AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.62 /5 (sur 131 notes)

Nationalité : Canada
Né(e) à : Montréal , le 24/11/1962
Biographie :

Jean Barbe est né à Montréal le 24 novembre 1962.

Journaliste, écrivain et réalisateur à la télé, il a collaboré au quotidien La Presse puis a été de la création de l’hebdomadaire Voir, dont il a été le rédacteur en chef jusqu’en 1992.

Il a collaboré à de nombreuses publications québécoises dont les magazines L’Actualité et Elle Québec et le quotidien Le Soleil.

En septembre 2005, son éditeur, Leméac Éditeur le niomme au poste de directeur de l’éditorial.

Source : http://jeanbarbe.mes-biographies.com/biographie-Jean-Barbe.html
Ajouter des informations
étiquettes
Videos et interviews (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de
NOUS? Jean Barbe (Intégral) 45/76
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Sesheta   20 novembre 2012
Comment devenir un monstre de Jean Barbe
Je rentre soûl, je me précipite au lit pour éviter ton regard. Je vais au lit, je fais semblant de dormir. Je ne prends des nouvelles de rien. Mais j'écoute. Je reconnais à ton pas ta colère contre moi. Tu marches sur les talons, brusquement, et le plancher résonne comme une peau de tambour.. Tu fais du bruit. Tu manifestes ton désaccord, ton humiliation, ta détresse, ton envie de me faire du mal pour te venger de celui que je te fais. Mais tu es trop bien éduquée. Tu ne crois pas aux bienfaits de la violence. Alors tu brasses les assiettes, les tasses, tu manies les objets avec brusquerie, comme s'ils étaient moi. Cette rage, il faut bien l'évacuer, la faire sortir ; elle crispe tes muscles, elle contraint tes poumons, elle t'étouffe.

[...]

Je ne fais rien. Je suis faible. Je suis fait d'une matière faible. Ça craque là où je suis. Alors je ne bouge pas. Je ne fais rien. L'inertie est la seule force qui me reste.

[...]

Et quand enfin tu viens te coucher, ta colère un peu calmée, je fais toujours semblant de dormir. Il n'y aura pas de gestes tendres, nous ne savons plus. J'écoute ta respiration ralentir, ton souffle s'apaiser. Alors seulement je peux moi aussi espérer le sommeil. Côte à côte sans nous toucher, l'amour épuisé, et sachant tous deux que demain ne sera pas une autre journée, mais la même, jusqu'à ce que quelque chose cède au-delà de tout espoir.



(p.138-139)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Sesheta   20 novembre 2012
Comment devenir un monstre de Jean Barbe
- [...] Ce que je sais, c'est le sentiment de puissance qu'on éprouve lorsqu'on met quelqu'un en joue et qu'il suffit d'une pression du doigt pour effacer à jamais une vie. Je vous met au défi d'essayer : postez-vous sur un toit avec une carabine à lunette et visez les fourmis qui arpentent les trottoirs pour se rendre innocemment au travail. Vous n'avez même pas besoin de tirer, ils n'ont même pas besoin d savoir que vous êtes là. Vous éprouvez l'exaltation de la puissance. C'est comme une drogue. Au début, c'est une drogue. Même sans tirer. Mais il arrive ce qui arrive dans ces cas-là, et puisqu'on peut tirer, on finit par le faire.



(p.334-335)
Commenter  J’apprécie          130
Sesheta   20 novembre 2012
Comment devenir un monstre de Jean Barbe
Ici, les choses se précipitent. La chronologie m'échappe. Les souvenirs se chevauchent. Je ferme les yeux pour que les images se précisent. Je me souviens de la peur. J'avais peur. Pour ne pas avoir peur, il faut être mort. C'est étrange cette sensation. C'est totalement insensé que de se ruer vers l'ennemi, vers le feu de l'ennemi. Et pourtant, ce n'était pas insensé. Il y a, pendant la guerre, une logique dont on ne retrouve plus le fil en temps de paix.



