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Note moyenne 3.75 /5 (sur 351 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Caluire-et-Cuire (Rhône) , le 05/12/1932
Biographie :

Mathématicien retraité, Jacques Roubaud a enseigné dans différentes universités et a été directeur d’études à l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociale (EHESS). Il est membre de l’Oulipo (L'Ouvroir de littérature potentielle) depuis 1966.

Il se définit lui-même comme un "compositeur de mathématiques et de poésie". Romancier, conteur pour enfants, traducteur et passionné d’histoire il s’est intéressé à Lancelot et à Gertrude Stein, aux troubadours et à Lewis Caroll.

Il a reçu des récompenses littéraires couronnant l'ensemble de son œuvre : le Grand prix national de la poésie (1990) et le Grand prix de littérature Paul-Morand de l'Académie française (2008). Son recueil poétique Quelque chose noir a été inscrit au programme d'admission de l'École normale supérieure lettres et sciences humaines.
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Source : Wikipédia
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Vidéo de
Jacques ROUBAUD – En son for intérieur (France Culture, 2007) L’émission « For intérieur », par Olivier Germain-Thomas, diffusée le 23 septembre 2007 sur France Culture
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Citations et extraits (174) Voir plus Ajouter une citation
Jacques Roubaud
sagesse66   21 mars 2019
Jacques Roubaud
Le menu de l’écolier



LUNDI : Salade de multiplications au gigot de fractions froid.



MARDI : Choucroute de grammaire aux saucisses d'orthographe.



MERCREDI: Crème caramel de saut à la corde et glace à la pistache de course de haies.



JEUDI: steak frites de rédaction.



VENDREDI : Colin de poésie à la mayonnaise de récitation.



SAMEDI : Sandwiches de cartes géographiques entre deux tranches de pain d'histoire de France.



ET DIMANCHE? Dimanche, pot au feu de révision.



(Extrait de Qu’est-ce qui mijote dans ma marmite à mots)
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Jacques Roubaud
Nastie92   03 avril 2014
Jacques Roubaud
Dans la nuit parfumée aux herbes de Provence,

Le lombric se réveille et bâille sous le sol,

Étirant ses anneaux au sein des mottes molles

Il les mâche, digère et fore avec conscience.



Il travaille, il laboure en vrai lombric de France

Comme, avant lui, ses père et grand-père ; son rôle,

Il le connaît. Il meurt. La terre prend l’obole

De son corps. Aérée, elle reprend confiance.



Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre

Il laboure les mots, qui sont comme un grand champ

Où les hommes récoltent les denrées langagières ;



Mais la terre s’épuise à l’effort incessant !

Sans le poète lombric et l’air qu’il lui apporte

Le monde étoufferait sous les paroles mortes.
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Jacques Roubaud
Piatka   30 décembre 2016
Jacques Roubaud
La poésie, c’est vrai, donne à quelqu’un comme aucune autre activité à mon sens la mémoire de sa propre langue.



Poésie, etcetera : ménage
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patrick75   11 mai 2016
Quelque chose noir de Jacques Roubaud
LUMIERE, PAR EXEMPLE



Lumière, par exemple. noir.



Verres.



Bouche fermée, s'ouvrant à la langue.



Fenêtre. réunion de craies.



Seins. puis bas. la main s'approche. pénètre.



Ecarte



Lèvres frayées. à genoux.



Lampe, là. mouillée.



Regard empli de tout.
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Orphea   31 mai 2012
Quelque chose noir de Jacques Roubaud
Envoi





S'attacher à la mort comme telle, y reconnaître l'avidité d'un réel, c’était avouer qu'il est dans la langue, et dans toutes ses constructions, quelque chose dont je n'étais plus responsable.



Or, c'est là ce que personne ne supporte plus mal. Où sont les insignes de l'élection individuelle, sinon en ce qu'un ordre vous est obéissant, avec ses raisons de langue.



La mort n'est pas une propriété distinctive, telle qu'à jamais les êtres qui ne la présenteraient pas, à jamais s’excluraient des décomptes.



Ni les Trônes, ni les Puissances, ni les Principautés, ni l'Âme du Monde en ses Constellations.



Cela pourtant que tu t'efforçais de frayer, par photons évaporants, par solarisation de ta nudité précise.



