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Note moyenne 3.33 /5 (sur 3 notes)

Nationalité : France
Biographie :


Jean-Pierre Lepri est docteur en éducation et en sociologie.

Il a travaillé pour l'éducation nationale française durant une cinquantaine d'année, en France et dans le monde entier, comme professeur des écoles, formateur d'enseignants, inspecteur et expert.

Il est membre du CREA-Apprendre la vie, qui est un cercle de réflexion pour une éducation authentique.

Source : http://www.editions-instant-present.com/la-fin-de-l%C3%A9ducation-commencements%C2%85-p-55.html
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
Dans la vie normale, les enfants sont plus libres d'esprit qu'on ne le

croit. Pour un enfant, celui qui est plus grand ou plus petit, qui court

plus vite, saute plus haut etc. fait simplement partie d'un ensemble de

différences naturelles. Ce sont les adultes qui imposent la comparaison

et la redoutable échelle de valeur. J'ai été, d'emblée, un membre

à part entière de notre société, j'ai vécu une socialisation grandeur

nature, avec une multitude de gens différents, sans être confiné avec

des gens de mon âge. Dans ce grand bain social, il était beaucoup

plus important de faire les choses les uns avec les autres que les uns

contre les autres Il était nécessaire de conjuguer les talents et les

compétences, plutôt que de faire, quotidiennement, l'expérience de

la compétition. Les différences étaient de culture, de couleur, de

religion, de milieu. Il y avait toujours quelqu'un pour m'apprendre

quelque chose, ou quelqu'un à qui montrer quelque autre chose ; il s'ensuivait un enrichissement permanent et réciproque. Ce qui m'a

conduit vers mes amis n'était ni nos âges, ni nos lieux d'habitation,

mais nos communautés d'intérêt.
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rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
Les seules questions admises de la part de l'éduqué sont celles que l'éducateur lui demande ou l'autorise de poser - sur ce que l'éducateur attend à ce moment-là, pour son enseignement. En outre, les questions de

l'éducateur n e sont que des simulacres, de fausses questions, puisque

celui qui les pose en connaît déjà la réponse. J'apprends à ne pas poser de questions, j'apprends à y être soumis (à la question) et à exécuter scrupuleusement les consignes que je reçois, à être loyal, à obéir à des ordres. J'apprends qu'il n'y a qu'une seule bonne réponse à toute question, qu'elle préexiste, nécessairement, et que ce n'est pas moi qui la construis mais que je la reçois. Je n'ai pas à juger de l'exactitude de la question de mon éducateur, comme de ma réponse, mais à être jugé sur mon exactitude par rapport à la réponse attendue.
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rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
C'est parce qu'on coupe les êtres humains de leurs savoirs traditionnels,

qu'on les place dans des situations invivables, qu'ils peuvent alors croire qu'ils ont besoin d'être éduqués. Leur seul vrai besoin est maintenant plutôt de retrouver leur liberté d'apprendre, pour, tout simplement, apprendre - naturellement et non comme un besoin.

Cette tautologie permet à la fable éducative de persister. Même, la fable s'enrichit: « Chaque courant pédagogique sécrète son système fabuliste,fait d'une série de traits donnés en exemples et dotés d'une moralité au sein

d'un grand récit. »

« Il faut tout un village pour former un Zapotèque ou un PandJhabi » dit-on et cela se dit aussi dans d'autres sociétés.
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rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
En observant les petits enfants, on constate qu'ils éprouvent une

poussée d'enthousiasme toutes les trois minute~. Ch.ez l'~du te, une

telle poussée ne se vit en moyenne que de deux a trois f01s par an . ..

Nous venons au monde comme des condensés d'enthousiasme, et il

est regrettable que personne, dans le p,aysage éducati~ actu~ , ne s~che

ce qui se passe lorsqu'un enfant se devel~ppe .sans ~~re det?urne de

cet état fondamental natif. Et pourtant, 1 avenu de 1 education ne se

fera pas sans la réponse à cette question. J'ai la chance de P?uvo~

apporter un témoignage inédit et décisif à ce sujet, n'ayant iamais

eu à quitter mon état d'enfance.
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rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
Quand on vit son enthousiasme dans le temps et la confiance, on approfondit, en toute logique, chaque Jour, ses connaissances et sa compréhension. Et cela possède un effet secondaire logique : la compétence. Laquelle a, elle aussi, un effet secondaire immanquable : la réussite. On est prêt à piétiner les autres, à sacrifier sa vie au nom de la réussite. Elle nous est vendue comme une fin en soi mais s'avère n'être rien d'autre que l'effet secondaire de l'effet

secondaire de l'enthousiasme.
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rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
L'éducation, personne n'y échappe, très peu en réchappent.

