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Note moyenne 4.06 /5 (sur 82 notes)

Nationalité : Suisse
Né(e) à : Genève , le 17/11/1920
Mort(e) à : Genève , le 04/03/2019
Biographie :

Jean Starobinski est un historien des idées et théoricien de la littérature.

Il est né de parents d'origine polonaise installés en Suisse depuis 1913. Il a suivi des études conjointes de lettres et de médecine à l'Université de Genève. Il fut pendant quelques années médecin assistant en médecine interne, puis en psychiatrie.

Après la publication, de son livre "Jean-Jacques Rousseau : la transparence et l'obstacle" (1958), des enseignements d'histoire des idées et de littérature française lui ont été confiés à l'Université de Genève.

Dans le domaine de l'histoire des idées, il porta son intérêt sur l'histoire de la psychiatrie Dans des livres comme "Montesquieu" (1953, nouvelle version augmentée en 1994), "L’œil vivant" (1960, nouvelle version augmentée en 1999) , "La Relation critique" (1970), "Trois fureurs" (1974), "Montaigne en mouvement" (1982), "Le Remède dans le ma"l (1989), Jean Starobinski a mis en œuvre une critique proche des textes et attentive aux aspects fondamentaux de l'expérience littéraire.

Il s'est tourné vers les rapports de la littérature et des arts dans "L'Invention de la Liberté" (1964), "Les Emblèmes de la raison" (1973), "Portrait de l'artiste en saltimbanque" (1970), "Largesse" (1994). Sur quelques grands thèmes - L'usage et la dénonciation des masques, le don fastueux, la mélancolie - il a développé un comparatisme généralisé, qui ne souhaite pas séparer ses preuves de sa théorie.

Jean Starobinski a été membre associé de plusieurs institutions : Institut de France, American Academy of Arts and Sciences, British Academy, Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung, Accademia dei Lincei, Accademia delle Scienze di Torino.

Il a reçu le Prix Balzan en 1984. Parmi ses distinctions récentes, il faut mentionner le Prix National de l’Ecrit, le Grand Prix de la Francophonie décerné par l’Académie Française, le Prix Grinzane-Cavour, le Premio Nuova Antologia, ainsi que le Prix Karl Jaspers de l’Université et de la ville de Heidelberg.

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Source : www.culturactif.ch
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Il a révolutionné l'interprétation de Proust, Stendhal, Rousseau, Ramuz. Il a initié à la littérature des générations de lecteurs. Jean Starobinski vient de mourir. Voici ses 6 leçons pour devenir un parfait lecteur. Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture/
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Citations et extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
colimasson   10 juin 2014
L'encre de la mélancolie de Jean Starobinski
Peut-on parler de guérison chez un mélancolique ? demande J. Luys. Non. « La maladie est toujours latente chez lui, et, sous l’influence d’une cause occasionnelle, il est capable de retomber de nouveau. »
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Jean Starobinski
colimasson   02 février 2013
Jean Starobinski
Je ne sais pas si je suis mélancolique. Je suis un lecteur du langage, ou plutôt des discours sur la mélancolie, mais je m'en tiens prudemment à distance.
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colimasson   17 août 2014
L'encre de la mélancolie de Jean Starobinski
Et le sujet mélancolique attend que lui soit adressé un message d’apaisement, qui réparerait le désastre intérieur et lui ouvrirait les portes du futur. Mais il n’a autour de lui que des êtres qui lui ressemblent, et il désespère de ce déni du regard. Ou plutôt : il ne désespère ni n’espère, il souhaite obscurément avoir l’énergie de désespérer.
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colimasson   31 août 2014
L'encre de la mélancolie de Jean Starobinski
Démocrite, figure emblématique de la mélancolie à la Renaissance, rit et s’isole pour chercher le secret de la maladie en disséquant des animaux. Hippocrate le trouvera sain et plus sage que lui. La question initiale de Montaigne serait : « Une fois que la pensée mélancolique a récusé l’illusion des apparences, qu’advient-il ensuite ? » Dans l’Anatomie de la mélancolie (1621), « synthèse géniale » et « encyclopédie complète » du sujet, Robert Burton, savant bibliothécaire d’Oxford, s’avance déguisé en « Démocrite junior ». Si La Rochefoucauld, qui disait souffrir d’une mélancolie « assez supportable et assez douce », ne quitte pas la vie mondaine, c’est pour démontrer, comme le proclame l’épigraphe de ses Maximes, que « nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés ». Baudelaire, « l’expert suprême en mélancolie », s’en sert comme emblème et métaphore pour réfléchir au statut de l’art et de la littérature.
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art-bsurde   21 mai 2015
L'encre de la mélancolie de Jean Starobinski
Écrire, c'est transformer l'impossibilité de vivre en possibilité de dire.
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gavarneur   19 juillet 2019
Sur Claude Simon de Jean Starobinski
La journée, dans l'histoire de l'Occident, a été scandée, pendant des siècles, par le rituel religieux. Ce rituel est présent dans Histoire, lié aux souvenirs des années d'école et à l'image de la mère malade. Autour de la mère moribonde se disposent les grands actes religieux sacramentels, messe et communion, pèlerinage, extrême-onction. Les prières journalières, elles, appartiennent à l'ordinaire de la vie scolaire. Les deux cycles se complètent.

