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Note moyenne 3.81 /5 (sur 37 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 3/05/1974
Biographie :

Réalisateur, Scénariste
Graphiste, puis scénariste, il travaille actuellement sur plusieurs longs métrages. Les Chiens du paradis est son premier roman.

Source : http://www.unifrance.org/
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Jérôme Fansten et ses lectures



Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?


Avant d’arriver à l’écriture, je suis passé par le graphisme et le dessin. Je devrais donc plutôt parler d’œuvres qui m’ont donné envie de me remonter les manches, sans parler spécifiquement de littérature. Je pense à la bande dessinée, évidemment. Trilogie Nikopol : Tome 1, La foire aux immortels ; Tome 2, La femme piège ; Tome 3, Froid équateur , de Enki Bilal. Nikopol, Tome 2 : La femme piège en particulier. Et les BD de Jacques Tardi.
Pour le polar, je dirais… American tabloïd , de James Ellroy. Je l’ai découvert il y a dix ans, et j’avais déjà envie d’écrire, donc ce n’est pas ça qui m’a mis le pied à l’étrier. En revanche, ça me donne un coup de fouet chaque fois que je le relis !
Après, en vrac… il y a plein d’autres auteurs… attendons de voir où nous mène vos questions, je donnerai les noms au fur et à mesure…

Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?


Comme je viens de le dire à propos de James Ellroy, les grands auteurs me donnent plutôt envie de me remettre au boulot. En revanche, certains bouquins me tombent des mains alors que tout le monde s’emballe complètement à leur sujet. Alors là, oui, j’ai parfois des phases d’abattement.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?


Un genre : la fantasy. Avec le recul, je dois bien admettre que j’ai adoré des trucs qui ne valaient pas grand-chose, mais ça m’a donné le goût de la lecture.
Problème : on se foutait de ma gueule. Même quand c’était de bons auteurs. « De la fantasy ?! Pouah ! » Sur l’ado que j’étais, ça m’a plutôt fait perdre du temps. Au collège, je me souviens par exemple que Le Rouge et le Noir de Stendhal m’avait fait une forte impression. Mais c’était une lecture imposée et je me méfiais du plaisir que j’avais l’air de prendre. Ça m’énervait qu’on puisse « avoir le droit » de lire Edgard Allan Poe ou Le Horla de Guy de Maupassant, par ailleurs assez géniaux, mais pas Stephen King. Je ne comprenais pas et je me braquais, je boudais mon plaisir.
Du coup, le moment où j’ai vraiment eu le sentiment qu’un texte considéré comme « littéraire » m’emportait vraiment, ça a été plus tard Précis de décomposition , de E.M. Cioran.
C’est dur à dire, mais j’ai découvert la littérature après le bac. Avant, je ne faisais que « du français ».

Quel est le livre que vous avez lu le plus souvent ?


L`usage du monde , de Nicolas Bouvier.

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?


Aucun. On ne peut pas avoir honte de ça. En revanche, je suis allé au bout de livres pas terribles, alors que je n’ai jamais lu A la recherche du temps perdu , par exemple.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?


On connaît évidemment Michel Audiard pour son travail de dialoguiste, mais il a écrit quelques romans. Trois méritent un peu d’attention : Le p` tit cheval de retour , Répète un peu ce que tu viens de dire et surtout La nuit, le jour et toutes les autres nuits , dans lequel il évoque la mort de son fils, la Seconde Guerre mondiale, la Libération, et donne une vision assez sarcastique du petit milieu du cinéma français dans les années 70.

Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?


C’est assez difficile de déboulonner un classique. Mais est-ce que ça vaut le coup d’ébrécher les vieux marbres ? Chacun ses goûts, non ?
C’est peut-être plus simple de parler des auteurs qu’on aime bien. Alors… voilà : les céliniens purs et durs considèrent que Mort à crédit et Nord sont les deux chefs d’œuvre de Louis-Ferdinand Céline. En termes de style, du pur point de vue de l’écriture, Céline est en effet allé au bout de son art avec la trilogie allemande, Nord en particulier. Mais sa capacité d’empathie, sa tendresse même – si, si ! – apparaissent surtout dans le premier. Le fameux Voyage au bout de la nuit ... ou Guignol`s band, tomes 1 et 2 , à la rigueur… Par la suite, mais c’est un point de vue personnel, il a trop de comptes à régler, je trouve qu’il perd en émotion ce qu’il gagne en virtuosité et en précision. Du coup… voilà, j’affirme mon attachement au Voyage, qui est pourtant le moins inventif de ses romans.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?


