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Citations de Jean Galtier-Boissière (87)


moravia   12 février 2016
Mon journal pendant l'Occupation de Jean Galtier-Boissière
Juin 1943.
Petite histoire :

Le Fritz. - Ah ! je le retiens votre Paris ! Je sors de la gare de l'Est, je pose ma valise sur le trottoir pour allumer un cigare; j'allume, je me retourne pour prendre mon bagage : la valise avait disparu !

Le Français. - Eh bien moi, il m'est arrivé encore mieux. Je débarque à la Centralbahnhof à Berlin, je pose ma valise sur le trottoir pour allumer une cigarette; j'allume, je me retourne...
La gare avait disparu !
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moravia   24 mars 2016
Mon journal dans la Drôle de paix de Jean Galtier-Boissière
Un bonhomme passait tous les jours la frontière suisse avec une valise, en faisant un amical bonjour de la main aux gabelous.
Un jour un douanier mal luné lui demande ce qu'il transporte.
" C'est pour mes lapins " , répond le bonhomme.
On ouvre la valise : elle est pleine de montres.
" Ah ah ! c'est pour vos lapins ? s'écrie le douanier.
Parfaitement, réplique le bonhomme sans se démonter, je leur donne ça, et je leur dis : " Si vous n'en voulez pas, vous n'aurez rien d'autre ! "
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moravia   23 février 2016
Mon journal depuis la Libération : 1944-1945 de Jean Galtier-Boissière
Déjeunant à l'académie des arts, à côté d'une dame inconnue, Maurice Garçon lui dit, pour amorcer la conversation :
- Vous savez que Georges Suarez a été fusillé ce matin ?
La dame regarde par la fenêtre la pluie qui tombe et dit :
- Il n'a pas eu beau temps.

(Novembre 1944).
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moravia   02 août 2014
Un hiver à Souchez de Jean Galtier-Boissière
C'est au début de 1915 que j'entendis parler pour la première fois de fraternisations. Au fond des abris on racontait que dans le secteur du fort de Brimont, entre Reims et Berry-au-Bac, la dernière nuit de Noël, fantassins français et allemands étaient sortis en masse des tranchées et s'étaient jetés dans les bras les uns des autres. Le commandement était affolé et il fallut, des deux côtés, la menace d'ordonner à l'artillerie de tirer dans le tas, pour faire réintégrer leurs tranchées aux adversaires un instant réconciliés.
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moravia   02 août 2014
Un hiver à Souchez de Jean Galtier-Boissière
Les Boches nous envoient de grosses torpilles. De minute en minute nous voyons monter verticalement de la ligne Allemande le monstrueux engin; ayant pris de la hauteur, la torpille file horizontalement, en se dandinant; et soudain, comme un homme ivre, elle perd l'équilibre, culbute et fond sur sa proie avec un hululement terrifiant.
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moravia   07 septembre 2016
Mon journal dans la grande pagaïe de Jean Galtier-Boissière
Septembre 1946
Une nouvelle expression - qui en dit long sur l'époque - :
" Les économiquement faibles".
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moravia   22 février 2016
Mon journal depuis la Libération : 1944-1945 de Jean Galtier-Boissière
Henri Mondor raconte l'exécution de l'espionne Mata-Hari : elle fut placée devant le peloton, de dos, et à genoux.
On demandait à Jean-Louis Forain :
- Comment a-t-elle été fusillé ?
- En levrette, dit Forain.
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moravia   05 août 2014
Un hiver à Souchez de Jean Galtier-Boissière
Il me parle parfois de sa vie d'avant la guerre : elle lui apparaît comme un rêve indistinct. Je crois qu'il ne se rappelle plus très bien comment une femme est faite. Cependant il est allé une fois en permission, en remontant de seize jours de tranchées dans un secteur terrible.
A Paris, tandis qu'il se rendait d'une gare à l'autre, une dame a dit comme ça : " Oh ! ce qu'il est sale, celui-là ! Il y en a qui doivent le faire exprès ! ".
Au pays, il a fait ripaille. Comme il ne racontait rien, les gens disaient : " Il n'a pas dû être bien exposé, il n'a même pas la croix de guerre ! "
Il est revenu au front sans trop de peine, n'ayant pas eu le temps de reprendre des habitudes, et c'est plutôt au milieu des gens de l'arrière qu'il se sentait dépaysé.
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Villoteau   03 janvier 2013
Histoire de la grande guerre 1914 - 1918 . de Jean Galtier-Boissière
Je suis bien obligé de dire que, partout où je suis passé, je constatai dans les gouvernements la même obstination, le même égoïsme et la même hypocrisie. Ils ne font que se glorifier, se targuer des motifs les plus élevés au sujet du rôle qu’ils ont joué dans la guerre. Cependant, je vous avoue que, d’après
ce que j’observai, il me semble qu’il n’y a au fond de tout cela qu’égoïsme et incompétence dans l’art de gouverner.

Ce n’est pas tant qu’un moment d’arrêt dans la civilisation qu’il faut constater chez les peuples qu’un manque de sagesse de la part de ceux qui ont en charge de gouverner. L’Histoire portera, je le crains, un terrible jugement sur les hommes qui furent assez égoïstes et assez peu clairvoyants, pour avoir laissé se jouer une pareille tragédie.

