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Note moyenne 3.83 /5 (sur 39 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Norfolk, en Virginie , le 29/06/1924
Mort(e) à : Fairbanks, en Alaska , le 02/03/2011
Biographie :

John est un poète américain et éducateur.

John Meade Haines a publié neuf recueils de poésie.

Il a été nommé poète lauréat de l'Alaska en 1969. Un recueil d'essais critiques sur sa poésie, "Le désert de Vision", a été publié en 1998. Haines a enseigné à des niveaux d'études supérieures et les honneurs des cours d'anglais à l'Université de l'Alaska à Fairbanks.

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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
mesrives   24 septembre 2017
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
Tout le pays se couvre d'ombres. Ombres montées du sol, de la poussière et des ossements désordonnés de la terre. Ombres des arbres qui hantent les paysages boisés de notre enfance, la peur au bout des branches. Ombres des pierres dans le désert, ombres des nuées sur la mer et les collines d'été, porteuses d'eau. Jeux d'ombres dans les étangs et les sources, formes vagues dans la lumière jaune sable.
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mesrives   03 juillet 2017
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
Pour qui vit dans la neige et l'observe jour après jour, elle se lit à ciel ouvert. Les pages se tournent au souffle du vent, les lettres ne tiennent pas en place, forment de nouvelles alliances, de nouveaux sens dans un langage qui pourtant reste le même. Langage obscur, parlé par tout ce qui s'en va pour revenir un jour. Le même texte s'écrit là depuis des milliers d'années même si je n'étais pas là, ne serai pas là les hivers prochains pour le lire. Ces parcours d'apparence arbitraire, ces sentiers, ces creux, ces empreintes, ces petites pelotes rondes et dures dans la neige: tout cela fait sens. Il s'y écrit peut-être des choses obscures, d'autres vies s'y manifestent, disent leurs courses et leurs histoires, leurs peurs et leurs morts. Les pattes fines d'une musaraigne ou d'un campagnol dessinent un tracé bref et erratique sur la neige, et voici le trou où disparaît le petit animal. Et là passe la trace d'une hermine, vive et curieuse, qui disparaît à son tour dans l'ombre blanche de ce trou.
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encoredunoir   16 janvier 2016
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
La pêche et la chasse, les baies sauvages, les pièges, le bois pour le feu et la nourriture, tout cela nous est offert par ce pays. Une fourrure de martre est ravissante quand on la regarde à la lumière en la tournant pour la mettre en valeur. Et la viande d’élan est un bienfait, elle nous repaît et nous réchauffe, je n’ai pas à l’acheter chez un boucher. Mais il m’est impossible de piéger et de tuer sans pensée ni émotion, et il se peut que chaque mise à mort m’inflige à moi aussi une blessure légère, peut-être fatale.
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Wyoming   01 novembre 2018
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
Voici déjà un moment que dans les bois, loin du soleil, dans les creux et ravins où le sol est d'ordinaire humide, la terre a noirci et qu'elle est devenue froide et dure. Les mousses épaisses se raidissent sous les ombres, et des petits cristaux de glace parsèment leur surface velue.

L'eau a baissé dans les flaques des sentiers. Sur les hautes pistes des crêtes, les petites fondrières sont cerclées d'un filet de glace transparent, parfois couvert d'échardes blanches lorsqu'un animal de passage y a laissé sa trace. Un anneau de glace alourdi de feuilles entoure une flaque d'eau laissée par la rivière qui coule en contrebas.

Les eaux se glacent. Des hauts-fonds plantés de roseaux jusqu'au centre des flaques au bord de la route: de la glace noire, claire et dure, avec des bulles blanches. Des plaques de glace opaque qui se brisent facilement sous le pied. Les derniers canards qui hantaient le centre de ces bassins tant qu'il y avait de l'eau ont disparu. Des mottes d'herbe rêche s'y dressent, profondément enracinées, jetant leur ombre sur la glace du soir.

A présent que le gel s'installe, je songe à la rivière. C'est le moment de se promener sur les barres de sable et les îlots tant que la neige y est encore éparse. On est fin octobre, il y a longtemps que les petits cours d'eau de cette grande rivière aux multiples affluents ont cessé de couler, laissant derrière eux des flaques qui ont gelé. Plus loin, derrière la grande île boisée, il reste un bras de rivière qui charrie l'eau. Le son de cette eau, quoique lointain, est puissant, il parcourt cette terre sèche saupoudrée de neige. Un son profond, étouffé, comme si la rivière avait un glaçon dans la gorge.

