AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.8 /5 (sur 22 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Meudon , le 3/07/1946
Biographie :

Jean-Luc Marion est un philosophe catholique et académicien français né le 3 juillet 1946, disciple du théologien Hans Urs von Balthasar. Ancien élève de Jean Beaufret, de Ferdinand Alquié et de Jacques Derrida (École normale supérieure, 1967-1972), il est spécialiste de Descartes et de phénoménologie. Sa philosophie est emblématique de ce que Dominique Janicaud a nommé le « tournant théologique de la phénoménologie française ». Certains le présentent déjà comme un nouveau Jean Guitton.

Ajouter des informations
étiquettes
Videos et interviews (11) Voir plusAjouter une vidéo
Podcasts (4) Voir tous


Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Alzie   07 mai 2014
Courbet ou la peinture à l'oeil de Jean-Luc Marion
Comment la peinture qui semble une représentation, pourrait-elle donner lieu à la grâce d'une présence ?
Commenter  J’apprécie          121
Kirsikka   31 octobre 2015
Le Phénomène érotique : Six méditations de Jean-Luc Marion
Le moi irait de soi - il irait même de soi jusqu'à soi ; le retour à soi réunirait le point de départ et la fin du parcours ; le solipsisme de la conscience assurerait sans transition l'autonomie, jusqu'à l'amour de soi.

Sur ce point, la sagesse des philosophes reçoit - pour une fois - une confirmation de la sagesse populaire. Elle prétend aussi atteindre cet unique idéal : je n'y aurais pas de plus grand devoir que de prendre soin de moi, en gérant la satisfaction de mes désirs, la santé de ma chair, la sérénité de mon psychisme, bref en m'élaborant les conditions de vie qui me fassent survivre à l'interrogation "à quoi bon ?", voire qui la rendent ridicule, à son tour vaine. Je dois prendre soin de moi ("take care !"), parce que, admet-on implicitement, nul ne le fera à ma place, ni se se souciera de moi ("who cares ?"). Dès lors, ce soin de soi par soi devient strictement un devoir moral ("charité bien ordonnée commence par soi-même"), faute duquel on compromettra tout autre devoir envers quiconque ; car, par ma faute, je serai passé par pertes et profits ("au temps pour moi", "chacun pour soi"). Les moyens mis à disposition d'une telle éthique ne manquent pas ; et quand ils manquent - si je ne parviens pas à me me satisfaire directement de moi-même -, il s'en trouve encore de substitution. Ainsi le mimétisme social met-il toujours en scène d'autres que moi (d'autres moi que moi), des idoles (les bien nommées), plus heureux que moi et dans la gloire desquels je pourrai indirectement m'aimer moi-même, telle qu'ils prétendent la réaliser ; il me suffira d'imiter tangentiellement leurs exemples - et pourquoi n'y parviendrais-je pas, à force de mensonges à moi-même ? Pour répondre à la question "m'aime-t-on - d'ailleurs ?", il suffirait de me conformer à l'image que tous aiment, afin que tous m'aiment fantastiquement et, à la fin, que moi aussi, par procuration, je finisse par m'aimer. La socialisation anonyme de la question assurerait sans transition l'amour de moi.

Fort de ce consensus, pourquoi aurais-je encore besoin d'un autre pour m'aimer et m'assurer que je le suis, puisque je me serais aimé ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          81
Kirsikka   13 décembre 2015
Le Phénomène érotique : Six méditations de Jean-Luc Marion
On prétend souvent que Dom Juan et Sganarelle voient le même autrui, mais de deux regards différents - l'un avec le fantasme du désir, l'autre avec la neutralité du bon sens. A tort, car ils voient deux phénomènes différents. L'amant, et lui seul, voit autre chose, une chose que personne d'autre que lui ne voit - précisément plus une chose, mais, pour la première fois, tel autrui unique, individualisé, désormais arraché à l'économie, dégagé de l'objectivité, dévoilé par l'initiative d'aimer, surgi comme un phénomène jusqu'alors invu. L'amant, qui voit en tant qu'il aime, découvre un phénomène vu en tant qu'aimé (et autant qu'aimé). A l'inverse, Sganarelle ne voit rien de cet autrui, et ne raisonne contre Dom Juan que parce qu'il rétablit la raison, dont l'amant vient de prendre congé. En rétablissant précisément l'économie, Sganarelle compare objectivement les qualités et les défauts de ce qu'aime l'amant avec d'autres aimables possibles ; il calcule à nouveau les bonnes et les mauvaises raisons, les gains et les pertes ; et la raison ne réapparaît que pour justifier ou disqualifier une possible réciprocité, une justice rétributive.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Ravi   16 août 2015
Prolégomènes à la charité de Jean-Luc Marion
L'enfer, c'est l'absence de tout autre
Commenter  J’apprécie          90
Alzie   30 avril 2014
Courbet ou la peinture à l'oeil de Jean-Luc Marion
Ce titre de réaliste m'a été imposé comme on a imposé aux hommes de 1830 le titre de romantiques. Les titres en aucun temps n'ont donné une idée juste des choses ; s'il en était autrement, les oeuvres seraient superflues.

