AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 4.16 /5 (sur 53 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1963
Biographie :

"Grand reporter au service international de L’Obs
après avoir été journaliste au Monde,Jean-Baptiste Naudet a couvert une dizaine de conflits, de la Yougoslavie à la Tchétchénie, de l’Irak à
l’Afghanistan. Spécialiste de l’Europe de l’Est, des Balkans et du Caucase, il a été correspondant à Bucarest, Zagreb et Moscou.
Il est diplômé en lettres de la Sorbonne, de l’École supérieure de journalisme de Lille et en relations internationales de Sciences Po Paris. La Blessure
est son premier roman."
Éditions L'Iconoclaste.
https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-blessure/



Ajouter des informations
étiquettes
Videos et interviews (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de
La réalisatrice Coline Serreau lit un extrait du livre La Blessure, du Grand reporter de guerre Jean-Baptiste Naudet. Sortie : 29 septembre 2018. Plus d'info www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-blessure/ Musique : Erik Satie / Musopen
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
santorin   08 octobre 2018
La blessure de Jean-Baptiste Naudet
La nuit, je sens souvent deux grands yeux noirs, écarquillés de terreur, qui me fixent. Un grand malaise me saisit et me réveille. Je suis dans un taxi dans le sud de la Serbie, à la frontière du Kosovo. Je veux rejoindre Pristina, la capitale du Kosovo, mais la route est coupée par des combats. Je pourrais faire un grand détour pour éviter de traverser la ligne de front. Mais c'est long et coûteux. Comme un vague cessez-le-feu est déclaré, je tente ma chance par la route directe. Pour éviter des infiltrations de combattants du Kosovo, les soldats de l'Otan obligent les chauffeurs de taxi à voyager avec un de leurs enfants. Notre chauffeur a dû prendre "en garantie" sa fille. Elle a sept ans et de grands yeux noirs. Nous roulons doucement dans des collines boisées. Dans la voiture, le silence s'épaissit. Rafale. Au détour d'un virage, on se fait soudain allumer à l'arme automatique. La bagnole prend quelques bastos. Le chauffeur fait demi-tour, le plus vite possible. Sa petite fille ne crie pas. Elle me fixe en silence de ses grands yeux noirs terrorisés. Je dois faire le très long et coûteux détour. Quand je rentre à Paris, le journal se plaint de ma note élevée de taxi. La nuit, les grands yeux noirs me poursuivent. Pardon.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
santorin   29 septembre 2018
La blessure de Jean-Baptiste Naudet
Jugé "bon pour le service", il a reçu sa convocation il y a plus de cinq mois maintenant. Il s'est retrouvé sous les drapeaux, départ pour l'AFN, l'Afrique française du Nord. Même si, officiellement, il effectue un service ordinaire, un détail macabre dit que c'est bien la guerre. On lui a donné une plaque d'identité militaire en métal, avec son nom, son groupe sanguin, qu'il porte sur une chaîne autour du cou. Une "plaque à vache" à découper selon le pointillé en cas de décès. Une moitié finira clouée sur le cercueil drapé de tricolore.". C'est ce qu'on appelle aussi la "plaque à viande".
Commenter  J’apprécie          180
santorin   13 octobre 2018
La blessure de Jean-Baptiste Naudet
Fontainebleau



Ces temps ont connu et connaissent encore de si horribles, de si gigantesques massacres qu'il est presque inconvenant de vouloir sauver de l'oubli la jeune vie perdue d'un ami allé en Algérie dans une injuste guerre. Et pourtant, des lignes que sa fiancée et lui s'écrivirent surgit une tentative pour devenir homme dans un monde inhumain.

Que ces efforts donnent à penser à ceux qui, jeune comme eux, voudraient s'interroger, avant qu'il ne soit trop tard, sur la politique.

L'histoire de celle qui les as tués n'est pas encore écrite : elle est celle de la cupidité et de la lâcheté.

Cupidité qui s'habille toujours des oripeaux de la Civilisation. Lâcheté de nous tous qui évitons au jour le jour d'essayer de savoir et de comprendre, pour à temps protester et, si besoin est, résister.

Car, à se fermer les yeux, il arrive que soi-même ou, pis, ceux que l'on aime doivent le payer de larmes de sang.