Un après-midi, je descends le sentier escarpé qui mène à la rive. Je franchis des barres de sable et de glace poussiéreuse pour accéder à la grande île, je longe des piles de bois flottant blanchi par le froid, je passe entre des saules et des aulnes qui m'arrivent à la taille, et j'accède enfin à la rive caillouteuse, semée de neige, où coule l'eau profonde. Je chemine un temps sur la rive couverte de glace où je reste à contempler l'eau. Un petit vent parcourt la grande rivière et les barres gelées, il sent l'hiver.

Libérées de la boue charriée durant l'été, les eaux sont claires dans les hauts-fonds, d'un bleu profond, inouï, au milieu du courant. La glace chevauche l'eau en monceaux qui se bousculent, sombrent dans les rapides en aval et viennent racler les pierres du fond. C'est ici, où le courant ralentit en s'élargissant, que l'eau se fait plus lourde et plus lente sous la glace, toujours plus de glace.

Appelons cela une bouillie de glace, ou une galette de glace. Elle se forme de nuit et pendant les jours de froid, dans l'eau traînante des remous et des hauts-fonds: une gadoue froide qui prend forme, se fait pesante. Dérivant et tourbillonnant dans le courant principal et charriée en aval.

A présent, sur cette eau lourde, de grandes platées de glace arrivent, elles se brisent et se reforment, dérivant au long du courant ralenti: des beignets de glace hirsutes, des fragments carrés ou oblongs aux bords déchiquetés par les chocs de virage en collision, des îlots de glace parmi des lacs d'eau bleu sombre. Poussés tous ensemble vers la rive par le courant, ils raclent la glace de la berge avec un long "shsss" lorsqu'ils y adhèrent avant de reprendre leur chemin. Et avec chaque contact abrupt, un peu de cette gadoue glaciale adhère au bord extérieur de la rive gelée. La glace conquiert du terrain par strates, par crêtes blanchies, elle s'épaissit avec chaque nuit de gel, avec chaque petite vague qui déferle sur elle.

En scrutant les hauts-fonds, je vois se former la glace du fond, une masse spongieuse, informe, gluante qui recouvre les grosses pierres rondes peu éloignées de la surface: la rivière gèle aussi de bas en haut. De temps à autre, un noyau de glace, à force d'absorber l'eau, se détache pour remonter à la surface, ballotté par le courant. C'est une glace sale, grise et chargée de sable, de petites pierres et de débris végétaux.

A hauteur des rapides, eau et glace gagnent de la vitesse et font entendre un fracas rude et vaguement menaçant. Dans les jours à venir, à mesure que le froid augmentera et que le jour s'exilera, la glace flottante se fera plus dure et plus épaisse, ce fracas se changera en un grincement et un crissement plus agressifs. A présent, dans le courant lent qui passe sous mes yeux, j'entends surtout ce "shsss" continu, bouillonnement sonore qui recouvre un son plus ténu, comme de nombreux petits verres se heurtant les uns aux autres.
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fannyvincent   17 février 2016
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
Où vont ces peuples de neige? Sans doute un grand danger les poursuit-il. Ils courent, chutent et, le vent dans le dos, se relèvent pour repartir.



 



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encoredunoir   16 janvier 2016
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
J’étais seul sous le soleil, seul dans un champ à ciel ouvert, seul avec la mort physique, celle qu’on ne peut méconnaître.

Ce n’était pas juste cette forme immobile au bord de la route, ni le sang séché sur sa fourrure : des choses comme ça, j’en avais déjà vu. C’était autre chose – une réalité nouvelle, qui tenait aux tons bleutés, luisants, inouïs de ces entrailles débraillées, arrachées du plus profond du corps, éparpillées dans une lumière qui ne leur était pas naturelle. Le regard fixe, pétrifié devant ça au grand jour, j’éprouvai, pour la première fois peut-être, une absolue solitude. Et moi qui adorais la solitude à cet âge, je sus que ça, c’était la mort, la solitude la plus radicale.