( Propos du 9 février 1916 du Colonel House, Conseiller du président Wilson, après sa visite dans les pays européens)
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moravia   12 mars 2016
Mon journal dans la grande pagaïe de Jean Galtier-Boissière
1947.

Un autre pet-de-loup, nommé Roger Boussinot, se déchaîne contre moi dans ACTION, hebdomadaire confidentiel communiste, et me traite successivement d'anarcho-boulangiste, d'imposteur, d'escroc au sentiment, d'adjudant refoulé et même d' "un des petits louis XV de notre temps".
Que faisait cet individu "sous la botte nazie" ? Le Boussinot était tout simplement employé au poste de télévision ALLEMAND de la rue Cognaq-Jay !
Double jeu évidemment !
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Stockard   05 février 2016
Mon journal pendant l'Occupation de Jean Galtier-Boissière
Petite histoire.
Un fritz achetait chaque matin son journal à la même marchande qui, sachant qu'il ignorait notre langue, lui disait avec un bon sourire : "Tiens, le voilà ton canard, grand con !"
L'Allemand s'enquiert du sens du mot auprès d'un Français qui lui explique : "Grand con, c'est le diminutif familier de grand conquérant."
Et le lendemain, l'Allemand répond à la marchande : "Non, pas grand con, moi petit con...", et il ajoute le bras levé : "Hitler, lui, grand con !"
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moravia   02 février 2016
Mon journal pendant l'Occupation de Jean Galtier-Boissière
15 mars 1941.

Dans son cabaret, Martini aurait crié à un Fritz qui n'arrivait pas à enfiler la manche de sa capote : " Hein ? c'est difficile à passer, la Manche ! "
Il entre en scène en faisant le salut hitlérien. Puis, le bras toujours tendu, il déclare : " Jusque-là ! Jusque-là ! Nous sommes dans la merde jusque-là !"
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klakmuf   19 octobre 2020
Mon journal pendant l'Occupation de Jean Galtier-Boissière
En zone nono, Gringoire mène campagne pour que " la promenade des Anglais " s'appelle désormais " la promenade Cambronne. "
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moravia   25 mars 2016
Mon journal dans la Drôle de paix de Jean Galtier-Boissière
Mai 1946.
Je ramène Léautaud place de la Sorbonne où Charlotte nous sert le dîner. Et le voilà lancé comme toujours, dans les plus étonnantes et les plus cruelles anecdotes :
- Vous connaissez C..., eh ! bien un jour, au Mercure, devant cinq ou six personnes, je l'ai entendu raconter ses amours avec la femme du grand écrivain L...qui était sur sa fin, très malade et aveugle. Un jour que dans la chambre même du moribond, il besognait la future veuve, le vieil écrivain, dans son lit, se mit à pousser des gémissements : " De l'eau ! à boire ! à boire !"
Alors la femme excédée lâcha ces mots : "Ah ! ce vieux, ce qu'il peut nous emmerder !"
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moravia   11 mars 2016
Mon journal dans la grande pagaïe de Jean Galtier-Boissière
Jean Cocteau dit que le meilleur mariage de Guitry, c'était le premier : "Charlotte Lysès représentait la vinaigrette et Sacha la tête de veau."
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klakmuf   22 octobre 2020
Mon journal pendant l'Occupation de Jean Galtier-Boissière
Petite histoire:
En Hollande, un citoyen entre dans un cabaret, fait le salut hitlérien et crie : "Heil Rubens !"
Un Allemand étonné lui demande des explications.
- Et bien, quoi ! dit le Hollandais, chaque pays a son peintre.
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moravia   30 avril 2016
Mon journal depuis la Libération : 1944-1945 de Jean Galtier-Boissière
Décembre 1944
Intermède comique : Le juge d'instruction avait relevé contre lui cette phrase : " Mieux vaut mourir que de subir la Guépéou" et Henri Béraud raconte : "j'ai été obligé de lui dire : je vous demande pardon, monsieur le juge, mais à cette phrase il manque quelque chose : ce sont les guillemets : car elle n'est pas de moi, elle est de M. Churchill."
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moravia   01 avril 2016
Mon journal depuis la Libération : 1944-1945 de Jean Galtier-Boissière
La mère enceinte demande à son petit garçon : "Désire-tu une petite soeur ou un petit frère ?"
- " Ecoute, si ça ne doit pas te faire trop mal, j'aimerais bien mieux une bicyclette".
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moravia   21 février 2016
Mon journal pendant l'Occupation de Jean Galtier-Boissière
6 Juin 1942.
En plein moyen âge.
Les juifs et Juives devront désormais porter sur la poitrine une étoile jaune. Lucien Rebatet écrit dans Je Suis Partout :
"Je disais l'hiver dernier, dans ce journal, ma joie d'avoir vu en Allemagne les premiers juifs marqués de leur sceau jaune. Ce sera une joie beaucoup plus vive encore de voir cette étoile dans nos rues parisiennes où il n'y a pas trois ans, cette race exécrable nous piétinait"
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klakmuf   20 octobre 2020
Mon journal pendant l'Occupation de Jean Galtier-Boissière
15 août [1941]
A Barbizon : Le maire - légion d'honneur, médaille militaire, croix de guerre - a mis sur sa porte une pancarte : "Burgmeister".
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