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Note moyenne 3.67 /5 (sur 1342 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Pagny-sur-Moselle , le 17/05/1933
Mort(e) à : Gradignan , le 16/06/2015
Biographie :

Jean Vautrin est un écrivain français. Il est également réalisateur de cinéma, scénariste et dialoguiste sous le nom de Jean Herman.

Après des études de lettres à Auxerre, il est reçu premier au concours de l'IDHEC. Devenu lecteur de littérature française à l'Université de Bombay, il devient assistant réalisateur de Roberto Rossellini. De retour en France, il réalise cinq longs métrages.

Écrivain à la langue généreuse et inventive, ses premières œuvres sont des romans policiers portés par une langue riche et une verve chaleureuse. On retrouve son talent de scénariste dans les dialogues et les descriptions qu'il rédige.

Il connaît la célébrité auprès du grand public en 1989, en obtenant le prix Goncourt pour son roman "Un grand pas vers le Bon Dieu".

En 1987, avec l'écrivain Dan Franck, il créé un personnage de reporter photographe au grand cœur surnommé Boro (dont le "modèle" le plus probable n'est autre que Robert Capa).

En 1998, il reçoit le prix Louis-Guilloux pour l'ensemble de son œuvre.

L'une de ses œuvres phares, "Le cri du peuple", vaste saga sur la Commune de Paris, a été adaptée en bande dessinée par Tardi.
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Université populaire du cinéma : Le métier de Scénariste - un cours de Jean Vautrin


Citations et extraits (232) Voir plus Ajouter une citation
cicou45   20 octobre 2013
Monsieur meurtre de Jean Vautrin
"[...] le malheur ne se raconte pas. Il est universel."
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TerrainsVagues   15 avril 2017
Gipsy Blues de Jean Vautrin
Le vieux envoie des mots d'amour aux étoiles, aux chagrins, aux guerres et aux vengeances. Il fait pleurer son violon avec quelque chose qui vient de loin et qui vous remue dedans.



Parfois, à force de remonter les sentiers abandonnés et de buter sur les vieilles souches de nos croyances, de grosses larmes ravinent les joues du rescapé d'Auschwitz, et, douce comme une pluie d'automne, son angoisse me recouvre.

C'est gris, c'est simple. C'est sans tapage. C'est souvent minuscule, mais ça a le goût de la vie. En tout cas, ça y ressemble.



Et je pleure à mon tour.
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TerrainsVagues   14 avril 2017
Gipsy Blues de Jean Vautrin
Pourtant, dès mon premier ouf, c'est inouï comme j'avais soif d'aimer les autres. Enfant de la lune et du soleil, j'avais une envie folle de coller mon oreille contre le fût des arbres. D'écouter battre sous l'écorce le suc de la terre. De me mêler à la gaudriole générale. A tout ce raffut de la création. D'orchestrer le cui cui des oiseaux, d'apprivoiser le savoir des personnes. Pas une minute, je n'imaginais que les gens puissent être aussi arrogants, aussi méchants. O mensi! comme nous les appelons dans notre parler manouche.Les gens! Passants ordinaires, je veux dire. Gadjé! Des corniauds de tous les jours qui vont, qui viennent et traversent devant nous.

Comme j'étais naïf! J'ignorais qu'en naissant Tsigane, je serais rabaissé au rang de gueux, de sauvage, de chien errant qui ne connait ni les lois ni la morale ordinaire.
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LiliGalipette   18 janvier 2012
Le Cri du peuple de Jean Vautrin
Ce n'est pas à coups de bâton, ni à force d'indifférence, qu'on chasse les indigents de toute société humaine. Au contraire, à force de se servir du balai pour les humilier davantage ou de la trique pour les expédier plus loin, nos préfets de police les ont voués à une épouvantable misère ... à une effrayante nudité. Ils ont fabriqué aux portes de la ville des ateliers de rancune. Sommes-nous donc aveugles ? Faut-il attendre que les pauvres soient si pauvres qu'il ne leur reste plus que la révolte ? Un jour, les hardes qui pendent au clou deviennent immanquablement l'étendard de la haine !
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marlene50   03 mai 2021
Billy-Ze-Kick de Jean Vautrin
On a beau avoir sept ans, ça secoue.

