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Note moyenne 3.68 /5 (sur 878 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Rouen , le 29/08/1964
Biographie :

Jérôme Leroy a été professeur de français dans un collège du Nord, avant de se consacrer à la littérature. Il est l'auteur de romans, de nouvelles et de poèmes.

Ses livres mélangent les genres du roman noir, du roman policier et de l'anticipation. Son thème de prédilection est le monde futur, gangrené par le consumérisme. La société y apparaît comme envahie par la technique, qui détruit la poésie du monde et l'homme. Dans ses romans, on trouve souvent une minorité (ses héros) cultivée, hédoniste et détachée des valeurs matérielles, qui s'oppose à une foule déshumanisée et rongée par les épidémies, l'individualisme et la technologie.

A noter également son implication dans l'analyse des extrémismes politiques qu'ils soient de droite, comme dans "Le Bloc" (Prix Michel-Lebrun 2012) ou de gauche, voir "La grande Môme" ou "Jugan".

Dans "Le Bloc" il se livre avec pertinence à un examen pointu et très documenté de la montée du Front National depuis sa création.

"Norlande" (Syros 2013) reçoit en 2013 le prix de la revue NRP et le prix Jean-Claude Izzo 2014. Dans ce livre Jérôme Leroy nous transporte dans un pays imaginaire (qui ressemble à la Norvège) et nous raconte la tragédie qui a eu lieu le 22 juillet 2011 sur l’île d’Utoya en Norvège.

"L'Ange gardien", paru en septembre 2014, dans la même collection, prolonge l'univers du Bloc à travers une belle histoire d'amour et reçoit pour sa part le Prix des lecteurs Quais du Polar/20 Minutes 2015.

"Un peu tard dans la saison", publié en 2017 aux éditions de La Table Ronde reçoit le prix "Rive gauche". Jérôme Leroy y explore l’un de ses thèmes de prédilection : la disparition de notre société.
Thème repris en 2018 dans "la petite gauloise". Roman noir analysant avec froideur et lucidité les dérives d'une humanité déphasée et désarmée face à un terrorisme incontrôlable. Un constat très sombre de notre société en perte de repères.

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Entretien avec Jérôme Leroy à propos de son ouvrage Un peu tard dans la saison




18/01/2017


Vous avez inventé dans votre roman un syndrome inexplicable appelé l`Éclipse et pendant lequel, les français décident de tout plaquer. Pouvez-vous nous dire comment ce dernier est né dans votre esprit ?


En constatant autour de moi que beaucoup de gens disaient en avoir assez du type de vie qu’ils menaient, de la façon dont le monde leur semblait violent, hostile. Ils avaient envie d’envoyer tout balader !



Cette Éclipse marque la fin de l’Avant, notre monde actuel, et celui de l’Après, où les hommes semblent avoir retrouvé le goût des choses simples. Les humains sont-ils selon-vous en train de perdre leur naturel ? Sommes-nous selon vous à la fin d’une période ?


Je ne sais pas mais certains indices, notamment sur le plan écologique montrent bien que la Terre ne va pas bien, qu’il va falloir changer si nous ne voulons pas assister à sa fin et à la nôtre par la même occasion. Reste à savoir la forme que ça prendra, ce changement… En douceur ou avec des guerres et des catastrophes



Le roman est écrit en narration alternée entre vos deux héros : Trimbert, le futur Éclipsé et Agnès, l’agent des services secrets qui le surveille. Cette double narration vous est-elle venue naturellement ou bien était-elle volontaire ?


En général, j’aime construire mes romans avec plusieurs voix, cela empêche une certaine monotonie, d’abord parce que le ton change et ensuite parce qu’on ne peut pas faire autrement que de se demander quels rapports les personnages ont entre eux.



Votre héros mentionne à de multiples reprises des écrivains de toutes époques, dont les écrits structurent sa vie. Il cite par exemple Aragon, Brautigan, Roger Nimier, George Simenon… Sont-ils vos maîtres à penser ? Quels sont vos classiques ?


