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Note moyenne 3.53 /5 (sur 19 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Belley , le 02/04/1755
Mort(e) à : Paris , le 01/02/1826
Biographie :

Jean Anthelme Brillat-Savarin est un illustre gastronome français.

Il naît dans une famille bourgeoise de la magistrature française. Cet aîné de huit enfants passe sa jeunesse dans une des plus belle maison de Belley, au numéro 62 de la Grande Rue. Il étudie le droit, la chimie et la médecine à Dijon et s’installe à Belley pour pratiquer le droit.

Maire de Belley, député du tiers état pour le bailliage du Bugey aux États généraux, il participe à la Constituante, puis à l’Assemblée nationale en 1789. Au début de la Révolution, il est un ardent défenseur de la peine de mort. À la dissolution de l’Assemblée Nationale, il revient à Belley. Brillat-Savarin y possède sa statue, sa rue et on montre la gentilhommière de la famille.

Il prend goût à la cuisine grâce à sa mère, « la Belle Aurore » qui est un véritable cordon bleu !

Il passe en Suisse, à Lausanne, à cause des Montagnards, il écrit sa Physiologie du goût où il y a de tout.

Puis il se rend aux Pays-Bas, puis aux États-Unis pendant trois ans ; il y donne des leçons de français, et y joue du violon : il est premier violon au Park Theater de New York.

En 1797, il est de retour en France et nommé conseiller à la Cour de cassation.
C’est au sein de cette assemblée, que calmement Brillat-Savarin va devenir le législateur et le poète de la gourmandise.

Sa tante Savarin qui lui lègue toute sa fortune à la condition qu’il adopte son nom. Il reste célibataire. Peu après la publication de la Physiologie du goût, il est emporté par une pneumonie.

Il publie plusieurs travaux de droit et d’économie politique. Mais sa publication la plus célèbre est la Physiologie du goût, éditée en 1825, deux mois avant sa mort. Aphorismes, maximes, proverbes, s’appliquent à des réalités qui sont aussi vieilles que l’humanité.

Le gâteau Brillat-Savarin est un hommage à son œuvre tout comme le fromage qui porte également son nom.
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Source : /www.futura-sciences.com
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Présentation du livre le GLouton, le gourmand et le gastronome. Les plaisirs de la table De Balzac à Yourcenar. « le mot seul gastronomie fait dresser toutes les oreilles ; le sujet est à la mode » écrivait Brillat-Savarin en 1826. C'est au XIXe siècle, en effet, que l'on voit se codifier un ensemble d'usages spécifiquement français, organisés autour des arts et des plaisirs de la table. Inévitablement, et savoureusement, la littérature s'en fait le reflet, des dîners mondains du comte de Monte Cristo au surréaliste repas de cheveux de Pieyre de Mandiargues, en passant par tous ceux que Balzac, Zola, Colette ou Duras décrivent avec verve. Et à travers le repas, c'est toute la société que les écrivains interrogent. Pourquoi des règles de bienséance, et qui peut dire ce qui est « convenable » ? Les femmes doivent-elles montrer de l'appétit, peuvent-elles seulement boire ? Faut-il se réjouir de bien manger quand d'autres meurent de faim ? le repas gastronomique est-il réservé à une élite fortunée ou s'offre-t-il à la portée de tous ? Yves Gagneux éclaire ce subtil équilibre entre hédonisme, ritualisation et savoir-faire, qui forme la Bible des gourmets. La sensualité et la convivialité qui s'y expriment ont produit des pages inoubliables, qui subliment à leur tour l'idée même de gastronomie. Parcours d'un moment de civilisation, reconnu par l'Unesco, depuis dix ans, comme patrimoine immatériel de l'humanité. https://www.editions-vendemiaire.com/catalogue/a-paraitre/le-glouton-le-gourmand-et-le-gatronome-yves-gagneux/

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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Jean Anthelme Brillat-Savarin
sagesse66   10 juin 2018
Jean Anthelme Brillat-Savarin
Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche.
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Jean Anthelme Brillat-Savarin
Fragaria   11 octobre 2015
Jean Anthelme Brillat-Savarin
Qu'est-ce que la santé ? C'est du chocolat !
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Jean Anthelme Brillat-Savarin
Alfaric   16 septembre 2015
Jean Anthelme Brillat-Savarin
La découverte d’un mets nouveau fait plus pour le bonheur du genre humain que la découverte d’une étoile.
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stcyr04   17 octobre 2014
Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin
Les Privations



=Élégie historique=.



Premiers parents du genre humain, dont la gourmandise est historique,

qui vous perdîtes pour une pomme, que n'auriez-vous pas fait pour une

dinde aux truffes? mais il n'était dans le paradis terrestre ni

cuisiniers ni confiseurs.



Que je vous plains!



Rois puissants qui ruinâtes, la superbe Troie, votre valeur passera

d'âge en âge; mais votre table était mauvaise. Réduits à la cuisse de

boeuf et au dos de cochon, vous ignorâtes toujours les charmes de la

matelotte et les délices de la fricassée de poulets.



