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4.23/5 (sur 20 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Jennifer Tamas-Le Mentheour est universitaire et auteure.

Agrégée de Lettres Modernes, elle est titulaire d'un doctorat de l'Université Paris-Sorbonne (2012) et d'un Ph.D. de l'Université de Stanford (2013).

Elle est professeure associée de littérature française de l’Ancien Régime à l'Université Rutgers de New Jersey, spécialiste du XVIIe siècle.

Elle a notamment publié "Le Silence trahi. Racine et la déclaration tragique" (Droz, 2018) et "Au non des femmes. Libérer nos classiques du regard masculin" (Seuil, 2023).

page Facebook : https://www.facebook.com/groups/226745001141/user/507946310

Source : Seuil
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Sur son plateau, Augustin Trapenard recevait quatre autrices à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes qui avait lieu ce 8 mars 2023 et elles ont toutes un point en commun, avoir abordé dans leur ouvrage, la puissance et la force féminine. Parmi les invitées du jour, Jennifer Tamas qui présente son nouveau livre paru aux éditions du Seuil le 6 janvier 2023, Au NON des femmes. Dans celui-ci, elle déconstruit les classiques de la littéraire du regard masculin. Alors que l'on pourrait penser que les plus grandes héroïnes sont soumises au patriarcat, une deuxième lecture permet en réalité de comprendre l'inverse. Ces femmes ont su dire non, ont su désobéir. C'est le cas notamment de la Belle au bois dormant, le petit Chaperon rouge jusqu'aux Liaisons dangereuses, en passant par Andromaque, la misogynie et les nombreux clichés sont déconstruits avec brio. Une idée d'essai qui lui est venu après le mouvement MeToo où selon certains, il fallait absolument réécrire tous les contes de fées. Jennifer Tamas, au lieu de se lancer dans cette folle et impossible aventure a fait le choix inverse, celui de se pencher derechef dans ces classiques et rechercher s'il n'y avait pas des refus enfouis ou des façons de dire non qui avaient été occulté.  Retrouver l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/

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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Depuis bien longtemps, notre culture classique nous est transmise par des lectures masculines pétries de fantasmes. Il est temps de s'en affranchir! Les hommes préfèrent imaginer des refus mais ignorer ceux qui se disent clairement. Pour galvaniser un esprit guerrier, rien de plus excitant que de croire à la fiction du non. Mais quand il faut parvenir à ses fins, mieux vaut faire la sourde oreille qu'écouter celle qui se refuse.
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La rivalité féminine n'est que l'un des effets de la domination masculine.
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Des générations de lycéens qui n’ont eu qu’un accès partiel au texte. Savent-ils qu’Andromaque finit par remporter la couronne et anéantir ses agresseurs ? Elle sort victorieuse d’une lutte de plus d’un an qu’elle a menée selon une stratégie dont le public peut mesurer toute l’efficacité : la résistance passive. En répondant ni « oui » ni « non » au chantage de Pyrrhus, Andromaque ne se soumet pas. Elle résiste à l’ultimatum (épouser Pyrrhus, donc renoncer à honorer la mémoire d’Hector et sauver son fils). Elle l’invalide même.
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Le travail des intellectuels au XIXème siècle a fait émerger une certaine littérature classique. En canonisant un héritage culturel masculin ainsi que l’œuvre de quelques rares femmes comme Madame de Sévigné ils ont effacé beaucoup d’œuvres des femmes d’autrefois. Ces érudits appartiennent à une société patriarcale que Napoléon a consolidée sur le plan des lois comme sur celui des idées. L’héritage de Rousseau est aussi lourd de conséquence puisqu’il nourrit une vision romantique du monde […] la femme est alors mise sur un piédestal, éthérée si bien qu’elle souffre d’une forme de déréalisation que le libertinage du siècle précédent ne permettait pas d’envisager
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Pour chacune des ces femmes, l’identité dérive d’un attribut physique : Cendrillon est aussi connue sous le nom de « Cul Cendron » (le derrière dans les cendres). Blanche-neige tire son nom de la pureté de son teint (et peut-être de son âme), tandis que la Belle au bois dormant évoque la beauté ensommeillée que vient déchirer l’irruption du soleil : au sens propre, l’astre qui met fin à la nuit, et au sens figuré le prince solaire qui viendra la sauver.
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La plupart ont pris la plume une fois devenues veuves : elles jouissent alors d’une plus grande liberté pour s’exprimer.
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« Belle est une héroïne du non, mais elle a sur la bête un pouvoir de vie et de mort. La Bête est même le personnage vulnérable, celui qui manque de mourir faute d’avoir su dire non et qui est sauvé in extremis par Belle qui s’arroge le droit de le couvrir de baisers pour le réveiller. Dans ce conte d’autrefois, la jeune fille propose et dispose du corps de l’autre. Sujet désirant, Belle fait des rêves érotiques que Madame de Villeneuve se plaît à décrire pour nous faire comprendre la domestication du désir.
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Essai agréable, avec visite des classiques et des contes de fées et approfondissement des personnages féminins, longtemps voués à l'attente et à la passivité. La raison en est que les oeuvres littéraires sont conçues et vues à travers le "male gaze" (terme issu des études de genre américaines) : les héroïnes n'y servent que de faire-valoir des valeurs masculines ou de modèle pour l'édification des jeunes filles. Quelques unes, il est vrai, déchirent l'écran, telles Phèdre et Bérénice. Qu'est-il possible d'en conclure ? Jennifer Tamas évoque également la réappropriation des contes par les hommes, principalement Perrault et Grimm, à des fins qui n'étaient pas celles des contes oraux retranscrits initialement par des femmes telles Madame d'Aulnoy. Elle s'attarde sur la véritable définition de la "galanterie", qui n'est pas celle reprise dans leur pétition par Catherine Millet et Catherine Deneuve, laquelle se rapprocherait plutôt de son contraire, c'est-à-dire manières de hussard et irrespect. Elle réhabilité la figure de la Princesse de Clèves et évoque la possibilité de ne pas consentir même désirant.
Je recommande cet ouvrage qui, sans mettre au jour de nouvelles notions, a l'immense mérite de les préciser et de les ordonner en un tout cohérent à partir duquel organiser ses propres réflexions.
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Ces femmes attendent (…). D’aucuns y voient la passivité propre au sexe féminin, tandis que d’autres y perçoivent un besoin de maturation sexuelle nécessaire aux femmes. Selon Sigmund Freud puis Bruno Bettelheim, le corps féminin, qui ne serait pas excité aussi rapidement que celui de l’homme, doit se préparer à la rencontre du corps masculin, ce qui rend nécessaire une forme de latence.
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Interroger les codes culturels de l’Ancien Régime, que ce soit la galanterie ou le libertinage m’a donc paru absolument nécessaire. C’est en contemplant autrement nos classiques que l’on pourra se débarrasser des assignations faites aux femmes aussi fausses que délétères. Non, la princesse de Clèves n’est pas un modèle de pruderie et de frigidité. Refusons de conclure que « Titus n’aimait pas Bérénice » : la reine de Palestine ne se réduit pas à une femme éplorée, prototype de la femme hystérique qui ne se laisse pas quitter.
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