Je n’ai pas de maître à penser en littérature mais tout simplement des écrivains que j’aime. Les écrivains que j’aime son ceux qui me donnent envie d’écrire. Il y a aussi, sans doute,le fait que je continue aussi à lire et à écrire de la poésie d’où des noms comme Richard Brautigan ou Louis Aragon qui sont aussi à l’aise dans le roman que de le poème.



La société secrète qui emploie Agnès est très violente et n’hésite pas à faire éliminer les Eclipsés, faisant écho à une dictature. La violence politique est un thème qui vous intéresse particulièrement ? Est-ce l’un des risques qui nous attend selon vous ?


Oui, je pense que même dans une démocratie, on n’est pas à l’abri des poussées extrémistes ou intégristes mais aussi des dangers que peuvent faire peser certains services secrets qui sous prétexte d’assurer la sécurité des citoyens n’hésitent pas à porter atteinte à leurs libertés.



Demain, vous découvrez que l`Éclipse est en marche. Que faites-vous ?


Je m’en vais.



Jérôme Leroy et ses lectures



Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?


Le Monde réel (4) - Aurélien de Louis Aragon



Quel est l’auteur qui aurait pu vous donner envie d’arrêter d’écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?


Marcel Proust



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?


Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline



Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?


La Montagne magique de Thomas Mann



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?


Tous les livres de Jean-Claude Pirotte et tous les livres de Frédéric Berthet



Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?


Marguerite Duras. Je préfère Françoise Sagan



Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?


« Et souviens-toi que je t’attends » (Guillaume Apollinaire)



Et en ce moment que lisez-vous ?



Le jeune homme vert de Michel Déon



Entretien réalisé par Marie-Delphine

Découvrez Un peu tard dans la saison de Jérôme Leroy aux éditions La table ronde :


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Comment parler du monde de demain à nos enfants et à nos adolescents? À l'occasion de l'ouverture du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, Jérôme Leroy et Vincent Villeminot nous parlent des dystopies pour la jeunesse. La Grande table Idées d?Olivia Gesbert ? émission du 27 novembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020 Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤15Du Salon Du6¤££¤6khzewww2g/?sub_confirmation=1 Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
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Citations et extraits (241) Voir plus Ajouter une citation
Enki   22 septembre 2014
L'Ange Gardien de Jérôme Leroy
Berthet revoyait encore le contraste entre le formica rouge et le sac Adidas qui était bleu électrique avec des reflets vaguement satinés. Cela faisait presque mal aux yeux et aux dents de Berthet. Berthet avait quand même toujours trouvé les années quatre vingt hideuses. Une décennie esthétiquement inacceptable. Berthet, à titre personnel, avait par exemple beaucoup souffert de l’étroitesse et des couleurs vives des cravates en cuir ainsi que des chansons de Jakie Quartz.
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Enki   20 septembre 2014
L'Ange Gardien de Jérôme Leroy
Berthet ne se sent pas vieux et Berthet n’a jamais eu le moindre rapport avec le fisc.

A moins que la participation de Berthet à la noyade accidentelle, […] d’un trésorier-payeur général du sud de la France qui avait des ambitions électorales peu souhaitables dans son département et dans son parti ne soit considérée comme tel.

Mais ce serait exagéré.

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Enki   10 novembre 2014
L'Ange Gardien de Jérôme Leroy
Un vrai écrivain porte en lui une forte charge de négatif. Une envie de mourir, de se détruire à ses propres yeux et à ceux des autres. La haine de soi, quoi.
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JIEMDE   01 février 2017
Un peu tard dans la saison de Jérôme Leroy
Je sais aussi désormais que lire les poètes qu'il aimait à la clarté d'un halogène ou sur l'écran d'une tablette nous faisait perdre quelque chose d'eux, de ce qu'ils essayaient de nous dire.
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Virginie94   18 mai 2020
Lou, après tout, tome 1 : Le grand effondrement de Jérôme Leroy
- Tu crois que c'était mieux avant, Guillaume?

