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Note moyenne 3.48 /5 (sur 174 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 8 janvier 1944
Biographie :

Jeanne Cordelier, née à Paris en 1944, a débuté en littérature avec son roman La Dérobade, paru en 1976 chez Hachette littérature. En 1980, après le succès tant littéraire que commercial de ce premier livre, l'auteure quitte le milieu parisien de l'édition et son pays pour s'installer en Suède où elle a vécu 17 ans. 17 ans ponctués de voyages à travers le monde où elle a accompagné son mari, conseiller de la coopération internationale du développement. De leur union est né un fils, lequel a eu 20 ans en l'an 2000. Diplômée d'un certificat d'étude primaire, Jeanne Cordelier est une authentique autodidacte!

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Les auteurs d'Utopos mettent en images la sélection 2012 du Prix Weper-Fondation La poste. Douze livres, douze vidéos. Une lecture, une interprétation de chaque livre sélectionné. Avec les voix des élèves de l'école Auvray-Nauroy. Octobre 2012. Escalier F, Jeanne Cordelier, Phébus
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
LydiaB   06 décembre 2012
Escalier F de Jeanne Cordelier
Inceste, un mot tabou chez nous et partout. Un mot qui résonnait comme celui d'une maladie honteuse, d'une tare que l'on planque. Le psychiatre qui s'était occupé d'Ed parlerait de culture incestueuse dans le milieu d'origine. Je ne sais pas très bien à quoi ça rime. Et après, ça excuse quoi ? Un homme adulte avait abusé d'une enfant de deux ans, voilà tout ! C'était un malade. Et quant à sa femme, qu'avait-elle dans les yeux ? Ma mère, et toutes les mères du monde qui laissent violer leurs enfants sous leurs yeux, qu'ont-elles dedans ? La peur des coups, d'être quittées, de ne plus savoir où aller ? L'arrangement, pendant que tu t'occupes de la petite, tu me laisses tranquille. (P117)
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LydiaB   07 décembre 2012
Escalier F de Jeanne Cordelier
Andrée reposait sur un brancard accolé à la kitchenette, vêtue de son unique robe noire en coton, rendu pelucheux par trop de lavages, de temps. Les bras croisés sur la poitrine, l'air farouche, elle semblait encore dire :

- C'est toi qui m'as mise là. C'est à cause de ce que tu as écrit, qu'ici et là-bas j'ai été maltraitée. Tu es fautive, ma fille, fautive ! Et tu le sais.

Oui je sais, je suis fautive d'abord d'être née fille. Ensuite de ne pas être devenue folle ou de ne pas m'être suicidée, enfin d'avoir écrit ce qu'il faut taire à tout prix. À savoir qu'un père peut abuser de sa fille de onze ans et ce jusqu'à sa majorité, vingt et un ans à l'époque, sans que personne dans l'entourage ne pipe mot. J'entends au premier chef la mère, l'école, l'assistante sociale, le médecin, les voisins et tout le saint-frusquin ! (P121)
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zabeth55   15 octobre 2012
Escalier F de Jeanne Cordelier
D’un jour à l’autre, de quarante clopes par jour, j’étais passé à zéro. Une question d’esthétique. La teinte de l’émail de mes dents soudain ne m’avait pas plu. Mais ce sevrage brutal avait je crois déplu à mon cœur. Ce qui fait que depuis ce temps-là je marche à piles et que Lulu m’appelle Alcaline.
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ladesiderienne   01 janvier 2013
La dérobade de Jeanne Cordelier
Gérard en fin limier avait fort bien flairé qu'il fallait que je change d'air avant les grandes vacances. J'avais un besoin urgent de dépaysement. En attendant, je ne retournerai pas au Sportsman. Ce qu'il me fallait, c'était travailler dans une taule, une vraie, avec des femmes, des chouettes. Rien de tel qu'une bonne promiscuité enrichissante pour la débutante que j'étais. Quoi de mieux qu'un travail de groupe quand on n'est pas affranchie ? Au contact des autres, j'apprendrai, qui sait ? Je deviendrai peut-être une gagneuse ?
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zabeth55   18 octobre 2012
Escalier F de Jeanne Cordelier
En chemin j’ai acheté un bouquet de renoncules roses, j’aimais cette fleur à tête lourde, qui ployait sur sa tige. Elle était pour moi à l’image de ce que nous étions, beaux et penchés.
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Iboo   20 juin 2013
Escalier F de Jeanne Cordelier
Ainsi revient Mirette, ma première morte. Elle était rousse, douce et chaude. C'était un jour d'été, nous étions toutes deux sur le seuil de la porte, entre mes jambes écartées elle dormait au soleil, des petits bougeaient dans son ventre. Puis le père Duval est sorti de la maison de grand-mère, il s'est dirigé vers la grange, en est ressorti avec le fusil à l'épaule, une pelle à la main. Il a foutu un coup de pied au cul de Mirette et puis tous deux s'en sont allés vers la forêt de l'autre côté de la route. Jambes repliées, j'ai attendu leur retour. Le vieux est revenu seul. Il a rangé la pelle terreuse comme ses sabots dans la grange. Une fois dedans il a dû raccrocher son fusil au râtelier. Il n'a rien dit, je n'ai rien demandé. Quand on n'est pas habitué à le faire. J'ai juste remonté mes genoux sous mon menton et j'ai pleuré.

Ça commence tôt, l'apprentissage.
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lauravanelcoytte   06 juillet 2010
Reconstruction de Jeanne Cordelier
B ien sûr que j'avais une vocation, un jour je serai hurleuse. Et je hurlerai si fort, avec tant de rage, que le vent lui-même s'écartera de ma route. Je serai Le Cri de Munch » : de fait, c'est une entrée fracassante dans le monde de l'édition que fit Jeanne Cordelier en 1976 avec La Dérobade, son autobiographie relatant cinq années de prostitution et une enfance marquée par l'inceste. Un texte écrit sans misérabilisme cependant mais avec une énergie, une franchise dans l'usage de la langue et le ton qui dessillèrent ses lecteurs et firent son succès.

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alicejo   13 octobre 2012
Escalier F de Jeanne Cordelier
Le père serait exempté d'enterrement , attendu qu'il avait devancé son fils sous les fleurs. Autre absente, la mère. Trop fatiguée, trop al aux jambes. C'est vrai que le remords, ça alourdit.
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alicejo   18 octobre 2012
Escalier F de Jeanne Cordelier
Depuis le début elle était un poison pour moi. Et Dieu sait si le poison a ses attraits. Un temps toujours. Celui-ci passé, vient la révolte, l'inavouable désir de souhaiter la mort de celle qu'hier on adorait.
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Annette55   22 novembre 2015
Escalier F de Jeanne Cordelier
" On ne parlait pas au sixième droite de l'escalier F.

Là- haut on avait les becs clos. Des clous aux commissures des lèvres."Ce qui n'empêche pas de l'ouvrir. Résultat , ça saigne.....On s'y fait....."
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