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Citations de Jean Ferrat (17)


Jean Ferrat
bibiouest   24 décembre 2018
Jean Ferrat
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

Jean Tenenbaum, dit Jean Ferrat
Nuit et brouillard, 1963
+ Lire la suite
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Jean Ferrat
Cricri124   17 décembre 2016
Jean Ferrat
Je meurs d'une petite fièvre
Avec un prénom sur mes lèvres
Et quelques souvenirs heureux
Quelque part au fond de mes yeux

Je vois la chose comme un acteur
Que ses amis trouvent menteur
Quand son cœur à son dernier bond
Le fait grimacer pour de bon

Alors moi je ris doucement
Comme on rit aux enterrements
En me disant qu'au fond mourir
C'est ne plus s'arrêter de rire

Je meurs d'une petite fièvre
Avec un prénom sur mes lèvres
Et quelques souvenirs heureux
Quelque part au fond de mes yeux

Je m'en vais comme je suis venu
Un peu plus calme un peu moins nu
Je pars en voyage vers la terre
Qui peut m'expliquer ce mystère

A moins peut-être qu'un de ces quatre
J'entende enfin au transistor
Des nouvelles du vaccin-miracle
Qui guérira l'homme de la mort

Je meurs d'une petite fièvre
Avec un prénom sur mes lèvres
Et quelques souvenirs heureux
Quelque part au fond de mes yeux

Jean Ferrat, "je meurs"
Paroles de Pierre Grosz.
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Jean Ferrat
coco4649   14 mars 2016
Jean Ferrat
Ecris quelque chose de joli
Des vers peut-être ou de la prose
Un instant de rêve et de pause
Dans le tumulte de la vie
Ecris quelque chose de joli
Quelques mots de bleu et de rose
Un moment de métamorphose
Que tu nommerais l'embellie

L'embellie l'embellie
L'embellie l'embellie

Verse un peu de joie dans nos cœurs
Avec des riens qui vous délivrent
Un peu d'espoir et de douceur
On en a tant besoin pour vivre

Ecris quelque chose de joli
L'odeur des lilas et des roses
Chante-nous la beauté des choses
Dans les yeux de l'homme ébloui
Ecris quelque chose de joli
L'aube entre nos bras qui repose
La seconde où lèvres mi-closes
Le plaisir vient comme la pluie

L'embellie l'embellie
L'embellie l'embellie

Ces mots à peine murmurés
Dans la tendresse qu'on devine
Baigné de musique angevine
Le temps sur nous s'est refermé

Je l'aurais voulu si joli
Ce poème en bleu et en rose
Cet instant de rêve et de pause
Dans le tumulte de la vie
Je l'aurais voulu si joli
Mon amour en qui tout repose
Et que nul ne puisse ni n'ose
Douter que tu es dans ma vie

L'embellie l'embellie
L'embellie l'embellie


Pensée émue à l'inoubliable Jean Ferrat parti le 13 mars 2010.
L'embellie clôt l'Album Jean Ferrat 1979 / 1980 / vol.7.
Pour celles et ceux qui souhaiteraient entendre ou réentendre cette superbe chanson : http://youtu.be/rfdkZRvjsIc
+ Lire la suite
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Jean Ferrat
julienraynaud   24 avril 2015
Jean Ferrat
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
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Jean Ferrat
fredho   15 avril 2016
Jean Ferrat
Le temps est ce qui meurt, l'espoir est ce qui naît.
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Jean Ferrat
Austral   01 janvier 2016
Jean Ferrat
Jour après jour il faut l'admettre
Voir ceux qu'on aime disparaître
C'est ce qui fait vieillir trop tôt

(Oural Ouralou)
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Jean Ferrat
Wyoming   18 janvier 2020
Jean Ferrat
La montagne

Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n’était pas original
Quand ils s’essuyaient machinal
D’un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu’au sommet de la colline
Qu’importent les jours les années
Ils avaient tous l’âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C’était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S’il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l’autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n’y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver?
+ Lire la suite
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Jean Ferrat
petch   14 juin 2015
Jean Ferrat
Ecris quelque chose de joli
L'odeur des lilas et des roses
Chante-nous la beauté des choses
Dans les yeux de l'homme ébloui
Ecris quelque chose de joli
L'aube entre nos bras qui repose
La seconde où lèvres mi-closes
Le plaisir vient comme la pluie