(p.258)
Commenter  J’apprécie          100
sweetie   10 juin 2014
Comment devenir un monstre de Jean Barbe
La vie serait insoutenable si nous n'avions pas la capacité d'oublier. Et la vie est insupportable parce que nous oublions.
Commenter  J’apprécie          100
Sesheta   20 novembre 2012
Comment devenir un monstre de Jean Barbe
- Écoutez, dit-il, je n'ai jamais tué par plaisir, vous comprenez ?

- Oui.

- Je n'ai jamais tué pour gagner quelque chose ni par vengeance ni quoi que ce soit. Ceux que j'ai tués étaient des ennemis, et je les ai tués dans l'exercice de mes fonctions à l'intérieur d'un cadre établi, d'accord ?

- D'accord.

- Eh bien, ça ne change rien. J'ai tué quand même. Et au début, même si on ne le veut pas, on ressent quelque chose de très fort. Au début, il n'y a rien de plus puissant. Rien. Enlevez la culpabilité, la peur du châtiment et la condamnation morale, et tuer devient l'acte qui vous procure le plus grand sentiment de puissance qui soit. Meilleur que l'orgasme, qui nous ramène à notre condition de mammifère, alors que tuer nous élève à la condition de Dieu.



(p.334)
Commenter  J’apprécie          80
sweetie   10 juin 2014
Comment devenir un monstre de Jean Barbe
Les gens veulent améliorer leur sort, continua-t-il. Tout le malheur vient de là. On prend les armes pour faire un monde meilleur! Et on devient inhumain à force de rêver d'un peu plus d'humanité.
Commenter  J’apprécie          60
sweetie   30 mars 2019
Discours de réception du Prix Nobel de Jean Barbe
La culture, les arts, la littérature, le roman sont ce qui se rapproche le plus de la télépathie. Pendant qu'on lit un roman, on vit dans la peau d'un autre, on ressent ce qu'il ressent, on vibre à ce qui le fait vibrer. On aime et désespère avec lui. On ressent sa joie, ses craintes et son ennui. Pendant le temps de la lecture, quelques heures ou quelques jours, on vit plus que notre vie : on vit la sienne aussi, en parallèle. On se charge d'âmes.
Commenter  J’apprécie          50
sweetie   10 juin 2014
Comment devenir un monstre de Jean Barbe
Nous allions tout droit vers la déception de l'âge adulte, quand soudain les hommes et les femmes qui vous entourent cessent de vous parler en bébé et vous révèlent d'un seul coup tout ce dont ils vous avaient jusqu'alors protégés : la duplicité, les contorsions de la vie en société, l'épouvantable obligation de gagner sa vie, l'absence totale de pitié d'un monde qui vénère l'argent et sacrifie les hommes par cupidité.
Commenter  J’apprécie          50
reveuserealiste   19 janvier 2015
Comment devenir un monstre de Jean Barbe
Mes jours se déroulaient selon une routine établie qui ne sollicitait aucune contribution de ma part. Je ne vivais pas ma vie, elle s'en chargeait toute seule. Une existence raisonnable jusqu'à la dissolution du moi. (p. 18)
Commenter  J’apprécie          30
tomcamp   17 décembre 2011
Comment devenir un monstre de Jean Barbe
Qu'est-ce qu'une haine entre deux peuples frères sinon un trait de famille cimentant son histoire ? Vous nous retirez le ciment en nous objectivant. Vous avez transformé en spectacle planétaire ce qui était une tragédie privée; à nos débordements, vous avez appliqué votre propre théorie de la mise en scène. Nous sommes devenus les acteurs de votre théâtre, les marionnettes de votre arrogante compassion.
Commenter  J’apprécie          20
Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

Littérature québécoise

Quel est le titre du premier roman canadien-français?

Les anciens canadiens
La terre paternelle
Les rapaillages
L'influence d'un livre
Maria Chapdelaine

18 questions
157 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature québécoise , québec , québécoisCréer un quiz sur cet auteur