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Note moyenne 2.92 /5 (sur 6 notes)

Né(e) à : Madrid , 1962
Biographie :

Javier Azpeitia est né à Madrid en 1962. Diplômé d'études hispaniques, il multiplie les petits boulots avant de rentrer dans le secteur de l'édition. Il travaille ainsi comme chanteur, épicier, assistant cameraman, professeur d'espagnol, guide touristique au Prado puis devient auteur-éditeur. Il publie son premier roman "Mesalina" en 1989, "Quevedo" en 1990 et en 1996, "Hipnos", traduit en grec et en russe et est adapté au cinéma par David Carreras en 2004. ; Hypnos, traduit également en français, publié chez JC Lattès en 2003, récompensé par le prix Hammet international du roman policier. Il enseigne aujourd’hui la littérature et l'écriture créative à l'université de Salamanque.

En 1998, Javier Azpeitia est nommé directeur adjoint de "Editorial Lengue de Trapo", poste qu'il occupe jusqu'en 2004. Il a publié "Ariadna en Naxos" en 2002 puis "Nadie me mata" en 2007,(inédits en France) et collaboré à des anthologies de poèmes.

(Sources: Éditeur JC. Lattès / Wikipedia /)
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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
fanfanouche24   15 mars 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
Parmi les différents types qui constituent l'espèce humaine, l'une des plus étranges est celui formé par les êtres qui renoncent à vivre le monde pour le lire. Des spécimens tous très semblables, faciles à distinguer à cause de leurs carences, si particulières. En général ils mènent des existences éteintes, plus encore par rapport à celles, enflammées, qu'ils découvrent dans leurs lectures. Leurs yeux ne brillent jamais face aux autres, uniquement dans la solitude de leurs cabinets. Là, entourés de paperasses, à la lueur malsaine de bougies, ils plongent dans un fleuve de mots où ils affirment trouver tout ce que les autres recherchent dans les rues des villes et sur les chemins perdus de la terre. (p. 13)
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fanfanouche24   18 mars 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
Il avait été témoin, en personne, de la vénération avec laquelle on prononçait le nom d'Alde Manuce à Lyon, Paris , Anvers, Francfort...

(...) A l'évidence, personne, aucun autre imprimeur, ni en Italie ni ailleurs en Europe, n'avait réalisé de catalogue si dense, qui combinait de manière inégalable littérature et savoir. (p. 28)
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fanfanouche24   17 mars 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
Alde songea que voyager et connaître de nouveaux modes de vie rendait parfois plus sage que n'importe quelle lecture. Dans quel livre en effet aurait-il pu apprendre comme ici le comportement intime des familles vénitiennes ? (p. 92)
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hcdahlem   28 mai 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
Révèle-moi tout, Déesse, sur l'étonnant Alde Pio Manuce Romano, ce savant qui à Venise donna un nouveau sens à la lecture en transformant le papier en or. Parle-moi de l'inventeur sacré du livre transportable qui changea la façon de lire, de l'inventeur sacré de la page aux amples marges blanches, de la marque imprimerie, de la mise en pages en vis-à-vis de l'édition bilingue, de la typographie romaine et de la cursive rapide, de la ponctuation, de la pagination et des tables des matières, du catalogue de prix… 
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fanfanouche24   16 mars 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
Quand aux petits livres que tout le monde appelait désormais aldins, au format in-octavo, il était manifeste qu'ils avaient changé la façon de lire, poursuivait Paolo de plus en plus déterminé. Avait-on déjà vu autant de personnes paradant dans la rue, leur livre sous le bras, loin de leurs obscurs cabinets ? Et de jeunes lisant dans leurs jardins des livres autres que de prières ? Ils sentaient que les livres leur donnaient une certaine dignité. (p. 29)
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fanfanouche24   16 mars 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
Alde, alors, fut le premier imprimeur à tracer et à exécuter un plan littéraire. Celui qui arrêta de regarder la machine et s'intéressa à ce qu'elle faisait. Il avait réussi à démontrer que l'imprimerie n'était pas une tâche de techniciens mais d'homme de lettres. Il avait prouvé que l'important était le texte et sa lecture, et non le processus de fabrication. (p. 29)
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fanfanouche24   16 mars 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
Dans les voyages, c'est quand on n'est pas du tout maître de sa destination, même si on le désire très fort, qu'on apprend le mieux. Alde Manuce, le père de Paolo, avait dû se sentir aussi inutile et abandonné, pensa Maria, quand il était arrivé à Venise à bord d'un bateau. (p. 39)
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hcdahlem   28 mai 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
Parfois, il arrive qu’un de ces hommes étranges soit amené, à cause d’une ambition pénible ou du désir peut-être d’être utile aux autres, à affronter par mégarde le monde et à débarquer à un endroit de la chrétienté avec une malle de livres pour tout équipage, perdu loin de sa tanière, comme s’il venait d’être chassé du ciel et était soudain tombé là. Alors, les fantasmes dont il recouvrait son existence s’effondrent, et il se rend compte que sur le plan pratique il est totalement bon à rien. La réalité, finalement, cesse de s’écouler page après page et soudain la vie arrive, s’imposant avec toute sa spontanéité inopportune…

