AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.5 /5 (sur 109 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Sétif (Algérie) , le 28/04/1949
Biographie :

Jean-Noël Pancrazi est un écrivain français.

Ce romancier d'origine corse est né en Algérie, pays qu'il quitte avec ses parents en 1962 après l'indépendance pour s'installer en métropole à Perpignan, puis à Paris.

Son premier roman, "La Mémoire brûlée" paraît en 1979 aux Éditions du Seuil. Suivront "Lalibela ou la mort nomade" (1981), "L'Heure des adieux" (1985) et "Le Passage des princes" (1988).
"Les Quartiers d'hiver", publiée en 1990 obtient le prix Médicis. Pancrazi poursuit son exploration du monde de la nuit avec "Le Silence des passions" (1994) couronné par le prix Valery-Larbaud, le prix du Livre Inter, le prix Maurice-Genevoix, et le prix Albert-Camus. Il rend hommage à son père, qui a fini ses jours en Corse, dans "Long séjour" (1998, prix Jean Freustié), puis à sa mère, dans "Renée Camps" (2001). Ces trois livres composent "une trilogie de mémoire familiale".

Dans "Tout est passé si vite" (2003, grand prix du roman de l'Académie française), il fait le portrait d'une femme éditrice et écrivain, dont il est l'ami et qui est atteinte d'un cancer.

Ses séjours en Haiti et en République Dominicaine lui inspirent deux romans : "Les Dollars des sables" (2006) et "Montecristi" (2009), où il dénonce un scandale écologique.

Dans "La Montagne" (2012 ), il affronte un souvenir qu'il a longtemps gardé secret : la mort de six petits camarades assassinés dans la montagne pendant la guerre d'Algérie. Le texte est récompensé par le prix Méditerranée, le prix Marcel-Pagnol et le prix François-Mauriac de la région Aquitaine.

Dans "Indétectable", roman paru en 2014 (Gallimard), il raconte la vie de Mady, d'origine malienne, sans papiers à Paris depuis dix ans.

Il a reçu le grand prix de la Société des gens de lettres (SGDL) pour l'ensemble de son œuvre.

Depuis 1999, il est membre du jury du prix Renaudot.

Jean-Noël Pancrazi est chevalier dans l'Ordre du Mérite et chevalier de la Légion d'Honneur.

+ Voir plus
Ajouter des informations
étiquettes
Videos et interviews (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de
« Cela faisait plus de cinquante ans que je n'étais pas revenu en Algérie où j'étais né, d'où nous étions partis sans rien. J'avais si souvent répété que je n'y retournerais jamais. Et puis une occasion s'est présentée : un festival de cinéma méditerranéen auquel j'étais invité comme juré à Annaba, une ville de l'Est algérien, ma région d'origine. J'ai pris en décembre l'avion pour Annaba, j'ai participé au festival, je m'y suis senti bien, j'ai eu l'impression d'une fraternité nouvelle avec eux tous. Mais au moment où, le festival fini, je m'apprêtais à prendre comme convenu la route des Aurès pour revoir la ville et la maison de mon enfance, un événement est survenu, qui a tout arrêté, tout bouleversé C'est le récit de ce retour cassé que je fais ici. » J.-N. P. Jean-Noël Pancrazi est l?auteur de nombreux romans et récits, parmi lesquels "Les quartiers d?hiver", "Tout est passé si vite", "Madame Arnoul" et "La montagne".
+ Lire la suite
Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
palamede   10 juin 2018
La montagne de Jean-Noël Pancrazi
... il était un combattant de l’autre bord, au cœur inaccessible ; juste peut-être — au moment où son regard se voilait un peu — cette forme de tristesse qu’avaient parfois les vainqueurs quand ils se demandaient si ça valait la peine d’être allé aussi loin dans la guerre, en sacrifiant même des enfants ; ...
Commenter  J’apprécie          420
araucaria   02 décembre 2013
Madame Arnoul de Jean-Noël Pancrazi
Il y avait une telle peine dans le cimetière, le surlendemain, alors qu'on descendait en terre les cercueils où reposaient mes camarades dans les chaussons blancs et les tuniques bleues qu'ils auraient dû porter, quelques jours plus tard, pour la fête sportive du lycée. Avant qu'on ne les refermât, j'avais contemplé leurs visages aussi calmes que l'après-midi où, exténués par les répétitions des figures d'athlétisme, ils s'étaient endormis près de leurs cerceaux, sur les tapis en linoléum du gymnase encerclé par la tempête de sirocco. Ils paraissaient soudain si sages, les élèves de la 6eS, dont on disait qu'ils étaient les plus turbulents du lycée (...)
Commenter  J’apprécie          300
Harioutz   26 juin 2018
Je voulais leur dire mon amour de Jean-Noël Pancrazi
Et puis, soudain, le coup de téléphone dans la chambre. C'était l'adjoint du commissaire du festival chargé de la Sécurité. Il me demandait de descendre immédiatement dans le hall.