L'embellie, 1980 (Extrait)
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Jean Ferrat
jvermeer   31 octobre 2019
Jean Ferrat
******

Extrait de la chanson "Ma môme" écrite et chantée par Jean Ferrat en 1960

L'été quand la vill' s'ensommeille
Chez nous y a du soleil
Qui s'attarde
Je pose ma tête sur ses reins
Je prends douc'ment sa main
Et j'la garde
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Jean Ferrat
Jean-Daniel   14 mars 2020
Jean Ferrat

(Christine Sèvres)
La matinée se lève
Toi debout, il est temps

(Jean Ferrat)
Attends encore, attends
J'ai pas fini mon rêve

(CS)
Le soleil nous inonde
Regarde-moi ce bleu

(JF)
Attends encore un peu
Je refaisais le monde

(CS)
Lève-toi donc, respire
Quel printemps nous avons

(JF)
J'efface mille avions
Une guerre, un empire

(CS)
Faut labourer la terre
Et tirer l'eau du puits

(JF)
Changer la vie et puis
Abolir la misère

(CS)
Regarde l'alouette
Il est midi sonné

(JF)
Le monde abandonné
Je le donne au poète

(CS)
Allons, viens dans la vigne
Le soleil est très haut

(JF)
Le monde sera beau
Je l'affirme, je signe

(JF & CS)
Le monde sera beau
Je l'affirme, je signe
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Jean Ferrat
sabine59   30 mai 2016
Jean Ferrat
Nous parlons le même langage
Et le même chant nous lie
Une cage est une cage
En France comme au Chili

( Complainte de Pablo Neruda)
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Jean Ferrat
dido600   02 janvier 2021
Jean Ferrat
Nul ne guérit de son enfance .
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Jean Ferrat
dido600   05 décembre 2019
Jean Ferrat
Picasso tenait son monde au bout de sa palette
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Jean Ferrat
dido600   09 janvier 2020
Jean Ferrat
« Je twisterai les mots, s'il fallait les twister pour que les enfants demain sachent qui vous étiez»
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nelly76   27 avril 2020
FERRAT CHANTE ARAGON, tome 1 de Jean Ferrat
J'ARRIVE OÙ JE SUIS ÉTRANGER ( LOUIS ARAGON)

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger,

Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon

Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux

Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyage inconnu
De son visage et ses pieds nus

Peu à peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps

C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie

C'est long d'être un homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier les genoux

Ô mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut- il d'années secondes
À l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
+ Lire la suite
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Jean Ferrat
dido600   02 janvier 2019
Jean Ferrat
Je twisterai les mots, s'il fallait les twister pour que les enfants demain sachent qui vous étiez.
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Jean Ferrat
Martin1972   23 avril 2016
Jean Ferrat
Raconte-moi la mer
dis-moi le gôut des algues
et le bleu et le vert
qui dansent sur la vague
La mer c' est l'impossible
c'est le rivage heureux
c'est le matin paisible
quand on ouvre les yeux
c'est la porte du large
ouverte à deux battants
c'est la tête en voyage
vers d' autres continents
c'est voler comme icare
au devant du soleil
en fermant sa mémoire
a ce monde cruel
la mer c'est le desire
de ce pays d' amour
qu' il faudra découvrir
avant la fin de jour
Raconte-moi la mer
dis-moi ses aubes pâles
et le bleu et le vert
ou tombent les étoiles
La mer c'est l' innocence
du paradis perdu le jardin de l' enfance
où rien ne chante plus
c'est l' écume et le sable
toujours recommencés
et la vie est semblable
au rythme de marées
c'est l'infinie détresse
des choses qui s'en vont
c'est tout ce qui nous laisse
a la morte saison
la mer c' est le regret
de ce pays d' amour
que l'on cherche toujours
et qu' on n' atteint jamais
Raconte-moi la mer
dis-moi le gôut des algues
et le bleu et le vert
qui dansent sur les vagues.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40

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