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Note moyenne 4 /5 (sur 46 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Sauve, Gard , le 06/03/1755
Mort(e) à : Sceaux, Hauts de Seine , le 13/09/1794
Biographie :

Jean-Pierre Claris de Florian est un auteur dramatique, romancier, poète et fabuliste.

Il perd sa mère très jeune, probablement à l'âge de deux ans. Familier du château de Sceaux, il est protégé de Voltaire (son oncle).

Élève de l'école royale d'artillerie de Bapaume, il sert dans le régiment des dragons de Penthièvre.
Il devient gentilhomme ordinaire de la cour du Duc à Paris et s'adonne à sa passion, la poésie.

En 1779, il publie sa première comédie écrite sur le mode des comédies italiennes ("Les Deux Billets"). En 1780, il fait jouer "Jeannot et Colin", pièce inspirée du conte de Voltaire. En 1782, il publie un poème satirique, "Voltaire et le serf du Mont-Jura".

Lauréat de l'Académie, le 6 mars 1788, Florian atteignit le sommet de sa gloire en y entrant, remplaçant le cardinal de Luynes. En 1792, il publie un recueil de 100 fables qui lui vaudront sa gloire posthume.

Florian a écrit, entre-autres plusieurs fables, presque aussi belles que celles de La Fontaine, des pièces de théâtre ainsi qu'une traduction de Cervantès.

Banni de Paris pendant la Révolution, il fut emprisonné sous la Terreur. En 1794, il est arrêté par le comité de sureté générale qui ne goûte guère son épitre dédicatoire de Numa Pompilius, écrit pour la reine Marie-Antoinette 8 années plus tôt.

Il échappera à la guillotine lors de la chute de Robespierre, puis relâché au 9 thermidor. Un an après il mourut des souffrances endurées pendant son emprisonnement, il avait alors 39 ans.

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Vidéo de

FLORIAN – Le fabuliste dans l'ombre de Jean de La Fontaine (Paris Inter, 1959) Émission « Poètes oubliés, amis inconnus » diffusée en 1959, sur Paris Inter, avec Philippe Soupault et Henri-Jacques Dupuy.


Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
Jean-Pierre Claris de Florian
Piatka   22 août 2014
Jean-Pierre Claris de Florian
PLAISIR D'AMOUR



Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,

Chagrin d'amour dure toute la vie.



J'ai tout quitté pour l'ingrate Sylvie,

Elle me quitte et prend un autre amant.

Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,

Chagrin d'amour dure toute la vie.



Tant que cette eau coulera doucement

Vers ce ruisseau qui borde la prairie,

Je t'aimerai, me répétait Sylvie ;

L'eau coule encor, elle a changé pourtant !



Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,

Chagrin d'amour dure toute la vie.
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Piatka   02 mars 2016
Fables de Jean-Pierre Claris de Florian
LE GRILLON



Un pauvre petit grillon

Caché dans l'herbe fleurie

Regardait un papillon

Voltigeant dans la prairie.

L'insecte ailé brillait des plus vives couleurs ;

L'azur, la pourpre et l'or éclataient sur ses ailes ;

Jeune, beau, petit maître, il court de fleurs en fleurs,

Prenant et quittant les plus belles.

Ah! disait le grillon, que son sort et le mien

Sont différents ! Dame nature

Pour lui fit tout, et pour moi rien.

je n'ai point de talent, encor moins de figure.

Nul ne prend garde à moi, l'on m'ignore ici-bas :

Autant vaudrait n'exister pas.

Comme il parlait, dans la prairie

Arrive une troupe d'enfants :

Aussitôt les voilà courants

Après ce papillon dont ils ont tous envie.

Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l'attraper ;

L'insecte vainement cherche à leur échapper,

Il devient bientôt leur conquête.

L'un le saisit par l'aile, un autre par le corps ;

Un troisième survient, et le prend par la tête :

Il ne fallait pas tant d'efforts

Pour déchirer la pauvre bête.

Oh! oh! dit le grillon, je ne suis plus fâché ;

Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.

Combien je vais aimer ma retraite profonde !

Pour vivre heureux, vivons caché.
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Jean-Pierre Claris de Florian
Piatka   24 octobre 2014
Jean-Pierre Claris de Florian
LES DEUX JARDINIERS



Deux frères jardiniers avaient par héritage

Un jardin dont chacun cultivait la moitié ;

Liés d'une étroite amitié,

Ensemble ils faisaient leur ménage.

L'un d'eux, appelé Jean, bel esprit, beau parleur,

Se croyait un très grand docteur ;

Et Monsieur Jean passait sa vie

A lire l'almanach, à regarder le temps

Et la girouette et les vents.

Bientôt, donnant l'essor à son rare génie,

Il voulut découvrir comment d'un pois tout seul

Des milliers de pois peuvent sortir si vite ;

Pourquoi la graine du tilleul,

Qui produit un grand arbre, est pourtant plus petite

Que la fève qui meurt à deux pieds du terrain ;

Enfin par quel secret mystère

Cette fève qu'on sème au hasard sur la terre

Sait se retourner dans son sein,

Place en bas sa racine et pousse en haut sa tige.