Que je vous plains!



Aspasie, Chloé, et vous toutes dont le ciseau des Grecs éternisa les

termes pour le désespoir des belles d'aujourd'hui, jamais votre bouche

charmante n'aspira la suavité d'une meringue à la vanille ou à la rose;

à peine vous élevâtes-vous jusqu'au pain d'épice.



Que je vous plains!



Douces prêtresses de Vesta, comblées à la fois de tant d'honneurs et

menacées de si horribles supplices, si du moins vous aviez goûté ces

sirops aimables qui rafraîchissent l'âme, ces fruits confits qui bravent

les saisons, ces crèmes parfumées, merveilles de nos jours.



Que je vous plains!



Financiers romains qui pressurâtes tout l'univers connu, jamais vos

salons si renommés ne virent paraître ni ces gelées succulentes, délices

des paresseux; ni ces glaces variées, dont le froid braverait la zone

torride.



Que je vous plains!



Paladins invincibles, célébrés par des chantres gabeurs, quand vous

auriez pourfendu des géants, délivré des dames, exterminé des armées,

jamais, hélas! jamais une captive aux yeux noirs ne vous présenta le

champagne mousseux, le malvoisie de Madère, les liqueurs, création du

grand siècle; vous en étiez réduits à la cervoise ou au surêne herbé.



Que je vous plains!



Abbés crossés, mitrés, dispensateurs des faveurs du ciel; et vous,

templiers terribles, qui armâtes vos bras pour l'extermination des

Sarrazins, vous ne connûtes pas les douceurs du chocolat qui restaure ou

de la fève arabique qui fait penser.



Que je vous plains!



Superbes châtelaines, qui, pendant le vide des croisades, éleviez au

rang suprême vos aumôniers et vos pages, vous ne partageâtes point avec

eux les charmes du biscuit et les délices du macaron.



Que je vous plains!



Et vous enfin, gastronomes de 1825, qui trouvez déjà la satiété au sein

de l'abondance, et rêvez des préparations nouvelles, vous ne jouirez pas

des découvertes que les sciences préparent pour l'an 1900, telles que

les esculences minérales, les liqueurs, résultat de la pression de cent

atmosphères; vous ne verrez pas les importations que des voyageurs qui

ne sont pas encore nés feront arriver de cette moitié du globe qui reste

encore à découvrir ou à explorer.



Que je vous plains!
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stcyr04   17 octobre 2014
Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin
Celle-ci est de Motin, qui, dit-on, fit le premier en France des

chansons à boire. Elle est du vrai bon temps de l'ivrognerie, et ne

manque pas de verve.



AIR:



Que j'aime en tout temps la taverne!

Que librement je m'y gouverne!

Elle n'a rien d'égal à soi;

J'y vois tout ce que je demande:

Et les torchons y sont pour moi

De fine toile de Hollande.



Pendant que le chaud nous outrage,

On ne trouve point de bocage

Agréable et frais comme elle est;

Et quand la froidure m'y mène,

Un malheureux fagot m'y plaît

Plus que tout le bois de Vincenne.



J'y trouve à souhait toutes choses;

Les chardons m'y semblent des roses,

Et les tripes des ortolans;

L'on n'y combat jamais qu'au verre.

Les cabarets et les brelans

Sont les paradis de la terre.



C'est Bacchus que nous devons suivre;

Le nectar dont il nous enivre

A quelque chose de divin,

Et quiconque a cette louange

D'être homme sans boire du vin,

S'il en buvait, serait un ange.



Le vin me rit, je le caresse;

C'est lui qui bannit ma tristesse,

Et réveille tous mes esprits:

Nous nous aimons de même force.

Je le prends, après j'en suis pris;

Je le porte, et puis il m'emporte.



Quand j'ai mis quarte dessus pinte,

Je suis gai, l'oreille me tinte,

Je recule au lieu d'avancer:

Avec le premier je me frotte,

Et je fais, sans savoir danser,

De beaux entrechats dans la crotte.



Pour moi, jusqu'à ce que je meure,

Je veux que le vin blanc demeure,

Avec le clairet dans mon corps,

Pourvu que la paix les assemble:

Car je les jetterai dehors,

S'ils ne s'accordent bien ensemble.

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stcyr04   17 octobre 2014
Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin


ENVOI AUX GASTRONOMES DES DEUX MONDES.



EXCELLENCES!



Le travail dont je vous fais hommage a pour but de développer à tous les

yeux les principes de la science dont vous êtes l'ornement et le

soutien.



J'offre aussi un premier encens à la Gastronomie, cette jeune

immortelle, qui, à peine parée de sa couronne d'étoiles, s'élève déjà

au-dessus de ses soeurs, semblable à Calypso, qui dépassait de toute la

tête le groupe charmant des nymphes dont elle était entourée.