La transcription réussie, l'ombre ne devait être nulle part appuyée plus qu'en ce lieu où le soleil avait poussé l'évidence jusqu'au point de conclure : le lit, de fesses qui s'écartent en brûlant.
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Jacques Roubaud
coco4649   08 février 2018
Jacques Roubaud
Éblouissantes fougères





… quand nous éprouvions

qu’il n’est que quelques neiges

capables d’un creux dans la mémoire

capables d’éblouissantes fougères sur une vitre

qu’une bouche à l’aube couvre de buée

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Jacques Roubaud
OumG   13 septembre 2017
Jacques Roubaud
Hypothèses du poète, III



- Je défendrais la posture suivante : nécessité de la poésie ; nécessité, si on est poète, de se revendiquer comme poète. Pas d’excuse. Je suis contre la posture du renoncement.

- Vous parlez au nom de qui ?

- En mon nom propre. Je vois les choses ainsi, c’est tout.



- Et vous justifiez l’existence de la poésie ?

- La conception de la poésie qui résulte des hypothèses avancées ne peut donner à la poésie aucune des justifications qui sont généralement proposées comme raisons de son existence, de sa survie. Elle n’amène pas non plus à admettre ce qui lui est souvent annoncé comme faisant partie de ses devoirs.

En même temps j’affirmerais fortement que la question de la poésie ne concerne pas que les poètes. La chute de la poésie menace la langue d’aphasie. La chute de la poésie menace chacun en sa mémoire, menace sa faculté d’être libre.



- Vous parlez comme si le poète était possesseur de la langue.

- La poésie, c’est vrai, donne à quelqu’un comme aucune autre activité à mon sens la mémoire de sa propre langue.
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Orphea   10 avril 2013
Les animaux de tout le monde de Jacques Roubaud
La fourmi



Fourmi fourmi

mini minuscule

semis de virgules

demie de demie

remue ton mil

ton brin ta pilule

menue miette nulle

fourmi fourmi

minime ténue

noire goutte acide

de prudente antenne

le soir te dilue

dans la terre avide

les herbes s’éteignent.
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patrick75   12 mai 2016
Quelque chose noir de Jacques Roubaud
Mort réelle et constante



A la lumière. je constatai ton irréalité. elle émettait des monstres. et de l'absence.



L'aiguille de ta montre continuait à bouger. dans ta perte du temps je me trouvais tout entier inclus.



C'était le dernier moment où nous serions seuls.



C'était le dernier moment où nous serions.



Le morceau de ciel. désormais. m'était dévolu. d'où tu tirais les nuages. et y croire.



Ta chevelure s'était noircie absolument.



Ta bouche s'était fermée absolument.



Tes yeux avaient buté sur la vue.



J'étais entré dans une nuit qui avait un bord. au-delà de laquelle il n'y avait rien.
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Henri-l-oiseleur   02 mars 2019
Quelque chose noir de Jacques Roubaud
Dès que je me lève

Dès que je me lève (quatre heures et demie, cinq heures), je prends mon bol sur la table de la cuisine. Je l'ai posé là la veille, pour ne pas trop bouger dans la cuisine, pour minimiser le bruit de mes déplacements.

Je continue de le faire, jour après jour, moins par habitude, que par refus de la mort d'une habitude. Etre silencieux n'a plus la moindre importance.

Je verse un fond de café en poudre, de la marque ZAMA filtre, que j'achète en grands verres de 200 grammes au supermarché FRANPRIX, en face du métro Saint-Paul. Pour le même poids, cela coûte à peu près un tiers de moins que les marques plus fameuses, Nescafé, ou Maxwell. Le goût lui-même est largement un tiers pire que celui du nescafé le plus grossier non lyophilisé, qui n'est déjà pas mal en son genre.

Je remplis mon bol au robinet d'eau chaude de l'évier.

Je porte le bol lentement sur la table, le tenant entre mes deux mains qui tremblent le moins possible, et je m'assieds sur la chaise de cuisine, le dos à la fenêtre, face au frigidaire et à la porte, face au fauteuil, laid et vide, qui est de l'autre côté de la table.

A la surface du liquide, des archipels de poudre brune deviennent des îles noires bordées d'une boue crémeuse qui sombrent lentement, horribles.

Je pense : "Et l'affreuse crème / Près des bois flottants /."

Je ne mange rien, je bois seulement le grand bol d'eau à peine plus que tiède et caféinée. Le liquide est un peu amer, un peu caramélisé, pas agréable.

Je l'avale et je reste un moment immobile à regarder, au fond du bol, la tache noire d'un reste de poudre mal dissoute.
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