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Note moyenne 3.87 /5 (sur 70 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1926
Mort(e) à : Oppède , le 21/09/2011
Biographie :

Jean-Paul Clébert est un écrivain français, né en 1926 à Paris, et décédé le 21 septembre 2011 à Oppède dans le massif du Luberon où il vivait depuis 1956.

Après avoir suivi ses études dans une institution religieuse, il rejoint la Résistance française en 1943, il a 16 ans. Après la libération, il passe six mois en Asie puis revient en France. Il mène alors une vie clandestine dans l´univers des clochards, ce qui lui inspire son premier essai « Paris insolite » qu'il dédie à ses compagnons de dérive Robert Giraud et Robert Doisneau.

Il passe encore quelques années dans la capitale où il fréquente les derniers surréalistes et le premier groupe des situationnistes (lire à ce propos Les bouteilles se couchent de Patrick Straram, éditions Allia, 2006) qui aimaient se retrouver dans certains cafés de Saint-Germain-des-Prés) avant de se retirer en 1956 dans le Luberon. Il s´intéresse alors à l´histoire du Sud de la France et de la Provence (il obtient en 1988 le prix littéraire de Provence pour l'ensemble de son œuvre sur cette région).
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Source : Wikipédia
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Jean Paul Clébert : Les hauts lieux de la littérature en Europe
Olivier BARROT présente une collection de guides de chez Bordas dont "Les hauts lieux de la littérature en Europe".
Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
moravia   30 juin 2018
La vie sauvage de Jean-Paul Clébert
En flânant sur les routes, on commence par siffloter, chantonner, boire ou manger des yeux, marmonner et monologuer. Puis la fatigue aidant, et les bornes poussant bout à bout, les guiboles et les paturons se mettent à javasser, à faire parler d'eux (très vite même, on n'entend plus qu'eux), à choisir arbitrairement le rythme ou la direction. Avec la faim et la soif, la gorge se sèche, la langue balaie la moustache, le trou du ventre commande toutes les réactions et les commentaires. Avec le froid, la pluie et les intempéries, la peau se hérisse, se granule, les dents s'agitent et claquent.
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moravia   04 juillet 2018
La vie sauvage de Jean-Paul Clébert
Mon amerloque plus mouillé de rhum qu'un baba semblait parfaitement à l'aise dans cette bringaille. Tenant assise sur ses genoux la gourgandine, il tentait sans vergogne de délivrer son plantoir à moufflets. Tandis que la fille, voulant sa part de plaisir, lui faisait les poches.
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moravia   09 août 2015
Paris insolite de Jean-Paul Clébert
Mais quand on a choisi sciemment ce genre d’existence, ce modus vivendi, qu’on a dit merde une bonne fois pour toute à l’avenir, qu’on a refusé de prendre une assurance vieillesse (avec auparavant un boulot à la chaîne, semaine de quarante-huit heures plus la vaisselle et le bricolage de rabiot, distractions dominicales et familiales, rides précoces et rien vu du monde que le mur d’en face et de filles que celles de la concierge, et après la retraite, logement deux-pièces, dans nos meubles à nous, belote tremblotante et pue du bec avant qu’on t’enterre toi et la vie que tu as failli avoir, veau mort-né) évidemment on n’a guère le droit de gueuler contre la faim, c’est le jeu, et à chaque fois que ça m’arrive, je la boucle, je tais mes commentaires, j’évite la compagnie des bien nourris, je rejoins les copains qui savent à quoi s’en tenir et qui eux aussi parlent d’autre chose.

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TerrainsVagues   30 décembre 2018
Paris insolite de Jean-Paul Clébert
Une fois de plus, il s'agit de passer quatre, cinq mois d'hiver à l'intérieur de Paris, l'immense caravansérail des désespoirs et des miracles quotidiens, d'y trouver chaque jour de quoi manger et boire son content, le substantiel, et chaque nuit un asile tranquille, au sans-souci, tout en y menant bien sur vie joyeuse et pleine.

Et je rigole parce que pour le flic qui réglemente la circulation, je suis un vagabond qui rentre au port, la gueule râpeuse, les épaules voutées, la canadienne crasseuse, la musette vide, et une récente levée d'écrou en poche..

Et je vais y écrire un livre!



(…)





