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Note moyenne 3.76 /5 (sur 26 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 10/10/1918
Mort(e) à : Londres , le 16/06/1996
Biographie :

Jean Gimpel, né le 10 octobre 1918 et décédé le 16 juin 1996 à Londres à 77 ans, fut un historien médiéviste et un essayiste français. Son œuvre s'axe notamment autour de la question des technologies et du progrès ou des régressions civilisationnelles.

Avec Lynn White Jr., il est le co-fondateur en 1984 de l’Association Villard de Honnecourt for the interdisciplinary study of medieval science, technology and art (Avista) à Kalamazoo (Michigan). Les travaux de Jean Gimpel ont nettement participé à une réhabilitation du Moyen Âge.

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Bibliographie de Jean Gimpel   (9)Voir plus

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Citations et extraits (6) Ajouter une citation
alzaia   23 décembre 2018
Contre l'art et les artistes de Jean Gimpel
L'art pour l'art

chapitre 9





(…) c'est sous l'influence d'événements économiques et politiques que les Allemands sont devenus romantiques et mystiques. Le mysticisme de l'intelligentsia allemande a peut-être contribué à faire la joie de nombreuses générations d'étudiants en Allemagne et dans d'autres pays de l'Occident, mais il a aussi contribué au malheur de l'humanité en émoussant l'esprit critique et rationnel des intellectuels allemands face à une autre forme de mysticisme : celui d'Hitler.

Le malheur de l'Allemagne, c'est de n'avoir pas assimilé le siècle des Lumières et d'être passée presque sans transition du Moyen Age aux temps modernes. Le rationalisme ne pénétra pas, à l'exception de quelques rares esprits éclairés, la société allemande. Alors qu'en France la bourgeoisie poursuit à travers les siècles une lente et régulière ascension, prenant main au XVIIe siècle les leviers de commande de l'administration et s'octroyant une place prépondérante dans la vie intellectuelle, la bourgeoisie allemande voit ses progrès freinés dès le XVIe siècle. La prospérité des villes allemandes est durement secouée par le déplacement du commerce international de la Méditerranée à l'Atlantique. La bourgeoisie perds son influence économique et, par oie de conséquence, perd pied dans le domaine culturel. La guerre de trente ans amène l'effondrement du commerce allemand. Les princes profitent de ces événements pour exclure les bourgeois des postes clefs de leur cour, les confiant à la noblesse. Les bourgeois devront se contenter de fonctions subalternes.

Les bourgeois écartés de la vie politique active se sentent frustrés. Impuissants à exercer une action sur la réalité quotidienne, ils s'évadent dans un monde irréel, dans le rêve, le mystérieux et l'étrange, dans le fantastique et le bizarre, dans le passé ou l'utopie. Ils se détachent du monde et du présent. Ils se sentent seuls et isolés Ils plongent en eux-mêmes et découvrent l'inconscient. Ainsi naît dans ce milieu bourgeois un nouveau type d'intellectuel : le romantique.

Le romantique est un insatisfait, un introverti qui prône le sentiment, condamne la raison et trouve en l'art l'esthétique ou le beau, une compensation à sa frustration. Pour le romantique, l'art est un substitut, un refuge, une consolation. L'art isole de la réalité du monde extérieur. Le romantique trace une ligne de démarcation entre sa vie privée et la vie publique, entre l'art qui fait partie intégrante de sa vie morale et la vie politique.

Lintelligentsia française du début du XIXe siècle, sous l'influence des bouleversements politiques, devient également romantique. La période post-révolutionnaire est un temps de désillusion. Les écrivains sont tenus pour responsables de la révolution et perdent le prestige qui était le leur au siècle des Lumières. Ils ne peuvent plus marquer de leur empreinte le cours de l'histoire et, comme les intellectuels allemands de la fin du XIIIe siècle, ils s'isolent de la société, ils condamnent toute action politique. Alfred de Musset s'écrit :



La politique, hélas voilà notre misère.

Mes meilleurs ennemis me conseillent d'en faire

Etre rouge le soir, blanc demain, ma foi non

Je veux quand on m'a lu qu'on puisse me relire



Et il raille les humanitaires de toute catégorie et les hommes d'action.