Le carré blanc, ze vous prie !

Mon papa est tout rouze. Il triture son népi, sa moustasse et y tient Melle Spring par la taille. Si ça contine, il va me traumatiser... il veut à tout prix l'embrasser. Y se conzestionne, y s'apoplecte, y va se péter les vaisseaux.

Cochon ! Vieux salingue !
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TerrainsVagues   09 avril 2017
Gipsy Blues de Jean Vautrin
Je reviens à l'hiver. C'est de lui que nous parlions. Là dessus, il y a bien du souvenir également. L'odeur qui monte de la terre dès que l'humidité s'installe, le soleil qui hésite entre le mauve et le rouge avant d'épuiser sa lumière frisante derrière le fût noir des acacias hantent ma jeunesse. (...). Ne te plains pas Cornélius. La misère est un professeur encore meilleur que les livres. Elle t'apprendra tout !
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wellibus2   15 novembre 2016
La vie Badaboum de Jean Vautrin
Qu'il fallait que de nouvelles voix s'élèvent.

Que la perte de la parole sous toutes ses formes, sa confiscation ou l'oubli même des mots, de leur signification, de leur sève et de la santé qu'ils contiennent, que l'éloignement, l'appauvrissement du vocabulaire, l'illettrisme, la désaffection du public pour des textes au profit d'images calibrées, orientées, blanchies en quelque sorte, sont un déficit terrible pour la démocratie.
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cascasimir   27 avril 2019
Canicule de Jean Vautrin
Pas vrai ! Pas vrai que ça puisse exister ! Tant d'argent à la fois! Même pas des billets ordinaires! Des coupures à trois zéros ! Toutes rangées. Épinglées. Des liasses. Et aussi des George Whachintone, général et homme politique assez connu ( comme le vérifiera plus tard Chim en ayant recours à son dico) Des dollars en pleine Beauce dans son dictionnaire).

Incroyable, c'était incroyable ! Des picaillons pour toute la vie. Chim en revient pas. En revient vraiment pas!

Assis sur son cul, plein soleil, les jambes écartées, la terre autour de lui, le sac de nylon d'un côté et celui en toile écrue de l'autre, il plonge et replonge son bras dans les profondeurs du trésor. Chaque fois, c'est des millions qui remontent. Pleines poignées. Plus que dans aucun film qu'il ait jamais vu!
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issablaga   06 octobre 2014
Le Cri du peuple de Jean Vautrin
- Va te laver les pieds ! On ne fait pas la révolution les pieds sales.

- C'est la révolution ?

- Ca y ressemble fort.

- Contre qui se bat-on ?

- Petit, on ne le sait pas encore.

- Mais, M'man, contre qui se bat-on ?

- Est-ce que je sais ? Contre les portions à quatre sous ! Contre le beurre à quatre francs ! Contre les années de faim et d'injustice !
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collectifpolar   02 mai 2021
Canicule de Jean Vautrin
Quatre-vingts centimètres de profondeur. Le trou : largement de quoi contenir le sac de nylon. Il l'a volé tout à l'heure aux deux campeuses installées à la corne du bois. Le seul bois à la ronde.

Dedans, il a glissé le sac de toile grise. Le sac qui lui vaut d'avoir toute la meute après lui.

Les flics et les autres.

Il a un regard furtif du côté du bois. Les deux tentes semblent fermées. Le camp est désert. Ses yeux inquiets dérivent plus loin. Ils se posent à nouveau sur la ferme.

Trapue, repliée sur elle-même, fortifiée presque, elle n'offre que peu d'ouvertures du côté plaine.
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