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Wyoming   01 novembre 2018
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
Je fais demi-tour pour regagner la rive dont j'aperçois à un demi-mile au nord les grandes falaises jaunes, encore dépourvues de neige. Je retrouve mon chemin par où je suis venu en traversant des barres de sable poussiéreuses, des vieux cours d'eau, des buissons de saules. Le soleil froid d cette fin d'après-midi perce sa couverture de nuages, parsemant de raies claires le sable gris mêlé de neige.

Comme elle n'a cessé de baisser ces dernières semaines, la rivière a laissé derrière elle de nombreuses flaques déjà couvertes de glace. En m'approchant de la grande berge, j'approche de l'une d'entre elles non loin de la rive boisée. La neige ténue d'il y a quelques jours s'est déjà dispersée, la glace polie est suffisamment large pour que j'y pose les deux pieds. J'en vois le fond sans difficulté, comme à travers un verre épais et sombre.

Je me penche, observant les débris pris dans cette strate de glace noire et translucide: je vois quelques brindilles et de nombreuses feuilles. Des feuilles d'aulnes en dents de scie, à moitié vertes encore, des feuilles de bouleaux et de trembles plus délicates, de grandes feuilles lisses qui proviennent des marronniers, et les feuilles étroites des saules. Elles sont là, éparses ou tassées selon qu'elles sont tombées de l'arbre en douceur ou que le vent les a chassées dans l'eau glacée. Certaines ont gardé leurs belles couleurs, un jaune ou un orange luisant. D'autres sont piquetées de gris et de brun. Quelques feuilles plus âgées gisent, noires et creuses sur le lit fangeux de la rivière. Ca et là, un galet de quartz miroite sous l'eau. Mais rien ne bouge. Univers froid et figé, un peu comme la nuit, doté de ses planètes et de ses étoiles immobiles.
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Wyoming   01 novembre 2018
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
Debout en ces lieux, regardant la glace descendre la rivière, je me rappelle les années passées où je venais pêcher le saumon dans un cours d'eau fort semblable à celui-ci, vers la mi-octobre, avec seulement un pouce ou deux de neige sur les barres de gravier. J'étais équipé d'une longue gaffe munie d'un crochet d'acier. Posté à l'endroit où le courant ralentissait en venant heurter la glace, immobile, silencieux, j'épiais les formes chatoyantes, rouges et roses, des saumons qui remontaient la rivière en cette fin de saison. Parfois j'en apercevais un vers le milieu du courant, hors de portée de ma gaffe. Mais souvent ils glissaient doucement le long de la glace, jouant des nageoires et se reposant, parfois presque immobiles dans le courant. Je calais ma gaffe tout contre la glace et l'allongeais prudemment, derrière le poisson. Un geste souple et rapide, une brusque poussée de la main, et je harponnais le saumon pour le rejeter hors des eaux sur la rive.

Ce gros crochet laissait une large entaille au flanc des poissons, dont le sang ne tardait pas à souiller la neige où je les entassais un à un. Si d'aventure il s'agissait d'une femelle lestée d'oeufs, ces derniers s'éparpillaient parfois du flanc déchiqueté pour rejoindre, roses et dorés sur la mince couche de neige, les corps vitreux et tachetés des saumons en train de geler.

Il y avait quelque chose de noble et de barbare dans cet acte primordial, tant de fois répété. Debout dans la neige et l'air froid vers la fin de l'année, brandissant un grand crochet juste au-dessus de la rivière couverte de glace, c'était comme si on se sentait partie prenante d'un rite si ancien que son origine se perdait dans le crépuscule des hivers: un sentiment exacerbé, enrichi par l'odeur de la glace et de cette bave froide qui recouvre les poissons , par les tons acier du ciel hiverna let la neige blanche souillée de rouge par les saumons: couleurs de la mort et de l'hiver. Et par-dessus tout cela, le noir puissant des corbeaux qui se rassemblaient tous les soirs quand je quittais la rivière pour purger la neige des oeufs et du sang versés.

Je prenais ces grands poissons un à un, marchant le long de la glace que j'observais calmement heure après heure. En l'espace de quelques jours, j'empilais deux à trois cents saumons en tas épars dans la neige fine et sèche de la barre, avant de les empaqueter par petits groupes pour les rapporter à la maison, lourds et gelés.