Il était là, au milieu, très grand, très droit, sans traits.

- Vous devez partir ... prendre l'avion avec nous à vingt-deux heures.

- Pourquoi ?

- C'est un ordre.

- Quel ordre ?

- Un ordre ...

- Pourquoi ? ... Dites-moi au moins pourquoi ...

Il commençait à tourner comme s'il ne savait comment raréfier l'espace autour de moi.

- Vous ne pouvez pas rester ici ...

- Je ne bougerai pas ... Je resterai en Algérie.

- Impossible.

- Je suis libre ... J'ai un visa pour un mois.

- Non, il n'est valable que pour la durée du festival ... Il est déjà périmé ...

- J'ai un billet d'avion pour la semaine prochaine.

- Qui vous l'a donné ?

- La jeune fille du festival qui s'occupait des billets.

- Elle n'avait pas le droit ... De toute manière, il n'est pas payé ... Il n'a aucune valeur ... Ce n'est qu'un bout de papier ...

Tous ces mensonges, cette mauvaise foi qui me faisaient si mal et me donnaient envie de mourir comme si je n'avais plus de lieu pour respirer, me tourner, recommencer.

- Je m'en vais à Batna demain matin ... Tout est prêt ... Des amis algériens m'attendent pour m'y emmener ...

- Vous ne pourrez pas ...

- Pourquoi ?

- La police vous arrêtera à la sortie d'Annaba.

- J'irai à Batna ... Personne ne m'en empêchera ... C'est ma ville ...

Je le répétais, je le criais, comme si on pouvait m'entendre de là-bas, comme si les rues en souvenir pouvaient venir me chercher et me prendre avec elles.

