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Note moyenne 4.29 /5 (sur 21 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Boulogne-sur-Mer , le 26/06/1943
Biographie :

Jean-Pierre Lefèbvre est un germaniste et traducteur français.

Il a fait ses études au lycée Faidherbe à Lille, puis à l'École normale supérieure : en allemand, philosophie, latin, langues scandinaves. Il y a été l´élève de Paul Celan.

Il a été lecteur à l'Université de Heidelberg entre 1965 et 1967 et a obtenu l'agrégation d'allemand en 1968. Il a rédigé sa thèse sur les liens entre Hegel et Heinrich Heine.

D'abord assistant en études germaniques à la Sorbonne (1969-1971), il fait ensuite l'essentiel de sa carrière à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, où il est successivement agrégé-répétiteur, maître de conférences, puis professeur de 2002 à 2012 (allemand, philosophie). Il est professeur émérite depuis 2012.

Les deux principaux domaines de recherche et de traduction de Jean-Pierre Lefebvre sont d'une part l'œuvre de Paul Celan et d'autre part les liens entre poésie et philosophie dans la première moitié du XIXe siècle en Allemagne, autour de figures comme Hölderlin, Heine et Hegel.

Son "Anthologie bilingue de la poésie allemande" parue dans la collection de la Pléiade en 1993 a été récompensée par le Prix Gérard de Nerval de la Société des gens de lettres.

Il est aussi l'auteur d'un roman, "La nuit du passeur" (1989).

Il a obtenu en novembre 2008 le Prix Grimm du DAAD qui récompense chaque année un germaniste dans le monde pour l'ensemble de son œuvre et le Prix lémanique de la traduction, en 2018.
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Source : Wikipedia
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Cinéma
- Michel AUBRIANT, Georges CHARENSOL, Michel MARDORE, Pierre MARCABRU débatent des films suivants : - "Il ne faut pas mourir pour ça", de Jean-Pierre LEFEBVRE - "2001, l¿odyssée de l¿espace", de Stanley KUBRICK - "Barbarella", de Roger VADIM - "La Puce à l'oreille", de Jacques CHARON - "Phèdre", de Pierre JOURDAN - "Les Troupes de la colère", de Barry SHEAR ...
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Malaura   04 juillet 2012
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
Paul Celan - PSAUME



Personne ne nous pétrira de nouveau dans la terre et l'argile,

personne ne soufflera la parole sur notre poussière.

Personne.

Loué sois-tu, Personne.

C'est pour toi que nous voulons

fleurir

A ta

rencontre.

Un rien,

voilà ce que nous fûmes, sommes et

resterons, fleurissant :

la rose de Rien, la

rose de Personne

Avec

la clarté d'âme du pistil

l'âpreté céleste de l'étamine,

la couronne rouge

du mot pourpre que nous chantions,

au-dessus, ô, au-dessus

de l'épine.

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coco4649   26 juin 2018
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
Bienvenue et adieu…





Extrait 2



Je t’ai vue, et la joie si tendre

De tes doux yeux m’a inondé ;

Tout mon cœur était près du tien,

Et tous mes souffles étaient pour toi.

Une rose aurore de printemps

Nimbait le visage charmant,

Et la tendresse - ô Dieu – pour moi !

Je l'espérais, mais sans la mériter !



Las, dès le soleil du matin,

Les adieux m'étreignaient le cœur :

Quelle extase dans tes baisers !

Et dans ton regard, quelle douleur !

Je suis parti, tu es restée, les yeux baissés

Et tu m’as suivi, les yeux baignés de larmes,

Quel bonheur, pourtant, d'être aimé !

Et d’aimer, ô dieux, quel bonheur !



