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Note moyenne 4.43 /5 (sur 54 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Hilaire-des-Loges , le 17 mai 1939
Biographie :

James Sacré passe son enfance dans la ferme de ses parents en Vendée. Il est d'abord instituteur puis instituteur itinérant agricole, il part, en 1965, vivre aux États-Unis où il poursuit des études de lettres. Il y enseigne à l'université de Smith College dans le Massachusetts. Il fait également de nombreux séjours en France et ailleurs en Europe : l'Italie, la Tunisie, le Maroc. En 2001, il rentre en France et réside depuis à Montpellier. James Sacré commence à écrire dans les années 1970, en plein littéralisme. Son premier livre s'intitule néanmoins Cœur élégie rouge. Les sentiments ne seront donc pas absents de cette écriture. L'auteur a par ailleurs consacré sa thèse de doctorat au Sang dans la poésie maniériste. C'est donc d'emblée une poésie charnelle qui s'écrit, associant étroitement le cœur qui aime et celui qui bat, le cœur qui saigne et celui qui nous fait vivre de sa régulière pulsation. James Sacré est très attaché au paysage, et à la géographie. De nombreux textes sont consacrés au terroir de l'enfance. Les motifs centraux en sont la maison, la ferme, le jardin et le village. La mémoire joue un rôle important : tout un travail de remémoration est à l'œuvre afin de rendre le passé aussi vivant que le présent et de les fondre l'un dans l'autre. La poésie de James Sacré n'est pas pour autant égocentrée, elle s'ouvre à l'autre, l'appelle et l'accueille. Les voyages sont l'occasion de repenser l'identité, l'altérité et la relation amicale ou amoureuse. La passion de l'auteur pour le Maghreb, donnant lieu à de nombreux voyages, donne aussi naissance à de nombreux livres. La poésie est alors animée par un désir d'ouverture et de chaleur, de coprésence heureuse avec l'autre. Elle cherche une manière heureuse d'être ensemble, qui laisse s'écouler le temps avec douceur.
James Sacré vient de publier le 10/042018, Écrire pour t’aimer ; à S.B. suivi de S.B. hors du temps, aux éditions Faï fioc.
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Source : Wikipedia
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Vidéo de

James SACRÉ – Surpris par la Poésie (France Culture, 2003) L’émission « Surpris par la Poésie », par Frank Smith, enregistrée dans la Petite Salle du Centre Georges Pompidou, diffusée le 23 mai 2003 sur France Culture. Invités : François Boddaert et Bruno Di Rosa.


Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
Piatka   06 janvier 2019
Tissus mis par terre et dans le vent de James Sacré
UN DERNIER POÈME QUI RESTAIT



Là où sont des étoffes c’est que des gens sont vivants :

Carrés de torchons petite culotte ou T-shirt qui sèchent

Sur un fil qui traverse la rue pas large, on devine

Le manque d’espace (et peu d’argent) pour rien installer

dans la maison, la table de la pièce à manger pour tout

repasser, va jouer dehors dit la mère,

Comme de précipiter dans la rue

Les deux trois couleurs de chiffons qu’est l’enfant.



Dehors

Ces couleurs de tissus vivants

Du pavé jusqu’au ciel d’entre les toits.

L’enfant sali regarde

L’intimité de chez lui qui sèche et parfume le temps.
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Piatka   05 janvier 2019
Tissus mis par terre et dans le vent de James Sacré
Si j’étais celui qui prend les photos

Dans mon sentiment pour un objet, un paysage

Il faudrait que j’apprenne, je le sens bien

À ne plus voir, à ne plus vouloir me saisir de rien

Mais faire comme si dans l’instant j’inventais

Des formes et des couleurs, et que pourtant

Le tissu du rideau qui bouge

Contre une ferronnerie d’un salon de thé, à Taroudant

Soit quand même ce rideau

Sur la photo que je viens de prendre.





Se rapprocher des photos
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coco4649   23 février 2021
Quel tissu se déchire ? de James Sacré
13/02/2019







Faut-il que je sois nulle part,

Nef d'église ou gare entre deux trains,

Pour ne pas te rejoindre

Là où tu n'es plus rien ?

Il n'y a plus qu'un peu de ma pensée

Prise en du sentiment qui s'inquiète

De ne plus savoir ce qu'il est.

Chocolat chaud, chausson aux pommes

Tablette étroite contre paroi de verre

Des gens passent vite ou sont là debout

Devant des indications d'horaires. Le temps

Qu'ils ne vont pas mesurer longtemps ;

Déjà sont-ils pas comme n'existant pas

Devant mes yeux qui regardent

Qui regardent

Et qui ne te voient pas.