Tandis qu'il rêve et qu'il s'afflige

De ne point pénétrer ces importants secrets,

Il n'arrose point son marais ;

Ses épinards et sa laitue

Sèchent sur pied ; le vent du nord lui tue

Ses figuiers qu'il ne couvre pas.

Point de fruits au marché, point d'argent dans la bourse ;

Et le pauvre docteur, avec ses almanachs,

N'a que son frère pour ressource.

Celui-ci, dès le grand matin,

Travaillait en chantant quelque joyeux refrain,

Béchait, arrosait tout du pêcher à l'oseille.

Sur ce qu'il ignorait sans vouloir discourir,

Il semait bonnement pour pouvoir recueillir.

Aussi dans son terrain tout venait à merveille ;

Il avait des écus, des fruits et du plaisir.

Ce fut lui qui nourrit son frère ;

Et quand Monsieur Jean tout surpris

S'en vint lui demander comment il savait faire :

Mon ami, lui dit-il, voici tout le mystère :

Je travaille, et tu réfléchis ;

Lequel rapporte davantage ?

Tu te tourmentes, je jouis ;

Qui de nous deux est le plus sage ?
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Jean-Pierre Claris de Florian
Piatka   24 septembre 2014
Jean-Pierre Claris de Florian
LE HÉRISSON ET LES LAPINS



Il est certains esprits d'un naturel hargneux

Qui toujours ont besoin de guerre ;

Ils aiment à piquer, se plaisent à déplaire,

Et montrent pour cela des talents merveilleux.

Quant à moi, je les fuis sans cesse,

Eussent-ils tous les dons et tous les attributs :

J'y veux de l'indulgence ou de la politesse ;

C'est la parure des vertus.

Un hérisson, qu'une tracasserie

Avait forcé de quitter sa patrie,

Dans un grand terrier de lapins

Vint porter sa misanthropie.

Il leur conta ses longs chagrins,

Contre ses ennemis exhala bien sa bile,

Et finit par prier les hôtes souterrains

De vouloir lui donner asile.

Volontiers, lui dit le doyen :

Nous sommes bonnes gens, nous vivons comme frères,

Et nous ne connaissons ni le tien ni le mien ;

Tout est commun ici : nos plus grandes affaires

Sont d'aller, dès l'aube du jour,

Brouter le serpolet, jouer sur l'herbe tendre :

Chacun, pendant ce temps, sentinelle à son tour,

Veille sur le chasseur qui voudrait nous surprendre ;

S'il l'aperçoit, il frappe, et nous voilà blottis.

Avec nos femmes, nos petits,

Dans la gaîté, dans la concorde,

Nous passons les instants que le ciel nous accorde.

Souvent ils sont prompts à finir ;

Les panneaux, les furets, abrègent notre vie,

Raison de plus pour en jouir.

Du moins par l'amitié, l'amour et le plaisir,

Autant qu'elle a duré nous l'avons embellie :

Telle est notre philosophie.

Si cela vous convient, demeurez avec nous,

Et soyez de la colonie ;

Sinon, faites l'honneur à notre compagnie

D'accepter à dîner, puis retournez chez vous.

À ce discours plein de sagesse,

Le hérisson repart qu'il sera trop heureux

De passer ses jours avec eux.

Alors chaque lapin s'empresse

D'imiter l'honnête doyen

Et de lui faire politesse.

Jusques au soir tout alla bien.

Mais lorsqu'après souper la troupe réunie

Se mit à deviser des affaires du temps,

Le hérisson de ses piquants

Blesse un jeune lapin. Doucement, je vous prie,

Lui dit le père de l'enfant.

Le hérisson, se retournant,

En pique deux, puis trois, et puis un quatrième.

On murmure, on se fâche, on l'entoure en grondant.

Messieurs, s'écria-t-il, mon regret est extrême ;

Il faut me le passer, je suis ainsi bâti,

Et je ne puis pas me refondre.

Ma foi, dit le doyen, en ce cas, mon ami,

Tu peux aller te faire tondre.
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Jean-Pierre Claris de Florian
Piatka   19 août 2014
Jean-Pierre Claris de Florian
LA FABLE ET LA VÉRITÉ



La vérité, toute nue,

Sortit un jour de son puits.

Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ;

Jeune et vieux fuyaient à sa vue.

La pauvre vérité restait là morfondue,

Sans trouver un asile où pouvoir habiter.

A ses yeux vient se présenter

La fable, richement vêtue,

Portant plumes et diamants,

La plupart faux, mais très brillants.

Eh ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle :

Que faites-vous ici seule sur un chemin ?

La vérité répond : vous le voyez, je gêle ;

Aux passants je demande en vain

De me donner une retraite,

Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,

Vieille femme n'obtient plus rien.

Vous êtes pourtant ma cadette,

Dit la fable, et, sans vanité,

Partout je suis fort bien reçue :

Mais aussi, dame vérité,

Pourquoi vous montrer toute nue ?