- C'est pour cela que je suis revenu ... On m'avait promis que je pourrais y aller après le festival ... On avait fait un accord ...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
araucaria   27 août 2014
La montagne de Jean-Noël Pancrazi
La ville s'éloignait. Je me retournais pour voir la montagne; on ne la distinguait pas vraiment : la vitre arrière était pleine de poussière et de larmes; la montagne était là, pourtant, pendant des kilomètres, même quand on roulait dans une autre plaine, qu'on passait dans une autre région; je la verrais de la mer, du pont du bateau à travers les feux, le halo des derniers incendies des champs, des entrepôts et des maisons qu'on avait préféré détruire en partant, dans l'emportement, la politique de la terre brûlée.
Commenter  J’apprécie          240
araucaria   04 décembre 2013
Madame Arnoul de Jean-Noël Pancrazi
Plus personne ne traversait la cour. Mais un après-midi, le battant du porche, avec sa "serrure spéciale" cassée qui menaçait de se décrocher à chaque saccade de vent, grinça. C'était Mohammed Khair-Eddine qui s'avançait, à la fois gêné et rayonnant d'orgueil comblé. Malgré la fournaise de juin, il portait à même la peau le pull-over à losanges jaunes et noirs que je lui avais donné le soir où il était venu travailler à la Maison. Il ne me dit rien d'abord, se contenta de sortir de sa poche et de me tendre, pour que je la garde, une photographie : nous étions côte à côte, devant le portail de l'école, un matin où il commençait à neiger sur les Aurès. "Avec qui je vais me battre maintenant?..." me dit-il avec une lassitude qu'il n'arrivait pas à rendre ironique, comme s'il avait escompté que notre antagonisme amical durerait toute la vie.
Commenter  J’apprécie          230
araucaria   10 janvier 2014
Long séjour de Jean-Noël Pancrazi
Tirant sur la poche de sa veste pour la défroisser et se préparer à les accueillir, il répétait avec une telle conviction qu'ils allaient venir, que je m'attendais à les voir monter le grand escalier de la Maison Eugénie. Les morts, alors, devenaient plus vivants que les vivants; et il me semblait, à mon tour, que ressuscitaient tous ceux que j'avais aimés, qu'ils emplissaient, peu à peu, le couloir du long séjour et venaient m'entourer avec le calme sombre d'une foule s'apprêtant à embarquer un après-midi d'hiver, certains s'appelant de loin en loin pour ne pas se perdre ou se promettre de se garder une place pour faire ensemble la traversée.
Commenter  J’apprécie          230
fanfanouche24   01 juillet 2014
Corse de Jean-Noël Pancrazi
Elle ne serait plus, la maison, pensais-je en partant, qu'un lieu de passage où l'on viendrait, seul, chercher ou vérifier un souvenir avant qu'elle ne disparût sous les herbes, les lauriers sauvages, aussi hauts que des arbres, les troupeaux perdus, les neiges, la rouille, les orages de septembre, les boules de pins incendiées et projetées par le vent: les pierres aussi demandaient de temps en temps à être regardées et aimées. (p.52)
Commenter  J’apprécie          220
araucaria   01 décembre 2013
Madame Arnoul de Jean-Noël Pancrazi
Notre amitié, presque silencieuse, déplaisait car nous donnions l'image d'une solidarité qui n'était pas de mise. Aussi le sous-directeur convoqua ma mère pour s'indigner que je préfère la compagnie des musulmans à celle des Européens. Elle s'était aussitôt écriée qu'il était indigne pour un éducateur d'avoir de tels préjugés. sa tolérance s'approfondissait à mesure qu'on la ruinait autour d'elle.
Commenter  J’apprécie          220
araucaria   28 novembre 2013
Madame Arnoul de Jean-Noël Pancrazi
J'avais toujours hâte que le dîner se terminât car ce serait neuf heures et demie, le moment où elle se postait, comme moi, derrière une fenêtre pour regarder apparaître, au-dessus des collines d'oliviers, le D.C.3 de la compagnie Air Algérie dont les ailes miroitaient sous les sillons d'huile et les plaques de sable qui s'étaient incrustées sur la tôle au cours de l'escale de Biskra. En descendant, il rasait de si près les maisons que les roues paraissaient devoir arracher une part de toit ou de balustrade. Les hublots étaient si éclairés et proches qu'on pouvait distinguer les visages des passagers luxueux qui revenaient de Métropole (...)
Commenter  J’apprécie          202
araucaria   21 décembre 2014
Tout est passé si vite de Jean-Noël Pancrazi
"Vous avez toujours été la plus fidèle, la plus courageuse", lui disait-il doucement, quand elle arrivait tout près de lui. Il cherchait, par réflexe, sur son poignet, pour le rattacher, le fermoir du bracelet, mais elle ne le portait plus, sa main était devenue trop petite, trop maigre; il aurait flotté, glissé de lui-même. "Je serai là, toujours... où que vous soyez...", lui disait-il, en lui prenant les épaules, "je continuerai à vous suivre... - A me lire aussi?" lui demandait-elle, avec sa candeur inquiète de toujours. "Oui, lui disait-il, heureux que rien n'ait changé pour elle, de rester son premier lecteur... Je vous le promets."
Commenter  J’apprécie          200
Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

Triangles amoureux: on recherche le troisième point.

Carmen, Don José, ...

Almaviva
Catherine
Christian
Escamillo
Forcheville
Lancelot
Mathilde de La Mole
Santos Iturria

16 questions
63 lecteurs ont répondu
Thèmes : triangle amoureux , littérature , théâtre , opéra , cinemaCréer un quiz sur cet auteur
.. ..