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Citations de Jean-Paul Guibbert (13)


Nous abîmez alors dans la louange…


Extrait 6

L’amie est dans le rêve,
Dans les voiles d’oubli, de marche et de grand vent.
Son âme est un vaisseau
(Le corps aux isthmes où l’on aborde).
Ma peur, je crie vers les collines de chaleur,
Les servitudes des arbres et des fontaines,
Les sentiers noirs, le miel des rives ;
Pour qu’elle aborde en ces contrées.


O ma douleur d’être avec toi sur cette lame de vie
Et décriés comme au néant de l’être nous serons
Et morts dans l’âme de survivre
Et de naître si violemment à chaque saison de toi.
(Mémoire)
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...
LE POÈME EST UN TISSU DE BRUMES
à l’envers du renoncement.
Nous nous éloignons, puis la forme
nous rejoint ou s’efforce de nous reprendre.
Alors nous savons
que nous ne sommes pas abandonnés
et que le temps égale si peu la durée
qu’il en sera ainsi
jusqu’au dernier jardin possible.

Un arbre nu dans la lumière,
un champ ouvert,
nous prient de demeurer
pour ce qui venant de plus loin que l’aube
depuis l’aube vient au-devant de nous.
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Nous abîmez alors dans la louange…


Extrait 5

Ou lorsque vous baisez ma bouche un long temps
Avant les pièges de la nuit,
Que mon sommeil en est séduit
(Les nuits d’obscur sont nos bonheurs)
Que d’enfants blondes et de lèvres
Sur le bateau de cette nuit.
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     Tombe de jeune homme

Je fus l’enfant très aimé des habitudes et des

routines. J’ai connu l’amour de ma mère et

d’autres femmes peu, une seule peut-être

  reste à rêver aux larmes que j’ai laissé

       glisser sous mes paupières

La vie me fut douce et absente, la mort

aura rongé avant longtemps mon visage de

  miel ; je relis à l’envers les phrases de

       mes maîtres, je suis libre.

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Nous abîmez alors dans la louange…


Extrait 4

Infante, ma maison est blanche dans le bleu,
Votre main si futile a dérouté les langues de la mort.
De ma fenêtre enracinée je vois les filles dans le soir,
Leurs pieds sanglés de cuir et leurs robes qui glissent
  sur le flanc des chevaux ;
Et la fin qui me guettent en ma tour vers l’obscur
Et votre main légère qui demande mon bras pour le
  repas du soir.
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Nous abîmez alors dans la louange…


Extrait 3

En silence le vase identifie la salle
Et les murs sont ténèbres et vastes et vénéneux,
L’air a cette moiteur des robes en été
(Irrespirables et douces)
Et quelle effroi d’avoir opté pour l’infante,
D’avoir neigé pour elle,
Et de l’avoir lavé avec l’eau des sources domestiques.
Nous sommes en vos bras, grand favori, grand échanson,
Celui qui tend les bras et déchire la robe.
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Nous abîmez alors dans la louange…


Extrait 2

Je fus il y a longtemps abordé et fidèle,
Aujourd’hui à ma porte,
Lorsque sont devant moi les ténèbres du soir,
Je ne sais rien sinon l’espace de ma chair
Et sur des mains absentes les traces de mes mains ;
Et souvent aux degrés la brise de passage
Laisse un passé de sel, une trace de pas
Et le poids de ton corps, l’orgueilleuse mémoire
De mon geste à tes reins.
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Nous abîmez alors dans la louange…


Extrait 1

Nous abîmez alors dans la louange de vos gestes,
Ainsi, afin de demeurer,
Car la face de dieu toujours dans l’ombre persévère.

Les traces de vos pas m’ouvrent un chemin serein,
Jamais le corps ne fut un si grand risque.
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Stèle d’une courtisane

Toutes mes portes furent ouvertes, forcées à

cris, ou larmes, ou plaisirs, tous mes anneaux

sans clefs furent ouverts. Il ne resta qu’une

habitude de plaisir, d’autres plaisirs, rien qui

ne fût ensemble de plaisirs. Ma mémoire

sera dans l’oubli. Ainsi fut désirée ma fin,

mais les dieux seuls savent vers quoi je

marche. Il ne reste de moi que quelques fleurs

éparses, peu de larmes pour mon bûcher.

Ici cette beauté que je ne voile pas et sur ma

chair de marbre cette pâleur que je conserve.

   J’ai ordonné ainsi que l’on colore la

       pupille de mes yeux verts

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Nous avancions…


Nous avancions,
la parque noire nous guidait
entre les sites pauvres des images,
passée la grille qui fut fermée derrière nous
comme au soir,
sur les demeures larges de la mort.

L’ombre que nous jetions est fidèle et fragile
et cet intime espoir éclaire notre marche.

Ici sur le linteau, la place d’une main
dont les gestes ont tracé le salut,
le signe sobre de l’adieu.

Nous passerons ainsi du temple de la voix
au temple du silence
et rien jamais plus ne pourra briser
l’idée errante qui hésite et vacille.
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Voix ailée et vaine de Béatrice


Extrait 2

Et tu viendras,
Dans ces allées où mon cœur saigne à chaque pas,
Mes bras seront d’une autre nuit, d’un autre ciel,
Et nos embrasements parmi les arbres morts
Seront d’une autre terre, d’un autre temps.

Et nos arbres et nos bras déchirés vers le ciel
Et les ronces d’enfance et les baies dans nos mains.

Car dans la nuit de notre peur,
Tu aimes avec des larmes dans la voix
Et la douleur qui est la tienne est sans raison
Et le jeu adorable de l’amour que tu donnes
Est sans raison.
Et toujours je me laisse réduire par ta voix,
Toujours au même ventre je suis grande prêtresse
Et servante de roi.
Et la blessure que tu fais a la violence des saisons
Mais le temps après la blessure est une lente floraison.
Une descente au monde bas
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Stèles d’un mystique étranger


Celui qui dort ne dort pas, celui qui meurt
ne meurt pas. Passant qui passe, ne passe
pas, n’éveille pas, ne recherche pas
mes trois âmes !
Observe le milieu du monde, entrouvre
délicatement les gouttes de ce jour, enlève
les fruits en secret, garde-les dans tes mains
fermées et garde-toi. Fais de ton doigt
posé le signe de te taire et tu mourras
ainsi comme nous tous.
Je souhaite ta louable tristesse, la compassion
inutile sur ton visage obtus, enfin la
grâce ultime de n’avoir rien saisi de
mon enseignement dérisoire.
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Voix ailée et vaine de Béatrice


Extrait 1

Je l’aimais,
Les jours n’étaient que des escales
Sur des îles de fond de mer
Et la lumière de la nuit était celle du fond des eaux
Et nos corps étaient des vaisseaux.

Le lent et perpétuel voyage de nos mains :
Nos découvertes.


Franchi le lieu des eaux et des racines,
Perdue la tige et les corolles consacrées,
Je perdais pied,
Lorsqu’au lointain, à la lisière du lointain,
Dans les lentes contrées,
M’apparurent les grands arbres.

Alors me vint l’odeur des feuilles et du sang
Et les gestes de l’Obstiné.
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