Je ne vois pas de saumon maintenant que je suis posté devant ce cours d'eau rempli de glace, sondant ses ombres vertes et caillouteuses et ses profondeurs bleutées pour y déceler cette étincelle rouge qui trahit le saumon. Peut-être cet automne est-il pauvre en poissons, peut-être suis-je arrivé trop tôt ou trop tard, peut-être les saumons ont-ils pris un autre itinéraire pour remonter la rivière?
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Charybde2   02 mars 2016
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
J’étais alors seul la plupart du temps, la vie conjugale et la vie dans les bois n’ayant pas fait bon ménage. Outre ma propre personne, je disposais de quatre chiens, de deux traîneaux, d’un harnais et de raquettes, de quelques livres et j’avais ma passion pour cette région. J’étais bien décidé à apprendre tout ce que je pouvais afin de me préparer à une longue vie dans les bois.

Pendant un temps, je posai mes pièges le long de la Tanana et sur les anciens chemins jouxtant Richardson et Tenderfoot, pas trop loin de chez moi. Sur le moment, j’en fus pour mes peines, malgré toutes ces expéditions et toutes ces recherches, tous ces regards perplexes scrutant la neige. Malgré tout, j’en tirai une leçon. J’appris à lire une piste animale, l’empreinte laissée sur la neige par la patte, l’aile ou la queue. D’une certaine façon, étrange et intuitive, c’était comme si je m’initiais à une langue étrangère où le moindre détail, le moindre accent avait une signification particulière. Cette langue m’amenait pas à pas dans un monde que j’avais, me semblait-il, connu naguère avant de l’oublier – un monde rempli d’ombres, hanté par les visions encore à moitié présentes du passé. J’y trouvais mes marques, plus ou moins certain – même si j’étais seul, loin de tout ce qui avait entouré mon enfance – que j’étais là où je devais être, à faire ce que je devais faire.
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Charybde2   02 mars 2016
Vingt-cinq ans de solitude : Mémoires du Grand Nord de John Meade Haines
Je revenais à pied de Redmond Creek par un matin de fin janvier. Entre deux points d’eau, sur la ligne de partage, je surpris une scène de bataille entre un élan et trois loups. Cette histoire s’écrivait en grosses lettres à mes pieds. Les loups étaient venus de l’ouest en suivant une ancienne piste qui partait de la rivière Salcha. Ils avaient trouvé l’élan qui broutait sur la route en friche, celle que j’empruntais maintenant.

Les traces étaient encore fraîches, la scène datait sans doute de la veille. La neige était ravagée avec, çà et là éparpillées, des branches cassées et des plaques de mousse gelée, quelques poils d’élan. Un chaos de pistes dans la neige piétinée : les sabots de l’élan qui foulent le sol et glissent à terre, les grosses pattes fourrées des loups toutes griffes dehors.

Je poursuivis mon chemin en observant la neige. L’élan était grand et solitaire, un mâle probablement. A un moment donné, il s’était acculé à une rive basse et couverte de buissons pour protéger ses arrières. Les loups avaient pris leurs distances : dangereux, ces sabots d’élan… Faisant volte-face, il avait fui sur une cinquantaine de yards, et le combat avait repris. La bataille s’était transformée en course poursuite, en lutte saccadée qui s’était prolongée pendant près d’un demi-mile sur un terrain changeant et coupé d’ornières, sous la lumière rougeoyante du matin qui passait le cap des collines, venant d’un soleil plus au sud. En un dessin mouvant et incertain, les loups fléchissaient, parcouraient un large cercle dans les broussailles, puis l’attaque reprenait : voici encore quelques touffes de poils dans la neige piétinée.

J’avais l’impression de bien connaître ces loups. J’avais déjà croisé leur piste plusieurs fois au cours de cet hiver et un jour, ils s’étaient emparés d’une martre que j’avais prise au piège. Il s’agissait sans doute d’une femelle et de ses deux petits, presque adultes. Elle devait leur apprendre à chasser et tout ce remous dans la neige n’était peut-être que le jeu grave de créatures qui doivent tuer pour survivre. Ce matin-là pourtant, je ne vis aucun signe de sang et l’élan semblait avoir tourné le combat à son avantage. Il s’était finalement engouffré dans l’épais taillis d’aulnes. Je suivis sa course, ralentie à présent qu’il escaladait un col de basse altitude vers le nord, dans la neige vierge et peu épaisse. Les trois loups étaient repartis au trot vers l’est, en direction de Banner Creek.
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