Oui, à propos de la dramaturgie, de l’écriture en général. C’est une citation de Bruce Robinson, que je pique à Ken Bruen :
« L’évolution d’un personnage n’existe pas. Il y a un personnage et il y a une évolution. Je ne sais pas où ils se rejoignent. Au début d’un film, un type hait les Noirs et, à la fin, il saute une Noire ; c’est l’évolution de son personnage. Bon, merci beaucoup. Est-ce que j’ai vraiment passé toute ma vie d’adulte à apprendre ça ? »

Et en ce moment que lisez-vous ?


Je viens de terminer Les harmoniques : Beau Danube Blues , de Marcus Malte. Je suis sur La malédiction Hilliker , de James Ellroy. Et le prochain, c’est Nécropolis 1209 , de Santiago Gamboa.


L’entretien de Jérôme Fansten avec Babelio



Avec Les Chiens du Paradis, et sa langue travaillée, baroque, pensez-vous vous inscrire dans une tradition du polar français ?



Pas nécessairement du polar à proprement parler. Je suis nourri d’une littérature qu’on pourrait qualifier de « parigote », qui apporte un soin particulier à la langue, Albert Simonin, Alphonse Boudard, Antoine Blondin, voire Pierre Desproges même s’il n’a fait qu’un seul roman.
Et, plus contemporains, Daniel Pennac, Jean Vautrin

Et le polar politique ?



Il y a une toile de fond politique dans Les chiens du paradis , mais ça reste une toile de fond. Je ne peux pas définir ce roman comme un polar politique.

Vous êtes scénariste pour le cinéma, diriez-vous que Les Chiens du Paradis est un livre cinématographique ?



Non. A l’origine, il s’agissait effectivement d’un scénario. Mais le livre tel qu’il existe aujourd’hui n’est pas une novellisation. Il n’a plus grand-chose à voir avec le scénario préexistant.

Ce qui vient de l’écriture scénaristique, c’est le jeu structurel. Tout se fait à deux échelles : celle de la phrase, avec toutes les manipulations de langage possible, mais aussi celle de la structure générale. Les deux doivent faire sens.
Je sais que certains auteurs commencent à écrire sans plan défini et avancent à vue. J’en suis incapable. Je ne peux pas surinvestir le détail et tenter d’accumuler les moments de bravoure. Avec moi, ça ne marche pas. Le travail sur la structure globale, les masses narratives, le rythme, font donc partie intégrante de l’univers fictionnel que je mets en place.

Peut-on dire que Les Chiens du Paradis est un polar sans méchant ?



Dans mon roman, il y a des gens « normaux », c’est-à-dire des gens qui ne veulent pas forcément faire de mal, mais qui défendent leurs intérêts. Et qui les défendent de manière de plus en plus violente, s’ils se sentent menacés.
Ils s’enivrent de pouvoir. Ils ont bonne conscience. C’est l’escalade. Au besoin, ils envoient en première ligne d’authentiques pervers ou des hommes qui finissent par perdre les pédales.
Alors, des méchants ? Faut voir. Je ne crois pas au génie du mal, au démiurge de l’ombre qui joue dix coups d’avance sur tout le monde. La banalité du mal est plus concrète.
Ce n’est pas un postulat littéraire. Même dans la vie quotidienne, j’ai beaucoup de mal à croire aux complots, aux grandes manipulations… Tout ça présuppose des intelligences hors normes, un esprit critique et tactique inouï. A l’inverse, il suffit de regarder les infos cinq minutes pour se rendre compte que l’ambition est là, la volonté de puissance aussi – mais l’intelligence ? C’est beaucoup plus rare. Elle est là, bien sûr. Mais il y a trop de pression partout, trop d’intérêts contraires… alors elle navigue entre le pragmatisme et la pusillanimité, noyée dans un immense chaudron de cynisme.