6 janvier 1771



Johann Wolfgang von Goethe

(1749 – 1832)

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coco4649   19 septembre 2018
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
Rêve surcroît du dormeur…





Rêve surcroît du dormeur

empaquetée de visions

flotte la lettre



Spirale ellipse cercle

nourrissons du temps

membres morts

secoués

dans les tortures les explosions les guerres

croissant à nouveau –

Je t’aime comme tous les nuages qui passent

comme tous les vents du monde –



Figures de ténèbres

balbutiantes hérissées de frissons

persona déchiffrant la poussière

noms obscurs et scellés

tirés du fond du puits

Oural

Tibet

pays atteint du mal du soir

pèlerins cheminant sur autant de linceuls

murmurant dans l’illimité –





//Nelly Sachs (1891 – 1970)
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coco4649   17 février 2020
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
Cimetière juif de Prague

Pour Paul Celan





Extrait 3



Yeux bouches

de l’écriture,

cortège d’ombres d’un

souvenir, gravé,

sans yeux ici sans bouche.

Frères de la poussière

nos doigts

lisent les noms.





// Eric Arendt (1903 -1984)



/Traduit de l’allemand par Marc Petit
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gavarneur   06 mai 2016
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
La chanson de Mignon



Connais-tu le pays des citronniers en fleur,

Et des oranges d'or dans le feuillage sombre,

Et des brises soufflant doucement du ciel bleu,

Du myrte silencieux et des hauts lauriers droits ?

Ne le connaîtrais-tu point ?

- Oh, là-bas, je voudrais,

Là-bas, ô mon amour m'en aller avec toi.



- Connais-tu la maison ? Son toit posé sur des colonnes,

La chambre aux doux reflets, la salle lumineuse,

Et les droites statues de marbre, qui me regardent

Et demandent : « Que t'a-t-on fait, ô pauvre enfant ? »

Ne le connaîtrais-tu point ?

- Oh, là-bas, je voudrais,

Là-bas, mon protecteur, m'en aller avec toi.



- Connais-tu la montagne, le sentier dans les nuées ?

Le mulet dans la brume y cherche son chemin ;

Dans les cavernes vit l'engeance des dragons ;

La pierre y chute et sur elle les eaux ;

Ne le connaîtrais-tu point ?

- Oh, là-bas, c'est là-bas,

Que mène notre route ! Ô père partons-y !.







Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn,

Im dunklen Laub die Goldorangen glühn,

Ein sanfter Wind vom blauen Himmel weht,

Die Myrte still und hoch der Lorbeer steht?

Kennst du es wohl?

Dahin, dahin

Möcht ich mit dir, o mein Geliebter, ziehn!



Kennst du das Haus? Auf Säulen ruht sein Dach.

Es glänzt der Saal, es schimmert das Gemach,

Und Marmorbilder stehn und sehn mich an:

Was hat man dir, du armes Kind, getan?-

Kennst du es wohl?

Dahin, dahin

Möcht ich mit dir, o mein Beschützer, ziehn!



Kennst du den Berg und seinen Wolkensteg?

Das Maultier sucht im Nebel seinen Weg.

In Hoehlen wohnt der Drachen alte Brut.

Es stuerzt der Fels und über ihn die Flut.

Kennst du ihn wohl?

Dahin, dahin

Geht unser Weg.

O Vater, lass uns ziehn!
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gavarneur   09 mai 2016
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
La chanson ivre



Homme ! Fais bien attention !

Que dit le profond minuit ?

« Je dormais, je dormais,

Je me suis éveillé d'un rêve profond :

Le monde est profond,

Et plus profondément pensé que le jour.

Profonde est sa douleur ;

Le plaisir, plus profond encore que la peine du cœur :

La douleur dit « Passe ! »

Mais le plaisir veut l'éternité,

Veut la profonde, profonde éternité ! »



Friedrich Wilhelm Nietzsche



O Mensch! Gib Acht!

Was spricht die tiefe Mitternacht?

Ich schlief, ich schlief

Aus tiefem Traum bin ich erwacht:

Die Welt ist tief,

Und tiefer als der Tag gedacht.

Tief ist ihr Weh,

Lust, tiefer noch als Herzeleid:

Weh spricht: Vergeh!

Doch alle Lust will Ewigkeit...,

Will tiefe, tiefe Ewigkeit!
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coco4649   26 avril 2020
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
Tour de voiture





Belle lune de Mariampol ! Sur la lisière

de chaume, ma petite cité,

derrière les baraques

elle monte,

lourde, pesante et comme

parfois retombant un peu. Ainsi va

le marchande de chevaux, il achète

pour sa mère un foulard à frange.