Parvenu au Pont Neuf, peu importe l'heure tardive, je suis chez moi, au cœur de mes appartements, je m'assieds sur un divan de pierre, je fume une cigarette. C'est le départ d'un nouveau voyage, tout aussi fructueux et excitant, dans les dédales de la capitale de tous temps mystérieuse, dans les bas-fonds, sous les toits, le Paris interdit au public, le Paris à l'envers.
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moravia   19 juillet 2018
La vie sauvage de Jean-Paul Clébert
- C'est con, dit-il, j'ai pas de nouvelles d'Alfredo. Il devait me trouver une placarde à la Shell-Berre, un job de première. S'il me laisse tomber, j'ai plus qu'à revenir chez mon ancien patron de Lyon, un salopard. Et puis moi, les gonzesses de là-bas, je les encadre pas. Elles puent la brouillasse et la blanchisserie. J'en ai ma claque de ce turbin. Quinze cent bornes deux fois la semaine, tu parles d'un manège...
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moravia   29 juin 2018
La vie sauvage de Jean-Paul Clébert
Les touffes d'air chaud ont tendance, paraît-il, à monter. Ainsi, au ras du sol, la cave ramassait-elle les divers effluves qui caractérisent l'homme en liberté, et les poussait sous la voûte, où ils stagnaient. A hauteur de mes narines, tournoyait lentement un tourbillon d'odeurs fortes, curieux mélange où se reconnaissaient la sueur, la crasse, la mangeaille, la graisse, le linge sale, les parties nobles et le fondement, le dégueulis, le salpêtre et le champignon cavernicole, l'humus, le suif, et une pointe d'ailloli de présence insolite. Le tout éclairé d'une douzaine de flammes mollasses et fumeuses qui s'évadaient de bougies immenses d'origine ecclésiastique. Cierges brûlés là sans dévotion à tous les saints de l'enfer.
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oran   08 novembre 2017
Carpentras de Jean-Paul Clébert
L’étymologie de berlingot a suscité des hypothèses diverses. Mistral lui donne pour origine l’osselet avec lequel jouaient les enfants et dont notre bonbon a pris la forme. D’autres linguistes l’ont cherchée dans l’italien berlingozzo. Plus pittoresque est celle que l’on va chercher dans le nom du pape Bertrand de Got, alias Clément V, qui résida à Carpentras., y manifesta un goût particulier pour les gourmandises. Ce serait au cours d’un de ses célèbres banquets qu’aurait été inventé cette friandise. Le maître-queue du nom de Sylvestre, ayant confectionné un flan caramélisé, se trouva avec une quantité de sirop non utilisé. Il eut alors l’idée de recuire ce caramel en l’additionnant de menthe et de citron, puis de façonner cette nouvelle pâte en forme de bâtonnets qu’il offrit au prélat avec ces mots « Honneur à Bertrant de Got, à découper avec des ciseaux d’or ». Le pape goûta et goûta fort cette sucrerie insolite. Et accepta qu’elle portât son nom que la tradition transforma peu à peu en berlingot.
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moravia   27 juillet 2018
La vie sauvage de Jean-Paul Clébert
Après les diverses formalités habituelles, marche en rang et vestiaire où l'on omit de me donner comme il se doit un numéro, nous fîmes notre petite séance de nu intégral, étalant à nos pieds les merveilles du contenu de nos poches et tâchant de subtiliser aux yeux glauques du gâffe de service les menus objets qui aident à la détention : allumettes, grattoir, mégots et lames de rasoir. Puis, à grands jets de fly-tox géants qui nous saupoudrèrent les parties et la raie des fesses d'un nuage de talc blanc, on nous fit cavaler le long d'un couloir.

Comme toutes les prisons modernes, les Baumettes présentent au touriste un sinistre aperçu de ville future. Ce ne sont que salles contreplaquées de fer, escaliers métalliques, trois quatre étages bordés de balcon à tubulures donnant sur un paysage intérieur et portes lourdes de cages dont les verrous claquent comme des coups de feu.
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moravia   07 juillet 2018
La vie sauvage de Jean-Paul Clébert
Je restai une quinzaine avec eux, à tapisser les chaises, à recoller faïence et porcelaine, à boucher des fonds de marmites, à torcher des balais, à déraciner des légumes dans les jardins en plein jour, à bouffer des choux-fleurs en fleurs, essayant de tirer le tarot avec José, racontant des histoires à sa légitime. Faisant l'amour au soleil avec ma bécassine qui était bête à me faire pleurer mais faite au moule, avec des vices et des ingénuités à me rendre tout chose, des nichons balourds et conséquents, un appétit incroyable sauf quand aux choux-fleurs, et une croupe onduloyante qui m'obligeait à marcher de préférence devant elle si je ne voulais pas trop souvent l'emmener cueillir des mûres derrière les buissons. Et à qui, en échange de tant de dons, j'essayais d'apprendre à se laver. Ça ne sert à rien, disait-elle, puisqu'on recommence après.
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moravia   20 juillet 2018
La vie sauvage de Jean-Paul Clébert
Pullulaient les araignées, faucheuses ou sauteuses, qui pour la plupart ne tissaient pas de toiles mais nous couraient désagréablement sur l'haricot. Un vieil instinct nous les faisait chasser, alors qu'indifférents nous contemplions la présence de chétifs longicornes, abeilles perce-bois, charançons pique-oreilles, punaises puantes, scolopendres mille-pattes et cloportes crustacés. Sans compter diverses races de fourmis qui s'entrecroisaient. Le tout parfaitement immangeable.

Restaient les champignons. Mais autour de la cabane ne se trouvaient évidemment que lactaires visqueux, volvaires gluantes et amanites citrines. De belles couleurs en vérité. Pour trouver mieux, il fallait cavaler à travers les ronciers des heures durant, sous la sempiternelle ondée. Encore ne trouvais-je que bolets raboteux que je n'osais rapporter. Le Gitan, plus averti que moi des ressources de la nature, cueillait des espèces dont le seul aspect évoquait en moi l'ipéca. Il avait beau me les nommer en dialecte manouche, j'attendais deux ou trois heures après son ingestion pour y tâter du bout des lèvres. J'aurais nettement préféré mâcher des écorces de bouleau. Ce n'étaient que russules palomets ou charbonniers, coprins parapluie, pleurotes huitrées et amanites grisettes. Que mon rabouin faisait réduire à petit feu dans sa boîte. Bouillie glougloutante qu'il touillait d'une badine, où je voyais, sans effort, un ragoût de sorcière.
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