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Note moyenne 4.42 /5 (sur 70 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Hilaire-des-Loges , le 17 mai 1939
Biographie :

James Sacré passe son enfance dans la ferme de ses parents en Vendée. Il est d'abord instituteur puis instituteur itinérant agricole, il part, en 1965, vivre aux États-Unis où il poursuit des études de lettres. Il y enseigne à l'université de Smith College dans le Massachusetts. Il fait également de nombreux séjours en France et ailleurs en Europe : l'Italie, la Tunisie, le Maroc. En 2001, il rentre en France et réside depuis à Montpellier. James Sacré commence à écrire dans les années 1970, en plein littéralisme. Son premier livre s'intitule néanmoins Cœur élégie rouge. Les sentiments ne seront donc pas absents de cette écriture. L'auteur a par ailleurs consacré sa thèse de doctorat au Sang dans la poésie maniériste. C'est donc d'emblée une poésie charnelle qui s'écrit, associant étroitement le cœur qui aime et celui qui bat, le cœur qui saigne et celui qui nous fait vivre de sa régulière pulsation. James Sacré est très attaché au paysage, et à la géographie. De nombreux textes sont consacrés au terroir de l'enfance. Les motifs centraux en sont la maison, la ferme, le jardin et le village. La mémoire joue un rôle important : tout un travail de remémoration est à l'œuvre afin de rendre le passé aussi vivant que le présent et de les fondre l'un dans l'autre. La poésie de James Sacré n'est pas pour autant égocentrée, elle s'ouvre à l'autre, l'appelle et l'accueille. Les voyages sont l'occasion de repenser l'identité, l'altérité et la relation amicale ou amoureuse. La passion de l'auteur pour le Maghreb, donnant lieu à de nombreux voyages, donne aussi naissance à de nombreux livres. La poésie est alors animée par un désir d'ouverture et de chaleur, de coprésence heureuse avec l'autre. Elle cherche une manière heureuse d'être ensemble, qui laisse s'écouler le temps avec douceur.
James Sacré vient de publier le 10/042018, Écrire pour t’aimer ; à S.B. suivi de S.B. hors du temps, aux éditions Faï fioc.
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Source : Wikipedia
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Vidéo de

James SACRÉ – Surpris par la Poésie (France Culture, 2003) L’émission « Surpris par la Poésie », par Frank Smith, enregistrée dans la Petite Salle du Centre Georges Pompidou, diffusée le 23 mai 2003 sur France Culture. Invités : François Boddaert et Bruno Di Rosa.


Citations et extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineB   21 novembre 2021
Un désir d'arbres dans les mots de James Sacré
À force de n'être plus que des épines

Et de minuscules feuilles sur des branches très tendues,

A mesure qu'on descend plus au sud

Plus au sud encore, il n'y aura plus d'arbre:

Tout un vocabulaire manquera pour la venue d'un poème

Écrire ne sera plus que sable ou caillasse,

Du silence dans le désert:

Un désir d'arbres dans les mots.
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Piatka   06 janvier 2019
Tissus mis par terre et dans le vent de James Sacré
UN DERNIER POÈME QUI RESTAIT



Là où sont des étoffes c’est que des gens sont vivants :

Carrés de torchons petite culotte ou T-shirt qui sèchent

Sur un fil qui traverse la rue pas large, on devine

Le manque d’espace (et peu d’argent) pour rien installer

dans la maison, la table de la pièce à manger pour tout

repasser, va jouer dehors dit la mère,

Comme de précipiter dans la rue

Les deux trois couleurs de chiffons qu’est l’enfant.



Dehors

Ces couleurs de tissus vivants

Du pavé jusqu’au ciel d’entre les toits.

L’enfant sali regarde

L’intimité de chez lui qui sèche et parfume le temps.
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Piatka   05 janvier 2019
Tissus mis par terre et dans le vent de James Sacré
Si j’étais celui qui prend les photos

Dans mon sentiment pour un objet, un paysage

Il faudrait que j’apprenne, je le sens bien

À ne plus voir, à ne plus vouloir me saisir de rien

Mais faire comme si dans l’instant j’inventais

Des formes et des couleurs, et que pourtant

Le tissu du rideau qui bouge

Contre une ferronnerie d’un salon de thé, à Taroudant

Soit quand même ce rideau

Sur la photo que je viens de prendre.