Le soir,

tard,

ils ont chanté tous les deux. Nous sommes

rentrés chez nous en traversant la rivière,

sur le bac on entendait, comme l’eau,

passer, légers, des mots échangés

de gens se hélant, s’appelant –

nous l’avons entendue longtemps

au-dessus de la ville

là-haut dans les clochers, nous l’avons entendue,

la lune juive. Elle est

comme dans le coin du jardin la petite

herbe de larmes et de baisers

la rue * odorante, nos filles

la cueillent.



Viens, Joneleit, ne perds pas

ton foulard. Les vieux dorment.

Encore une nuit,

qui a fini de chanter.



* : plante aromatique et médicinale





//Johannes Bobrowski (1917 – 1965)

/Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre
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coco4649   16 septembre 2020
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
C'est l’heure…







C'est l’heure planétaire des fugitifs.

C’est la fuite arracheuse des fugitifs

vers le haut mal, vers la mort !



C’est la chute astrale hors de l’arrestation magique

du seuil, du foyer, du pain.



C’est la pomme noire de la connaissance,

la peur ! Soleil d’amour éteint

qui fume ! C’est la fleur de la hâte,

aspergée de sueur ! Ce sont les chasseurs

issus de rien, rien que de fuite.



Ce sont des pourchassés, qui portent dans les tombes

leurs cachettes mortelles.



C’est le sable, effrayé

de guirlandes d’adieu.

C’est la percée de la terre vers l’espace libre,

son souffle court,

dans l’humidité de l’air.





// Nelly Sachs (1891 – 1970)



/ Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre
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Partemps   08 novembre 2020
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
Eduard Mörike



Le phare magique



La petite fille du magicien était assise

dans sa chambre en verre;

elle tourna à la lueur brillante des bougies

et y chanta aussi brillant qu'une cloche.

La salle, comme une sphère claire, était

suspendue en l'air

sur une tour sur les hauteurs du rocher, la

nuit au- dessus de la mer sauvage,

et suspendue

par un long bras dans la tempête et le temps gris .

Or, quand un navire pouvait à peine

voir des conseils ou des secours de nuit ,

le pilote tordait l'épaule,

le capitaine criait à tous les démons,

le marin aussi voulait désespérer:

Oh mon pauvre ventre de couenne!

Soudain, une lumière brille de loin

comme une étoile brillante du matin;

l'équipe crie fort:

Heida! maintenant c'est l'heure de la peau sèche! De toutes vos

forces vous vous

dirigez maintenant vers la lumière chère,

qui grandit et grandit et brille presque

comme un verre de soleil magique,

en elle une petite fille s'assied et tourne,

sa chanson se plie dans le vent;

les hommes se tiennent comme ravis,

chacun regarde

et écoute et étonne avec constance après le miracle ,

le timonier laisse tomber la main,

personne n'a plus d'attention au navire;

il craque avec un sur la falaise,

l'air est déchiré par un cri de lamentation:

Seigneur Dieu au ciel, aide-nous!

Alors la sorcière éteint sa lumière;

une fois de plus, la

douleur sort de la bouche et disparaît des profondeurs ;

puis le navire tressaille et coule vers le bas.
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coco4649   17 septembre 2019
Anthologie bilingue de la poésie allemande de Jean-Pierre Lefebvre
Papillon





Quel bel Au-Delà peint dans ta poussière.

Par le noyau de flammes de la terre,

par son écorce de pierre

tu as été offert,

voile d’adieu dans la mesure des périssabilités.



Papillon

bonne nuit de tous les êtres !

Les poids de la vie et de la mort

s’affaissent avec tes ailes

sur la rose

qui fane avec la lumière mûrissant vers le pays.



Quel bel Au-Delà

peint dans ta poussière.

Quels signes royaux

dans le secret de l’air.





//Nelly Sachs (1891 – 1970)

//Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre
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