Cela n'est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ;

Qu'un même intérêt nous rassemble :

Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.

Chez le sage, à cause de vous,

Je ne serai point rebutée ;

A cause de moi, chez les fous

Vous ne serez point maltraitée :

Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,

Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,

Vous verrez, ma soeur, que partout

Nous passerons de compagnie.

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LydiaB   10 mai 2013
Fables de Jean-Pierre Claris de Florian
Un chien vendu par son maître

Brisa sa chaîne, et revint

Au logis qui le vit naître.

Jugez de ce qu'il devint

Lorsque, pour prix de son zèle,

Il fut de cette maison

Reconduit par le bâton

Vers sa demeure nouvelle.

Un vieux chat, son compagnon,

Voyant sa surprise extrême,

En passant lui dit ce mot :

Tu croyais donc, pauvre sot,

Que c'est pour nous qu'on nous aime !
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Jean-Pierre Claris de Florian
Piatka   08 décembre 2014
Jean-Pierre Claris de Florian
L'AUTEUR ET LES SOURIS



Un auteur se plaignait que ses meilleurs écrits

Etaient rongés par les souris.

Il avait beau changer d'armoire,

Avoir tous les pièges à rats

Et de bons chats,

Rien n'y faisait : prose, vers, drame, histoire,

Tout était entamé ; les maudites souris

Ne respectaient pas plus un héros et sa gloire,

Ou le récit d'une victoire,

Qu'un petit bouquet à Chloris.

Notre homme au désespoir, et, l'on peut bien m'en croire,

Pour y mettre un auteur peu de chose suffit,

Jette un peu d'arsenic au fond de l'écritoire ;

Puis, dans sa colère, il écrit.

Comme il le prévoyait, les souris grignotèrent,

Et crevèrent.

C'est bien fait, direz-vous ; cet auteur eut raison.

Je suis loin de le croire : il n'est point de volume

Qu'on n'ait mordu, mauvais ou bon ;

Et l'on déshonore sa plume

En la trempant dans du poison.
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Jean-Pierre Claris de Florian
Piatka   21 novembre 2016
Jean-Pierre Claris de Florian
L'HABIT D'ARLEQUIN



Vous connaissez ce quai nommé de la Ferraille,

Où l'on vend des oiseaux, des hommes et des fleurs.

A mes fables souvent c'est là que je travaille ;

J'y vois des animaux, et j'observe leurs moeurs.

Un jour de mardi gras j'étais à la fenêtre

D'un oiseleur de mes amis,

Quand sur le quai je vis paraître

Un petit arlequin leste, bien fait, bien mis,

Qui, la batte à la main, d'une grâce légère,

Courait après un masque en habit de bergère.

Le peuple applaudissait par des ris, par des cris.

Tout près de moi, dans une cage,

Trois oiseaux étrangers, de différent plumage,

Perruche, cardinal, serin,

Regardaient aussi l'arlequin.

La perruche disait : " J'aime peu son visage,

Mais son charmant habit n'eut jamais son égal.

Il est d'un si beau vert ! - Vert ! dit le cardinal ;

Vous n'y voyez donc pas, ma chère ?

L'habit est rouge assurément :

Voilà ce qui le rend charmant.

- Oh ! pour celui-là, mon compère,

Répondit le serin, vous n'avez pas raison,

Car l'habit est jaune-citron ;

Et c'est ce jaune-là qui fait tout son mérite.

- Il est vert. - Il est jaune. - Il est rouge morbleu ! "

Interrompt chacun avec feu ;

Et déjà le trio s'irrite.

" Amis, apaisez-vous, leur crie un bon pivert ;

L'habit est jaune, rouge et vert.

Cela vous surprend fort ; voici tout le mystère :

Ainsi que bien des gens d'esprit et de savoir,

Mais qui d'un seul côté regardent une affaire,

Chacun de vous ne veut y voir

Que la couleur qui sait lui plaire. "
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Jean-Pierre Claris de Florian
Piatka   22 avril 2017
Jean-Pierre Claris de Florian
LE CHIEN ET LE CHAT



Un chien vendu par son maître

Brisa sa chaîne, et revint

Au logis qui le vit naître.

Jugez de ce qu'il devint

Lorsque, pour prix de son zèle,

Il fut de cette maison

Reconduit par le bâton

Vers sa demeure nouvelle.

Un vieux chat, son compagnon,

Voyant sa surprise extrême,

En passant lui dit ce mot :

Tu croyais donc, pauvre sot,

Que c'est pour nous qu'on nous aime !
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Jean-Pierre Claris de Florian
Piatka   09 décembre 2014
Jean-Pierre Claris de Florian
LES DEUX CHAUVES



Un jour deux chauves dans un coin

Virent briller certain morceau d'ivoire :

Chacun d'eux veut l'avoir ; dispute et coups de poing.

Le vainqueur y perdit, comme vous pouvez croire,

Le peu de cheveux gris qui lui restaient encor.

Un peigne était le beau trésor

Qu'il eut pour prix de sa victoire.
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