Des pensées de ce genre occupèrent l’esprit de Maria de Torresani, veuve de l’imprimeur Alde Manuce, dès l’instant où elle aperçut une litière portée par des ânes sur le chemin qui divisait l’horizon en deux. Ou plutôt dès qu’elle reconnut l’enseigne du véhicule, une tour flanquée de deux majuscules anciennes : A et T, initiales de la maison d’un autre imprimeur, Andrea Torresani, son père, mort lui aussi depuis des années.

Comme elle le faisait souvent en fin de journée, Maria était montée dans la petite loggia qui se trouvait en haut de sa villa de Novi, à Modène. Elle devait avoir désormais la cinquantaine. Quand ses cheveux étaient devenus blancs elle n’avait pas attendu deux semaines pour les teindre au henné, ce qui donnait également à son regard une teinte rouge.

Si on en croit le chroniqueur vénitien Marin Sanudo, invité à cette période dans la villa de Maria, nous étions le 23 avril 1530.

Lorsque la litière arriva enfin dans la cour pavée de la villa, la lumière du soleil couchant allongea verticalement l’ombre de la cabine, lui donnant un air spectral. Assis dedans, le voyageur dormait profondément, la tête appuyée contre la paroi en bois.
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hcdahlem   28 mai 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
La jeune fille aux fraises ne semblait pas remarquer que les deux ânes, accrochés à la litière par les brancards qui soutenaient celle-ci, l’un devant et l’autre derrière, avaient commencé une sourde bataille de position face à l’abreuvoir et la cabine s’agitait dangereusement. Le voyageur ouvrit alors les yeux et découvrit ceux de la jeune fille. Cela dura seulement un instant, car les sabots d’un âne glissèrent sur les pavés et les deux bêtes tombèrent par terre, renversant la cabine dans l’eau.

Les jeunes gens crièrent en même temps. Le voyageur se débattit et se retrouva assis sur le bassin, louchant vers la jeune fille, son gros sac de voyage trempé à côté de lui et le pompon du capuchon gouttant, décomposé, sur sa tête.

La jeune fille aux fraises le contempla, figée, les yeux grands ouverts et les lèvres pincées, puis ne put se retenir davantage de rire.

— Les livres! s’écria le voyageur, cherchant autour de lui.

Mais la malle aux livres, attachée derrière la cabine de la litière, avait été épargnée du désastre. La jeune fille finit par réagir et tendit au garçon une main qu’il prit avec la délicatesse appropriée. C’était un jeune homme très bien élevé.

— Je te remercie beaucoup pour ton aide, dit-il une fois hors de l’eau, tâchant de retrouver bonne figure. C’est bien la villa de Maria Torresani de Manuce?

— Oui… le Jardin. Tu ne serais pas un des fils de Maria… Paolo? demanda-t-elle à son tour.

Elle avait beaucoup entendu parler de chaque membre de la famille de son hôtesse. Chaque printemps, elle venait de Mirandola au Jardin et ne partait pas avant le milieu de l’automne.

En guise de réponse, Paolo Manuce ôta le capuchon mouillé de sa tête et esquissa une révérence stupide en ouvrant les bras.

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hcdahlem   28 mai 2018
L'imprimeur de Venise de Javier Azpeitia
Alde souriait aussi, flottant, sans oser la regarder. Jamais, en quarante et quelques années de vie consacrée à l’étude et à l’enseignement des lettres il ne s’était trouvé si près d’une femme qui ne fût pas sa mère ni une de ses sœurs. Il avait beau essayer, impossible d’éviter le contact avec son épaule, si nue, et même s’il s’était efforcé de ne pas croiser son regard un seul instant, il devinait la blancheur fantomatique de son visage imprégné de céruse, la vivacité de ses yeux bridés ombrés de bleu, l’épaisseur de ses lèvres brillantes, enduites de miel. Pour comble de malheur, de ses épaules et de la naissance de sa poitrine, du très large décolleté carré de sa robe, émanait un parfum de fleurs, endiablé, bouillant, ou peut-être était-ce de ses cheveux, des tresses qui s’enroulaient comme un serpent tranquille et doré autour de sa coiffe écarlate. 
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