Jean Starobinski La journée dans " Histoire", page 17
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colimasson   13 janvier 2014
L'encre de la mélancolie de Jean Starobinski
Dans le monde chrétien, il devient infiniment plus important de distinguer la maladie de l’âme et celle du corps. La maladie de l’âme, si la volonté y a consenti, sera considérée comme un péché et appelle une punition divine, tandis que la maladie du corps, loin d’entraîner une sanction dans l’au-delà, représente une épreuve méritoire. Il n’est pas toujours facile de savoir si l’on a affaire à l’une ou à l’autre. Et les affections dépressives constituent un problème particulièrement épineux.
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coco4649   09 décembre 2018
Ressac Anthologie jeune poésie de Jean Starobinski
Quand je me trouve seul





Quand je me trouve seul, comme au temps de misère,

Quand je fais le café pour le repas du soir,

Quand tu me laisses pour un jour à mes pensées,

Il me semble toujours que je ne pourrais plus,

Jamais plus vivre encor ces nuits tissées de brume

Où je sombrais ainsi qu’un arbre dans la mer.

Douce comme le pain et le vin sur la table,

Je n’avais pas encore cette chaleur en moi,

Ni tes mains sur mes yeux, ni ces mots dits par toi,

Vivants et anciens, ces mots toujours pareils

Et qui rayonnent jusqu’au fond de mon sommeil

Enfin pacifié… Le temps de la misère

Où je me trouvais seul pour le repas du soir,

Conjuré pour toujours n’est plus qu’un arbre noir

Disparu au tournant du chemin, les veillées

S’écoulent doucement près d’une lampe aimée –

Et je me sentirai plus paisible, plus fort,

Moins seul pour affronter les chemins de la mort.





//Jean-Pierre Schlunegger (1925 – 1964)
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colimasson   17 janvier 2014
L'encre de la mélancolie de Jean Starobinski
Feuilletez le grand inventaire que Burton nous en donne : vous verrez que l’arsenal thérapeutique de la mélancolie mobilise des ressources empruntées à toutes les parties de l’univers.

Une telle richesse de médicaments devrait rassurer et ragaillardir le mélancolique, lui donner le sentiment d’être entouré, protégé, prémuni. Il peut y trouver l’image d’une Nature aussi foisonnante que bienveillante. Tout se passe comme si les médecins de la Renaissance s’ingéniaient à offrir au mélancolique, jusque dans la multiplication des drogues, le spectacle d’une diversité heureuse et d’une inépuisable productivité. N’est-ce pas là un bienfait pour l’existence mélancolique, qui est monotone, et qui s’enferme dans la conviction de sa pauvreté et de sa stérilité ? Sans que les thérapeutes y aient véritablement songé, leur polypharmacie et leur polypragmasie réalisaient une sorte d’antidotisme psychique, opposant les trésors d’un vaste univers au dénuement du mélancolique.

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colimasson   25 mai 2014
L'encre de la mélancolie de Jean Starobinski
La mélancolie est une maladie de l’être sensible. Pour les auteurs du XVIIIe siècle, elle se caractérise fréquemment par des alternances d’hyperesthésie et d’hébétude. La définition qui prévaudra finalement sera tout intellectuelle : la mélancolie est l’empire démesuré exercé sur l’esprit par une idée exclusive.
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