Se rapprocher des photos
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James Sacré
Piatka   14 octobre 2013
James Sacré
Poésie : quelque chose entre le cœur et le monde, entre le cœur et les mots.
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James Sacré
karamzin   18 juillet 2021
James Sacré
...

À cause de ce qu'on aime, ou pas ― Le désir d'écrire



On sait qu'on va continuer d'écrire et des éléments pour un prochain livre sont déjà là, disponibles, pour donner forme à ce désir d'écrire. Plutôt matière que forme. Il y a cette guenille de mots, bouchonnée salie de mensonges et d'effarante maladresse, des cahiers et carnets qui ne savaient ou n'osaient pas dire, des essais de poèmes partagés sans vergogne avec des camarades, parfois un professeur, cahiers et carnets qui disent pourtant, qui surtout disent l'indigence et la misère d'un rapport au monde, aux autres, à soi-même.

Il y a ce qui avive cette misère : des visages, quelques livres, des arbres et beaucoup d'objets du monde qu'on n'a pas su aimer. On n'a pas su les accueillir ou les accompagner dans la vérité d'un désir ouvert et généreux.

Tout est là : cette guenille comme un vêtement souillé.

Et ce qui brille encore dans la vie du monde continué.

*

Un jour le désir d'écrire se trouve pris dans cet engrenage de misère et de merveilles. Le désir d'écrire sait-on vraiment ce que cela veut dire ? Écrire comment, sinon comme cela vient quand on commence ? Et pour aboutir à quoi ? on ne le sait jamais à l'avance. Entre penser dans le malaise à ma guenille et recevoir en mes sens et ma rêverie ce qu'on pourrait nommer la beauté du monde il faudrait quelque impulsion pour orienter ce désir d'écrire. Quelque chose comme un titre par exemple, un titre provisoire évidemment et même si à la fin du livre je le retiens je l'aurai ressenti comme provisoire jusqu'à ce moment-là. En attendant écrire aligne des mots. On ne sait pas si le désir y trouve de quoi s'apaiser ou de quoi durer dans plus ou moins de bonheur ou de frustration.

*

Je voudrais, regardant ces objets qui m'entourent / M'en aller comme Robert Marteau faisait / En sa forêt de Chizé ou pas loin / De quelques peupliers parisiens, s'en allait surtout / En ses quatorze vers quotidiens ...

M'en tenir à ce que sont ces objets / Touchant mes sens incertains, entendre / Ou ne pas entendre avec eux, dans les mots qu'ils me donnent / Une musique qui serait celle du monde.

*

L'idée qui m'est venue (en fait un désir plutôt qu'une idée) de mettre ensemble de petits textes à propos d'une guenille qui m'encombre et des poèmes tirant leur matière d'objets qui font agréablement vivre : je ne sais pas très bien en quel livre cela pourrait emmener.

Une poterie, un tissage, un panier comportant un dessin dans son tressage, n'ont rien à voir avec de premiers poèmes qui ne sont que de brouillons essais d'écriture, avec des cahiers et carnets qui n'ont jamais su être un journal, leur non-écriture engluée dans la mouscaille des propos tenus, dans une misère inquiète de mal savoir dire des sentiments ... des pages de rien autour d'un misérable « je » qui n'ose pas (qui ne veut pas ?) reconnaître ce qu'il y a de mensonge dans son désir de vérité, et dans celui de vivre aussi bien.

À côté les objets semblent dire leur tranquille solidité, leur beauté ou leur utilité ; et même cassés, déchirés (ce peu de dentelle par exemple pris en quelques brins d'épine ramené d'un village marocain) leurs tessons et débris sont encore du vrai et de la beauté.