- Je ne sais pas mais je suis sûr que c'est pire maintenant...
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JIEMDE   18 avril 2018
La petite gauloise de Jérôme Leroy
Ne me dis pas que je n'ai pas le droit, j'ai tous les droits puisque je suis de l'antiterrorisme et que l'antiterrorisme a tous les droits. Fallait pas attaquer la démocratie, Slimane, après, elle est tout de suite moins démocratique. C'est ballot.
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Ziliz   13 mars 2017
Le Bloc de Jérôme Leroy
Les antiracistes ont toujours été de grands bavards [...] et s'ils ne s'étaient pas tant écoutés parler, ils nous auraient entendus venir, nous, les bloquistes, les fascistes, la lie populiste, mais ils faisaient tellement de bruits moraux avec la bouche que la réalité pendant ce temps-là nous donnait chaque fois un peu plus de voix aux élections et rendait nos idées de plus en plus acceptables, logiques, au point que maintenant, moins d'un an avant les élections présidentielles [de 2012], c'est la droite 'respectable', dure mais 'respectable' qui nous appelle au secours en catimini.

(p. 56-57)
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JIEMDE   13 avril 2017
L'Ange Gardien de Jérôme Leroy
Les femmes n'aiment pas l'amitié entre hommes. Les femmes préfèreraient encore que les hommes soient pédés parce qu'un homme qui a un ami est un homme qui risque bien de ne pas trouver essentiel de vivre dans une zone périurbaine avec barbecues dominicaux et réunions de parents d'élèves.
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muet-comme-un-carpe-diem   26 juillet 2009
Comme un fauteuil voltaire dans une bibliothèque en ruine de Jérôme Leroy
- Mais vois-tu, il y a trente ans, quand j'étais petit garçon, si l'on m'avait dit que j'allais vivre dans un monde où l'on risque sa peau en mangeant, en se baignant, en faisant l'amour, un monde où il faut accepter de porter des masques certains jours, où la fête est devenue une obligation, un monde où l'on bombarde ses propres banlieues, où l'eau manque, où l'on ne peut plus jamais être seul sans avoir l'air suspect de maladie mentale, où vouloir faire un enfant à une femme en entrant en elle est devenu obscène, alors, tu vois, j'aurais dit à ce type que j'aimais bien la science-fiction, mais que, là, il y allait tout de même un peu fort. Qu'il n'était pas crédible... On supporte tout ça parce que ce n'est pas arrivé d'un seul coup, mais à doses homéopathiques, mois après mois, année après année. En fait, la catastrophe est lente, Agnès, terriblement lente. C'est une fin du monde au ralenti. Tu comprends ?

- Je crois que oui. Hélas, je crois que oui.
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frikiko   24 mars 2012
Le Bloc de Jérôme Leroy
Par exemple, depuis combien de temps trouve-t-on normal de voir les gens manger en marchant ? Cela n'a l'air de rien, c'est anodin au possible, mais enfin une jolie fille qui se débat avec un kebab et son téléphone portable, insoucieuse de la sauce blanche qui lui coule sur le menton, c'est typiquement une attitude du monde d'après. Inimaginable dans une rue des années 60 ou 70. Catherine-Isabelle Duport n'aurait jamais mangé un sandwich debout, dans la rue, devant les autres. D'abord, parce qu'elle aurait été gênée , appartenant à une époque où les autres, justement, avaient encore une importance et aussi parce que rien, ni patron, ni horaire, n'aurait justifié une telle aliénation et qu'il y a toujours un moyen de s'installer à une terrasse, de croiser par hasard une copine et de parler des garçons autrement qu'en se connectant à Facebook dans la solitude du soir, dans un appartement cher et petit, à roter le kebab mal digéré du midi.
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