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Biographie :

Jocelyne Porcher est, depuis 2003, chargée de recherches à l’INRA SAD-APT (INA-PG/Paris). Ses recherches portent sur la relation de travail entre éleveurs et animaux en élevage et dans les productions animales. Elle s’est engagée dans une démarche de recherche après avoir été éleveuse et technicienne agricole.

Source : http://www.ethnographiques.org
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Prolétariat animal, de l'exploitation à la libération .
Table-ronde de Entendez-vous l'éco avec Laurence Parisot, Jocelyne Porcher, Philippe Reigné, et Luc Abbadie. Animée par Maylis Besserie et enregistrée lors du Forum France Culture "Animal ?" à la Sorbonne le 13 janvier 2017. A écouter en intégralité ici https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-leco/entendez-vous-leco-vendredi-19-janvier-2018
Citations et extraits (9) Ajouter une citation
Harioutz   08 mai 2018
Encore carnivores demain ? de Jocelyne Porcher
Comment ? De notre steak-frites adoré, ce plat mythique, on voudrait nous priver ? Nous supprimer cette viande rouge, grasse et tendre - enfin pas toujours ! - qui nous ravit et nous rend fort ? Balayer mille ans de tradition culinaire et de convivialité gastronomique ? Confisquer à Obélix son sanglier ?

Mais pour qui se prennent ces idéologues qui veulent nous empêcher de manger ce que nous voulons manger et que nous mangeons depuis la nuit des temps ? Connaissez-vous une seule dictature qui soit allée jusque là ?

Et pour quelle raison, s'il vous plait, devrions-nous faire cela ? Quoi ? Le "bien-être animal" ? Et puis quoi encore ?
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Harioutz   08 mai 2018
Encore carnivores demain ? de Jocelyne Porcher
Comme l'a noté le sociologue Claude Fischler, la viande est l'aliment le plus désiré et le plus craint à la fois. Elle est désirée parce qu'elle est supposée rendre fort. Elle a effectivement une haute valeur nutritive et, à ce titre, elle a probablement contribué au processus d'hominisation de nos ancêtres.

De ce fait, la privation de cet aliment est apparue comme un risque, mais sa consommation l'est aussi. Il existait déjà une réticence d'ordre sanitaire chez les Grecs de l'Antiquité : si manger de la viande avait pour effet "d'échauffer le corps", ne valait-il mieux pas s'en priver au profit de la pensée et de la méditation ?

Pythagore était ainsi convaincu que l'homme n'était pas fait pour en manger; Hippocrate avait une idée similaire à propos du lait. Plus encore, Pythagore considérait la consommation d'animaux comme socialement néfaste, car elle changeait la nature de l'individu : tuer et manger des êtres sensibles faisaient entrer la violence dans son corps et le poussaient à en user contre ses semblables.

C'est pourquoi les Pythagoriciens se sont isolés de la société grecque, qui sacrifiait des animaux pour les dieux.

La crainte est aussi et surtout d'ordre moral : tuer suscite un sentiment de culpabilité, et manger la chair d'un animal qui nous ressemble un peu nous rapproche du cannibalisme, un tabou presque universel.

Diverses pratiques ont été développées autour de ces deux actes (tuer et manger) afin de les assumer ou pour déculpabiliser : les rituels permettant de s'absoudre d'un péché ou des ruses consistant à confier à des tiers le "meurtre alimentaire" et le soustraire ainsi à la pensée consciente.

Le développement de la sous-traitance dédiée à l'abattage des animaux et au conditionnement de leurs morceaux comestibles a ainsi éloigné le malaise.

Dans le même temps, il a fait des équarrisseurs et des bouchers, comme les bourreaux d’antan et les éboueurs d'aujourd'hui, des figures quelques peu sinistres car porteuses des souillures que nos actes produisent et que nous refoulons.
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Harioutz   08 mai 2018
Encore carnivores demain ? de Jocelyne Porcher
Le bien-être animal est aujourd'hui un domaine scientifique et pédagogique partie prenante de la production animale, mais la problématique qu'on lui assigne vise peu à comprendre les animaux et à donner des outils pour améliorer substantiellement leur vie : elle cherche surtout à rendre socialement acceptable leur exploitation industrielle, et cela sans remettre en cause ses principes productivistes. Les industriels savent que si leurs animaux vont mieux, leur production peut s'en trouver améliorée, mais aller mieux n'implique pas de vivre bien.
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asn83   27 décembre 2014
Une vie de cochon de Jocelyne Porcher
Maman, le lundi et le mardi, elle fait les inséminations et elle aide Rémi. Le mercredi, elle fait les soins aux porcelets, genre castrer ou couper les dents et les queues des petits qui viennent de naître. Le jeudi, elle sèvre les porcelets et elle les amène en postsevrage. Elle mène les truies en verraterie, puis elle fait le lavage des maters avec le Karcher. Et le vendredi, elle fait rentrer d’autres truies en maternité. Et tous les trois week-ends, elle est de garde.
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asn83   27 décembre 2014
Une vie de cochon de Jocelyne Porcher
En engraissement, les cochons ont l’air bizarres. Ils semblent attendre quelque chose qui ne vient pas.
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asn83   27 décembre 2014
Une vie de cochon de Jocelyne Porcher
La grand-mère Jeanine était étonnée car elle a toujours donné des plantes aux truies et elle ne voyait pas pourquoi cette fois-ci ça les rendrait malades. "Ce n’est plus un élevage, c’est un laboratoire".

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Harioutz   08 mai 2018
Encore carnivores demain ? de Jocelyne Porcher
Les messages publicitaires qui promeuvent la viande évoquent la vigueur qu'elle est supposée apporter, comme ces spots de la firme au slogan "Saveur et énergie" montrant un homme qui dépasse un jaguar à la poursuite d'une antilope et demandant "C'est qui le plus grand carnivore ? ", ou cette femme qui attrape par les dents son enfant et le place devant un steak haché, avant de conclure "D'instinct, une mère sait ce qu'il y a de meilleur pour le plus grand des carnivores".

Depuis peu, ils mentionnent d'autres valeurs comme la convivialité, : celui d'Interbev, une organisation professionnelle au service des filières animales, met en scène une réconciliation d'anges et de démons, ponctuée par "Le bœuf : le goût d'être ensemble".

Les industriels tentent aussi de combler un déficit d'images positives. Leurs volailles, par exemple, sont promues par leur alimentation en céréales locales et par leur élevage "en plein air" ou "en liberté".
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Harioutz   08 mai 2018
Encore carnivores demain ? de Jocelyne Porcher
Aujourd'hui, 37 % des Français son des "petits consommateurs" de viande (moins de 245 g par semaine) et 28 % son de "gros consommateurs" (plus de 490 g), tandis que que le seuil à ne pas dépasser, selon les recommandations de santé publique, est de 500 g par semaine.
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brumaire   23 avril 2017
La mort n'est pas notre métier de Jocelyne Porcher
Quel bénéfice pouvait apporter l'attachement des paysans à leurs animaux ou à leur terre, sinon de leur procurer des émotions et de les maintenir dans une sensibilité dommageable à la nécessaire rationalité de leur travail ?

Quel intérêt pouvait avoir la beauté des animaux hormis celui d'inciter à la contemplation, à la paresse ?
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