*

D'aller fouiller dans ma guenille, à la fois / C'est plaisir d'entendre en mon présent / Comme un bruit du temps passé, en même temps / Malaise d'avoir pas su dire : rien d'écrit / Dans ma guenille il y a / Le mensonge et la vérité d'un désir / Une affaire impossible, de la difficulté / Avec le verbe aimer ...

Dans un poème il n'y a plus / ni mensonges ni vérités, que des formes d'un langage / Données par un vécu compliqué, écrire / C'est comme laver des guenilles.

*

Le seul désir d'aimer dit ton poème, / Alors que tu sais et ne sais pas / Ce qu'il y a d'autre / Dans le mot désir.



― inédit
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coco4649   27 janvier 2022
Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles de James Sacré
Tous les arbres couleurs







Tous les arbres couleurs les érables surtout

un jour d’automne pourtant gris

que dedans c’est comme on pourrait pleurer

parce que la solitude et rien

ça fait quand même ces feuillages

des sortes de verreries comme à la fois simples

et curieusement compliquées

on les aurait disposées

dans les buissons sur le pré dehors

dedans c’est comme on pourrait sourire

la solitude en couleurs quand même rien.
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xavpo   07 mai 2019
Le désir échappe à mon poème de James Sacré
A cause d'une peinture on est,

Autant que dans l'horizon où les yeux te portent,

Avec des couleurs de terre et de pierre :

La main touche au temps.



Le paysage construit

Des formes d'en allées ou de présence humaines

tissus grands gestes, ou si les corps sont nus ?

Quelque chose d'organique avive les couleurs.



Mais s'ils se montrent nus, les corps,

Autant que la pierre ou des pentes cultivées,

Sont un secret continué.



(p.34)
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coco4649   11 mars 2022
Figures de solitudes de James Sacré
Souvent la photo qu'on n'a pas prise







Souvent la photo qu'on n'a pas prise

Aurait été la plus belle.

On est passé vite et le brusque tournant de la route

Ne permettait pas qu'on s'arrête ;

Plus tard on y pense et des mots viennent :

De hauts murs de brique brûlée

Tenaient les volumes de la bâtisse

Autour de plusieurs cours quasi fermées,

Tout l'ensemble de cette ancienne ferme toscane

Abandonnée à de grandes herbes, à la solitude...



On n'aurait eu sans doute

Sur la photographie

Qu'une approximative couleur,

Des formes forcément réduites

Comme en somme les voilà

Dans ce poème qui voudrait

Se prendre pour une photo.
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wentworth23   05 février 2014
Donne-moi ton enfance de James Sacré
Si on cherche bien rien de si puéril ni de vraiment gentil dans ces années disparues. Tous autant qu'on est sait-on pas les gestes surtout méchants, tout le mauvais désir de vivre à la place de l'autre, les jeux cruels poursuivis jusque dans les tendresses qu'on avait ? Et l'indifférence du ciel qui t'emporte en ses tempêtes, l'enfance poussière et paille tout un vol de petits démons dans un grand pet du vent. Forcément que la vie sent mauvais. Faut s'y faire.
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coco4649   09 juin 2019
Une fin d'après-midi à Marrakech de James Sacré
Presque rien à Sidi Slimane, le temps qui vient





Extrait 4



La pauvreté des mots. Le temps dans mon cœur.



La route a des bas-côtés très larges (terre mal séchée, crottin d’âne

Où peuvent se ranger les charrettes et les voitures

(Durant la nuit quelqu’un les garde).

Plus loin c’est bientôt la campagne on s’est arrêté sur de l’herbe

À côté d’une clôture et d’un champ d’orge. Un peu plus tard

On revient par cette route maintenant comme du silence, on voit

Des magasins frustes, des pneus devant une manière de garage,

La couleur du ciel je m’en souviens mal et de la misère des gens pas plus

Tu racontais toujours la même tragédie du monde en cet espace urbain mal

  dépris de la campagne,

En y mêlant ton sourire et soudain tes peurs. A Douar Jdid,

Le bonheur tout déchiré de malheur (j’ai pensé

À des guenilles familières dans les bottes sales de mon enfance)
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