Alfred de Vigny constate avec satisfaction qu' « il y aura toujours antipathie entre l'homme du pouvoir et l'homme de l'art ». Il prescrit de séparer « la vie poétique de la vie politique » Et l'un des moyens qu'il indique au poète pour parvenir à réaliser ce principe est d' « employer toutes les forces de sa volonté à détourner sa vue des entreprises trop faciles de la vie active »

Pour éviter la vie active que méprise Vigny, le romantique s'enferme dans une tour d'ivoire. De là, il jette l'anathème contre toutes les forces hostiles à son idéal : les académies, les églises pour leur caractère traditionnel et autoritaire, la science pour son esprit utilitaire, la bourgeoisie pour son réalisme, son âpreté au gain et son hypocrisie. Aux autorités, au savant, au bourgeois, hommes méprisables, le romantique oppose l'artiste, être désintéressé, insouciant, plein de noblesse. Il le place au sommet de la hiérarchie sociale. Il en fait un être idéal, un demi-dieu.

« Ce qui anime l'artiste, écrit Victor Cousin, professeur à la Sorbonne dans les années qui précèdent la révolution de 1830, c'est le sentiment du beau... sentiment pur et désintéressé », distinct « du sentiment moral et du sentiment religieux ». Cousin proclame que l'art « ne relève que de lui-même ». Certaines de ses idées sont empruntées aux penseur idéalistes allemands ; Kant, Schiller, Shelling et Hegel, notamment les idées sur l'autonomie de l'art. Il connut Hegel en Allemagne en 1824 et engagea une correspondance avec lui. Les théories esthétiques allemandes introduites en France pour Cousin expriment dans un langage philosophique ce que ressentent confusément les romantiques français.
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Dagg   08 août 2018
La révolution industrielle du Moyen Âge de Jean Gimpel
En 1459, les maîtres-maçons de Strasbourg, Vienne et Salzbourg, réunis à Ratisbonne pour rédiger les statuts de leurs loges, décidèrent que : « Nul ouvrier, nul maître, nul 'parlier', nul journalier n'enseignera à quiconque n'est pas de notre métier et n'a jamais fait travail de maçon, comment tirer l'élévation du plan. »
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alzaia   31 décembre 2018
Contre l'art et les artistes de Jean Gimpel
Chapitre l'art moderne p 118



L'année où Jules Huret publiait son enquête, un jeune critique de vingt-cinq ans, Albert Aurier (...) fit paraître à l' occasion de la vente publique organisée au profit de Gauguin, à laquelle Mallarmé avait apporté son concours moral, un véritable manifeste du symbolisme pictural où il sacrait Paul Gauguin chef de l'art symbolique. Au symbolisme il opposait l'impressionnisme, qu'il considérait comme n'étant encore qu'une "variété du réalisme". L'article rédigé en termes véritablement mystiques (...) souleva la colère des impressionnistes, et en particulier du socialiste Camille Pissaro qui ne fut pas dupe de l'attitude mystique, antidémocratique et antipopulaire des symbolistes. "il faut les combattre comme la peste" écrira-t-il à son fils.
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alzaia   22 décembre 2018
Contre l'art et les artistes de Jean Gimpel
Le cours de ma vie est arrivé, sur la mer orageuse, par une fragile barque, au port commun où l'on débarque pour rendre compte et raison de toute oeuvre pie et impie. Ainsi l'illusion passionnée qui me fit de l'art une idole et un monarque, je connais aujourd'hui combien elle était chargée d'erreurs, et je vois clairement ce que tout homme désire pour son mal. Les pensées amoureuses, les pensées vaines et joyeuses, que sont-elles à présent que je m'approche de deux morts ? De l'une je suis certain et l'autre me meance. i peinture, ni sculpture ne sont plus capables d'apaiser l'âme vers cet amour divin qui ouvre, pour nous prendre, ses bras sur la croix.



p51 note 97 citation de Michel-Ange
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Danieljean   29 mai 2021
La fin de l'avenir de Jean Gimpel
Pour qu'une société progresse économiquement, il n e suffit pas d'inventer et de déposer d'innombrables brevetsnd'inventions ; il faut que ces inventions se matérialisent, que le public ait le goût de la nouveauté.
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Dagg   08 août 2018
La révolution industrielle du Moyen Âge de Jean Gimpel
La force de traction du cheval et celle du bœuf sont approximativement égales, mais comme le cheval se déplace une fois et demie plus vite (1,10 m/s au lieu de 0,73 m/s), la puissance produite est une fois et demie supérieure (60 kgm/s au lieu de 40 kgm/s).
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