(13 février 2019, et 27, 28 décembre)
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coco4649   23 février 2021
Quel tissu se déchire ? de James Sacré
21/03/2017







Extrait 2



Parce qu'en attendant qu'un prélèvement biopsique soit fait —

Quelqu'un souffre de tant de tant de misère dans son corps

Alors que me voilà, pain au chocolat et mon lait chaud

À la cafétéria —

Je pense à comme on accompagnait

Dans l'ignorance et l'espoir de la voir guérir

La petite fille silencieuse que tu n'auras pas revue mon père

Et qui s'en allait

Avec des souvenirs de la ferme et de ses lapins blancs



Tu ne l'auras pas revue mais sans doute

Que tu portais vers ta propre mort

Le bruit de son enfance qui n'aurait pas de suite.



Biopsie de façons d'écrire qui souffrent

De l'absence d'aucune souffrance.



(21 mars 2017, clinique Beau Soleil, à Montpellier)
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coco4649   23 février 2021
Quel tissu se déchire ? de James Sacré
2014







Il faut avoir beaucoup vu, senti, éprouvé ;

Il faut être resté assis auprès des morts.

Paroles de Rilke que rapporte Jean-Claude

Pinson

Dans un livre en forme de question.



Je n'ai pas vu ton visage apaisé

Comme a dit quelqu'un, parce que surtout

C'est rester dans ta compagnie de frère vivant

Qu'il fallait.



Il n'y a pas d'apaisement dans la mort, il y a

Que tu as quitté la couleur et les bruits du monde

Comme a fait le père.



À quoi bon ce poème dont maintenant les mots

Sont si peu que j'ai vu, si peu que j'ai senti

De votre vie, et seulement

Vaine douceur au désarroi d'aujourd'hui ?



(Pensant à mon frère Rémy, le 4 janvier 2014)
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coco4649   23 février 2021
Quel tissu se déchire ? de James Sacré
21/03/2017







Extrait 1



On voit par la fenêtre un arbre de Judée,

En rose quasi violet

Violent sur le sombre du branchage.

Dans la chambre d'hôpital où nous attendons, le silence

A la couleur d'une couverture à rayures sur un lit étroit,

La couleur des murs tapissés de papier clair :

Je me souviens mal de celle

Où je t'ai vu vivant. Une dernière fois.



Il y a toujours ces dernières fois si maladroites

On n'a rien dit. Le temps disparu

Continuait quand même.



On ne voyait pas comment repriser la déchirure

Entre un présent muet

Et l'avenir comme une attente sans merci.



(21 mars 2017, clinique Beau Soleil à Montpellier,

et le 27 juin)
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James Sacré
Piatka   14 octobre 2013
James Sacré
Poésie : quelque chose entre le cœur et le monde, entre le cœur et les mots.
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wentworth23   05 février 2014
Donne-moi ton enfance de James Sacré
Si on cherche bien rien de si puéril ni de vraiment gentil dans ces années disparues. Tous autant qu'on est sait-on pas les gestes surtout méchants, tout le mauvais désir de vivre à la place de l'autre, les jeux cruels poursuivis jusque dans les tendresses qu'on avait ? Et l'indifférence du ciel qui t'emporte en ses tempêtes, l'enfance poussière et paille tout un vol de petits démons dans un grand pet du vent. Forcément que la vie sent mauvais. Faut s'y faire.
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xavpo   07 mai 2019
Le désir échappe à mon poème de James Sacré
A cause d'une peinture on est,

Autant que dans l'horizon où les yeux te portent,

Avec des couleurs de terre et de pierre :

La main touche au temps.



Le paysage construit

Des formes d'en allées ou de présence humaines

tissus grands gestes, ou si les corps sont nus ?

Quelque chose d'organique avive les couleurs.



Mais s'ils se montrent nus, les corps,

Autant que la pierre ou des pentes cultivées,

Sont un secret continué.



(p.34)
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coco4649   09 juin 2019
Une fin d'après-midi à Marrakech de James Sacré
Presque rien à Sidi Slimane, le temps qui vient





Extrait 4



La pauvreté des mots. Le temps dans mon cœur.



La route a des bas-côtés très larges (terre mal séchée, crottin d’âne

Où peuvent se ranger les charrettes et les voitures

(Durant la nuit quelqu’un les garde).

Plus loin c’est bientôt la campagne on s’est arrêté sur de l’herbe

À côté d’une clôture et d’un champ d’orge. Un peu plus tard

On revient par cette route maintenant comme du silence, on voit

Des magasins frustes, des pneus devant une manière de garage,

La couleur du ciel je m’en souviens mal et de la misère des gens pas plus

Tu racontais toujours la même tragédie du monde en cet espace urbain mal

  dépris de la campagne,

En y mêlant ton sourire et soudain tes peurs. A Douar Jdid,

Le bonheur tout déchiré de malheur (j’ai pensé

À des guenilles familières dans les bottes sales de mon enfance)
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