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Note moyenne 4 /5 (sur 9 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Joëlle Chevé est historienne, diplômée de l'Université de Paris IV Sorbonne, journaliste pour la revue Historia et chroniqueuse d'ouvrages historiques pour les revues Elle et Atmosphères. Spécialiste de la société d'Ancien Régime, elle a publié de nombreux articles sur le sujet et une synthèse de ses recherches sur la noblesse du Périgord aux éditions Perrin. Elle est également vice présidente de la Fédération historique du Sud-Ouest.


Source : http://bdp.calvados.fr
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L?Elysée au féminin de Joëlle Chevé .


Citations et extraits (4) Ajouter une citation
MRL   31 août 2015
Les grandes courtisanes de Joëlle Chevé
Que faut-il entendre par le mot courtisane ?

Une synonymie explosive, qui associe prostitution, dévotion et monde de la cour, et dont le scandale repose moins sur la vénalité que sur le caractère régulier et public de ces relations "déshonnêtes ". Scandale dont la courtisane n'a que faire, dès lors qu'elle est protégée par le laxisme des mœurs ou par un entreteneur puissant et riche., ce dernier terme constituant le pivot de la relation galante.

Les grandes courtisanes, pour enfin le dire, sont des prostituées qui vendent leur corps comme n'importe quel autre type de prostituée. Ce qui les différencie, c'est qu'elles ont réussi leur projet d'enrichissement par ce métier et qu'elles l'exercent publiquement, en revendiquant la liberté d'user de leur corps à leur convenance. Un corps qu'elles ont eu l'audace d'exhiber mais aussi la finesse d'"emballer" dans des atours qui font d'elles les maîtresses de la mode et des modèles pour les élégantes de tous les milieux. Que leurs autres qualités - intelligence, culture, esprit, etc. - aient contribué à les sortir du lot et à faire d'elles des " grandes " est indéniable. Reste qu'elles se vendent comme les plus misérables putains, mais que le terme de courtisane leur confère une sorte d'anoblissement lexical qui les fait échapper à l'ignoble.
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MRL   31 août 2015
Les grandes courtisanes de Joëlle Chevé
La courtisane semble appartenir à une autre espèce de prostituée, qui ne se résumerait pas à sa disponibilité sexuelle et à son avidité financière ou même à sa beauté, celle-ci étant nécessaire mais insuffisante à elle seule. L'intelligence, la culture, l'esprit et le sens des affaires sont des atouts indispensables pour réussir et surtout pour se maintenir. Par ailleurs, si la courtisane s'affiche bien comme une femme qui monnaie son corps, elle choisit elle-même ses protecteurs et ses partenaires, contrairement à la putain, entièrement dépendantes de son souteneur, ou de la favorite royale dont la fidélité est requise tout autant que celle de la reine en titre.La courtisane s'affiche en tant que telle et revendique un statut de femme " libérée " sinon libre, gérant ses biens et les dilapidant à sa guise. Plus encore, contrairement à la prostituée mise au ban de la société et exerçant ses talents dans la clandestinité, la courtisane franchit les barrières domestiques et sociales et se donne en spectacle dans les milieux les plus fortunés sinon les plus huppés.

A tout moment , la courtisane peut redevenir une putain.
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Woland   13 mai 2014
Marie-Thérèse d'Autriche : Epouse de Louis XIV de Joëlle Chevé
[...] ... Les mariages dynastiques ne sont pas destinés à favoriser, selon le vocable contemporain, l'épanouissement sexuel des partenaires. L'essentiel est qu'il n'y ait pas d'incapacité physique ou d'incompatibilité psychique - voir Louis XIII ou Louis XVI - interdisant la consommation du mariage et donc la perpétuation de la lignée. Le plaisir charnel vient en plus, que l'Eglise de l'époque ne condamne d'ailleurs pas dans les couples légitimes, ne serait-ce que parce qu'il est supposé favoriser la conception d'enfants mieux conformés ! Louis XV et Marie Leszczynska ont connu quelques années de plénitude sexuelle, il est vrai dans des conditions de maturité différente de celle du couple formé par Louis XIV et Marie-Thérèse, puisque Louis XV a quinze ans au moment du mariage et Marie, vingt-deux ans. Cette différence d'âge joue en faveur de cette dernière, qui jouit pendant sept années d'un bonheur sans nuages. On connaît la suite ... S'agissant de Marie-Thérèse, il ne faudrait pas imaginer une jeune femme pudibonde et rétive au devoir conjugal. Elle est née dans le pays de tous les excès, ce qui ne signifie pas de toutes les frustrations. De nombreux travaux sur l'Espagne du XVIIème siècle ont montré que, si le corps aristocratique féminin est théâtralisé et refoulé derrière des codes vestimentaires qui ne laissent percevoir que le visage et les mains, la sexualité elle-même - dans le mariage s'entend - n'est pas l'objet de condamnations particulières par l'Eglise. Au milieu du XVIème siècle, dans la controverse sur le voile porté par les femmes dans la tradition mauresque, c'est la nudité du visage qui l'a emporté, soutenue par les prêtres eux-mêmes qui jugent provocante sa dissimulation, même derrière un éventail. Ce sont donc les tapadas, les prostituées, qui continuent de se voiler. Quant au grand débat qui agite les esprits les plus sérieux sur la mode du décolleté, là encore le dévoilement triomphe mais, en revanche, contre l'avis des moralistes ...