En revanche, il y a plus de « gentils » dans la vraie vie que dans mon roman, faut le reconnaître…

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Jérôme Fansten parle de "Manuel de dramaturgie à l'usage des assassins" partie 1

Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
deuxquatredeux   20 septembre 2015
Manuel de dramaturgie à l'usage des assassins de Jérôme Fansten
Le crime le plus débile devient parfait s'il n'a pas de suites. Le crime le plus élaboré est une barbarie merdeuse si l'assassin se fait choper.

Le reste? Littérature.
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Amnezik666   24 novembre 2014
L'amour viendra, petite ! de Jérôme Fansten
Taper sur les faibles est un bon moyen de se faire connaître. Je suppose qu’on passe pour pragmatique. Ça fait sérieux, intégré. Les autres, les courageux, les rêveurs, on les évite.
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yv1   29 août 2014
L'amour viendra, petite ! de Jérôme Fansten
C'est quoi, les "enquêtes de J." ? De l'auto-fiction ? Un hommage aux grands auteurs du Noir, Dashiel Hammett en tête ? Une manière de récupérer par la bande l'héritage surréaliste pour raconter des histoires d'amour ? Une parodie de polar ? Eh ben, c'est tout ça... C'est une autobiographie amoureuse, racontée avec le prétexte du hard boiled. A moins que ce soit un polar pur et dur, avec ce qu'il faut de baroque pour bien parler de l'amour et du désir sexuel. (p.293)
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deuxquatredeux   20 septembre 2015
Manuel de dramaturgie à l'usage des assassins de Jérôme Fansten
- Ça vous fait quel effet d'entrer chaque jour au 36 quai des Orfèvres...?

- Sans doute le même effet qu'un lavabo à un plombier.
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yv1   29 août 2014
L'amour viendra, petite ! de Jérôme Fansten
Le Père suit mon regard et me présente La Bête. La Bête, putain. La Bête est son homme de main, son bras droit. La Bête est un sadique. C'est un homme, comment dire ? Immobile. Voilà, c'est ça : La Bête est "immobile". (p.53)
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rkhettaoui   23 janvier 2016
Les chiens du paradis de Jérôme Fansten
Fabriquer une bombe est un jeu d’enfant, de la chimie amusante : bicarbonate de sodium à mélanger dans une bouteille de verre avec du vinaigre. La réaction est telle que la bouteille vole en éclats sous la pression gazeuse. A priori rien de dangereux. Mais dans de bonnes proportions, avec de petits adjuvants corrosifs et un vicelard aux commandes, ça peut avoir des effets assez désagréables.
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rkhettaoui   23 janvier 2016
Les chiens du paradis de Jérôme Fansten
Il y a bien des façons de s’avarier, et les moins confortables ne sont malheureusement pas les plus rares. Si dans le domaine du meurtre, les assassins se renouvellent, ils retournent en revanche toujours aux mêmes litières. Il s’agissait donc pour les médecins légistes d’observer de visu et en temps réel les actions combinées de la faune et de la flore sur la décomposition humaine.
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rkhettaoui   23 janvier 2016
Les chiens du paradis de Jérôme Fansten
L’humanité en tas, c’est une chose – elle a le mérite de l’abstraction. Dans le détail, c’est différent. Plus abordable. Plus précis. Moins trompeur aussi. On perd à ne pas rester dans le flou ! Les approximations nous mettent en valeur, quoi qu’on en dise. À trop connaître les autres, et leur odieux potentiel, on en vient vite à se dégoûter soi-même.
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Amnezik666   25 novembre 2014
L'amour viendra, petite ! de Jérôme Fansten
Quand une femme dit « Jamais », c’est une promesse solide, alors que le « Jamais » des hommes est souvent une menace pathétique…
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rkhettaoui   23 janvier 2016
Les chiens du paradis de Jérôme Fansten
Nos bactéries décomposent les protéines en acides aminés. Quand on vit, quand on se lève le matin pour se recoucher le soir, en un mot : quand on ne moisit pas dans les phosphorescences puantes d’un parc comme celui-là, cette décomposition ne pose pas de problème. Elle ne concerne même que l’estomac et les intestins. Ça se passe entre eux.
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