Gustave Courbet
Commenter  J’apprécie          50
Alzie   28 avril 2014
Courbet ou la peinture à l'oeil de Jean-Luc Marion
Car le peintre ne reproduit rien qui serait déjà visible : par excellence, quand il atteint son rôle, il impose un nouveau visible à la visibilité. En ce sens, il ne cherche pas, il trouve.
Commenter  J’apprécie          50
InsulaDulcamara   08 juin 2008
Le Phénomène érotique : Six méditations de Jean-Luc Marion
Dans l'amour je pars en déséquilibre avant et je n'évite la chute qu'en allongeant la foulée [...], donc en rajoutant à mon déséquilibre. (pp.143-4)
Commenter  J’apprécie          40
InsulaDulcamara   08 juin 2008
Le Phénomène érotique : Six méditations de Jean-Luc Marion
Comme une guerre éclate sans raison, par déflagration et transgression de toutes les bonnes raisons, l'amant fait éclater l'amour. Il déclare son amour, comme on déclare la guerre - sans raison. C'est-à-dire parfois, sans même prendre le temps et le soin d'en faire la déclaration. (p.136)
Commenter  J’apprécie          30
enkidu_   20 octobre 2016
Dieu sans l'être de Jean-Luc Marion
Tout silence qui reste inscrit dans la banalité, dans la métaphysique, et même dans l’Être/étant, voire dans une théologie oublieuse des noms divins, n’offre que des idoles muettes. Il ne suffit pas de se taire pour échapper à l’idolâtrie, puisque, par excellence, l’idole a en propre de se taire ; et donc, de laisser les hommes se taire quand ils n’ont plus rien à dire – pas même des blasphèmes. Le silence, qui convient au Dieu qui se révèle comma agapè dans le Christ, consiste à se taire par et pour l’agapè : concevoir que si Dieu donne, dire Dieu impose de recevoir le don, et – puisque le don n’advient que dans la distance – à le rendre. Rendre le don, jouer en redondance la donation impensable, cela ne se dit pas, mais se fait. Alors seulement peut renaître le discours, mais comme une jouissance, une jubilation, une louange.



Plus modestement, le silence qui convient à Dieu impose de savoir s’en taire, non par agnosticisme (le surnom poli de l’athéisme impossible), ni par humiliation, mais simplement par respect. Même contre soi, il faut reconnaître que, si nous n’aimons pas assez l’agapè pour la louer, nous devons au moins préserver cette impuissance comme la trace d’un possible. Et garder notre silence comme un trésor, encore pris dans la gangue qui en offusque la splendeur, mais n’en protège pas moins le futur éclat. Ce silence-là, et nul autre, sait où il se trouve, qui il tait, et pourquoi il doit, un temps encore, préserver une décence muette – pour se libérer de l’idolâtrie.



Si nous parvenions à entrevoir ne fût-ce que l’esquisse de ce par où l’agapè excède tout (et l’Être/étant), alors notre silence pourrait nous faire devenir, un peu, des « envoyés… annonciateurs du silence divin »(1).



(1) Denys, Noms Divins, IV, 2, P.G., 3, 696 b. (pp. 154-155)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Ravi   25 mai 2013
Dieu sans l'être de Jean-Luc Marion
L'enfer, ce n'est pas les autres, c'est l'absence de tout autre.
Commenter  J’apprécie          40

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

Voyage d'hiver... Schubert et compagnie

Entrons dans la musique : En quelle année Franz Schubert a-t-il composé le Voyage d'hiver?

1797
1827
1857
1887

7 questions
10 lecteurs ont répondu
Thèmes : musique romantique , essai , romanCréer un quiz sur cet auteur

.. ..