Gilles Naudet



Commenter  J’apprécie          170
santorin   05 octobre 2018
La blessure de Jean-Baptiste Naudet
Ils vont tenter de laminer, et pour de bon, le FLN et son bras armé, L'ALN, dans son refuge kabyle. Mais la violence aveugle fait des succès militaires français des victoires à la Pyrrhus. Ratissages et bouclages, ordres et contrordres sont les deux mamelles de l'armée française en Algérie. Les vexations, les exactions qui les accompagnent sont devenues le carburant de la rébellion. Ceux qui commettent des atrocités sont une minorité, qui ne se distingue pas par son courage au combat, mais qui a carte blanche. Dans cette sale guerre, seuls les plus cruels, les plus féroces, les plus impitoyables semblent triompher dans les deux camps. La guerre comme degré zéro de la politique, la guerre comme une maladie contagieuse, comme triomphe de l'ensauvagement.
Commenter  J’apprécie          150
santorin   01 octobre 2018
La blessure de Jean-Baptiste Naudet
Œil pour œil, dent pour dent….

Comme l'a écrit Albert Camus déjà en 1956, "chacun s'autorise du crime de l'autre pour aller plus avant". Mais personne, en fait, ne se souvient vraiment qui, des soldats français ou des fells, a commencé les exactions. Cela n'a plus d'importance. C'est à la guerre comme à la guerre, terreur contre terreur. Il n'y a plus de règles, sauf la loi du Talion, la loi du sang et de la survie à tout prix.
Commenter  J’apprécie          140
santorin   08 octobre 2018
La blessure de Jean-Baptiste Naudet
La guerre, ce n'est pas seulement la "drogue du combat", cette addiction aux sensations fortes, cette soif d'action qui l'emporte sur la peur, ce concours idiot de machisme. C'est surtout une irremplaçable intensité des rapports humains, portés à leur incandescence. Dans la vie ordinaire, vous pouvez passez votre existence entière avec quelqu'un sans savoir ce qu'il vaut vraiment. Dans la guerre, quand vous rencontrez quelqu'un, vous le savez très vite. Vous comprenez immédiatement s'il peut vous tuer, se sauver en cas de danger ou bien sacrifier sa vie pour vous. La guerre, c'est la vérité de l'homme mise à nu, dans toute son horreur, sa bassesse, toute sa grandeur, sa beauté.
Commenter  J’apprécie          80
santorin   29 septembre 2018
La blessure de Jean-Baptiste Naudet
Dans les montagnes sublimes de l'immense chaîne de l'Atlas rôdent des vautours, des chacals et l'odeur perverse de la mort. Seule la poésie, Baudelaire surtout, fait oublier à Robert la laideur de la guerre. "Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants. (…) Et d'autres, corrompus, riches et triomphants." Lui sent la sueur, la fatigue et le tabac froid. Il sent la peur aussi, une peur qui s'immisce dans ses entrailles, qui ne les lâche pas, qui les mord. Il grelotte. "L'Algérie est un pays chaud où il fait froid." C'est un vieil adage de géographe.
Commenter  J’apprécie          80
santorin   01 octobre 2018
La blessure de Jean-Baptiste Naudet
Après le coup de chevrotine, des hommes ont perdu les pédales. Toujours les mêmes. Ceux que cette guerre des nerfs a rendu fous, ceux qui ne disent même pas les fells, mais les "crouilles", les "melons", les "bougnoules". Ceux qui sont aveuglés par la peur et par la haine. Robert sait qu'il est impossible de les arrêter. Ils lui tireraient dessus. Ils l'ont déjà fait. La hiérarchie met alors les dégâts sur le dos des fells. Ces cinglés sont "couverts". Alors ils commencent une sanglante vendetta….
Commenter  J’apprécie          80
mireille.lefustec   26 octobre 2018
La blessure de Jean-Baptiste Naudet
Il a une lueur maléfique dans le regard. Il sait que la guerre, avec sa corruption des esprits, sa dégradation des valeurs, l'a fait redevenir un être bestial, mû par le seul instinct se survie. il est devenu un viandard, une machine à tuer, un chien sans âme. Il s'est transformé en une bête malfaisante. Sa vie, c'est de donner la mort. Il est devenu imperméable à la pitié.
Commenter  J’apprécie          70
Jean-Baptiste Naudet
nilebeh   20 septembre 2018
Jean-Baptiste Naudet
Reporter de guerre : « Souvent défoncé à l'alcool, parfois à l'héroïne, un reporter de guerre, c'est souvent un homme amical, avec du cran, une classe discrète, une certaine morgue face au danger. C'est un chevalier ». (P175)
Commenter  J’apprécie          72
Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Bibliographie de Jean-Baptiste Naudet(1)Voir plus


Quiz Voir plus

Triangles amoureux: on recherche le troisième point.

Carmen, Don José, ...

Almaviva
Catherine
Christian
Escamillo
Forcheville
Lancelot
Mathilde de La Mole
Santos Iturria

16 questions
52 lecteurs ont répondu
Thèmes : triangle amoureux , littérature , théâtre , opéra , cinemaCréer un quiz sur cet auteur