Le temple de la Gastronomie, ornement de la métropole du monde, élèvera

bientôt vers le ciel ses portiques immenses; vous les ferez retentir de

vos voix; vous les enrichirez de vos dons; et quand l'académie promise

par les oracles s'établira sur les bases immuables du plaisir et de la

nécessité, gourmands éclairés, convives aimables, vous en serez les

membres ou les correspondants.



En attendant, levez vers le ciel vos faces radieuses; avancez dans votre

force et votre majesté; l'univers esculent est ouvert devant vous.



Travaillez, Excellences, professez pour le bien de la science; digérez

dans votre intérêt particulier; et si, dans le cours de vos travaux, il

vous arrive de faire quelque découverte importante, veuillez en faire

part au plus humble de vos serviteurs.



L'Auteur des Méditations gastronomiques.
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stcyr04   17 octobre 2014
Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin
La suivante est de Racan, un de nos plus anciens poètes; elle est pleine

de grâce et de philosophie, a servi de modèle à beaucoup d'autres, et

paraît plus jeune que son extrait de naissance.



À MAYNARD.



Pourquoi se donner tant de peine?

Buvons plutôt à perdre haleine,

De ce nectar délicieux,

Qui, pour l'excellence, précède

Celui même que Ganymède

Verse dans la coupe des dieux.



C'est lui qui fait que les années,

Nous durent moins que les journées.

C'est lui qui nous fait rajeunir,

Et qui bannit de nos pensées

Le regret des choses passées

Et la crainte de l'avenir.



Buvons, Maynard, à pleine tasse

L'âge insensiblement se passe,

Et nous mène à nos derniers jours;

L'on a beau faire des prières,

Les ans, non plus que les rivières,

Jamais ne rebroussent leur cours.



Le printemps, vêtu de verdure,

Chassera bientôt la froidure.

La mer a son flux et reflux;

Mais, depuis que notre jeunesse

Quitte la place à la vieillesse,

Le temps ne la ramène plus.



Les lois de la mort sont fatales

Aussi bien au maisons royales

Qu'aux taudis couverts de roseaux;

Tous nos jours sont sujets aux Parques;

Ceux des bergers et des monarques

Sont coupés des mêmes ciseaux.



Leurs rigueurs, par qui tout s'efface,

Ravissent, en bien peu d'espace,

Ce qu'on a de mieux établi,

Et bientôt nous mèneront boire,

Au-delà de la rive noire,

Dans les eaux du fleuve d'oubli.
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stcyr04   17 octobre 2014
Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin
Celle-ci est du professeur qui l'a aussi mise en musique. Il a reculé

devant les embarras de la gravure, malgré le plaisir qu'il aurait eu de

se savoir sur tous les pianos; mais par un bonheur inouï, elle peut se

chanter et _on la chantera_ sur l'air du _vaudeville de Figaro_.



LE CHOIX DES SCIENCES.



Me poursuivons plus la gloire;

Elle vend cher ses faveurs;

Tâchons d'oublier l'histoire:

C'est un tissu de malheurs.

Mais appliquons-nous à boire

Ce vin qu'aimaient nos aïeux.

Qu'il est bon, quand il est vieux! (_bis._)



J'ai quitté l'astronomie,

Je m'égarais dans les cieux;

Je renonce à la chimie,

Ce goût devient trop coûteux.

Mais pour la gastronomie

Je veux suivre mon penchant.

Qu'il est doux d'être gourmand! (_bis_.)



Jeune, je lisais sans cesse;

Mes cheveux en sont tout gris!

Les sept sages de la Grèce

Ne m'ont pourtant rien appris.

Je travaille la paresse:

C'est un aimable péché,

Ah! comme on est bien couché! (_bis_.)



J'étais fort en médecine

Je m'en tirais à plaisir.

Mais tout ce qu'elle imagine

Ne fait qu'aider à mourir.

Je préfère la cuisine:

C'est un art réparateur.

Quel grand homme qu'un traiteur! (_bis_.)



Ces travaux sont un peu rudes,

Mais sur le déclin du jour,

Pour égayer mes études,

Je laisse approcher l'amour.

Malgré les caquets des prudes,

L'amour est un joli jeu:

Jouons-le toujours un peu! (_bis_.)
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stcyr04   15 octobre 2014
Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin
En y regardant de près, les éléments de nos plaisirs sont la difficulté,

la privation, le désir de la jouissance. Tout cela se rencontrait dans

l'acte qui rompait l'abstinence; j'ai vu deux de mes grands-oncles, gens

sages et braves, se pâmer d'aise au moment où, le jour de Pâques, ils

voyaient entamer un jambon ou éventrer un pâté. Maintenant, race

dégénérée que nous sommes! nous ne suffirions pas à de si puissantes

sensations.

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stcyr04   15 octobre 2014
Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin
Je me suis pour cela appuyé sur cette vérité expérimentale que, plus un

régime est rigoureux, moins il produit d'effet, parce qu'on le suit mal

ou qu'on ne le suit pas du tout.



Les grands efforts sont rares; et si on veut être suivi, il ne faut

proposer aux hommes que ce qui leur est facile, et même, quand on le

peut, ce qui leur est agréable.
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