Les femmes de la cour de France découvrent largement leurs épaules et plus discrètement leurs seins - si l'on compare avec l'époque de la Renaissance - et Marie-Thérèse, coquette et soucieuse de retenir son mari, n'a pas songé à jouer les vertueuses dans ce domaine. Elle pose certes dans des tenues moins audacieuses que les favorites - Marie Mancini, le sein découvert, ou Mme de Montespan en vaporeuse et voluptueuse messagère des dieux - mais on cherche en vain la carmélite dans le portrait que Charles et Henri Beaubrun firent d'elle en 1665. Dans une robe noire et pourpre, entièrement rebrodée et incrustée de pierreries, au large décolleté bordé de perles en forme de poire, dévoilant une carnation éblouissante, la chevelure argentée surmontée d'une coiffure de perles et de plumes pourpres et noires, la jeune reine incarne alors, gantée de noir jusqu'aux coudes, la somptueuse théâtralité baroque de l'élégance à la française. Et ce n'est pas par hasard si c'est précisément ce portrait qui est envoyé à la cour d'Espagne et qui se trouve actuellement au musée du Prado. Ses anciennes duègnes se sont certainement offusquées des transformations de leur infante. Mais pouvait-on attendre autre chose d'un pays aussi déraisonnable et déréglé que la France ? Marie-Thérèse est alors au sommet d'une beauté sur laquelle la majorité s'accorde, selon les critères du temps, même si elle ne les remplit pas tous. Quel chemin parcouru depuis le passage de la frontière en garde-infante, sous l'oeil effaré et angoissé de Louis XIV ! ... [...]
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Woland   13 mai 2014
Marie-Thérèse d'Autriche : Epouse de Louis XIV de Joëlle Chevé
[...] ... Les naissances et les deuils, si nombreux en ces temps de fécondité et de mortalité très élevées, sont autant d'occasions de se réconcilier dans les larmes ou dans la joie. La fin de l'année 1666 est marquée par la disparition du petit duc de Valois, dont on murmure, dans Paris, que "s'il eût été fils de bourgeois, il ne serait pas mort ..." Un drame pour Henriette d'Orléans, si heureuse, après plusieurs fausses couches puis la naissance décevante de Marie-Louise, une fille, juste bonne à "jeter à la rivière", de l'arrivée de ce fils, en 1664, fils qui - elle ne saurait l'oublier - prend la troisième place dans la succession au trône, après le dauphin et Monsieur. Toutefois, l'imminence de la naissance d'un nouvel enfant du couple souverain fait très vite oublier cet éphémère petit prince, d'autant que les médecins s'interrogent sur la grossesse prolongée de Marie-Thérèse, disant qu'"elle était dans la 9ème lune et que c'était assez" ! Louis XIV témoigne de son inquiétude : "Cette année [1667] commença par les couches de la Reine, lesquelles paraissant un peu trop avancées, me donnèrent une juste appréhension pour elle." Après avoir été fort mal, elle accouche enfin, le dimanche 2 janvier 1667, d'une fille, Marie-Thérèse, dite la petite Madame. Louis, comme d'habitude, a mis la main à la pâte en assistant le médecin Félix, qui l'a chargé d'immobiliser les genoux de la reine pendant le travail. Mais les douleurs étaient si fortes, a-t-il raconté, qu'il avait du mal à la maintenir et "que l'enfant étant au passage il avait ouï les os se rompre comme si l'on avait rompu un bâton." Un libelle affirme qu'il avait des "répugnances horribles d'entrer dans la chambre de la Reine quand elle [était] en cet état" et qu'il réservait ses soins à La Vallière. On se souvient pourtant que celle-ci a accouché seule et en cachette de ses deux fils. Le roi, "suant comme un boeuf", l'aurait soutenue dans les douleurs de son troisième enfantement mais, en réalité, c'est le pamphlétaire qui est le plus sûrement dégoûté de le voir "souffrir les ordures d'un accouchement" et d'y prêter "des mains qui ne sont destinées qu'à tenir des sceptres et des couronnes." Et c'est sans doute l'un des traits les plus attachants et les plus contradictoires de la personnalité de Louis XIV - on l'a déjà vu à l'oeuvre lors de la maladie de Marie-Thérèse en 1662 et de celle d'Anne d'Autriche en 1665, et on le verra aussi assister la Palatine lors de ses couches, en 1676 - que cet engagement personnel et physique lorsque ses proches sont en danger, sollicitude qui fait place à une dureté et une inflexibilité totales dès qu'ils sont sauvés. Quoi qu'il en soit, il est heureux de la naissance de sa faille, qu'il fait célébrer par un Te Deum, contrairement aux traditions réservant ce privilège aux mâles ou à la fille aînée, et il l'est aussi de la naissance de l'illégitime, Marie-Anne, qu'il reconnaît quelques mois plus tard. ... [...]
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