majorité d'entre eux étaient des enfants dits assistés, fournis dès l'âge de quatre à cinq ans par les paroisses qui en avaient la charge et s'en débarrassaient sans scrupule. Mais beaucoup de parents, poussés par la misère, y envoyaient aussi leurs propres enfants tout en sachant dans quelles conditions déplorables ils allaient travailler. Les contremaîtres, poussés par les normes de production, faisaient régner une discipline féroce, utilisant le fouet et brutalisant les plus petits sans défense.

Certains récits des conditions de travail des apprentis sont terrifiants, à peine croyable. Une commission d'enquête de 1787 évoque les souffrances, les épreuves et les services que ces enfants subissaient : petites filles de moins de dix ans violées, contremaîtres sadiques suspendant par les pieds les enfants ayant commis une petite faute, au-dessus d'un métier en mouvement et le va-et-vient du battant les obligeait à tenir leurs jambes repliées pendant des heures, membres mutilés par des accidents du travail, etc. Le rapporteur concluait : "La face blême et molle, la taille rabougrie, le ventre gonflé, c'étaient des victimes toutes désignées pour les contagions. Leur état intellectuel et moral n'était pas meilleur : ils sortaient de la fabrique ignorants et corrompus. Par cette situation, ils étaient condamnés à rester toujours des manœuvres, attachés à la fabrique comme le serf à la glèbe."

Toutes ces souffrances pour arriver à vendre moins cher en Inde les indiennes fabriquées à Manchester avec leur propre coton, et pour enrichir les premiers patrons capitalistes qui ne faisaient aucun sentiment dans leurs affaires, puisque aucune lois ne les empêchait d'agir avec cruauté envers de faibles femmes et des enfants ne bénéficiant d'aucune protection sociale.
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nanashi   26 novembre 2020
Les routes du coton de Jacques Anquetil
Les plus anciens tissus en coton furent découverts à Mohenjo-Daro, dans un site archéologique du IIIe millénaire av. J.-C., situé sur les bords de l'Indus. Mais, plus passionnant encore, l'un de ces fragments, servant à envelopper un pot en argent, teint en rouge avec de la garance, une teinture végétale, avait conservé son éclat pendant presque cinq mille ans ! Ce sont les sels métalliques utilisés comme mordant pour fixer la teinture dans les fibres du coton qui avaient préservé ce tissu de sa décomposition par l'humidité de cinq mille moussons ! Ce qui a fait dire aux archéologues que les tisserands et teinturiers de Mohenjo-Daro étaient prodigieusement en avance par rapport aux teinturiers européens. Ces derniers ne découvriront le secret des mordants - qui rendent la couleur rouge de la garance solide au lavage - qu'au début du XVIIIe siècle !
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nanashi   26 novembre 2020
Les routes du coton de Jacques Anquetil
Dans les Upanishad le fil du coton (sûtra) relie "ce monde et tout les êtres". Il est à la fois atmâ, le Soi, et prâna, le souffle. Le fil tantrique est le symbole de la continuité, qui conduit du monde des ténèbres à celui de la lumière, un peu comme le fil d'Ariane dans la civilisation crétoise.
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nanashi   26 novembre 2020
Les routes du coton de Jacques Anquetil
Paradoxalement, en Inde, qui fut à l'origine le principal producteur d'indigo, celui-ci était proscrit comme étant de mauvais augure : planter un indigotier pouvait entraîner la mort. Plus tard, les teinturiers d'indigo, les niglar, seront considérés comme impurs, issus de la caste la plus basse, et habiteront en dehors des villages. Beaucoup se convertiront à l'islam, qui n'avait pas d'interdit pour cette profession importante dans l'économie du pays.
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nanashi   26 novembre 2020
Les routes du coton de Jacques Anquetil
C'est au Pérou que furent élaborées la majorité des techniques de tissage qui sont, encore aujourd'hui, une source d'inspiration pour les producteurs textiles du monde entier. Si beaucoup de tissus furent créés à base de laines tirées de la vigogne ou de l'alpaga, les tisserandes incas utilisaient aussi le coton, cultivé en bordure du littoral. Certains ponchos de la culture de Paracas étaient tissés en coton, chaîne et trame, d'autres comportaient seulement une chaîne en coton et une trame en vigogne, mais tous suscitent encore l'émerveillement du spectateur par leur riche décoration aux éblouissantes teintures végétales et animales. Les Chimus produisaient de grands tissus en coton peints avec un décor polychrome très riche. On n'a pas encore élucidé l'énigme des tissus de coton servant de linceul aux momies de Paracas et de Nazca. Larges de six mètres et longs de trente mètres, ils ont quatre lisières et aucun noeud en chaîne et trame. Ce phénomène textile reste et restera encore longtemps un mystère !
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zazimuth   04 novembre 2018
Lignes, fils, points et clous de Jacques Anquetil
Si cette technique tend davantage vers un style géométrique plutôt que naturaliste, c'est que le choix n'est pas guidé par une préférence esthétique, mais imposé par des exigences techniques. (p.4)
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