Qui peut dire qu'enfant, il n'a pas reçu d'éducation? De ses parents,

d'autres adultes, de l'école, d'autres institutions ... Qui peut dire que

cette éducation n'a pas laissé de traces en lui ? Que cette éducation

n'a eu aucun e ffet sur lui ?

Qui peut dire qu'adulte, il échappe encore à des« formations» plus

ou moins formelles, à des incitations, à un « fa çonnage » plus ou

moins insidieux ?
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rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
L'école de Jules Ferry aurait eu, dit-on généralement, pour ambition

d'enseigner à lire, à écrire et à calculer - ce qui n'aurait pas été si mal déjà, si ces objectifs étaient ceux qui étaient véritablement visés. Car l'école, de nos jours encore, n'enseigne pas la lecture, mais le déchiffrement (lequel précisément empêche la lecture) . Elle n'enseigne pas davantage à calculer, à dénombrer, mais plutôt à « compter »,à énumérer - ce qui perturbe ou empêche le concept de nombre,le dénombrement et le calcul. Quant à écrire ... quand, pour qui et quoi écrit-on à l'école ? Non seulement ces compétences ne sont pas enseignées - ceux qui les apprennent le font, en fait; dans et de leur famille -, mais tout semble fait, à l'inverse, pour éviter qu'ils soient appris. Pourtant l'école prétend les dispenser en faisant le

contraire - et en quinze années ! Alors que l'on sait qu'il ne faut,tout au plus, qu'une centaine d'heures pour acquérir ces compétences au moment opportun.
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rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
L'éducation ne peut donc pas être une valeur en soi. Tout ce qui est « éducation » n'est pas nécessairement bienvenu. On peut s'en rendre compte déjà dans les analyses ci-dessus.

Apprendre et même enseigner ont précédé l'éducation, de plusieurs

siècles, voire de milliers d'années. La paideia grecque - qui a fourni la

racine de« pédagogie»-, ainsi que bien d'autres procédés ne sont

toutefois pas, à proprement parler, des « éducations ». D'ailleurs, le mot éducation n'apparaît, en France, que vers 1500 et il ne se stabilise,dans son sens actuel de « faire apprendre à quelqu'un les usages de la société», que vers la fin du xrx· siècle, en même temps que l'école est instituée. Que de chemin parcouru jusqu'à sa généralisation récente, notamment par ce récent« droit» de l'enfant à l'éducation!
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rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
« L'échec de l'école est une réussite ». Pour cela, il lui suffit de proposer des normes inadaptées à la culture des enfants : leur « différence » peut alors être étiquetée « échec ». Du coup, ce que les pauvres apprennent à l'école, c'est qu'ils ont échoué. Ainsi, « grimper sans accessoire en haut d'un cocotier » mettrait en échec nombre d'enfants français et placerait en réussite nombre de petits Africains de la côte. Ce sont les normes qui sont inadaptées à certains enfants, mais ce sont eux qui sont désignés comme « inadaptés ». Ils sont« pris» alors dans toutes sortes de dispositifs de rattrapage (qui n'ont jamais rien rattrapé ou si peu), de réinsertion, lesquels plutôt les stigmatisent et les confirment dans leur incapacité.
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rkhettaoui   19 mars 2018
La fin de l'éducation ? Commencements... de Jean-Pierre Lepri
Face aux attentes de mes éducateurs, j'apprends la crainte de les décevoir, de ne pas en être reconnu, aimé, valorisé ... Quotidiennement et plusieurs fois par jour , j'apprends ainsi la peur. La peur est apprise, en effet. Même si elle se colporte et se répand dans l'humanité depuis des millénaires, elle n'est pas, pour autant, une fatalité, une donnée naturelle. Le mécanisme de la peur est simple : un danger ou une menace (réelle ou supposée) et des ressources propres qui sont (ou que j'estime) insuffisantes pour affronter .ce danger. Il est aisé, à partir de ce principe, de générer e~ d'entretenir la .peur, et d'en tirer profit - et l'éducation y recourt fréquemment, sciemment et, de toutes manières, intrinsèquement .
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